Le groupe
Biographie :

Ektomorf est un groupe de groove metal originaire de Hongrie, fondé par Zoltán "Zoli/Zotya" Farkas (chant / guitare). Ouvertement inspiré par Sepultura et Soulfly, Ektomorf a néanmoins su trouver sa place dans la scène metal et il est largement connu et apprécié en Hongrie. Il commencera à être grandement apprécié par le public allemand, notamment grâce à une tournée et des participations remarquées au Wacken Open Air en 2004 et 2006.

Discographie :

1996 : "Hangok"
1988 : "Ektomorf"
2000 : "Kalyi Jag"
2002 : "I Scream Up To The Sky"
2004 : "Destroy"
2005 : "Instinct"
2005 : "Live & Raw" (DVD)
2006 : "Outcast"
2009 : "What Doesn't Kill Me"
2010 : "Redemption"
2012 : "The Acoustic" (Compilation)
2012 : "Black Flag"
2014 : "Retribution"
2015 : "Agressor"
2018 : "Fury"
2021 : "Reborn"


Les chroniques


"Reborn"
Note : 16/20

Ektomorf continue sa route. Créé en 1993 par Zoltan “Zoli” Farkas (guitare / chant), le groupe subit plusieurs changements de line-up et c’est accompagné de Szebasztián Simon (guitare), Csaba Zahorán (basse) et Dániel Szabó (batterie) que les Hongrois nous proposent "Reborn", leur quinzième album.

Fidèles à sa réputation, le groupe déverse un groove metal entraînant surmonté des cris vindicatifs du leader. Des influences thrash, death et hardcore se mêlent au son du groupe dès la lourde "Ebullition", la première composition, mais on retrouve des éléments plus mélodiques, notamment sur les leads de "Reborn", le titre éponyme. "And The Dead Will Walk", le morceau suivant, joue sur des sonorités sombres et inquiétantes couplées au son gras, puis une guitare lead dissonante vient frapper. La rythmique revient sur le devant de la scène pour "Fear Me", un titre dont la rage est perceptible, puis ce sont quelques leads épiques qui lui donnent une autre saveur avant "Where The Hate Conceives". L’introduction acoustique nous porte jusqu’à une partie mélodieuse, puis des riffs rapides viennent nous écraser.

Même sensation pour la lourde "The Worst Is Yet To Come", et son refrain doublé d’un gong fataliste, le morceau nous donne envie de lancer un mouvement de foule. "Forsaken", une longue composition instrumentale, vient changer la donne. Les instruments ont chacun une place bien définie, et c’est entre basse groovy, leads perçants et une batterie qui encadre le tout que les sept minutes défilent avant "Smashing The Past", le dernier morceau. Sans surprise, le groupe nous roule dessus avec une rythmique entraînante et cette violente rancune. Le break accomplit parfaitement son rôle, et le headbang sera de mise.

Ektomorf nous propose un aspect beaucoup plus mélodique de son groove metal avec "Reborn". L’album est assez court, mais il contient assez de rage et d’énergie pour nous promettre de beaux mouvements de foule !


Matthieu
Janvier 2021




"Fury"
Note : 17/20

On ne connaît que très peu de groupes venus de la scène hongroise, mais je peux vous assurer que l’un des fers de lance c’est Ektomorf ! Mélangeant thrash, death, groove et hardcore depuis 1994 et très souvent comparés à Soulfly et Sepultura, le groupe mené par Zoltán Farkas (chant / guitare) n’a pas attendu très longtemps avant de sortir sa première démo, et ils en sont maintenant au treizième album, intitulé "Fury" ! Si le groupe a connu quelques déboires en revenant de sa tournée américaine avec les départs simultanés de Szabolcs Murvai (basse), Tamás Schrottner (guitare) et Róbert Jaksa (batterie) pour différences personnelles, Zoltán a tenu bon et il vient d’engager respectivement Attila Asztalos, Szebasztián Simon et Dániel Szabó pour les remplacer. Le groupe a d’ailleurs déjà annoncé une partie de ses dates européennes pour défendre "Fury" ! Préparez vos cervicales…

L’album débute avec "The Prophet Of Doom" un titre pour lequel une vidéo énergique a été tournée. La rythmique est lourde à souhait, et les riffs saccadés comme jamais. Le groupe ne perd pas de temps pour instaurer une ambiance guerrière sur les riffs martiaux composés par Zoltán, sous les blasts qui ne s’arrêtent que pour repartir sur une rythmique au groove ravageur. Les Hongrois enchaînent avec "AK 47" et ses riffs plus pointus mais tout aussi gras. On sent la puissance due à l’utilisation des guitares huit cordes qui gronde pendant que les hurlements emplis de rage retentissent dans les hauts-parleurs. "Fury", le titre éponyme, vous fera bouger tout seul. A peine les premiers accords entamés, ma nuque s’est soudainement retrouvée animée d’une volonté propre, bougeant inconsciemment au rythme de la chanson, nourrie au palm mute, dont le schéma sera à peu de choses près le même que "Bullet In Your Head". Sans grande surprise, cette composition aux riffs simples a été créée dans le seul et unique but de mettre un bordel monstre dans une fosse. On revient à une rythmique plus chiadée avec "Faith And Strength", aux paroles simples mais tout aussi entraînantes que les solos dénotent par rapport à la rythmique carrée. Cependant, même en proposant un élément assez déstructuré et criard, la cohérence reste maître du moment. Un peu plus construite et avec des changements de tempo importants, "Infernal Warfare" vous fera encore une fois taper du pied et vous briser la nuque, tout en arpentant la fosse au rythme des frappes de la double pédale, ou bien sauter grâce aux encouragements de la voix puissante de Zoltán. "Tears Of Christ" puise un peu plus dans les influences thrash metal du groupe pour convaincre, alors que la construction rythmique de la batterie qui encadre parfaitement les riffs lors du refrain peut faire penser à une musique ethnique. C’est probablement la vengeance qui a motivé l’écriture de "Blood For Blood", et on le ressent dans les riffs cruels de la composition. Saccadés, torturés, mais toujours aussi aiguisés, il est certain que le combo ne manque pas d’inspiration pour vous donner envie de distribuer les mandales dans le pit. A noter l’énorme accélération finale sous un blast dévastateur qui relancera une bonne fois pour toute l’assaut en cas de coup de fatigue. Toujours aussi subtile, "If You’re Willing To Die" ne surprendra pas par sa rythmique torturée, mais plutôt par l’énergie qu’elle dégage tout en étant extrêmement lente. Les riffs lourds des instruments permettent à la batterie de se placer comme bon lui semble, sans jamais trop en faire, puis le son s’éteint lentement pour laisser place à la dernière composition, "Skin Them Alive". Bien plus énervée que la précédente, elle conserve la même recette qui fait mouche depuis le début de l’album avec quelques harmoniques thrash / hardcore qui alimentent la frénésie du groupe.

Ektomorf a changé de line-up, mais absolument pas de groove. La puissance est le maître-mot de cet album qui, sans grande surprise, nous fera headbanguer du début à la fin. A mon avis, ces morceaux passeront aussi bien la barrière du live qu’un "Holocaust" ou un "Agressor", et vous allez sauter en compagnie des Hongrois plus souvent que vous ne le pensez… Personne n’y sera indifférent !


Matthieu
Février 2018




"Agressor"
Note : 11/20

Je ne m’épancherai pas beaucoup sur cet album, dont le titre évocateur "Agressor" trouve des résonnances dans l’actualité française et plus particulièrement parisienne. Triste période. Ektomorf sort un énième album qui ressemble à ses prédécésseurs. Outre le titre "Holocaust" dont le clip a été tourné en partie dans le camp de concentration d'Auschwitz, le reste ressemble à s’y méprendre à ce que les Hongrois proposent depuis leur création : un avatar de Soufly sauce européenne.

Cœur lourd et riff saignants, Ektomorf déballe toujours sa haine via les éructations vocales de son chanteur et fondateur Zoltan, le tout dans un anglais qui ne s’est jamais amélioré avec le temps (le niveau n’est pas scandaleux mais il est tout juste acceptable au niveau de la prononciation). Concernant les titres, c'est toujours le même schéma, intéressants mais pas ultra bandants, rébarbatifs à la longue et on n'a toujours pas le sentiment d’avoir des albums différents, seulement des titres qui s’enchaînent encore et encore avec la même couleur sans inventivité révolutionnaire. Le groupe existe depuis des années, la production n'est aucunement gênante, bien au contraire, très plaisante à écouter, les équilibres sont bons, les introductions (signe distinctif du groupe) sont égales à elles-mêmes, de bonne qualité, mais rien ne casse des briques non plus. Les morceaux s’enchaînent mais perdent en qualité avec le temps. Au départ, des relents de Soufly prenaient encore le pas et donnaient une certaine résonnance à Ektomorf. Maintenant, le groupe, centré sur et donnant la part belle au chant de Zoltan, et qui s’appuie presque exclusivement dessus, perd un peu en constance et en profondeur. Les riffs sont simples et dans l’ensemble efficaces, la batterie fait le boulot, ni plus ni moins, ce qui donne un ensemble correct, pêchu et bien exécuté, mais cela suffit-il pour un groupe de cette expérience ? Je ne pense pas. Les acquis sont là mais le groupe se repose beaucoup trop sur des formules qui ont été éprouvées par le passé, sans rien apporter de nouveau. C’est bien triste et dommage.

L’album "Agressor" s’en trouve amoindri, avec rien de bien neuf sous le soleil de la Hongrie. Tout juste quelques passages qul accrochent l’oreille ici et là mais sans plus. Un groupe qui, au fur et à mesure de son avancée, stagne méchamment, jusqu'à squatter dans des limbes métalliques peu ou si peu intéressantes. Pour celui qui ne connaît pas Ektomorf, cet album est à recommander, mais pour le fan qui connaît déjà depuis quelques albums, rien ne change : du gras, du metal, du chant rauque et de la violence qui te prend bien par les c….. mais si vous voulez de l’originalité, ce n’est pas forcément par ici qu’il fallait vous tourner. Ektomorf est-il en plein déclin ? Ça me fait mal quand je vois le peu de renouvellement que les mecs apportent alors que dans la frange d’un "Soufly européen", il y avait une (grosse) place à prendre pour devenir un des fers de lance. Bref, pour les novices, c’est bon à prendre, mais pour les adeptes de longue date c’est du foutage de gueule que de proposer quelque chose d’aussi creux.


Sam
Décembre 2015




"Retribution"
Note : 11/20

Ektomorf, c'est la bande à Zoltan, c'est les Hongrois qui sont fans de Soulfly toussa toussa... C'était une grosse découverte il y a 5-6 ans, et maintenant soyons clairs : c'est chiant. Bon, comme toute critique je m'explique : non pas que la production soit nulle, non pas que certains riffs ne méritent pas le coup d'oreille, mais sérieusement, d'un album à l'autre, rien ne change, on est d'accord, non ? Sérieusement, côté production rien a dire : c'est parfait, pour le reste on est dans le rebut d'un rebut d'un ancien album, certes c'est un peu plus lié entre les morceaux que sur les premiers albums, c'est toujours aussi énervé, et l'ensemble trouvera son public sans aucun problème, mais pour le reste je suis extrêmement mitigé, de fan je suis passé à frustré, il n'y a aucune évolution à noter si ce n'est un titre calme au milieu (enfin seulement le début), "Lost And Destroyed", mais autrement, Ektomorf ne va pas chercher midi à quatorze heures et fait ce qu'il sait faire : du droit, du direct, et du pas calme. Grosse basse, gros riffs guitares, voix saturée du leader historique du groupe, ambiances inquiétantes par moments, avec cependant quelque chose que l'on pourrait copier-coller allègrement aux anciens albums. Il est triste que je ne trouve rien, mais rien de neuf dans cet album... Ektomorf, avec cet album, n'évolue plus, propose une musique et des morceaux qui seront certes efficaces en live et qui raviront le jeune qui découvre le metal mais les Hongrois ne proposent qu'une pâle copie de ce qu'ils ont déjà fait, encore et encore. Si vous avez des albums antérieurs à celui-ci, passez donc votre chemin. Une production bien à la hauteur, des musiciens qui jouent juste et propre, ce sont bien les seuls points positifs de cet album.


Sam
Février 2014




"Black Flag"
Note : 10/20

Petite apréhension à l'écoute du dernier Ektomorf. Les Hongrois ne m'avaient pas laissé une superbe image lors de leur dernier album. Bon c'était un acoustique mais quand même. "Black Flag" se présente à mes oreilles avec de plus nobles intentions semble-t-il et un atwork qui pose les bases dès le début.

On retrouve la verve des débuts du groupe et la haine de Zoltan au chant ! De nombreux changements de line-up ont perturbés l'avancée du groupe, qui se pose maintenant comme une valeur sûre du metal et du hardcore à la sauce Soulfly. Loin de caricaturer le groupe et de le reprendre très fortement comme à ses débuts, Ektomorf tente maintenant d'avoir son propre univers. Fidèle à sa façon de faire, le groupe enchaîne grands moments, cavalcades et breaks hardcore. La voix très brute est identifiable au groupe. Là où Ektomorf s'identifiait plutôt à un Soulfly par le passé, on y trouve des ressemblances avec Machine Head dorénavant. Le groupe ne se distingue pas particulièrement par des riffs ou des constructions révolutionnaires, mais plus par un son spécial, et un chant caractéristique. L'album "Black Flag" est correct, un brin redondant mais bien produit. Ces 14 titres glissent et passent comme une lettre à la poste, violents, écorchés, déglingués, mais ne révolutionnent pas le genre. La vie selon Ektomorf. Le groupe a alterné le bon, le moins bon pour disparaître et réapparaître. Puisant un peu (trop) dans les influences Soulfly (jusque dans l'identité visuelle !!!) et revenant avec quelque chose de plus perso mais encore influencé par un des grands du genre (Machine Head). C'est avec quelque chose de très rythmé, avec une batterie et un chant fortement mis en avant que Ektomorf revient à l'été 2012. Malgré la bonne production, les efforts d'accessibilité, le come back dans quelque chose de plus conventionnel avec son demi loupage de son acoustique, Ektomorf peine à convaincre. A la longue, malgré des morceaux qui glissent, ceux-ci glissent... trop... pour se révéler un tantinet fades et "déjà vus"… Amer sera le constat d'un groupe qui tente de se démarquer, qui tente de créer, de vivre et survivre mais qui n'y arrive pas... qui bloque et se raccroche à ses influences et qui n'arrive pas à imposer sa propre identité.

Le groupe risque de rejoindre une armée de formations insipides qui n'ont pas réussi à confirmer... et pourtant Ektomorf tourne depuis une paire d'années. En réécoutant ce qui se faisait déjà 5 ou 6 ans en arrière, on se dit qu'une boucle est peut-être bouclée et que le maximum en créativité est peut-être atteint.... La reprise d'un Foo Fighters et "The Pretender" en dernier morceau de l'album semble montrer un groupe qui est arrivé au bout musicalement et qui annonce peut-être une redirection artistique ?


Sam
Août 2012




"The Acoustic"
Note : 08/20

L'expérience nous révèle que faire un album acoustique n'est pas forcément chose aisée. Les styles, les musiques s'y prêtent ou non, et nous fournissent des émotions… ou non. Les Hongrois de Ektomorf, plutôt que nous ressortir une énième copie mais néanmoins très bon Soulfly de l'Est de l'Europe, nous proposent un album acoustique. Bon, visuellement, c'est cool au niveau de la pochette. Au niveau de la production c'est bien foutu, un bon équilibre et tout ce que l'on souhaite d'une production de qualité, mais au niveau des compositions ? À l'Est rien de nouveau je vous dirais. Je m'explique. Les titres d'Ektomorf ne se prêtent pas forcément à l'adaptation acoustique. Encore qu'un groupe de pop rock ou rock alternatif le fasse et tente l'aventure pour essayer de captiver un plus large public passe encore, mais pour un groupe métallique… la bande à Zoltan s'est bien plantée. Alors certes on retrouve les célèbres titres du groupe, mais aucune intensité ne passe, de même qu'aucune émotion (alors que c'est ce qui devrait être la base d'un CD acoustique) Du même coup, lorsque l'on passe en acoustique on perd l'essence même et la force du groupe : le metal "tout droit". Alors oui, les arrangements sont bien foutus, la production est très bonne mais après ? Ce CD ressemble plus à un produit marketing en attendant la sortie d'un nouvel album qu'à une véritable création musicale et artistique digne de ce nom. La déception est grande pour un groupe dont je salivais juste à entendre le nom. C'est un CD acoustique parmi tant d'autres. Une galette sans grand intérêt si ce n'est retrouver l'adaptation molle en acoustique de titres métalliques dépotants. A réserver uniquement aux fans... et encore.


Sam
Mars 2012




"Redemption"
Note : 14/20

Ektomorf sous ce nom un peu barbare se cache une bête sauvage. La bête Hongroise blessée... De nombreuses fois les similitudes ont été évoquées avec un autre groupe néamoins célèbre au célèbre frontman Brésilien. Pour en revenir à la bande à Zoltan, depuis 1993 les mecs écument la planète metal, des kilomètres en tour bus, des headbangs à n'en plus finir et des cordes usées, la rage est toujours bien présente. "Redemption" arrive un peu comme une nouvelle pierre à un édifice qui n'en a plus trop besoin. Je m'explique... "Redemption" fait la part belle au metal, à la grosse prod' qui tache sévère, avec toujours ce petit côté roots / hardcore de la batterie derrière. On retrouve le chant écorché, on retrouve cette même science des riffs et le même punch. En dehors de cela ? Les nouveaux venus seront enthousiastes sur la qualité globale, sur les morceaux, les riffs, la puissance et la violence dégagée... Les autres... peut-être moins. Trop de "déjà vu", la recette ne prend plus que moyennement. Les riffs sont déjà vus, les constructions prévisibles. On sent sur certains momentd de la recherche pour se renouveler, suivre une autre direction ? Le frontman harangue toujours, et si t'as la haine c'est par ici qu'il faut passer ! 12 titres avalés au pas de course, une intro qui reste dans le ton des autres albums, ce qui veut dire très calme avant la tempête et les décibels, un feat avec Danko Jones sur le milieu de l'album et hop voici "Redemption". Le concentré de metal / hardcore à la sauce Max C. d'Europe de l'Est est dans vos oreilles. Allez les kids, venez découvrir le gras... mais pour les autres pas sûr que cela vous réjouisse et vous transcende mais ça a le mérite de faire passer un bon moment.


Sam
Décembre 2010


Conclusion
Le site officiel : www.ektomorf.com