Le groupe
Biographie :

Eximperituserqethhzebibšiptugakkathšulweliarzaxułum (Eximperitus) est un groupe de death metal technique biélorusse formé en 2009. Le premier album, "Prajecyrujučy Sinhuliarnaje Wypramieńwańnie Daktryny Absaliutnaha J Usiopahłynaĺnaha Zła Skroź Šaścihrannuju Pryzmu Sîn​-​Ahhī​-​Erība Na Hipierpawierchniu Zadyjakaĺnaha Kaŭčęha Zasnawaĺnikaŭ Kosmatęchničnaha Ordęna Palieakantakta...", sort en Juin 2016 chez Amputated Vein Records, suivi de "Šahrartu" en Janvier 2021 chez Willowtip Records, et de "Meritoriousness Of Equanimity" en Janvier 2026.

Discographie :

2016 : "Prajecyrujučy Sinhuliarnaje Wypramieńwańnie Daktryny Absaliutnaha J Usiopahłynaĺnaha Zła Skroź Šaścihrannuju Pryzmu Sîn​-​Ahhī​-​Erība Na Hipierpawierchniu Zadyjakaĺnaha Kaŭčęha Zasnawaĺnikaŭ Kosmatęchničnaha Ordęna Palieakantakta..."
2017 : "W2246​-​0526" (EP)
2021 : "Šahrartu"
2026 : "Meritoriousness Of Equanimity"


Les chroniques


"Meritoriousness Of Equanimity"
Note : 19/20

Eximperitus revient en 2026. Cinq ans après sa dernière production, le groupe aux musiciens anonymes officiellement nommé Eximperituserqethhzebibšiptugakkathšulweliarzaxułum reste chez Willowtip Records pour la sortie de "Meritoriousness Of Equanimity", son troisième album.

"One Step Long Infinity" est le premier morceau à nous tomber dessus, rappelant à quel point la violence et la lourdeur du groupe sont appréciables tout en proposant également quelques vociférations puissantes pour compléter les passages imposants aux influences orientales entre deux moments de technicité. Le titre est au final assez court et embraye sur "Contemplation Of The Plastic Fibers Of Perfection At The Second Level Of Reality" qui nous écrase à son tour, profitant de ses orchestrations pour accentuer le côté majestueux qui contraste autant qu’il s’allie à merveille avec la fureur de la rythmique. Les leads sont plus nombreux, diversifiant une fois de plus le rendu avant que "Twelve Centuries Of Triumph Of The Third Kingdom: The Idea Of The Inner Creation Of The Aristocratic Character Of The Leader And The Process Of Tempering Him In The Crucible Of Trials In The Face Of The Exaltation Of Life As An Ode To The Heroic Ideals Of Future Civilizations", la première pièce instrumentale, ne nous propose de respirer un peu avec ce moment de flottement assez simple. La saturation reviendra sur "Finding Consistency In The Fourth Quadrant Of Eternity", continuant à diriger l’oeuvre du groupe vers l’agressivité tout en proposant une touche plus lente propice aux leads chaotiques ainsi qu’à des parties de chant clair qui temporisent quelques instants avant de revenir au rythme de croisière.

Le son disparaît dans le néant puis rejoint "The Untimely Fruit Of The Unsaid" où on retrouve un mélange entre le morceau précédent et les racines plus brutales matérialisées par le blast ravageur et des tonalités occultes qui complètent les patterns brutaux qui se perpétuent avec une touche complexe intéressante sur "Golden Chains For The Construction Of Individual Greatness". L’atmosphère pesante est parfaitement gérée lorsque les samples apparaissent, nous permettant de passer naturellement d’une ambiance à l’autre en continuant de nous molester jusqu’à ce que "Molecular Disintegration Of An Unattainable Solitary Will In A Vessel Of Wisdom...As A Result Of The Soul's Aspiration To Break The Summed Up Set Of Delusions Of Reason... In The Course Of A Personal Experience Of Accepting The Imperfection Of The World And Proving That Time Gets Rid Of The Fragile And Leaves Invulnerable" ne nous propose la deuxième pause instrumentale de l’album. Nous reprenons doucement notre souffle, mais "Chalkionic Wandering Among The Wreckage Of The Future" ne tarde pas à venir nous clouer au sol à son tour, enchaînant les riffs toujours plus violents à bonne allure, puis c’est avec "Standing At The Skirt Of The Ruins Of Human Nature (...On The Other Side Of Man And Time)" que le son se transforme une dernière fois, adoptant des teintes cosmiques entre black et death metal qui - à défaut d’être les plus extrêmes - sont d’abord les plus pesantes et régulières de cet album, autorisant aux guitares des envolées majestueuses pour finalement se briser, refaire surface, et enfin nous dévoiler les derniers instants de ce voyage.

Entre brutalité et tonalités imposantes, Eximperitus développe un style unique aux influences toutes facilement identifiables, mais que l’on aurait eu du mal à voir fonctionner ensemble à première vue. Pourtant, "Meritoriousness Of Equanimity" s’impose déjà comme un incontournable de l’année à tous points de vue !


Matthieu
Janvier 2026




"Šahrartu"
Note : 18/20

Pour des raisons pratiques, j’appellerai le groupe Eximperitus. Car en effet, Eximperituserqethhzebibšiptugakkathšulweliarzaxułum possède un nom imprononçable fait de néologismes entre plusieurs langues pour invoquer le Seigneur des Ténèbres. Le groupe se crée en Bielorussie en 2009, et les musiciens préfèrent l’anonymat. Un album sort en 2016 puis c’est "Šahrartu", leur deuxième album, qui voit le jour en 2021.

L’album contient six titres aussi occultes, mystérieux, mystérieux et intrigants que le nom du groupe. On commence avec "Šaqummatu", une introduction instrumentale pesante et entêtante, qui débouche sur "Utpāda". Le titre est lourd mais captivant, et cette déferlante de blasts et de hurlements sur la rythmique épaisse et dissonante du combo frappe fort. Des tonalités lancinantes nous tiennent en haleine, puis le final nous laisse enfin reprendre notre souffle avant Tahâdu. Le titre est plus rapide, mais également plus sombre, et ces frappes assommantes collent parfaitement aux influences brutal death du groupe, tout comme ces pointes de technicité.

A nouveau, les tonalités mystiques s’emparent des riffs, puis "Anhûtu" débute. Si l’introduction est plutôt entraînante, le rouleau compresseur qui suit nous écrase avant de nous lâcher sur un break avant de reprendre dans la violence oppressante, puis de recommencer jusqu’au glas final. Le long silence nous mène finalement à "Inqirad", le plus long titre. Ce morceau est une sorte de climax du death metal oppressant et dissonant du groupe, nous donnant l’impression d’être au beau milieu de l’arrivée des ténèbres éternelles sur Terre, menant à une apocalypse certaine. Après dix minutes, "Riqûtu", une outro aérienne, vient clore cet album, non sans laisser cette trace de noirceur.

Eximperitus joue plus que du death metal. "Šahrartu" dispose évidemment d’une base de riffs puissants, mais les influences du groupe sont à trouver dans l’oppression pure, la lourdeur intense et la distorsion dérangeante.


Matthieu
Janvier 2021


Conclusion
Le site officiel : www.facebook.com/eximperitus.official