Le groupe
Biographie :

Cynic est un groupe de death technique Américain. auteur de deux albums et d'un EP. Le premier, "Focus", sorti en 1993. Cynic propose un death à la fois technique, progressif et atmosphérique soutenu par des parties de synthé et mélangeant des plans jazzy. Le groupe a acquis une grande renommée dans le domaine du metal technique. Le groupe se reforme en 2007 et fera une série de concerts en Europe, notamment dans les festivals. En 2008, le groupe sort son deuxième album "Traced In Air", 15 ans après leur première œuvre. On y retrouve tous les ingrédients caractérisant leur style si particulier, tout en renouvelant leurs sonorités. En 2010, le groupe sort un EP "Re-Traced", proposant 4 titres de "Traced in Air", ainsi qu'un inédit "Wheels Within Wheels".

Discographie :

1993 : "Focus"
2008 : "Traced In Air"
2010 : "Re-Traced" (EP)
2011 : "Carbon-Based Anatomy" (EP)
2012 : "The Portal Tapes" (Compilation)
2014 : "Kindly Bent To Free Us"


Les chroniques


"Kindly Bent To Free Us"
Note : 13/20

Cynic aura surpris pas mal d'entre nous en sortant, il y a déjà six ans, "Traced In Air", soit quinze ans après le cultisme "Focus". Le duo Masdival-Reinert s'était, entre temps, laissé aller à un projet plus confidentiel mais qui pour autant aller avoir une grosse influence sur ce qu'aller devenir Cynic, à savoir Aeon Spoke en 2007. Projet annoncé comme une sorte de pop alternative éthérée (mielleuse diront certains), on sortait carrément des sentiers battu du death metal... malaise dans la communauté. Pas de grande polémique toutefois, tant les musiciens inspirent le respect, et la sortie de "Traced In Air" ne manqua pas d'attiser la curiosité. Certains assurant que Cynic n'avait plus rien à faire dans le metal, d'autres criant au génie, comme moi. J'avais donc vraiment hate d'entendre "Kindly Bent To Free Us", même si les sorties des EPs "Re-traced" et "Carbon-Based Anatomy" m'avait laissé sur ma faim, quoique pas désagréable à écouter.

Le premier titre révélé sur le net, "The Lion's Roar" présageait pourtant le meilleur !! Dans la lignée de "Traced In Air", le riff principal est bien accrocheur, la section rythmique impressionnante, les arrangements ultra soignés, le refrain hypnotique. Bref, Cynic garde le trouble qu'il suscite en proposant une musique aussi forte que fragile. Reste que la production... bizarre... L'écoute intégrale de l'album confirmera une certaine ambiguïté, à savoir le manque de puissance (marqué sur ce qui fait l'identité de Cynic leur fameux staccato guitare / basse / batterie) qui ne sert pas vraiment les arrangements très subtils dont bénéficie la majorité des titres, particulièrement "Kindly Bent To Free Us" ou encore le dense "Holly Fallout". Une volonté pourtant de la part de Masdival de rendre un produit brut... bon... Du coup, difficile de comparer l'émoi qu'avait susciter "Traced In Air" à ce dernier album tant les compositions, au final, paraissent ici bien plus en-dessous en intensité et en profondeur (dû, en partie, aux lignes vocales souvent plombées et tristounettes de Masdival). Il n'y a qu'a écouter le morceau d'ouverture "True Hallucination Speak" qui, pourtant, est rythmiquement très fort.

L'alchimie pertinente proposée alors par Cynic apparaît sur ce dernier album carrément... suspecte. En effet, si l'on considère qu'Aeon Spoke (qui tient toujours très à coeur à Masdival, qui parle même de le remonter) n'a pas connu un “succès” comparable à Cynic, on pourrait presque supposer que l'utilisation du nom de ce dernier ne serait en fait qu'une prise d'otage pour servir des ambitions bien plus “pop” sur le long terme. Je n'ai rien contre la pop, et Masdival en talentueux guitariste est aussi reconnu pour intégrer brillamment des parties jazzy, progressive mais cela ne suffit pas pour autant à rendre ce "Kindly Bent To Free Us" passionnant malgré les prouesses techniques de Sean Malone à la basse et Reinert à la batterie.

Très porté sur le spirituel, la méditation, le bouddhisme, Paul Masdival a-t-il poussé le bouchon un peu loin, ou pas assez, l'album se dévoilera-t-il dans le temps comme un poeme de l'indien Tagore ? Je n'en suis pas convaincu, alors autant écouter les compilations "Rockabye" mais plus encore lorsque l'on voit sortir l'album de Menace (le nouveau projet de Mitch Harris ) aux ambitions similaires que Cynic (quoique plus foncièrement “metal”). Celui-ci aurait tout aussi bien pu le sortir sous le nom de Meathook Seed, mais n'en a pas tenu compte. Parfois mieux vaut repartir à zéro.


Boris
Mars 2014




"Carbon-Based Anatomy"
Note : 17/20

Aussi culte pour certains qu'insupportable pour d'autres, personne ne peut néanmoins remettre en question le statut de précurseur de Cynic dans la catégorie du metal (très) technique. A l'instar de Nocturnus, Watchtower ou Death (dont Sean Reinert et Paul Masvidal firent partie pour l'album "Human"), il fut l'un des premiers groupes à pratiquer une musique précise, voire chirurgicale, s'éloignant volontairement de la bestialité inhérente au style en piochant leurs influences dans le jazz ou le classique. Véritable révolution à sa sortie en 1993, leur premier album "Focus" va démontrer que le metal peut être intelligent (voire intellectuel) en intégrant des guitares-synthé et du chant clair vocodé, le tout créant une atmosphère froide qui a dû pas mal inspirer les musiciens de Meshuggah et leur ribambelle de suiveurs. Mais trois petits tours et puis s'en va, le groupe splittera dans la foulée. Ce n'est que 12 ans plus tard, et suite à une reformation à la demande de gros festivals, que le groupe donnera un successeur à Focus avec "Traced In Air", puis un EP "Re-Traced". Continuant sur sa lancée, voici qu'en 2011 sort "Carbon-Based Anatomy", le quatrème bébé des Californiens, toujours en quête d'innovation. Mais si vous êtes fans de la première heure, vous risquez fort d'être surpris. Même si les guitares si caractéristiques sont toujours présentes, les ambiances, les parties planantes et les influences world music ont désormais pris le pas sur le reste. Et oubliez aussi les voix gutturales, elles ont complètement disparues au profit d'un chant clair aujourd'hui beaucoup moins noyé dans les effets. Pour le peu que vous ayez l'esprit ouvert, je ne peux que vous conseiller de découvrir cet album prenant, dont le seul défaut est de ne comporter que 6 pistes. Bordel, j'en veux encore.


Ben
Août 2012




"Re-Traced"
Note : 17/20

Voilà chose agréablement surprenante de la part de Cynic, cet EP, dont 4 titres sont des versions alternatives d'anciens titres, revus et corrigés. Ici, rien à voir avec du metal technique, place à une musique minimaliste, expérimentale. Tout comme Opeth avait osé "Damnation", Cynic va encore plus loin dans l'expérimentation. Ici, nous sommes plus près de "Kid A" de Radiohead que de Aborted. Voix mélodique, musiques électroniques, hypnotiques, "Re-Traced" va vous surprendre et même s'il ne peut faire l'unanimité, nous pouvons saluer la démarche artistique d'un groupe à part. Comme Paradise Lost ou My Dying Bride à leurs heures, Cynic a le mérite de tenter certaines expériences. Si vous êtes ouverts d'esprit, écoutez cet EP dont la démarche est déroutante et ambitieuse. Si vous n'aimez que lorsque ça blaste à donf, passez votre chemin, mais que l'on aime ou pas, nous pouvons toujours saluer ce groupe qui sait surprendre et se tourner vers de nouveaux horizons.


Humphrey
Juin 2010


Conclusion
Le site officiel : www.cyniconline.com