Le groupe
Biographie :

Mats Kurth et Georgious Grigoriadis forment le groupe allemand Coronatus en 1999. En 2001 sort un premier single, "Von Engeln Nur", les premiers concerts, quant à eux, arrivent en 2003. Un an plus tard, Coronatus se présente sur scène accompagné de deux chanteuses. L’enregistrement du premier album débute en 2006, et, en 2007, un contrat est signé avec Massacre Records. La même année sort l’album "Lux Noctis", qui est suivi par "Porta Obscura" (2008), "Fabula Magna" (2009) et "Terra Incognita" (2011). Après quelques apparitions à des festivals internationaux, comme support de Within Temptation en Belgique et lors d’une tournée avec Haggard en 2011, Coronatus sort son cinquième album, "Recreation Carminis", en 2013. "Cantus Lucidus" sort un an plus tard, en Décembre 2014. "Raben Im Herz" sort en Décembre 2015. "Secrets Of Nature" sort en Décembre 2017. "The Eminence Of Nature" sort en Novembre 2019.

Discographie :

2007 : "Lux Noctis"
2008 : "Porta Obscura"
2009 : "Fabula Magna"
2011 : "Terra Incognita"
2013 : "Recreation Carminis"
2014 : "Cantus Lucidus"
2015 : "Raben Im Herz"
2017 : "Secrets Of Nature"
2019 : "The Eminence Of Nature"


Les chroniques


"The Eminence Of Nature"
Note : 15/20

Coronatus sévit sur la scène folk metal depuis 1999, et propose ici son neuvième album complet en carrière. L’une des particularités les plus singulières du groupe est qu’il emploie deux chanteuses. Mareike Makosch est celle dont l’ancienneté est la plus longue, "The Eminence Of Nature" étant les premiers faits d’armes de la nouvelle venue Katharina Mann. Les deux se complètent à merveille, et le contraste entre la voix plus posée de l’une versus les hautes envolées sopranos offre un résultat fort agréable. Et lorsque la voix masculine s’ajoute au tout, cela donne, au final, un produit appréciable qui somme toute témoigne de la volonté de Coronatus de mettre de l’avant la facette vocale de sa musique. Non pas que les autres musiciens soient relégués à des rôles secondaires, mais clairement, l’emphase est mise sur le chant.

L’album débute plutôt doucement avec la pièce "Planet B" et se poursuit de la sorte jusqu’à l’arrivée de "S.O.P." et son introduction de guitares résolument plus agressives. D’ailleurs, c’est sur cette pièce que Coronatus rappelle le plus le passé d’un certain Nightwish ("Sacrament Of Wilderness") et plus d’un amateur aura un sourire en coin aux premières notes de "The Wilderness Of The North" qui rappelle "Wishmaster". C’est peut-être d’ailleurs un peu trop flagrant tant l’on peut juxtaposer sans trop de difficultés les paroles de la mythique pièce du groupe finlandais sur celle de Coronatus. Sans crier au "vol", disons qu’il est clair en partie d’où viennent les influences du groupe. En revanche, certains seraient peut-être tentés de dire que Nightwish s’inspira de Coronatus, les deux ayant été formés au cours des mêmes années. Au-delà des comparaisons, c’est sur cette pièce, entre autres, que Coronatus démontre l’ampleur de son talent. Les guitares et la section rythmique sont proches de l’hystérie, les arrangements symphoniques sont grandioses et le tout appuie de main de maître la solide performance vocale des deux chanteuses, au sommet de leur forme.

En cette ère du simple et de l’écoute à la pièce, je salue ces groupes qui produisent encore des albums complets. Cela vient parfois cependant avec son lot de moments plus faibles, et l’un de ceux-ci se présente sous la forme de "Echo Of Souls" qui, sans être mauvais pour autant, pourrait se retrouver dans une compilation de power ballads plutôt en manque d’inspiration. Le tout est rapidement pardonnée lorsque l’on compare cette pièce avec l’éclectique "Human Mania", avec son lot de changements de rythme et d’influences ainsi que sa saveur progressive, lui procurant un côté théâtral déjanté. Clairement, Coronatus sait comment sortir du lot et gagnerait à se concentrer que sur ce genre de morceau.

Je suis très curieux pour la suite, Coronatus n’étant le premier nom qui nous vient en tête lorsqu’il est question de metal symphonique. J’espère qu’un album de la trempe de "The Eminence Of Nature" viendra renverser ce constat.


Fianna
Février 2020




"Raben Im Herz"
Note : 15/20

Après quelques changements de line-up, Coronatus nous sort un huitième opus avec, pour le coup, ses sonorités particulières très allemandes dans le style.

"Raben Im Herz", c'est un combo de chanteuses qui se complètent dans leurs timbres différents, et un metal symphonique assumé sans problème. On retrouve là des premiers Within Temptations et Nightwish des années 90 ! Fidèles à eux-mêmes et ne tombant pas dans la mode du metal / rock, Coronatus nous offre un opus riche et passionné, qui fait montre de ses nombreuses influences : "Lady Of The Wall", par exemple, introduit l'album dans une mélodie douce d'amour à l'orchestration puissante qui donne une certaine ampleur au morceau, avec des parties plus symphoniques et d'autres vocalement lyriques ; ou "Nig Der Lebel", dans un autre style plus folk, avec des violons très présents et massifs. On effleure les terres gothiques dans d'autres morceaux, avec toujours ce rappel symphonique à l’œuvre dans les nappes de clavier et évidemment les voix très lyriques.

Encore influencés par le côté très folk de leur précédent album, on retrouve donc aussi beaucoup de sonorités de ce style qui se mêlent au symphonique et au gothique de bien belle façon. Un peu de latin, un peu d'allemand et d'anglais, en plus d'un irlandais gaélique pour la reprise traditionnelle "Canan Nan Gaidhel", le tout se marie très bien dans l'album, qui ne manque pas de cohérence malgré la richesse de son instrumentation !

C'est un univers poétique et envoûtant que ce nouvel album de Coronatus, et il saura sans aucun doute ravir les fans du genre et d'autres ! A écouter sans modération.


Fianna
Mai 2016




"Cantus Lucidus"
Note : 12/20

Un titre en latin, une pochette absolument infantile mettant deux femmes en valeur – des chanteuses, sans aucun doute. Dès le départ, sans même avoir eu besoin de jeter un œil sur le nom de l’artiste, nous savons que nous avons affaire aux Allemands de Coronatus. Et de fait, un an à peine après "Recreatio Carminis", les revoilà déjà avec un sixième album ! Une surprise ? Non, pas tellement. On s’attend en réalité déjà à un septième d’ici quelques mois, mais ce n’est pas le sujet. "Cantus Lucidus" est sorti en Décembre 2014. Nous sommes en Mai ; ma chronique est donc très tardive. De ce fait, j’ai, depuis tout ce temps, eu l’occasion de lire maintes et maintes éloges concernant ce nouveau disque. De quoi me mettre l’eau à la bouche !

Rappelons-le, la particularité de Coronatus n’est pas d’avoir deux chanteurs (il y a longtemps que le fait qu’un homme et une femme se partagent le micro n’est plus surprenant), mais bien deux chanteuses. En l’occurrence Carmen R. Lorch est sa technique classique et Anny Maleyes et son timbre pop/rock. J’ouvre une petite parenthèse pour informer qu’il s’agit d’ailleurs du premier album où cette dernière pose sa voix, ainsi que du premier avec la présence du guitariste Olivér. Ah oui, autre piqûre de rappel : "Recreatio Carminis" comportait encore une chanteuse supplémentaire. Je me demandais, à l’époque, si le groupe allait continuer sa route accompagné de trois femmes ; l’avenir a rapidement démontré que non. Mais, honnêtement, Carmen R. Lorch et Anny Maleyes sont suffisantes pour représenter l’esprit de Coronatus.

Autre particularité : les textes sont écrits à la fois en anglais, en allemand et en latin. Toujours très agréables pour les amateurs de sonorités étrangères, il va sans dire. Maintenant, en ce qui concerne la qualité des paroles, chacun sera capable de s’en faire une opinion. Pour ma part, j’ai toujours aussi tendance à considérer leurs métaphores comme des lieux communs, donc je me passerai de commentaires.

Musicalement parlant, les Allemands continuent de varier les efforts en intégrant dans leur metal symphonique gentillet de très nombreuses parties folk, mises en valeur tour à tour par le violoniste Ellie Wiesner et par la flûte de Marion Visotschnig. Les tentatives d’alterner le symphonique et le rock sont, quant à elles, toujours aussi présentes que par le passé. En réalité, je n’ai honnêtement pas trouvé de réel changement ou autre évolution particulière depuis "Recreatio Carminis". En même temps, en quelques mois d’intervalle, la remarque n’est pas non plus une surprise. Et c’est ainsi que j’en arrive à mon désaccord avec, eh bien, une pluie d’autres collègues chroniqueurs. Ceux-là même qui étaient sincèrement emballés par "Cantus Lucidus". En ce qui me concerne, le disque a beau être plutôt court (une quarantaine de minutes pour neuf titres), ça ne m’a pas empêchée de souhaiter, plus d’une fois, interrompre mon écoute pour m’occuper à d’autres activités plus exaltantes. La faute à la lassitude d’avoir le sentiment d’entendre, encore et encore, le même schéma, la même rengaine ? La faute à la panoplie de clichés du metal symphonique mis en avant ? Ou peut-être est-ce simplement moi qui deviens aigrie ou, énoncé plus objectivement, demeure insensible aux charmes de ce groupe ?

Coronatus est régulier dans ses sorties. Coronatus est régulier dans son travail. Quant à moi, je suis régulière concernant mon opinion à son sujet, ainsi que pour la note que je leur donne. Tout est dit.


Gloomy
Mai 2015




"Recreation Carminis"
Note : 13/20

Le premier véritable morceau de "Recreatio Carminis" le dernier album de Coronatus, donnait, Dieu merci, une impression plus favorable que cette pochette ô combien cliché et risible. Des chœurs, un refrain sympathique, et, surprise, l’apparition non pas de deux, mais de trois chanteuses.

En effet, après avoir pris congé quelques années pour des raisons personnelles, Carmen L. Rorch et sa voix lyrique sont de retour. Pour l’anecdote, les Allemands en sont si heureux qu’ils ont décidé d’inclure sur la version digipack de ce nouvel opus deux nouvelles versions d’anciens morceaux, afin, sans doute, de permettre à la dame de s’exprimer là où elle n’en avait pas eu l’occasion précédemment. Si sa présence est une bonne chose pour Coronatus ? Oui, sans doute. Sans apporter quelconques bouleversements inouïs, les apparitions vocales, mêlées aux voix d’Ada Flechtner et Mareike Makosh, sont suffisamment bien gérées pour ne pas étouffer celles des deux collègues précédemment nommées. Après tout, sans Carmen, "Der Gesandte" aurait-il été si théâtral ? Une nouvelle satisfaisante que son retour, donc.

Moins bonne nouvelle, le son trop souvent brouillon. Celui-là même qui peine à gérer de façon adaptée l’aspect symphonique mêlé au metal de Coronatus. Le résultat ? Une production étouffée, un véritable fouillis lorsque les oreilles auraient eu besoin d’une qualité suffisante pour apprécier à juste titre les efforts fournis sur les compositions ("The Monk"). Quel dommage, lorsque nous aurions eu l’occasion de profiter des apparitions sporadiques, mais agréables, de violon ou de piano. N’est-ce donc pas appréciable que d’écouter la mélodie classique de "Elisa (Eleven Swans)", ou encore celle du folklorique "So Tanzt" ? Pour le reste, sans s’envoler vers les sommets, tout en demeurant banal dans le domaine du metal symphonique et gothique –eh non, utiliser les talents de trois chanteuses ne fait pas tout–, "Recreation Carminis" est globalement satisfaisant. Dommage que la créativité (entre)aperçue par-ci par-là ne soit pas majoritaire. Dommage que Coronatus donne encore l’impression de s’étouffer lui-même, malgré de bonnes idées, des passages plus épiques, d’autres plus sombres. Mais tout cela demeure néanmoins beaucoup trop restreint pour être inoubliable. L’écoute paraîtra de moyenne à plutôt bonne, selon les goûts. Ce qui n’empêchera pas "Recreation Carminis" d’être rapidement remplacé par une nouvelle sortie bien plus intéressante.


Gloomy
Octobre 2013


Conclusion
Le site officiel : www.coronatus.de