Le groupe
Biographie :

Dvne est un groupe de sludge / stoner metal progressif anglais formé en 2013 (anciennement Dune) et actuellement composé de : Dudley Tait (batterie), Victor Vicart (guitare, chant / ex-Atragon), Dan Barter (guitare, chant / ex-Eborsisk, ex-Roll On Three), Greg Armstrong (basse) et Evelyn May (clavier). Dvne sort son premier album, "Asheran", en Juillet 2017 chez Wasted State Records, suivi de "Etemen Ænka" en Mars 2021 chez Metal Blade Records.

Discographie :

2013 : "Progenitor" (EP)
2014 : "Aurora Majesty" (EP)
2017 : "Asheran"
2020 : "Omega Severer" (EP)
2021 : "Etemen Ænka"


La chronique


J'ai tellement de livres à lire que je me dis que me refaire une fois de plus l'intégrale de Dune ne serait pas raisonnable, comme par hasard un nouveau film doit sortir et les Anglais de Dvne ressortent un album ! N'essayez pas de cacher le complot, c'est trop tard, je l'ai repéré. Bref, après un très bon "Asheran" sorti en 2017 et l'EP "Omega Severer" fin 2020, c'est avec "Etemen Ænka" que le groupe revient cette année. Comme vous vous en doutez, Dune est effectivement une des influences extra musicales de... Dvne, c'est fou hein ?

Musicalement, on navigue entre le sludge, le stoner, peut-être un léger zeste de post-rock et le progressif pour un résultat qui pouvait faire penser à la fois à Baroness, à Intronaut et un peu à Mastodon sur le précédent album. On retrouve cette patte dès "Enûma Elis" qui ouvre l'album et entend surtout avec plaisir ces ambiances et ces motifs mélodiques que le groupe développait déjà par le passé et qui sont un régal pour les oreilles. Comme beaucoup de groupes dans le genre, Dvne a une puissance évocatrice impressionnante et au-delà du tricotage de certains riffs se cachent des ambiances prenantes qui donnent instantanément naissance à des images. Les voix de Victor Vicart et Dan Barter n'y sont pas pour rien et quand les deux s'entremêlent, les émotions vous frappent de plein fouet. Pour ceux qui n'auraient pas encore compris, la brutalité n'est évidemment pas la préoccupation principale de Dvne, même si le groupe n'hésite à pas l'utiliser. Le chant est majoritairement clair et les cris ne viennent qu'épisodiquement enrichir le spectre sonore. Ce sont les mélodies qui sont reines ici et tout est fait pour servir les ambiances et enrichir l'univers que crée Dvne, tout comme les passages les plus techniques qui n'interviennent que lorsqu'ils servent le morceau. "Court Of The Matriarch" mélange d'ailleurs admirablement bien toutes ces différentes facettes et balance des riffs puissants sur lesquels viennent se poser à la fois les cris et les superbes lignes de chant clair, le tout créant un morceau aussi direct qu'émotionnellement fort. Si les influences du groupe peuvent encore s'identifier et si leur empreinte se fait encore parfois sentir, on remarque surtout un talent d'écriture indéniable qui fait toute la différence.

Le groupe arrive à nous embarquer dans son voyage pendant soixante-sept minutes sans montrer le moindre signe de faiblesse ou le moindre manque d'inspiration. L'équilibre entre mélodie, technicité et puissance est suffisamment dosé pour qu'il se passe toujours quelque chose malgré des morceaux qui atteignent fréquemment les huit ou dix minutes. Comme son prédécesseur, "Etemen Ænka" a été produit par Graeme Young au Edinburgh's Chamber Studio et bénéficie une fois de plus d'un son chaud et organique qui fait plaisir à entendre et qui en plus sert d'écrin parfait à cette musique riche en ambiances et en mouvements. Les passages les plus mélodiques et planants reflètent plutôt bien l'aura quasiment mystique qui peut imprégner l'oeuvre de Frank Herbert et la mise en avant de détails y faisant référence ne tient pas du gimmick. On ne peut pas dire non plus que l'ambition de Dvne se limite à retranscrire cet univers en musique, il s'en sert mais ses ambiances et le monde qu'il crée vont plus loin que ça. La musique du groupe se nourrit de cette influence littéraire mais n'hésite pas à aller voir ailleurs et ne s'en sert que pour nourrir sa puissance d'évocation et la richesse de ses textures. Le but est de faire en sorte que des images vous viennent en tête à l'écoute de "Etemen Ænka" et celui-ci est atteint sans problème. Encore une fois, on se dit que ce genre d'album retranscrit sur scène doit être un sacré voyage, mais il va falloir malheureusement encore attendre je ne sais combien de temps pour vivre ça. Que cela ne vous empêche pas de vous délecter de notre chère musique sur enceintes pour autant, ce serait dommage de passer à côté de ce genre d'albums.

Dvne continue donc sur sa lancée et suit à peu près les traces laissées par "Asheran" tout en poussant un cran au-dessus. Sa puissance d'évocation, sa qualité d'écriture et ses ambiances toujours prenantes, planantes voire poignantes font de "Etemen Ænka" un album exigeant et profond mais qui récompensera largement ceux qui feront l'effort d'entrer dans son monde.


Murderworks
Juin 2021


Conclusion
Note : 17/20

Le site officiel : www.facebook.com/dvneuk