Le groupe
Biographie :

Dirty Black Summer est un hommage empreint de nostalgie au genre alternatif de Seattle. Une certaine rédemption musicale cherchée par des membres de Svart Crown, In Other Climes et Wormsand. Avec Dirty Black Summer, ses membres cherchent à retrouver leurs premiers émois musicaux, l’exaltation de leurs débuts ; volonté attisée par la mise au repos forcé imposée par le premier confinement, du repli sur soi qui en a découlé. Dirty Black Summer émerge alors du néant dans une sorte d’urgence et est une soupape cathartique qui s’exprime par un rock 90's post-grunge avec en filigrane, l’essence du black metal. Le premier EP de Dirty Black Summer, "Great Deception", sort le 21 Mai 2021 chez Nova Lux Production / Season Of Mist.

Discographie :

2021 : "Great Deception" (EP)


La chronique


Toutes ces périodes de confinement ont apparemment donné lieu à des projets musicaux que l'on n'aurait peut-être pas entendus de sitôt, prenons ça comme le verre à moitié plein d'une période bien sombre. Dirty Black Summer est un de ces projets surprenants car quand on voit des membres de Svart Crown, In Other Climes et Wormsand réunis dans un même groupe, on s'attend pas à les entendre explorer les terres du grunge ou du rock alternatif des années 90 ! C'est pourtant bien ce que fait "Great Deception", le premier EP du groupe et si le postulat peut surprendre, la qualité de l'ensemble va bien vite dissipier les doutes.

"Your Great Deception" ouvre le bal et on entend vite que les chiens ne font pas des chats car si l'orientation penche effectivement vers le grunge et le rock, on ne peut s'empêcher d'entendre du black metal dans les accords et arpèges. Il y a cette froideur qui va décidément teindre tout ce que produiront ces gars-là et le fait qu'elle se mélange à ces influences qui sont de base un peu plus chaleureuses ne fait que rendre le tout plus surprenant encore. Certes le grunge a toujours été une musique torturée mais la mélancolie y était contrebalancée par des sonorités blues voire même presque soul dans la voix de certains chanteurs. En parlant de chant, on entend des parties qui ne sont pas sans rappeler un certain Eddie Vedder au milieu d'autres plus criées et plus rageuses. Le mélange est en tout cas sacrément réussi entre les sonorités grunge, rock et la froideur du black metal, permettant à Dirty Black Summer de ne pas proposer une simple resucée de classiques des années 90. Rien qu'avec ce premier morceau, le groupe nous prouve que son idée était bonne et qu'il y avait encore quelque chose à faire avec ces sonorités qui sont tombées dans l'oubli après une explosion fulgurante. L'exploit réalisé ici est multiple, non seulement le groupe arrive à revisiter une scène morte en y ajoutant des sonorités antagonistes au premier abord, mais il arrive en plus capter un esprit qui semblait éteint et à s'en servir pour proposer quelque chose de nouveau, qui ne sonne jamais de façon passéiste et qui reste indéniablement prenant. L'émotion saute à la gorge et on sent que tout le monde a balancé ses tripes dans une musique de passionnés.

Ce premier EP ne dure que vingt-sept minutes et fait pourtant entendre toute une palette d'ambiances et de sonorités différentes qui nous fait espérér un album à l'avenir. Comme les membres de Dirty Black Summer aiment surprendre, ils se sont dit que ce serait pas mal de reprendre le "Womanizer" de Britney Spears que personne n'aurait imaginé atterrir ici. Et ça sonne terriblement bien en plus ! À entendre ces morceaux on se dit que cette scène est peut-être morte un peu trop vite et qu'il y avait encore quelque chose à en faire, Dirty Black Summer a en tout cas trouvé un moyen d'en ressortir la moelle et de transformer tout ça en quelque chose de personnel et actuel. Mais le point le plus important c'est surtout que tout ça sonne du feu de dieu et que cet EP est assez magistral dans son genre. C'est probablement ce que l'on attendait le moins et c'est pourtant un de ceux qui nous aura le plus frappé en plein cœur dernièrement. "Great Deception" est impressionnant et prenant de bout en bout avec une efficacité impossible à prendre en défaut et des émotions qui touchent au but à chaque fois. Ajoutez à ça une production puissante avec juste ce qu'il faut de guitares abrasives et vous avez le son parfait pour accompagner ce type de sonorités. Même si les membres du groupe ne sont pas des débutants, on ne s'attendait pas à un tel coup de maître sorti de nulle part, alors on tend bien les oreilles et on profite.

Dirty Black Summer nous envoie "Great Deception" en guise de carte de visite et nous souffle pendant vingt-sept petites minutes. Un début magistral qui resuscite une scène que l'on croyait morte en y ajoutant quelque chose de plus personnel et sans oublier l'évolution musicale ayant eu lieu depuis. On espère au moins un album à l'avenir et en attendant on se repassera plus d'une fois ces six morceaux (dont la fameuse reprise) en se disant que même les pires moments peuvent parfois produire de bonnes choses.


Murderworks
Octobre 2021


Conclusion
Note : 17/20

Le site officiel : www.facebook.com/dirtyblacksummerofficial