Le groupe
Biographie :

De Profundis est un groupe de doom metal, puis de death / black metal progressif anglais formé en 2005. Le groupe enregistre son tout premier album en 2007, "Beyond Redemption". Un album mixé par Steve Watkins aux Warehouse Studios à Oxford (Angleterre) et masterisé par Tim Turan au Turan Audio (Dimmu Borgir, Opeth, Emperor). Achilleas Gatsopoulos (Dark Tranquillity, Arcturus) eu en charge la conception de l’artwork de l’abum. Grâce à ce premier album et de nombreuses prestations live qui ne laissent pas indifférent, De Profundis eut l’honneur de partager l’affiche avec Iron Maiden en Inde, en Février 2009. En Juillet 2009, De Profundis enregistre son deuxième album studio "A Bleak Reflection" produit par Fernando Pereira Lopes (Misanthrope, Orakle). Le troisième album, "The Emptiness Within", suit en 2012 sur le label Kolony Records. Le quatrième album, "Kingdom Of The Blind", sort le 28 Septembre 2015 chez Wickerman Recordings. "The Blinding Light Of Faith" sort en Mai 2018 chez Transcending Obscurity Records.

Discographie :

2007 : "Beyond Redemption"
2010 : "A Bleak Reflection"
2012 : "The Emptiness Within"
2014 : "Frequencies" (EP)
2015 : "Kingdom Of The Blind"
2018 : "The Blinding Light Of Faith"


Les chroniques


"The Blinding Light Of Faith"
Note : 16/20

Si les techniciens cherchent toujours un son plus pointu, plus travaillé, certains n’oublient pas la dimension musicale de leur démarche. De Profundis a commencé en tant que groupe de doom metal, mais s’est finalement orienté vers un black metal progressif des plus poussés. Le seul rescapé de la formation originale est le chanteur et fondateur Craig Land, mais Soikot Sengupta (guitare) l’a rejoint en 2006. Le groupe a dû faire face, en plus de sa nouvelle orientation musicale, à des changements de line-up, mais Arran McSporran (basse / Seven7, Virvum ) les rejoint en 2009. Paul Nazarkardeh (guitare) et Tom Atherton (batterie) seront les suivants, et le line-up s’est enfin stabilisé depuis 2014. En comptant "The Blinding Light Of Faith", leur dernière sortie, ce sont cinq albums qui composent la discographie du groupe et leur son s’affine à chaque fois. Je vous laisse profiter…

Les Anglais commencent avec "Obsidian Spires", et les premières secondes de riffs sont suffisantes à elles seules pour nous prouver que les choses sérieuses commencent tout de suite. Si la basse d’Arran est chaude et douce, bien que très technique, les guitares de Soikot et Paul sont agressives et tranchantes, et cette opposition leur donne un son très particulier, qui se distille à travers de multiples parties lead qui viennent sublimer une rythmique puissante avant un sample final. "War Be Upon Him" renoue avec un son plus martial, qui me rappelle certains groupes venus de pays plus froids, mais la rythmique se complexifie au fur et à mesure sous une avalanche de blast beats rapides, mais qui sait faire place à des frappes plus lentes lors des passages chiadés. Jouant à fond la carte du metal progressif, le groupe lance "Opiate For The Masses". Si le son devient plus criard, nous aurons droit à tous les éléments classiques du style, comme un break à la basse avec des guitares en son clair, mais le son saturé reviendra avec le chant puissant de Craig. Plus directe et agressive, "Bastards Sons Of Abraham" est une composition qui sait également prendre le temps de lancer des parties plus épiques pour coller à une rythmique hachée et un chant motivant. Ce titre est pour moi le plus poussé et représentatif du groupe à l’heure actuelle.

Ne mettez pas le son trop fort pour le sample introductif de "Martyrs", ou vous risquez d’être fiché S en quelques secondes… Pour le reste, la composition incite au headbang, et les nombreuses harmoniques savent parfaitement repartir sur une rythmique black poussée, avant de revenir sur des sons plus abordables pour un public non initié. A côté de ça, "Godforsaken" est beaucoup plus calme, voire même planant par moments, avec toujours cette voix gutturale massive qui nous mène lentement vers le prochain titre. Je peux me tromper, mais j’ai l’impression que certaines influences doom sont ressorties sur ce titre, alors que "Beyond Judgement" n’existe que pour briser des nuques et des genoux dans le pit. Après une introduction très rapide, le groupe se concentre sur un peu plus de technicité, sans oublier cette part de puissance brute qu’ils ont su incorporer à leur mélange pour un résultat burné et très appréciable.Le dernier morceau de l’album, "Bringer Of Light", est également des plus planants. Plus long que les autres, il permet au groupe de développer tout un univers qui oscille entre des sons mystiques, puissants mais surtout réfléchis et saccadés. Si j’accroche cependant moins au côté prog de l’album, ce titre reste excellent.

Alors que je connaissais principalement De Profundis pour leur réputation dans la scène underground ainsi que pour la participation d’Arran et Soikot (sous le nom de Shoi Sen) à l’album de Demonstealer, je me rends compte que leur entière discographie est une mine d’or. Jamais dans l’excès, les musiciens excellent dans la maîtrise de leurs instruments, et prennent un plaisir intense à étaler leur talent devant nous sans jamais passer par la “branlette de manche”.


Matthieu
Mai 2018




"Kingdom Of The Blind"
Note : 16/20

Il y a des groupes de petits malins qui aiment compliquer la tâche des chroniqueurs, je crois que De Profundis en fait partie. Son nouvel album "Kingdom Of The Blind" est du genre à ne pas pouvoir tenir en place, autant prévenir tout de suite qu'il va falloir vous accrocher un minimum pour suivre la chose.

Passé une petite introduction fort judicieusement nommée "Overture", on se prend "Kult Of The Orthodox" dans la face qui attaque directement avec du blast et un riff hérité tout droit de chez Dissection, pour embrayer ensuite sur un riff qui pue le black old school et primaire, puis des passages plus atmosphériques, des relents de death et des soli de guitares bien branlés, bref c'est le bordel d'entrée de jeu ! "Illumination" suit avec une intro bien technique et pesante à la fois, suivie là encore par du gros blast avec une basse fretless toujours bien présente et un feeling plus death mélodique cette fois. Bref, vous l'avez compris, De Profundis aime vous balader un peu partout sans ménagement, quitte à prendre le risque de vous perdre au milieu de la route. En tout cas, force est de constater que c'est toujours bien foutu et que si le niveau technique est plutôt élevé, le groupe ne tombe jamais dans l'outrance, on a toujours des riffs bien gras ou de bonnes mélodies pour accrocher l'oreille. Toujours est-il qu'il va falloir un minimum d'ouverture d'esprit pour apprécier ce "Kingdom Of The Blind" parce que même si De profundis n'invente rien, on trouve tellement de styles différents mélangés qu'il faut être assez éclectique pour en profiter pleinement. Paradoxalement, le format des morceaux est plutôt homogène, on tourne globalement entre 5 et 6 minutes pour un total de 51 minutes.

Et la qualité des compositions fait que l'écoute est plaisante plutôt qu'éprouvante, ce qui n'était pas gagné d'avance au vu du nombre d'influences présentes sur cet album. Le groupe sait où il veut aller et construit par conséquent de vrais morceaux cohérents et non pas des patchworks pondus à l'arrache histoire d'en mettre plein la vue. Et mine de rien (ou de crayon c'est selon), c'est plutôt balèze de réussir à créer une musique personnelle en puisant dans des recettes sonorités qu'on est habitués à entendre, parce que je le redis, si De Profundis n'invente rien on ne peut quand même pas comparer sa musique à celle d'autres groupes même si on identifie bien certaines influences. Je pense qu'il est facile de comprendre pourquoi je disais au début de cette chronique que De Profundis aimait nous compliquer la tâche, il est en effet bien difficile de poser une étiquette précise là-dessus et finalement ce n'est pas plus mal. Un morceau comme "All Consuming" se permet même un break bien jazzy avec une basse fretless bien mise en valeur et accompagnée par de la guitare acoustique. Alors certes des groupes qui pondent des sonorités jazz dans du metal en ce moment ce n'est pas ce qui manque, mais le côté assez gras et old school que De Profundis arbore assez souvent lui rajoute une certaine saveur qu'on ne retrouve pas souvent.

Au final, me voilà bien embarrassé pour vous résumer à quoi ressemble ce nouvel album de De Profundis ! Il mélange allègrement du gros death qui tache, du black, des sonorités jazz, un feeling old school, une basse fretless héritée du death technique des années 90, des passages acoustiques, bref il y a de tout là dedans. Ce que je peux vous dire par contre c'est que si le mélange des genres ne vous gêne pas outre mesure, vous avez là un bon spécimen, jamais barbant ni démonstratif et n'oubliant jamais en plus d'envoyer le bois comme un groupe de metal se doit de le faire !


Murderworks
Décembre 2015




"The Emptiness Within"
Note : ???/20

Me voici pour la première sur French metal sur la chronique d'un album autre que black metal. Le nouvel opus de De Profundis, groupe de death progressif.

Alors alors, voyons cela plus en détail. Passé une introduction mettant dans une ambiance plutôt étherique, le constat est fait. C'est effectivement du death prog. Pas de rentre-dedans façon old-school, ici les ambiances sont planantes, aériennes... Cet album s'écoute avec une certaine sensibilité, donc pas vraiment pour les gros bourrins. On s'éloigne également des riffs trop courants façon death mélodique caca-boudin.

Cependant, le côté planant de la galette a plutôt tendance à m'endormir. Je me suis peut-être un peu trop cantonné au metal vraiment extrème et incisif pour apprécier ce groupe à sa juste valeur. Voilà pourquoi j'estime ne pas être à même de mettre une note. Bon, un peu de positivisme, ça reste quand même sympa et tout. L'ensemble est très loin d'être mauvais, les fans de groupes atmosphériques recherchés devraient grandement apprécier. La basse est ardemment travaillée sinon, ce qui a le mérite d'être réjouissant. Les musiciens maîtrisent leur art, incontestablement. L'album est clairement intellectuel et donc surtout orienté pour des auditeurs initiés.

Pour ce qui est de la jaquette, elle est plutôt torturée, mais visuellement travaillée et certainement pleine de sens que je ne saisis pas d'emblée.

En bref, je n'estime pas vraiment nécessaire que je m'attarde plus longtemps sur cet album. Je peine à le chroniquer, sincèrement. Ce que je peux dire, c'est que les fans apprécieront la performance. Mais les amateurs de riffs vraiments agressifs et incisifs resteront largement sur leur faim. Du très bon travail, toutefois.


Lukos
Avril 2012




"A Bleak Reflection"
Note : 12/20

Avec un palmarès tel que celui là, on en vient à se demander pourquoi le groupe De Profundis n’est pas plus connu par nos contrées. Avant de rentrer dans le vif du sujet ce "Bleak Reflection", petit retour en arrière sur la genèse du groupe. Créé en 2005, De Profundis nous vient d’Angleterre. A l’origine du projet, Craig Land le vocaliste et Romain Subbotin l’un des guitaristes. Après la sortie de leur premier album "A Beyond Redemption", De Profundis embarque alors pour une tournée en Angleterre qui s’achèvera en Inde aux côtés des vétérans d’Iron Maiden. Un véritable honneur pour le groupe et l’opportunité de jouer devant plus de 20 000 personnes.

Ouais bon plutôt génial pour le groupe mais musicalement parlant, De Profundis est très loin d’un Iron Maiden. Même si l’on peut compter de nombreuses lignes de mélodies sur ce deuxième opus du groupe, avec quelques bons solos bien ficelés, De Profundis officie définitivement dans le registre du doom metal. L’ambiance générale de ce "A Bleak Reflection" se fait lourde, pesante voire étouffante et ce grâce à un tempo qui nous traine lourdement et ces guitares qui semblent prendre le temps de la réflexion à chacun des riffs. Pourtant le titre "Nocturnal Splendor" démarre sur les chapeaux de roue nous offrant un blast (mollasson ?) en ouverture… vous l’aurez compris l’intensité retombe très vite mais en même temps c’est le style qui veut ça vous me direz. L’une des caractéristiques marquante de cet album est cette basse ronflante ou ronronnante. Bien mise en avant, les mélodies de basse apportent une légère touche jazzy à ce "A Bleak Reflection" et ce côté hautain qui donne un certain caractère à cet album. Avec une moyenne de 7 minutes par titres, les compositions du groupe sont variées ayant une véritable progression pour un album qui respire le professionnalisme et les influences bien choisies. Le titre "The Mourner" se rapproche grandement d’un Opeth. De très bonnes rythmiques, un chant guttural à souhait et des mélodies bien accrocheuses. D’ailleurs si le vocaliste nous gratifie de quelques chants criards façon black metal (je pense au titre "Crimson Black Bleeding"), le timbre de Craig Land se rapproche bien plus d’un Mikael Akerfeld au final.

Côté production il n’y a franchement rien à dire, mis à part la basse qui ne mériterait pas tant d’attention sur tous les morceaux, la production dessert parfaitement le doom metal progressif de De Profundis. Mais le doom n’est-il pas censé être dépressif ? Certes l’intro au violon nous offre ses mélodies les plus sinistres mais la plupart des morceaux insufflent bien plus une énergie positive que négative. Mais peu importe non ? Tant que la qualité est au rendez-vous ! Malheureusement je ne suis pas la mieux placée pour parler d’un album de ce style et pourtant je me suis quand même laissée séduire par quelques titres. "Cease To Be" est pour moi l’un des morceaux les plus sombres et profonds de cet album avec "Cold As Grave". Le titre "Crimson Black Bleeding" nous livre ses meilleurs passages rythmiques et mélodiques. Pas très convaincue par le tempo assez lent de l’ensemble de cet album, je tenterai tout de même l’expérience en live au mois de Juin à Paris, affaire à suivre.


Célin
Mai 2010


Conclusion
Le site officiel : www.deprofundistheband.com