Nouvelle exhumation pour Enterré Vivant. Tout juste signé chez le label Transcendance, le projet mené entre France et Japon par les prolifiques Erroiak (tous instruments / chant) et Sakrifiss (chant) dévoile son quatrième album, "Kurogoku".
Le duo accueille également la vocaliste Uguisu.
Le son explose dès "Gakidō", le premier titre, qui propose un son profondément old school, brut et malsain entre le mix abrasif et les hurlements viscéraux, mais qui sait visiblement garder une place pour quelques touches plus douces de temps à autre, comme les moments où le groupe accueille les accents folkloriques planants. Le suit suit son court pour finalement s’ancrer dans la mélancolie sur "Ningendō", morceau assez froid à la première minute acoustique avant de devenir une brume impénétrable et oppressante où les grognements renaissent, plus inquiétants mais aussi plus calmes que sur le titre précédent. On sent dans le ton du vocaliste que la détresse est présente, malgré les quelques tonalités presque joyeuses de l’instrumentale, puis c’est avec "Tendō" que le groupe nous envoûte, d’abord de manière très simple avec claviers et voix, mais les autres instruments finiront par apparaître et développer leur noirceur pendant que le vocaliste conte ses mots, alliant finalement le français au japonais pour décupler le contraste.
Nouvelle pause aux claviers enivrants pour débuter "Chikushōdō", titre assez aérien et probablement le plus accessible de l’album qui arbore même certains leads épiques et mélodieux qui répondent aux hurlements, mais c’est une fois de plus avec la noirceur la plus violente que le groupe continue son périple vers "Jigokudō", morceau où les deux musiciens participent aux parties vocales. On notera aussi une attention particulière donnée aux percussions alors que la rythmique est un peu plus simple mais pas moins entraînante sur ce très long titre aux paysages musicaux parfois somptueux tout en conservant une certaine simplicité impactante, osant même un break aux racines symphoniques avant le retour de la noirceur. L’album prend fin avec "Shuradō", dernier titre aux éléments éthérés qui vont conditionner le reste du morceau, lui donnant cet aspect presque irréel et lumineux assez inhabituel, mais qui transporte naturellement notre esprit aux confins du silence.
La version vinyle nous offre une deuxième version du morceau "Ningendō" qui, après avoir vécu tout l’album, prend une tournure encore plus dramatique, flirtant presque avec la folie alors que les parties vocales de Sakrifiss et Erroïak, inversés, résonnent comme des gouttes de pluie tombant au sol.
Le duo formé par Sakrifiss et Erroïak nous propose sur "Kurogoku" un véritable voyage dépaysant dans les six mondes du bouddhisme avec comme fil conducteur un black metal saisissant comme il en existe peu. Si vous ne connaissez pas encore Enterré Vivant, cet album va vous bouleverser en un rien de temps.
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