"Nefarious Scintillations"
Note : 16/20
Nouveau méfait sous la bannière Dead And Dripping. Pour ce quatrième album, "Nefarious Scintillations", Evan Daniele (chant / tous instruments, Anal Exorcism, Vulnificus, Sentient Horror…) a une fois de plus choisi l’écurie Transcending Obscurity Records.
Le créateur est désormais accompagné par TJ Coon (basse, Trog, Sentient Horror, Reeking Aura) et Nikhil Talwalkar (batterie, Anal Stabwound, Bludgeoned, Virulent Excision, ex-Hate Inclination…) en live, gérant lui-même chant et guitare.
Dès ses premières secondes, "Nefariously Scintillating Through Vacant Galactic Reservoirs" se montre inquiétant, mais lorsque les riffs complexes au mix épais entrent en jeu, on se laisse une fois de plus balayer par la maîtrise et la violence de son créateur qui ne nous propose aucun échappatoire. L’imbroglio de riffis déferle sans discontinuer, offrant tout de même des moments plus explosifs mais tout aussi complexes à appréhender qu’à jouer comme les solos, puis on enchaîne sur "Horrifying Glimpses Into Inconceivably Demented Cityscapes" qui est plus courte et par conséquent plus directe, couplant lourdeur et patterns agressifs. Les harmoniques criardes sont encore plus nombreuses sur ce titre, qui passe bien vite le relai à "Pestilent Hints Of Darkened Malodorous Vibrations" et son angoissant silence initial qui sera remplacé par une nouvelle dose d’oppression virulente auxquels s’ajoutent les vociférations de l’homme et sa technicité exacerbée. Le final sera particulièrement dérangeant, mais il reste inscrit dans la logique du morceau suivi par la très longue "Swollen Torsos Adorned With Pustulating Hexagonal Crania" où le musicien ne se gène pas pour enchaîner les parties vocales les plus étranges sur une rythmique souvent imprévisible et qui ne se gêne pas pour renchérir en quasi-permanence dans cet environnement remuant.
"Sickeningly Vague Anatomical Silhouettes" nous autorise un très court instant de répit, mais le titre dure moins de deux minutes, et il ne va pas manquer une occasion de nous imposer son groove macabre tout en comptant sur une basse claquante, puis "Spontaneous Recollections Of Unwitnessable Atrocity" reprend la technicité purement chaotique. On retiendra ce jeu extrêmement saccadé de la part de chaque instrument qui s’allient pour donner corps à ce son si sale qui sévit à toute allure et ne s’apaise que pour laisser place à "Seeping Through Ancient Transdimensional Corridors" où des effets mystérieux s’invitent à la fête, ajoutant une part d’inconnu encore plus angoissante pendant que les parties vocales sont encore plus monstrueuses. La fin du morceau est une véritable délivrance, mais le son clair de "An Utterly Tenantless World Of Aeons-Long Death" ne dure pas, et le calvaire reprend avec sa saturation habituelle qui orne les patterns tous plus convolutés et inattendus les uns que les autres pour mettre un terme à l’album avec la même incompréhension qui se lit sur notre visage que lorsqu’il a commencé.
Si l’influence première de Dead & Dripping est très simple à deviner, elle n’en reste pas moins respectée à la lettre ! L’héritage Demilichien est poussé à son paroxysme sur "Nefarious Scintillations", un album qui sera incompris et détesté par beaucoup, mais qui trouvera à coup sûr des amateurs.
"Blackened Cerebral Rifts"
Note : 16/20
Dead And Dripping est de retour. Créé par le musicien américain Evan Daniele (chant / tous
instruments, Anal Exorcism, Vulnificus, Sentient Horror…) en 2016, le projet sortira deux
démos et deux albums en indépendant avant de signer chez Transcending Obscurity
Records et annoncera "Blackened Cerebral Rifts" pour 2023.
"Tragic Ascent Of Absurdity's Pale Moon" propose une approche old school, mêlant sonorités
brutes caractéristiques avec des patterns saccadés, des riffs complexes et des parties
vocales étouffées qui donnent parfois des effets mystérieux tout en restant agressif. Les
leads inquiétants nous mènent à "Humanoid Statues Parading Condescending Gestures" et à
ses harmoniques énergiques et inattendues qui rencontrent quelques parties plus lourdes
mais non moins techniques tout comme sur "Aural Interference With Uncanny Subconscious
Frequencies", le titre suivant. Le contraste entre les riffs travaillés et la brutalité pure est très
marqué, laissant le musicien s’abandonner à l’un ou à l’autre sans jamais manquer de
revenir vers le second avant de poursuivre avec "Infinitely Plummeting Into Violet Portals Of
Delusion" et ses sonorités entêtantes qui empruntent au death progressif. On sent à
nouveau que les leads abrasifs s’intègrent facilement à la base épaisse et à ses sonorités
grasses qui accélèrent à volonté, puis "Hopeless Desire For Reprieve" prendra la suite pour
nous offrir un moment de répit grâce à des mélodies cosmiques inquiétantes.
Le son
redeviendra écrasant pour "Meticulously Unraveling The Serpentine Consciousness", alliant
une fois de plus une technicité de haute volée avec une lourdeur chaotique d’où s’échappent
parfois quelques leads plus doux, mais "Kaleidoscopic Visions Of Porous Obsidian Eternities"
fera accélérer la rythmique pour la rendre encore plus agressive en l’agrémentant de
borborygmes sauvages. Un groove malsain nous conduit à "Molecular Degradation Upon
Warped Onyx Stoves", qui reste sensiblement dans les mêmes tonalités accrocheuses et
ravageuses sous ces vagues de blast inarrêtable, qui ne cesseront que pour accueillir
"Hysterical Mirages Of Otherworldly Calamity", la dernière composition, qui ne manquera pas
de rajouter une couche de cette violence apocalyptique avant que le son ne s’éteigne pour
de bon.
Dead And Dripping pioche dans les arcanes du death metal old school tout en laissant
son créateur ajouter sa touche complexe et explosive, faisant de "Blackened Cerebral Rifts"
un véritable ouragan de brutalité.
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