Le groupe
Biographie :

Creeping Flesh est un groupe de death metal suédois formé en 2013 et actuellement composé de : William Persson Öberg (guitare), Sofus Stille (guitare), Martin Kadhammar (batterie / Strykjärn), Korp Thidrandir (basse) et Filip Fougstedt (chant / Bleeding Utopia, Strykjärn). Creeping Flesh a sorti un premier EP en 2014, "Unravelled By War", puis un second, l'année d'après, "Rising Terror". Le premier album, "Into the Meat Grinder", sort en Septembre 2019 chez "Into the Meat Grinder", suivi de "...And Then The Bombs Came" en Février 2022 chez Emanzipation Productions, et de "God's Acres Rife With Flesh Adorned" en autoproduction en Mai 2026.

Discographie :

2014 : "Unravelled By War" (EP)
2015 : "Rising Terror" (EP)
2019 : "Into the Meat Grinder"
2022 : "...And Then The Bombs Came"
2026 : "God's Acres Rife With Flesh Adorned"


Les chroniques


"God's Acres Rife With Flesh Adorned"
Note : 19/20

Retour de Creeping Flesh en grande pompe. En plus de marquer leur passage à l’indépendance, "...And Then The Bombs Came", le troisième album du groupe, est le premier à voir le chanteur Filip Fougstedt accompagner Sofus Stille (guitare), William Persson Öberg (guitare), Martin Kadhammar (batterie, Strykjärn) et Korp Thidrandir (basse).

L’album débute dans la douceur avec "A Portent Of Defeat", introduction mélodieuse quoiqu’un peu mélancolique qui attendra un petit moment avant d’annoncer la saturation, qui s’embrase bien évidemment lorsque débute "Five Yards Apart", affichant fièrement sa brutalité et ses racines suédoises abrasives. Blast, vociférations et riffs dévastateurs s’allient pour donner aux fans de death metal old school ce qu’ils attendent depuis quatre années, laissant quelques leads perçants s’infiltrer dans le bloc de violence avant de nous autoriser un court instant de répit sur "Upon The Altar Of Peace", titre suivant où les harmoniques entêtantes sont largement mises en avant pour accompagner la lenteur apocalyptique. Le morceau reste assez constant sauf sur le final où la double pédale se réveille d’un seul coup pour nous mener au dernier refrain puis à "Through The Reddening Surf" qui dévoile rapidement ses sonorités lancinantes aux influences death / doom évidentes et qui collent à la perfection au son massif. On notera une basse assez mélodieuse avant le passage fédérateur, puis le groupe retourne à son approche assommante, nous laissant à peine respirer avant de rejoindre "Verdure Shift" où le groupe accueille Giannis Nakos (Mortal Torment, Codedecoded, Procreate) pour renforcer l’assaut vocal avec la puissance de son background brutal death.

Le final chaotique nous mène à "They Died Facing Forward" où la machine est de nouveau lancée à toute allure, piétinant sans mal toute tentative de résistance entre racines agressives et mélodies pénétrantes, puis "The Horrors That Befell Them" nous frappe à son tour, reprenant la fureur du morceau précédent tout en y posant sa touche légèrement plus majestueuse. Olof Mörck (Amaranthe) place quelques leads sur ce morceau, suivi par le sample vocal de "The Price Of Victory", interlude plus apaisant où sample et harmoniques collaborent pour nous paver la voie vers "Come Glorious Dawn", où le son massif nous redonne immédiatement envie de nous briser la nuque en suivant ses saccades accrocheuses. Les leads épiques adoucissent quelque peu la rythmique, mais le titre est long et les influences martiales reprennent le dessus, suivies par un chant militaire qui mène à "Before The Ashen Throne", dernier morceau qui va une fois de plus intensifier l’assaut de la HM-2, laissant le vocaliste mener les riffs jusqu’au final pachydermique, puis au vent infernal qui signe la fin de l’album.

Si Creeping Flesh s’était déjà bâti une solide réputation dans le death metal, ses influences suédoises font de "...And Then The Bombs Came" un véritable monument du genre, leur faisant passer un véritable cap ! Leur son va marquer les esprits et les nuques !


Matthieu
Avril 2026




"...And Then The Bombs Came"
Note : 18/20

Creeping Flesh continue dans sa voie avec son deuxième album. Créé en 2013 en Suède, le groupe composé de Sofus Stille (guitare), William Persson Öberg (guitare), Martin Kadhammar (batterie, Strykjärn), Robert "Rio" Karlsson (chant) et Korp Thidrandir (basse) nous propose "...And Then The Bombs Came" en 2022.

On commence sur "...And Then The Bombs Came", une introduction sur laquelle le raid aérien se prépare. L’angoisse grandit avant que "Flaktürme" ne vienne frapper avec ce son old school et ces riffs ravageurs qui empruntent à la guerre elle-même et à la scène suédoise. Un groove pesant, une marche écrasante et des hurlements bruts alimentent le paysage ravagé sur lequel des explosions renforcent la rythmique, qui nous mène à "Finest Hour" et ses tonalités aussi agressives qu’accrocheuses. Le mix sale et poisseux permet au groupe d’exploiter au mieux sa rage brûlante et martiale, créant un climat de violence permanente rempli de leads tranchants, puis le groupe continue d’accentuer cette lenteur lancinante avec "Like So Many Before Them". Si la rythmique se pare de riffs effrénés et de double pédale, ces coups réguliers de caisse claire conservent l’atmosphère étouffante avant que "Decrowned" ne prenne le relais, tout en ravageant le passage pour placer des leads sanglants.

Si vous n’aviez pas encore remarqué les racines anglaises de ce death metal guerrier, "Obscure The Sun" vous aidera probablement à les identifier tout en vous détruisant la nuque avec des riffs aussi lourds qu’accrocheurs, mais également des harmoniques qui fusent telles des balles de fusil. La seule partie calme sera accompagnée d’une mélodie inquiétante, puis à nouveau écrasée par la puissance brute avant que "Titan Grip" ne prenne le relais en frappant avec sa rythmique massive bardée de leads perçants et de hurlements gras. Le son très direct permet au groupe de prouver une fois de plus son efficacité avant de laisser la lourde et lancinante "March Of The Elephant" nous écraser. Les saccades très régulières font leur effet pendant que les leads nous hypnotisent avec leurs tonalités aériennes, puis "Wandering Soul" vient clore l’album avec un son majestueux et pesant. La composition est un peu différente des autres, mais la base reste la même, et l’agressivité se fait sentir jusqu’au dernier moment.

Avec son death metal guerrier, Creeping Flesh est certain de faire mouche. "...And Then The Bombs Came" lui permettra de briser des nuques avec des riffs efficaces, entraînants, explosifs et taillés pour nous capturer morts ou vifs.


Matthieu
Mars 2022




"Rising Terror"
Note : 14/20

Lorsque l'on reçoit, dans notre boîte aux lettres, un CD en provenance de Suède et que l'on ne s'y attend pas, c'est une sacrée bonne surprise. Et cela montre que French Metal est une puissante multinationale. Et que les commissions que touche votre serviteur pour chaque chronique est conséquente. Creeping Flesh vient donc de Suède et nous présente son second EP "Rising Terror" renfermant cinq titres de de death metal old school, mid-tempo, et ravageur, à la thématique guerrière. Les influences citées sont logiquement (s'il on connaît son exemplaire de "Le death pour les nuls" par coeur) Bolt Thrower et Hail Of Bullets. Et c'est vrai que le jeune quintette suédois partage beaucoup de choses avec la bande à Martin van Drunen.

La production massive, entre rugosité old school et enrobage moderne, est calquée sur HOB, tant et si bien qu'on a l'impression d'entendre un enregistrement démo professionnel des Bataves. Le grain des guitares est, à s'y méprendre, similaire à celui du tank hollandais. Autre point commun, évident, la musique. Creeping Flesh est fortement imprégné de Hail Of Bullets ; les rythmiques, leads de grattes et les motifs de batterie écrasants. Là s'arrête les comparaisons, heureusement, car si l'ombre du tank batave plane sur "Rising Terror", Creeping Flesh ne pompe pas son aîné et propose une musique personnelle. Quasi-systématiquement calés sur le mid-tempo, Creeping Flesh joue la carte du death qui tache et défonce tout sans se poser de question. Les premiers morceaux révèlent un groupe soudé et compact au service de l'efficacité. Des leads glauques et héroïques survolent une avalanche de riffs tous plus destructeurs les des autres. La précision de l'exécution instrumentale, militaire sans doute, et le côté implacable de ce tank en mouvement nous retourne.

Les deux premiers titres déclenchent de véritables assauts rythmiques, une pluie torrentielle de riffs différents ; l'évolution et la progression des morceaux sont même foutraques. Une espèce d'incohérence se présente à nous, aucun fil rouge ne se dévoile et nous n'avons pas l'impression d'avoir affaire à de véritables morceaux, juste une succession aléatoire de rythmiques. Le groupe rectifie par magie le tir avec les trois derniers morceaux, plus cohérents et homogènes, augmentant ainsi l'impact destructeur des titres et leur conférant un caractère unique et une tension dramatique, une dangerosité rampante et maligne. Enfin, si on apprécie cet EP, on lui reprochera sa trop grande uniformité. Les rythmes ne s'affolent jamais et l'assoupissement peut poindre le bout de son nez. Les tempos rapides sont absents et on attend vainement un moment où tout cela explose (les blast beats, si on peut appeler ça comme ça, sont ridicules, du moins en 2015). Le chant, guttural manque de véhémence et de rage et ne parvient pas à dépeindre de façon convaincante l'horreur de la guerre à la différence des maîtres précités.

Cela n'empêche pas "Rising Terror" de nous faire passer un bon moment. Creeping Flesh n'a pas le talent de composition ni la force évocatrice de ses aînés, mais offre une musique honnête et sans fioriture aux qualités certaines. Si vous êtes fans absolus de Bolt Thrower et Hail Of Bullets, "Rising Terror" vous fera patienter en attendant les prochains albums de ces régiments métalliques.


Man Of Shadows
Juillet 2015


Conclusion
Le site officiel : www.creepingflesh.se