Le groupe
Biographie :

Originaire d’Essen, Caliban est aujourd’hui composé de Andy Dörner au chant, Marc Götz et Denis Schmitdt aux guitares, Marco Schaller à la basse et Patrick Grün à la batterie, Caliban est né en 1997 sous le nom Never Again et se classe dans un registre metalcore. Après une cassette promo de deux titres, ils signent chez Lifeforce Records en 1997 et sortent un EP en 1998. Après avoir parcouru l’Europe au travers de premières parties de groupes tels que Morning Again, Earth Crisis etc... le premier album "A Small Boy And A Grey Heaven" sort en 1999. Très amis avec le groupe Heaven Shall Burn, un split intitulé "Split Program" sortira en 2000, et le second album "Vent" sortira en 2001, ce qui les amènera à jouer au Beast-Feast 2001 à Yokohama auprès de groupe tels que Slayer, Pantera, Machine Head, Biohazard etc... S’ensuivra une tournée au Etats-Unis en été 2002 se terminant par leur participation au Hellfest à New York. En 2003, sortira leur troisième album, "Shadow Hearts" et le quatrième album "The Opposite From Within" en 2004, produit par Anders Friden (In Flames) et masterisé par Andy Sneap (Machine Head, Killswitch Engage, Arch Enemy) au légendaire Backstage Studio en Angleterre. Un second split avec Heaven Shall Burn intitulé "The Split Program II" verra le jour en 2005 et leur cinquième album "The Undying Darkness" sortira en 2006, d’où s’ensuivra une tournée Européenne avec All Shall Perish, I Killed The Prom Queen et Bleeding Through. En 2009, sortira "Say Hello To Tragedy", leur sixième album. Trois années plus tard, Caliban livre une nouvelle galette, "I Am Nemesis", sortie en Février 2012. "Ghost Empire" suit deux ans plus tard en Janvier 2014. Le dixième album du groupe, "Gravity", arrive en Mars 2016. En Avril 2018, le groupe sort son onzième album studio intitulé "Elements".

Discographie :

1998 : "Caliban" (EP)
1999 : "A Small Boy And A Grey Heaven"
2000 : "The Split Program" (Split avec Heaven Shall Burn)
2001 : "Vent"
2003 : "Shadow Hearts"
2004 : "The Opposite From Within"
2005 : "The Split Program II" (Split avec Heaven Shall Burn)
2006 : "The Undying Darkness"
2007 : "The Awakening"
2009 : "Say Hello To Tragedy"
2011 : "Cloverfield" (EP)
2012 : "I Am Nemesis"
2013 : "Ghost Empire"
2016 : "Gravity"
2018 : "Elements"
2021 : "Zeitgeister" (EP)


Les chroniques


"Zeitgeister"
Note : 18/20

À période particulière, sortie particulière ! Avant tout groupe de live, Caliban se refuse de sortir un nouvel album tant que le Covid ne leur permettra de tourner. Alors comment gâter ses fans malgré tout ? En sortant un disque de reprises de… Caliban, évidemment !

Première galette intégralement en allemand du combo en provenance de Hattingen, "Zeitgeister" est une compilation de titres emblématiques du Caliban passé (de "Caliban" (1998) à "The Awakening" (2007) grosso modo) remis au goût du jour par le Caliban moderne (de "Say Hello To Tragedy" (2009) à "Elements" (2018) donc). Et le résultat ? Bien au-delà des espérances ! Il faut dire que "Intoleranz" et "nICHTs" lâchés en guise de singles avait balancé un avant-goût de l’agressivité qui se dégagerait du disque. Les sept autres titres enfoncent davantage le clou. Le tout commençant par "Trauma", "nouvelle version" de "Arena Of Concealment" toujours relié symboliquement lié à son "Intro" (pour le coup rebaptisée "Zeitgeister"). On notera une composition originale : "nICHTs" et sa cause attirant sur les dangers de la dépression et lançant des messages d’alerte sur le suicide. En une trentaine de minutes, Caliban propose ici un metalcore rageur, rajeuni et violent ("Herz", "Nichts Ist Für Immer"). "Zeitgeister" recelle d’ailleurs pas mal de surprises, comme le flow hip-hop exacerbé de Matthi (chant, Nasty) sur "Trauma" ou le break de babouins sur "Mein Inferno".

Alors qu’en conclure ? Que c’est là un témoignage d’amour pur et simple. À la fois de Caliban pour lui-même, de Caliban pour ses fans mais aussi de Caliban pour sa langue maternelle et la scène metal dans son ensemble. Une performance exigeante qui porte ici tous ses fruits. Un bien bel objet !


Rm.RCZ
Août 2021




"Elements"
Note : 18/20

Leader du mouvement metalcore outre-Rhin, Caliban est toujours (avec Heaven Shall Burn) ce qui se fait de mieux en la matière chez nos amis germaniques. Et ça, cela n’a pas réellement changé depuis une bonne dizaine d’années voire une petite quinzaine d’années. Il faut dire que les cinq d’Essen en ont connu des opus, des tournées et des remous en désormais vingt ans de carrière. Quoi qu’il en soit, longtemps après le petit "A Small Boy And A Grey Heaven", moins longtemps après le moins petit "Shadow Hearts" et encore moins moins longtemps après le moins moins petit "Gravity", Caliban revient avec son onzième album qui rassemble tous ses éléments de composition : de la bestialité, des mélodies et du groove. Ah oui, et l’album s’appelle "Elements" hein !

Comme se plaît à l’affirmer son premier titre, "Elements" pourrait clairement se résumer à une armée d’orques gueulant "This is war ! We’re the architects of the apocalypse." (en Uruk-hai, bien évidemment !). Et clairement, "This Is War" expulse avec tant d’énergie tout ce que Caliban a dans les tripes qu’"Elements" apparaît d’emblée comme l’élément le plus perturbateur et agité des têtes de proues de la scène metalcore teutonne. Et le reste de l’album est dans la même trempe : un metalcore surpuissant, laissant énormément de place à la mélodie mais surtout à la bestialité avec des titres parpaing ("Masquerade", "This Is War"). Le tout est fortement bien léché et la production finit de sublimer le tout. On notera particulièrement les efforts vocaux du frontman Andreas "Andy" Dörner ("Set Me Free", "Carry On"). On soulignera la présence non négligeable de CJ McMahon (Thy Art Is Murder) sur "Before Later Becomes Never". Et enfin, on remarquera que cet album est bien tout simplement.

La galette s’avère extrêmement variée dans les sonorités et chemins empruntés, voguant ainsi de l’uppercut frontal et comac au plus fin et dévié crochet du droit embrassant l’arcade et la lèvre supérieure. Toutefois, et pour le tout petit bémol, si les parties vocales et lyrics entrent facilement en tête pour difficilement en sortir, il n’en va pas de même des riffs. Si certains cassent vraiment la baraque comme Gargamelle massacrant les champignons des Schtroumpfs, d’autres passent très rapidement aux oubliettes (le riff d’"I Am Fear" s’avère bien moins efficace que celui surplombant "Ich Blüte Für Dich" par exemple). Mais dans sa globalité, "Elements" s’avère être un opus très rentre-dedans et efficace d’un groupe qui pousse ici sa musique à son paroxysme, atteignant certainement par la même occasion son apogée musicale. Ainsi, comme nous l’affirmait Marc Görtz il y a quelques temps, "Elements" est clairement l’élément le plus agressif mais aussi le plus mélodique de la discographie du combo allemand. Avec des titres comme "Incomplete", "Intoxicated" ou "The Great Unknown", "Elements" ravira les fans du groupe et partira à l’assaut de nouvelles paires d’oreilles. Caliban excelle donc dans son art, même quand il l’exerce sur quelques passages dans sa langue maternelle ("Ich Blüte Für Dich" citée il y a quelques lignes). Alors disons juste : boum badaboum, tu te le prends dans les couilles et ça fait "ouille mes chicouilles" !

Plus sérieusement, "Elements" est un album dans la lignée de "Gravity" mais s’affirmant bien plus que ce dernier. Plus sérieusement toujours, "Elements" est un opus bien plus efficace qu’"I Am Nemesis" et surtout aux titres bien plus accrocheurs que "Ghost Empire". Plus sérieusement enfin, pas de doutes donc, "Elements" est une excellente sortie. Et par un grain de folie, je dirai même qu’il s’agit d’une des sorties incontournables du genre pour 2018. Rien que cela ! A vos écoutilles !


Rm.RCZ
Juin 2018




"Gravity"
Note : 16/20

Les Allemands de Caliban ont depuis dix-neuf ans fait évoluer leur style au travers de 2 EPs, 2 split albums et 9 albums studio. En étant signé sous le label  Century Media et avec un tel palmarès, Caliban se place facilement parmi les plus gros groupes allemands tous styles confondus. Ainsi, une nouveauté de leur part s’attend au tournant !

Se pose alors la question de comment le groupe se démènera suite au gros virage musical entrepris 2 albums plus tôt ("I Am Nemesis" (2012), "Ghost Empire" (2013)). Par virage musical, j’entends leurs deux pieds posés dans le metalcore dit moderne. Cela n’a pas fait que des heureux, certains de leurs fans jugent ces deux derniers albums insipides. Ce sont les oreilles vierges - en novice de la période "old school" de Caliban, - que je me lance dans l’écoute de "Gravity".

Objectivement, j’ai tout d’abord pris e une grosse claque : son, ambiance, efficacité, puissance… J’étais heureux sur le refrain dantesque de "Paralysed", la mandale très branchée Suicide Silence sur "Mein Schwarzes Herze" ou encore sur le titre "Left For Dead". Ce dernier titre offre l’amplitude la plus large de style, entre le couplet au tempo très thrash metal, en passant par des chemins très groovy, ainsi qu’un refrain appuyé par des leads très mélodiques et un chant crié. Autre sujet intéressant à aborder, ce sont les éléments symphoniques très présents ainsi qu’un son de guitare très moderne. Comme moi et pour certains, cette idée est purement géniale et enrichit totalement la musique de Caliban qui se veut davantage "épique". Pour d’autre, cela peut sembler redondant d’entendre à nouveau un groupe – qui est déjà bien établi- se rendre à la grande messe du metalcore moderne. Je reviendrai à cet argument ci-dessous.

Pour résumer "Gravity" en un point fort : Caliban a un très bon contrôle de la dynamique de ses morceaux. Le groupe sait comment varier ses titres, trouver le bon moment pour caser tel ou tel élément, pauser ou ralentir au meilleur endroit. Le résultat est un concentré d’énergie pure que seuls les meilleurs savent produire ! Dans un second temps, j’ai aussi tourné en rond. Au risque de me contredire face aux éloges développés précédemment, je partage un peu le point de vue de ces personnes qui penseraient que le nouveau style de Caliban est un peu redondant. En effet, la grosse production et l’accent mis sur le groove donnent l’impression qu’aucun riff, mais absolument aucun, ne sort du lot. On se rappellera éventuellement d’une ou deux lignes de chant, mais pas une de guitare. Dommage.

En conclusion finale, Caliban n’a jamais aussi bien porté son nouveau costume metalcore moderne "à la mode" tout en sachant préserver un peu de son identité. Ainsi, "Gravity" est sans l’ombre d’un doute le meilleur album du Caliban nouvelle génération !


Vinny
Avril 2016




"Ghost Empire"
Note : 15/20

Je me frotte les mains depuis quelques jours à l’idée d’écrire cette chronique qui, comme celle de Periphery pour leur nouvel EP, ne me laisse pas indifférent ! Nouvelle galette bien énervée de nos amis allemands de Caliban,  "Ghost Empire", neuvième album, ne vous laissera pas non plus indifférents, j’en suis sûr !

Clairement dans la veine de "I Am Nemesis", cet opus se démarque encore un peu plus de la patte hardcore initiale de la formation. Gardant tout de même un côté rebelle, certaines compos sauront se faire plus "easy listening", très proche de cette nouvelle vague de metal pour gosses à la Bring Me The Horizon, les chants clairs tout récents d’Andy Dörner n’y étant pas pour rien ("Chaos-Creation" et son refrain en chorus à plusieurs voix, fait pour le live mais hélas voilà bien une recette usée jusqu’à la corde. Même punition pour l’intro de "Your Song" qui nous impose l’ambiance live et qui dérive vers la seconde minute vers un hymne chanté typique de BMTH) ! Il est tout de même bon de remarquer que cet apport de voix claire, après plus de 13 années de carrière, est un réel regain de création pour le groupe qui a préféré une composition globalement plus simplifiée, faite quasi exclusivement de mosh parts en corde à vide pour le scream entrecoupées de passages à 3 accords sustainés pour appuyer le chant clair (le titre "Devil’s Night" en est un bon exemple, le très bon "Cries And Whisper" aussi).

Les guests, eux non plus, ne sont pas laissés de côté, en témoigne le guest de Christoph Koterzina (déjà apparu sur plusieurs morceaux de  "I Am Nemesis" et ayant bossé sur le dernier Callejon), Basti, le chanteur de Callejon justement (tout se regroupe vous ne trouvez pas ?) sur "Nebel", le seul titre en allemand de la galette, et enfin, et non des moindres, Monsieur Matt Heafy, le chanteur guitariste de Trivium sur "Falling Downward", morceau uniquement disponible sur la version digipack. La production, proche elle aussi de ce qui a pu être fait sur le précédent album, laisse la part belle aux murs de sons, grâce à un mix et un mastering efficaces signés respectivement Klaus Scheuermann (qui bosse avec le groupe depuis un certain temps déjà) et Olman Viper (très connu et productif sur le marché allemand qui fait aussi les voix sur l’album "Acedia" de Dark Age).

En bref, un album plus que correct, qui persiste et signe avec brio sur la voix du changement opéré il y a deux ans avec "I Am Nemesis" mais qui peine tout de même, avec cette utilisation nouvelle de chant clair, à se trouver un style propre.


Byclown
Janvier 2014




"I Am Nemesis"
Note : 17/20

Caliban lancera les hostilités de "I Am Nemesis" sous un "We Are The Many", du bon metalcore bien tranchant sur ce morceau avec Marcus Bishoff d’Heaven Shall Burn et Mitch Luker de Suicide Silence en featuring. C’est du Caliban pur et dur, riffs bien tranchants, une batterie plus qu’efficace et les choeurs avec les compères en featuring sont tout simplement énormes.

"The Bogeyman" balance des breaks bien brutaux et la voix d’Andy garde toujours de sa démentielle patate, morceau agrémenté de belle nappes orchestrales, le tout avec une bonne dose de brutalité, un cocktail efficace si celui-ci est utilisé à bon escient, ici c’est bel et bien le cas. Du bon gros Caliban comme on aime avec des morceaux tels que "No Tomorow", clairement dans la lignée du précédent album, c’est brutal et très invasif, des riffs saccadés assez déments, les choeurs habituels venant pimenter encore plus, une basse bien lourde qui pèse constamment. "Edge Of Black" avec cette belle introduction très atmosphérique avant de repartir à briser des rotules avec cette batterie énormissime, on a Patrick qui se défoule grandement derrière ses fûts, je regretterai tout de même un peu trop de similitude au niveau de la structure sur ce titre, c’est un super morceau mais un peu trop classique pour du Caliban à mon goût.

"Memorial", très bon avec un chant clair que j’apprécie particulièrement et ces jolies montées de guitares criardes mais restant comme un fond sonore par rapport à l’ensemble sans compter ce magnifique passage aux choeurs. Un morceau qui, à mes yeux, sort du lot et que c’est en loin pour me déplaire, "Dein R3I.ch", une grande vague de puissance et de brutalité en pleine tronche, un morceau sur lequel tu sors les pansements, on a vraiment l’impression que chaque membre a décidé de s’énerver un grand coup et plus qu’à leur habitude je trouve, ça breake avec violence, le chant est très incisif et les guitares jonglent sur des pseudo passages posés comme une annonce de calme avant la tempête, un morceau terrible qui m’a marqué un grand coup.

Dans la même veine, "The Oath", nom de diable ! Quel morceau ! Un début acoustique avec la voix d’Andy venant en fond avant d’exploser littéralement, mais le tout garde cette ambiance posée, très planant et puissant à la fois, une alchimie parfaite ici mise en place par Caliban, avec un sens aigu de la composition donnant un côté assez dérangeant à ce morceau qui nous fait vaciller entre des périodes de calme suivies d’orages, une très belle fusion ici menée à la baguette.

N’oublions pas tout de même ce qu’est Caliban, du bon gros metalcore qui tache, et il n’en perdront aucunement l’image avec les puissants "Deadly Dream" et "Broadcast To Damnation", guitares puissantes et dévorantes, lignes de basses monstrueuses sous une voix qui fracasse toujours autant, quel coffre cet Andy ! Voilà la sauce Caliban, un concentré de puissance sous une déferlante de riffs grandioses, un jeu à la double bien lourd et pesant, ce morceau pèse sur les épaules, en soit du Caliban dans toute sa grandeur.

Un dernier pour la route avec "Modern Warfare", c’est la guerre des riffs sur ce morceau, on restera sur l’habituelle alternance entre le chant hurlé et le chant clair mais quelle claque ! Caliban passe en mode destruction une fois de plus, ça pète dans tous les sens, aucun répit aucun repos et cette grande habitude de casser la structure là où l’on s’y attend le moins avant de remettre les bouchées doubles, des choeurs bien puissants pour un morceau qui l’est tout autant.

Avec ce nouvel opus, Caliban reste dans les valeurs sûres tout en continuant de nous surprendre, les fans seront certainement comblés par "I Am Nemesis" qui laissera de vilaines traces en mémoire et de vilains bleus en live.


Phenix
Mars 2012


Conclusion
L'interview : Marc Görtz

Le site officiel : www.calibanmetal.com