Le groupe
Biographie :

Carnation est un groupe de death metal belge formé en 2013 et actuellement composé de : Yarne Heylen (basse), Bert Vervoort (guitare / ex-Warbeast Remains), Jonathan Verstrepen (guitare / ex-Striking Death, ex-Incinerate, ex-Fallout), Simon Duson (chant / ex-Prematory) et Vincent Verstrepen (batterie / ex-Hämmerhead). Après un EP sorti en 2015, Carnation sort son premier album, "Chapel Of Abhorrence", en Août 2018 chez Season Of Mist.

Discographie :

2015 : "Cemetery Of The Insane" (EP)
2018 : "Chapel Of Abhorrence"
2020 : "Where Death Lies"


Les chroniques


"Where Death Lies"
Note : 18/20

Carnation ne s’arrête jamais. Créé en 2013 en Belgique, le groupe enchaîne les sorties depuis son premier EP en 2015. Simon Duson (chant, ex-Prematory), Yarne Heylen (basse), Jonathan Verstrepen (guitare, ex-Incinerate) et Bert Vervoort (guitare, ex-Warbeast Remains) sont rejoints en 2016 par Vincent Verstrepen (batterie, ex-Hämmerhead) et s’offrent notamment un passage par l’Asakusa Deathfest de Tokyo la même année, puis rejoignent l’écurie de Season Of Mist, avec qui ils enregistrent un premier album en 2018, suivi de "Where Death Lies".

Entre sonorités old school et death metal imposant, "Iron Discipline" se lance. Bien que très productif, il est impossible de ne pas reconnaître l’efficacité du groupe qui déverse un son à la fois gras, puissant et prenant, tout en offrant un mix absolument parfait, avec une rythmique et un refrain qui restent en tête. Les harmoniques tranchantes cessent brutalement pour laisser place à celles de "Sepulcher Of Alteration", un morceau à la fois sombre et rapide. Les riffs ne ralentissent que pour laisser la place à une partie lead angoissante, mais la solide rythmique revient rapidement avant "Where Death Lies". Et à nouveau, on ne peut que constater l’efficacité de ces sonorités crasseuses et intransigeantes, surmontées par un chant tout aussi brut. Des sonorités plus perçantes prennent place dans le mix pour "Spirit Excision", mais les parties lourdes ne sont pas bien loin et n’hésitent pas à refaire surface de temps à autres. Côté chant, quelques hurlements plus criards sont à prévoir, mais le vocaliste reste principalement sur ce growl caverneux.

On reste dans la lourdeur pour "Napalm Ascension", avec toutefois quelques passages aux influences thrash qui restent dans cette veine old school. Et entre lead sanglants et rythmique assommante, on ne peut que se retrouver happé par l’ouragan, qui continue avec l’incisive "Serpent’s Breath". Les guitares mènent cette rafale avec un son criard qui se mêle à la perfection avec cette rage de tous les instants. On retrouve cette même puissance sur la rapide "Malformed Regrowth", une composition aussi sale que précise. Et bien que courte, elle ne perd pas un instant pour nous faire remuer la tête. La fin de l’album se dessine avec "Reincarnation", une composition aux sonorités mystiques sombres, que ce soit dans l’introduction ou dans l’épaisse rythmique qui sévit par la suite. On peut sentir cette noirceur en quasi-permanence dans les riffs, qui deviennent parfois plus aériens avant "In Chasms Abyssal", le dernier titre. C’est également le plus long de cet album, et il permet au groupe d’alterner sans problème une rythmique simple et efficace avec des passages plus complexes, mais très prenants, et même une ouverture musicale des plus intéressante vers le final.

Maîtrisant à la perfection son death metal, Carnation nous écrase à nouveau avec "Where Death Lies". Cet album lie avec intelligence un son old school, un mix très propre et surtout une rage indéniable qui les habite depuis le début. Passer à côté serait pure folie, et il ne fait aucun doute que vous le regretteriez !


Matthieu
Septembre 2020




"Chapel Of Abhorrence"
Note : 17/20

Si certains groupes repoussent toujours les limites de la violence ou de la technicité, Carnation a décidé de jouer un death metal old school gras et sale. L’aventure commence en 2013 pour le groupe belge, quand Jonathan Verstrepen (guitare) commence à jouer avec Bert Vervoort (guitare), Yarne Heylen (basse), Simon Duson (chant) et Morbid (batterie). Ils enregistrent un premier EP qui sort en 2015 puis participent à l’Asakusa Deathfest au Japon. Morbid quitte le groupe, mais Vincent Verstrepen (batterie) le remplace alors que sortent un live et un split de leur aventure japonaise. Le groupe travaille ensuite sur "Chapel Of Abhorrence", leur premier album. Et ça commence maintenant.

L’album s’ouvre sur "The Whisperer", un titre qui arrive sur un riff inquiétant, mais qui déchaîne une puissance phénoménale en quelques secondes. La rythmique est solide, le son plutôt propre tout en restant dans la veine du style, et le chant de Simon me fait automatiquement penser à un mélange d’Adam The First Sinner (Hate) et de Corpsegrinder (Cannibal Corpse). Malgré sa durée, le titre ne s’éternise pas, même lorsque la rythmique ralentit accompagnée d’un sample d’aboiements plaintifs, et la formation nous fait headbanguer en un rien de temps. On repart sur de la violence un peu plus rapide avec "Hellfire", dont le titre, déjà très inspirant, colle parfaitement à ce brûlot de death metal. La basse trouvera parfaitement sa place en prenant le rôle de lead lors d’un break qui repart sur un blast furieux comme on les aime. "Chapel Of Abhorrence" ne dérogera pas à la règle avec un son à la fois malsain, mais surtout des riffs soignés et truffés d’harmoniques sanglantes, alors que la voix du chanteur reste puissante en toutes circonstances.

"The Unconquerable Sun" démarre plus lentement mais ce riff savoureux prendra en rapidité lorsque le reste du groupe déboule, avec notamment le chanteur en première ligne. Plutôt entraînante, cette rythmique tourne littéralement toute seule, et quelques choeurs hurlés s’ajoutent à ce mélange déjà excellent. On continue avec "Disciples Of Bloodlust", un titre un peu plus lourd, mais qui reste dans le style du groupe. La guitare lead ne s’arrête jamais et nous lance parfois une rythmique pachydermique après un duo avec la batterie. Par dessus, les vociférations de Simon nous emmènent sur "Hatred Unleashed". Le groupe renoue avec la vitesse sans toutefois laisser de côté la puissance qui les caractérise alors que je sens quelques relents de thrash sur les leads de "Plaguebreeder", mais qui restent parfaitement adaptés à la mixture.

Lorsque "Magnum Chaos" débute, j’ai littéralement l’impression de me prendre un coup de canon en pleine face. Sorti de nulle part, ce titre déchaîne littéralement les musiciens avant de devenir un peu plus calme sur la fin, mais les riffs restent ancrés dans mon esprit. On repart sur "Sermon Of The Dead" avec une rythmique nettement plus lancinante et un chant plus calme mais qui traduit parfaitement l’impression de cérémonie que le titre du morceau évoque. "Fathomless Depths" prend la suite et reste sur cette atmosphère pesante grâce aux riffs lourds et sales du combo. Mais ce titre, pourtant long, passe un peu vite à mon goût et nous offre "Power Trip", la dernière composition. La guitare lead se mêle à une rythmique imposante afin de nous offrir une dernière mandale façon death metal comme on les aime.

Après avoir écouté "Chapel Of Abhorrence", il est certain que si le death metal a encore de beaux jours devant lui, Carnation fera partie de ses défenseurs. Si les musiciens ne se targuent pas d’avoir réinventé le style, ils distillent des riffs old school qui vont probablement en souffler plus d’un !


Matthieu
Août 2018


Conclusion
Le site officiel : www.carnationband.com