Le groupe
Biographie :

Clutch est un groupe de stoner rock américain formé à Germantown dans le Maryland. Le groupe mélange stoner rock, funk et heavy metal. Clutch se forma en 1990, se faisant une certaine renommée après de bonnes prestations en concert, le groupe signa leur premier contrat avec EastWest Reecord. En 1993 sort leur premier LP intitulé "Transnational Speedway League", deux ans plus tard sortira "Clutch" qui marqua le succès commercial du groupe. En 1998, Clutch signe avec une major, Columbia Records pour sortir l'album "Elephant Riders". Le groupe changea de label pour partir ensuite chez Atlantic Records, sur lequel ils sortiront "Pure Rock Fury" en 2001. Trois ans plus tard, Clutch sort l'album "Blast Tyrant" sur un nouveau label, DTR Records. Le groupe reconnut un succès auprès des radios et du public, avec le single "The Mob Goes Wild" dont ils tourneront un clip dirigé par Bam Margera, ami du groupe, et sur lequel Ryan Dunn et Brandon DiCamillo apparaîtront. En Juin 2005, sort l'album "Robot Hive/Exodus". À l'automne 2006, le groupe rentre en studio avec le producteur entre autres de Kyuss, The Melvins ou Tool, Joe Barresi. L'album s'intitulera "From Beale Street To Oblivion" et sortira en Mars 2007. Le groupe a sorti le 7 Juillet 2009 un neuvième album intitulé "Strange Cousins From The West". Le 16 Octobre 2012, Clutch annonce la sortie de son dixième album, "Earth Rocker", prévu pour le 19 Mars 2013. Le onzième album, "Psychic Warfare", arrive en Septembre 2015. "Book Of Bad Decisions" sort en Septembre 2018.

Discographie :

1993 : "Transnational Speedway League"
1995 : "Clutch"
1998 : "The Elephant Riders"
1999 : "Jam Room"
2001 : "Pure Rock Fury"
2004 : "Blast Tyrant"
2005 : "Robot Hive/Exodus"
2007 : "From Beale Street to Oblivion"
2009 : "Strange Cousins From The West"
2013 : "Earth Rocker"
2015 : "Psychic Warfare"
2018 : "Book Of Bad Decisions"


Les chroniques


"Book Of Bad Decisions"
Note : 18/20

Si je devais écrire un livre regroupant mes décisions à la con, il serait certainement en plusieurs tomes de plusieurs centaines de pages chacun. Et, en toute honnêteté, je compléterais le bazar par deux ou trois exemplaires de Death Note histoire de me débarrasser de quelques personnes. Quand bien même, je piocherais quelques unes de ces personnes au pif pour m’affirmer comme un dangereux psychopathe, je prendrais grand soin de ne pas y faire figurer Neil Fallon et sa bande. Et ce, alors même que Clutch est à l’origine de cette satanée idée de livre des mauvaises décisions. Oui, en V.O ça sonne mieux et en plus, "Book Of Bad Decisions" est un bon album !

"Book Of Bad Decisions" est donc le douzième album studio de Clutch. Entre stoner le plus électrique, heavy plus lent et rock sudiste arrosé, les quinze titres de "Book Of Bad Decisions" nous entraînent pour une petite heure d’écoute ("Spirit Of ’76", "Weird Times", "A Good Fire"). Parfois presque caricatural à en rappeler un Royal Republic, Clutch prend un malin plaisir à cracher à la face des Etats-Unis d’aujourd’hui. Le tout entre rejet du président et risées des nouvelles coutumes ("How To Shake Hands", "Sonic Counselor", "H.B Is In Control").

Si Clutch ne compte absolument pas sur ce "Book Of Bad Decisions" pour renouveler ses décibels, Clutch préfère en revanche lui donner la mission de reprendre la même tambouille que d’habitude avec pour mot d’ordre : "efficacité". En cela, "Book Of Bad Decisions" est du bon, du très bon Clutch. Parfois grandguignolesque, parfois sérieux, mais jamais égalé ! Clutch ici nous balance à la tronche les travers de l’Amérique, qu’elle soit profonde ou non ("In Walks Barbarella", "Emily Dickinson"). Rien n’est laissé au hasard et, même quand la bande part dans ces délires dont elle a l’habitude, l’auditeur est charmé. Pas grand-chose donc à dire si ce n’est que Clutch fait du Clutch mais en mieux. Comme à chaque album de Clutch finalement !

Près de trente-ans dans les bottes et toujours droit dans ses bottes, Clutch livre donc un album de haute volée. En plus, je ne dis pas uniquement cela car un aigle trône fièrement sur l’artwork. D’ailleurs, son plumage brillant me donne envie de me mettre de la gomme dans les cheveux, de m’improviser en gentilé du Maryland et de singer ce nouvel album de Clutch. Donc, avant que je le massacre par mes imitations ratées, l’album est bon et à écouter !


Rm.RCZ
Mars 2019




"Psychic Warfare"
Note : 17/20

Clutch revient très vite après "Earth Rocker" nous présenter son nouvel album, "Psychic Warfare". Cette précipitation est logique car "Earth Rocker" a rencontré un énorme succès auquel le groupe lui-même ne s'attendait pas. "Psychic Warfare" continue sur la lancée de son prédécesseur et montre un Clutch mordant, énervé et tout bonnement irrésistible.

Urgent, brut, décapant, voilà les termes qui conviennent le mieux à ce nouveau manifeste de rock'n'roll survitaminé, groovy et crados. Avec une production parfaite et une méchante inspiration, Clutch nous botte un fois de plus l'arrière-train avec une classe terrible. Des fessées comme ça, on en redemande ! Après une intro feutrée et chaude style interrogatoire policier, on se prend "X-Ray Vision" en pleine poire. Véritable hit en puissance, c'est morceau parfait pour démarrer, rapide, nerveux, racé, au refrain dantesque. Neil Fallon y est en putain de forme, énervé comme douze et charismatique. Moins tubesque mais tout aussi énergique, "Firebirds" possède un refrain possédé, où Neil chante avec un degré de folie et d'imprévisibilité que ne renierait pas Serj Tankian.

"Sucker For The Witch", tout comme "Decapitation Blues" vont très certainement faire des dégâts ; en effet, les admissions aux urgences pour déboîtement de la hanche vont grimper en flèche. Ce disque est une vraie débauche d'énergie et ce n'est pas le punkoïde "Noble Savage", indomptable, aux soli affûtés, qui nous fera dire le contraire. Les paroles chantées avec une impressionnante conviction de "Behold The Colossus" propulsent ce morceau et devraient en faire un hit en live. Encore une fois, Fallon y est impérial. Clutch place intelligemment, pour reposer l'auditeur, des morceaux plus calmes. Le groove éléphantesque de "A Quick Death In Texas", au refrain lumineux et aux guitares southern délicieuses, est proprement irrésistible. "Our Lady Of Electric Light" est un magnifique morceau pognant et habité tandis que l'ultime "Son Of Virginia" est une sorte de blues gothique, crépusculaire et révérencieux.

Clutch a vraiment le diable au corps. Il enfonce le clou de façon magistrale après "Strange Cousins From The West" et "Earth Rocker". Honteusement sous-estimé, ce nouveau brûlot de rock 24 carats (qui est bien plus que du "stoner" comme beaucoup le disent un peu trop vite) devrait, s'il y a une justice en ce bas monde, voir Clutch effleurer les astres.


Man Of Shadows
Octobre 2015




"Earth Rocker"
Note : 18/20

Les Clutch ne font décidemment pas dans la demi-mesure. 10 albums depuis leur formation, quota somme toute respectable, il aura quand même fallu quatre ans depuis un "Strange Cousins From The West" (2009) aussi excellent que ses prédécesseurs pour avoir le privilège de savourer un nouveau cépage 2013.

Clutch, c’est un peu l’institution montante et détachée du stoner actuel, bien que vieux de la vieille et connu par les puristes depuis de nombreuses années, il n’aura fallu pas plus que ces deux dernières années pour qu’une effervescence croissante se crée autour des quatre musiciens du Maryland. Qui n’a pas récemment entendu dans son entourage "C’est quoi ce groupe ? Ça groove !" par quelques explorateurs retardataires ?

Ce qui est étonnant, c’est que l’on vienne du stoner, doom, hardcore ou du jazz manouche, on aime forcément Clutch. Attitude humble et pulse absolu, leur rock’n’roll a tout pour plaire et ce nouvel "Earth Rocker" en dit long sur l’aboutissement de leur labeur. Considéré pour nombre d’entre vous comme le meilleur cru de toute leur carrière, les compliments concernant la nouvelle production filent de bouche à oreille à grande vitesse. La recette reste la même, pourtant il y a ce petit quelque chose en plus qui nous font l’apprécier davantage (est-ce possible ?).

Dès le premier titre éponyme, la claque rythmique en dit long sur la suite. Un son rentre-dedans produit à la perfection tout en conservant son grain chaleureux, le groupe au talent indiscutable a su s’entourer d’une équipe spécialiste. Sorti chez Weathermaker Music détenu par ces messieurs eux-mêmes et produit par Machine (Lamb Of God, Fall Out Boy), le tempo résultant se veut sur l’ensemble plus rapide que sur les précédentes galettes, le côté blues mis entre parenthèse sur la majorité des titres pour laisser place à un son plus brut. Ca balance jazzy à souhait sur un "D.C. Sound Attack !" aux pointes d’harmonica signature de la bande, ça pogoterait presque sur "Unto The Breach" et ses intonation heavy rock, pour s’adoucir sur le slow de milieu d’album "Gone Cold" à l’effet sensuel immédiat, la voix charmeuse de Neil Fallon y étant… légèrement pour quelque chose. Sans oublier la pointe "funk" follement maitrisée par un Jean Paul Gaster derrière les fûts qui en dit long sur ses influences made in Washington 70’s.

Malgré différents déboires avec leurs anciennes maisons de disque, le quatuor n’a jamais lâché prise et continue jusqu’aujourd’hui à faire simplement le son qui lui plait. Leur choix de fidélité en fait un groupe stoner bien distinct de ses homologues gentiment uniformisés dans un style un peu trop "à la mode". Impressionnant d’efficacité, "Earth Rocker" fait déjà parti des cultes de l’année. En 23 ans de carrière, les tontons du rock’n’roll stoner n’ont décidemment pas dit leur dernier mot. Un petit bijou.


Angie
Avril 2013


Conclusion
Le site officiel : www.pro-rock.com