Le groupe
Biographie :

Darkthrone est un des premiers groupes de black metal norvégien. Le groupe se forma en 1986 à Kolbotn sous le nom de Black Death. Il est alors composé de Fenriz (batterie), Nocturno Culto (chant, guitare), Anders (basse) et Zephyrous (guitare). La formation débute en tant que groupe de death metal avec plusieurs démos dans les années 1980 et l'album "Soulside Journey" en 1991. Puis vint le virage black metal avec l'influence d'Euronymous (Mayhem) qui leur fit comprendre la nécessité du black metal, comme étant plus une façon de vivre qu'une simple musique. Darkthrone abandonne définitivement le death metal et sort l'album "A Blaze In The Northern Sky" en 1991. Darkthrone sort ensuite son troisième album, "Under A Funeral Moon", encore plus sale côté production que le précédent. En 1994, Darkthrone sort un quatrième album, "Transilvanian Hunger", pour lequel Varg Vikernes de Burzum écrit plusieurs textes. Le nouvel album de Darkthrone sort en 1995 : "Panzerfaust", plus proche de leurs influences Celtic Frost / Hellhammer. Darkthrone compose "Total Death" en 1996, qui lui se rapproche plus de l'ambiance de ses premiers albums et présente des paroles écrites par des membres de la scène norvégienne (Garm, Ihsahn, Satyr et Carl-Michael Eide). Malgré la sortie de "Goatlord" (d'anciens titres de l'époque pré-"A Blaze In The Northern Sky"), en 1996, les ventes ne suivent pas et le groupe fait une pause. Nocturno Culto s'en va ensuite dans une tournée avec Satyricon et Fenriz s'égare dans deux années de trip d'acide.
Après plus de deux ans d'absence, paraissent en 1999 "Ravishing Grimness", en 2001 "Plaguewielder" et en 2003 "Hate Them". À ce moment, le black metal de Darkthrone commence à prendre une tournure légèrement thrash metal. En 2004 vient "Sardonic Wrath" qui semble être le dernier album de Darkthrone sur le label Moonfog Production (propriété de Satyr de Satyricon). Revenu sur le label Peaceville, Darkthrone sort en 2006 "The Cult Is Alive", qui pousse encore plus loin l'évolution vers un black metal plus près du punk. En 2007, cette évolution se poursuit avec la sortie de "F.O.A.D." : l'album mélange au black metal beaucoup d'influences punk, rock'n'roll et heavy metal. En 2008, la sortie de "Dark Thrones And Black Flags" marque la continuation dans cette branche, avec un album de black metal très rock'n'roll. 2010 voit Darkthrone continuer dans sa nouvelle orientation sur "Circle The Wagons". "The Underground Resistance" suit en 2013, toujours chez Peaceville. Darkthrone sort son seizième album, "Arctic Thunder", le 14 Octobre 2016. En Mai 2019, Darkthrone sort son dix-septième album, "Old Star". Deux ans plus tard, "Eternal Hails......" sort en Juin 2021.

Discographie :

1991 : "Soulside Journey"
1992 : "A Blaze In The Northern Sky"
1993 : "Under A Funeral Moon"
1994 : "Transilvanian Hunger"
1995 : "Panzerfaust"
1996 : "Total Death"
1999 : "Ravishing Grimness"
2001 : "Plaguewielder"
2003 : "Hate Them"
2004 : "Sardonic Wrath"
2006 : "The Cult Is Alive"
2007 : "F.O.A.D."
2008 : "Dark Thrones & Black Flags"
2010 : "Circle The Wagons"
2013 : "The Underground Resistance"
2016 : "Arctic Thunder"
2019 : "Old Star"
2021 : "Eternal Hails......"


Les chroniques


"Eternal Hails......"
Note : 16/20

Déjà le dix-huitième album pour Darkthrone (-dix neuf si on considère "Goatlord" comme un album) qui ne s'arrête plus depuis qu'il a décidé de revisiter ses racines ! Après avoir pondu quelques pierres angulaires du black metal comme ça en passan,t les deux gaillards se sont dit qu'ils en avaient assez fait et ont décidé de faire honneur à leurs vieilles influences heavy et punk. Sauf que ça aussi ça dure depuis quelques albums et puisque la lassitude risquait de saisir le duo ce nouvel album, "Eternal Hails......" de son petit nom, part encore dans une autre direction.

Cette fois c'est donc le doom qui s'invite à la fête, même si le black, le heavy et le punk trouvent toujours une place quelque part pour se faire entendre. Darkthrone, malgré ce que certains peuvent en penser, est l'exemple typique du groupe qui se fout de tout et fait ce qu'il veut quand il veut, que ça plaise ou non aux autres n'est pas vraiment leur problème. "His Masters Voice" démarre les hostilités avec un feeling justement très heavy dans l'âme et un up-tempo assez classique, le tout baigné dans un son assez sourd, étouffé et évidemment plutôt raw dans l'ensemble. C'est la fin de ce premier morceau qui amène les sonorités doom en alourdissant le tempo et en amenant des mélodies que n'auraient pas renié un certain Candlemass. La durée des morceaux est d'ailleurs assez élevée une fois de plus et les quarante-deux minutes de "Eternal Hails......" tiennent sur cinq pistes. Quant aux mélodies et riffs qui ouvrent "Hate Cloak", ils sont à cheval entre le heavy metal et le stoner, le tout enrobé dans un son qui se fait du coup plus bourdonnant et qui est même à la limite de la saturation par moments. Là encore des mélodies proches du doom se font entendre et évoquent brièvement les saletés que pouvaient produire le premier Paradise Lost par exemple. Pour autant, "Eternal Hails......" n'est pas un virage complet vers le doom, comme précisé plus haut le heavy, le black, le punk sont toujours là et se partagent l'espace comme ils le peuvent avec ce nouvel invité pesant. Le mélange des genres donne d'ailleurs des passages assez épiques au milieu de ces mélodies poisseuses et de ces riffs écrasants. Voire même des mélodies mélancoliques aux allures cosmiques sur le fin de "Lost Arcane City Of Uppakra" qui clôt aussi l'album d'ailleurs.

Malgré ça, la noirceur et les mélodies glaciales n'ont pas disparu, "Voyage To A Northpole Adrift" se charge d'ailleurs de faire descendre la température avec ses dix minutes. De toute façon, cela fait longtemps que Darkthrone a décidé d'envoyer voler les étiquettes en tout genre et se contente de balancer la sauce comme il en a envie. Et comme toujours, c'est old school jusqu'au bout des ongles, que ce soit en termes de sonorités, de production ou d'approche. Ceux qui ont découvert le metal dans les années 2000 ou qui vénèrent une certaine forme de black metal ont certainement eu plus de mal à comprendre la démarche du groupe ces dernières années que les vieux croûtons comme vous et moi (ne niez pas, avouez que vous avez repéré vos premiers cheveux gris, s'il vous reste encore des cheveux). Surtout que le duo prend soin de ne pas laisser de place à la moindre trace de modernité sur ses albums et "Eternal Hails......" prend des airs de manifeste, un majeur tendu à toutes les tendances actuelles et à ceux qui pensent pouvoir imposer une ligne de conduite aux autres. Ce nouveau glaviot aurait tout aussi bien pu s'appeler "Je fais ce que je veux et je t'emmerde". Du coup, même si Darkthrone se fait plus pesant, je doute que ceux qui n'ont pas aimé ce que le groupe a fait ces dernières années puissent apprécier "Eternal Hails......". Soit vous avez les mêmes références old school que le groupe et vous pouvez saisir ce qu'il fait, soit vous êtes trop jeunes et allez trouver ça bien trop loin de vos standards. Comme ses prédécesseurs, "Eternal Hails......" s'adresse à ceux qui ont suivi Darkthrone jusqu'ici, ceux qui ont lâché l'affaire ne retrouveront pas leurs marques non plus par ici.

Une fois de plus, Darkthrone se fout de tout et fait ce qu'il a envie de faire et cette fois ça penche vers le doom et vers des morceaux plus longs. "Eternal Hails......" explore une autre partie des influences du duo norvégien et produit des ambiances parfois épiques, parfois presque spatiales tout en restant old school de la tête aux pieds. Comme toujours avec eux, ça passe ou ça casse mais si ça passe le voyage dans le temps est plutôt sympa !


Murderworks
Septembre 2021




"Old Star"
Note : 16/20

Darkthrone revient avec une nouvelle offrande, et comme à son habitude, on ne sait jamais à quoi s’attendre avec ce groupe. Que ce soit en matière de direction artistique ou de son, Darkthrone évolue sans cesse, revient sur ses pas, s’auto-copie, s’éloigne du black, s’en rapproche, bref, cela a pour effet de perturber les fans qui, comme moi, attendent les nouvelles sorties du duo avec un feeling qui mêle incertitude avec impatience. Pour le coup, Darkthrone a compris le truc et nous a préparé à son nouveau méfait en sortant un titre, pardon, LE titre "The Hardship Of The Scots", quelque temps avant pour habituer nos petites oreilles à cette nouvelle offrande musicale. Le précédent skeud, "Artic Thunder", était vraiment excellent, et sa pochette, une photo de feu de camp prise par Fenriz pendant une de ses nombreuses randonnées dégageait une aura assez particulière. Le binôme revient quatre ans après, avec un "Old Star" tout nouveau tout beau, sublimé par une pochette bien classe, plus occulte et démoniaque, en noir et blanc, qui tranche catégoriquement avec la réalisation de 2016.

Si je ne m’abuse, c’est le dix-septième album studio du groupe, et pour le coup, il se dégage de l’album une grande maturité et une maîtrise des aspects compositionnels plutôt infaillible. 38 minutes pour 6 titres, Darkthrone s’engage dans une voie plus progressive et doomesque, sans sombrer dans le bordel et le riffing inutile, bien au contraire, du début à la fin, c’est vraiment l’efficacité des parties qui fait tout le boulot. Chaque titre a son petit truc bien particulier, mais au final, l’album est très homogène et cohérent. "I Muffle Your Inner Choir" ouvre le bal avec son tremolo de guitare démoniaque et son drumming à la Motörhead, comme si Lemmy avait décidé de s’adonner à quelques pratiques occultes. "The Hardship Of The Scots", le morceau suivant, est simplement le tube le plus power heavy / thrash de toute la carrière de Darkthrone, on y ressent toute la passion de Fenriz pour les groupes obscurs comme les british de chez Satan ou les thrash-punkers de chez English dogs. Le titre éponyme est plus nuancé, limite doom, mais dégage une intensité vraiment prenante, le son fuzzy des guitares prend ici tout son sens, et façonne un voile de fréquences à la Black Sabbath, sur les passages en single note.

"Old Star" est l’archétype même du titre simple et efficace, propice au headbanging. Nocturno Culto adopte un chant écorché vraiment sincère, ce qui ajoute du corps à l’ensemble. Alp Man, la quatrième plage du disque, persiste dans le riffing basique heavy metal et alterne passages binaires et ternaires, toujours avec ce sens de la mélodie sombre et cryptique. On a même droit à un break de batterie très inspiré par "Attitude" de Sepultura, qui ouvre sur une mélodie de guitare basique à souhait, à la Pentagram. "Duke Of Gloat" est sans doute la plage la plus black metal de l’album car, il faut l’admettre, n’espérez pas de Darkthrone un retour aux sources, le passé, c’est le passé ! Cependant, cet avant-dernier titre possède un petit quelque chose de reminiscent. Le drumming est toujours aussi efficace, basique mais chaleureux. Pour info, le son de batterie de Darkthrone persiste ici dans ce traitement du mix assez particulier, lointain et noyé, mais étrangement présent, véritable marque de fabrique des Norvégiens. L’album ce conclut avec le génial "The Key Is In The Wall" et son mix de punk et de Black Sab’.

Ce nouvel opus du Mighty DT ne déroge pas à la règle, Darkthrone a décidé de n’en faire qu’à sa tête et se moquer éperdument du "qu’en dira-t-on" en dévoilant un "Old Star" qui persiste à entretenir la fracture avec la scène black metal (même si la voix de Nocturno Culto m’inspire de plus en plus Cronos de Venom). Efficace et prenant sont les maîtres-mots de ce nouvel opus qui possède juste un léger coup de mou en milieu de partie car le fait que "Old Star" et "Alp Man" s’enchaînent, ça casse un peu le rythme du disque. Plus marginal que jamais dans l’attitude, tout en étant plus trad’ dans la musique, Darkthrone prouve qu’il n’est pas là par hasard, et propose une formidable galette qui conclue admirablement cette décennie.


Trrha'l
Juin 2019




"Arctic Thunder"
Note : 16/20

Darkthrone, c’est définitivement un nom que je n’ai pas à présenter. Entité légendaire du black metal norvégien, véritable légende, et... un nom auquel je n’ai plus prêté attention depuis quelques années déjà. Et il y a une raison très simple à ça : je ne me reconnaissais plus vraiment dans Darkthrone. J’adorais leur nouveau côté "On fait ce qu’on veut, va te faire foutre" mais le côté musical ne m’emballant pas plus que ça, j’étais partie voir ailleurs. Cette chronique va donc être l’occasion de me confronter une nouvelle fois au Darkthrone "moderne", de manière frontale, et non pas juste en écoutant occasionnellement les émissions radio de Fenriz - si vous ne connaissez pas, je vous les conseille, c’est très souvent édifiant et fait sans se prendre la tête. A la Fenriz quoi.

L’album s’ouvre donc sur "Tundra Leach", dont j’ai un vague souvenir. Il me semble qu’il s’agit du premier titre qui avait été dévoilé sur les réseaux sociaux, mais je n’ai plus aucune certitude à ce sujet. Et première chose que je remarque : Darkthrone n’a absolument pas changé depuis que j’ai quitté le navire sur "The Underground Resistance". C’est toujours les mêmes riffs old school et la même ambiance. Et même si je reconnais la richesse des riffs en question, il y a cette surprise personnelle de retrouver les deux compères exactement dans la même situation que lorsque je les ai quittéd... C’est peut-être ça Darkthrone : rentrer à la maison et savoir que ta mère sera là pour te faire ton petit plat favori, préparé de la même façon depuis 15 ans. Il y a un côté très rassurant dans ce principe, et moi-même je me sens rassurée par l’idée. C’est super perturbant, non ? Suit "Burial Bliss" qui se révèle être un peu moins convaincant. J’ai eu l’impression que ce titre n’allait pas bien loin... une déception. J’ai trouvé plus d’intensité dans "Boreal Fiends" qui m’a semblé d’ailleurs plus inspiré. Et Nocturno Culto semble avoir mis plus sa patte sur ce titre, mais je me peux me tromper. Le titre suivant est "Inbred Vermin" qui, pour le coup, a été jouissif pour moi. J’ai presque redécouvert le Darkthrone moderne. Enthousiasmant et entraînant, il se complait dans son côté old school toujours à la frontière entre les genres, et franchement pour une raison inconnue, ça m’a convaincue. Il y a des choses qu’on ne peut pas expliquer. La patte de Darkthrone est toujours clairement reconnaissable comme le souligne "Arctic Thunder", véritable manifeste de ce qu’est devenu le duo au fil des années.

J’ai également eu un petit coup de coeur personnel pour "Throw Me Through The Marshes" qui a eu une efficacité immédiate sur moi, de par son côté plus mesuré et peut-être un peu plus lancinant. Je ne peux pas en dire autant de "Deep Lake Tresspass" qui m’a fait l’effet d’un pétard mouillé, et dont je n’ai pas ressenti la véritable intensité. Darkthrone m’a un peu perdu en route sur ce titre en particulier. Et j’en étais déjà rendue à la fin de l’album avec un "The Wyoming Distance" bizarrement jouissif qui clôt donc ce nouveau Darkthrone sur une note on ne peut plus positive.

En conclusion, malgré mes appréhensions, j’ai été ravie de retrouver Darkthrone. Et comme je l’ai déjà dit, cela m’a donné l’impression de rentrer à la maison après une longue absence. Cet album m’a semblé meilleur que "The Underground Resistance", sans doute plus accessible également. C’est donc une satisfaction personnelle de me dire que, oui, je peux de nouveau écouter Darkthrone et m’y reconnaître, ne serait-ce qu’un peu.


Velgbortlivet
Décembre 2016




"Delusions Of Grandeur"
Note : 14/20

Ca fait environ vingt-six ans que Darkthrone existe et fait ce qu'il veut et ce n'est pas aujourd'hui que ça va changer... Darkthrone est passé du death metal avec "Soulside Journey" au black metal culte bien évidemment, avec la trilogie "A Blaze...", "Under..." et Translivanian...", statut culte décrié par certains et élevé au rang de dieux vivants au panthéon du black metal par d'autres, cette légitimité fera de toute façon toujours couler beaucoup d'encre.... Et ensuite aura évolué vers des choses nettement plus primaires avec les merveilleux "Panzerfaust", "Total Death", "Hate Them" et "Sardonic Wrath", pour terminer sur des airs hautement punk comme sur "F.O.A.D.", "Dark Thrones And Black Flags" et "Circle The Wagons"... On croyait que Darkthrone avait fini son tour du monde de la métamorphose, mais non, ce groupe, fait ce qu'il veut, sans penser à rien d'autre c'est ce qui est vraiment divertissant. Dans le sens où cet album va encore diviser un maximum, entre ceux qui penseront que la grande époque est définitivement terminée et que Darkthrone est mort, et les autres qui trouveront que ce "The Underground Resistance" est un petit bijou. En 2013, c'est les amours de jeunesse du groupe qui ressortent, quand on parle de old school, on ne parle plus des années 90, mais bel et bien des 80's, car c'est exactement ça que l'on va découvrir sur ce seizième album malgré tout !!!

Oui, Fenriz et Nocturno Culto, nous emmerdent tous et ont eu envie d'écrire du bon vieux heavy / thrash de derrière les fagots, un truc roots au possible et pourtant tellement riche. On est vraiment loin des super productions mega puissantes à la Behemoth, Vader, non fidèles à eux-mêmes, le duo a gardé cet aspect véritable, cet esprit "rock'n'roll" qui se perd de plus en plus, pour l'enregistrement de ce nouvel album. Aucun rajout superficiel, Darkthrone joue sa musique simplement, sans fioriture c'est brut de décoffrage, comme sur tous les albums d'ailleurs. Après on aime ou on n'aime pas.... A l'arrivée quels noms sont sur toutes les lèvres, en bien ou en mal ?

On parlait de heavy / thrash, voire de speed metal, oui, car l'aspect punk des derniers album a été nettement mis en retrait pour laisser plus de place à des influences plus proches des Mercyful Fate, Venom, tout premier Helloween (ce qui pourrait paraître étrange, mais "Valkyrie" ayant pas mal de similitudes heavy avec le "How Many Tears" du "Walls Of Jericho" d'Helloween chanté au départ par Kaï Hansen) et autres groupes émergents de années 80, ceux dont le heavy commençait à se transformer en thrash. C'est ce que nous ont concocté Darkthrone sur six titres pour une durée d'une quarantaine de minutes. Déferlente sauvage de riffs primaires à moitié raw black et thrash et heavy, Darkthrone a laissé une fois de plus sortir le résultat de leurs diverses écoutes musicales.

On passe de choses vraiment agressives et quasi punk avec "Dead Early" à d'autres plus raffinées comme "Valkyrie" et ce chant clair magnifique parfois faux mais magnifique, ou encore à d'autres choses plus alambiquées entre speed / heavy et thrash avec "The Ones You Left Behind" où les rythmiques thrash, presque rock / punk entre un Motörhead et un Gehennah, se heurtent volontairement à un double chant clair alterné d'un autre plus agressif . Mais ce que l'on retient de ce morceau c'est la montée vocale très King Diamondienne juste avant le passage le plus mélodique de l'histoire de Darkthrone, quelque chose de vraiment hallucinant, tellement finalement c'est inspiré par les harmonies, vraiment singulier et parfait.

On passe même par des passages heavy / doom très Count Raven / Candlemass avec "Come Warfare, The Entire Doom" (passages anecdotiques comparés à l'ambiance thrash / punk du titre évidemment) et pour finir la longue "Leave No Cross Unturned" qui puise vraiment dans le speed metal avec une diversité de chants on ne peut plus hétéroclites, allant même à prendre des intonations proches du fameux Isengard et évidemment de King Diamond avec certaines faussetés malgré tout. Darkthrone va se faire botter le cul une fois de plus par certains, avec ce "The Underground Resistance", ceux-là mêmes qui diront que c'est une grosse bouse, pas mieux que les derniers albums, mais aussi Darkthrone va se faire acclamer, encenser par les autres, ceux-là mêmes qui diront que les dieux ont pondu un nouveau et prodigieux album inspiré par la sincérité, les riffs old school... Et puis il y a les autres qui achèteront cet album par esprit de collection. Dans l'absolu, ce n'est pas l'album du siècle , loin de là, mais Darkthrone, c'est Darkthrone, point barre.

C'est un album qui possède de bonnes qualités avec de bons passages envoûtants comme sur "Valkyrie" ou "Leave No Cross Unturned", des passages bruts aussi "Deadly Early", il ne faut plus chercher dans Darkthrone un passé sur lequel pour l'instant ils n'ont pas l'intention de revenir, il ne faut pas chercher non plus la grosse prod', ou encore le truc technique à la Archspire ou Obscura, non. "The Underground Resistance" est un album destiné aux gens qui sont ouverts vers les vieux trucs, les vieux Venom et autres sortilèges du début des années 80, ceux-là comprendront plus la démarche...


Arch Gros Barbare
Mars 2013


Conclusion
Le site officiel : www.darkthrone.no