"Revelations In Black"
Note : 17/20
Nous célébrons le retour de Caelestia. Formé en Grèce, le groupe a connu un temps de flottement avant de revenir en 2024 avec un EP. Désormais signés chez Eclipse Records, Lordwinter (chant, ex-Nordor), Vassilis Thomas (guitare), Stelios "SD" Tragos (basse) et Marc Reign (batterie, ex-Destruction, ex-Morgoth) annoncent la sortie de leur troisième album, "Revelations In Black".
L’album débute avec la courte et mélodieuse introduction nommée "La Morte Amoureuse" qui nous laisse lentement plonger dans une mélancolie enivrante avant d’accélérer sensiblement le pas pour "Buried", composition agressive et relativement travaillée qui emprunte à la fois au death technique qu’à un mix moderne et imposant. L’arrivée des rugissements assombrit aisément l’atmosphère tout en conservant ce groove massif jusqu’au final, sombrant finalement dans le prog avec "Jutland" qui lui emboîte le pas et qui conserve la complexité mais en y intégrant une touche dissonante enivrante. Le morceau est finalement assez majestueux, à l’inverse de "Wolves" qui est bien plus saccadé et agressif mais largement propice au headbang pendant que les musiciens proposent un son très fédérateur, et bien que le morceau passe un peu trop vite à mon goût, il est l’un des plus appréciables. Nous profitons d’une pause avec "The Slopes Of Tenmokuzan" qui place une introduction acoustique avant de partir sur une base de death mélodique efficace et bien plus agressive que le groupe n’hésite pas à développer sur toute la longueur du morceau en accentuant les changements de rythme.
On enchaîne avec "Fall Of The Demon King", morceau assez direct qui propose des patterns plus furieux et rapides qu’à l’accoutumée tout en révélant des touches black / death assez ténébreuses mais aussi une vivacité accrue par rapport aux autres morceaux, à l’inverse de "Five Unicorns And A Pearl", interlude épique qui nous permet de respirer un petit moment en compagnie de samples. Une fois le calme passé, c’est avec le morceau éponyme "Revelations In Black" que le groupe frappe à bonne allure, renouant avec l’allure effrénée et les influences malsaines pour renforcer sa puissance brute avant de revenir aux changements de rythme, plaçant également un solo perturbant avant la fin de l’assaut. On enchaîne avec le vif "Reflection Of The Beast", titre lui aussi assez simple mais qui profite des accélérations contrôlées pour séduire, mais gérant à merveille son rythme dévastateur avant de passer à "Dead Eternal", le dernier morceau de l’album qui va rassembler tout ce que le groupe a de plus brutal à offrir avec un refrain relativement simple, mais qui fonctionne lui aussi très bien.
C’est avec un ressenti étrange que je peux affirmer que "Revelations In Black" est à la fois facile et difficile d’accès, mêlant habilement mix moderne et touches black / death complexes. Caelestia a frappé fort pour son retour.
"Beneath Abyss"
Note : 15/20
Caelestia est un groupe de death metal mélodique nous venant tout droit de Grèce. "Beneath Abyss" est son second opus après celui sorti sous Me And Myself et après quelques changements de line-up.
Sombre et froid, le groupe nous invite dans les profondeurs abyssales de son univers : une pochette grisée, un personnage ailé à la chair ouverte au centre, qui semble séparer deux côtés d'une même image tel un test de Rorschach détaillé. Le cerveau (l'esprit) de celui-ci flotte au-dessus de lui, perdu. Et au fin fond des monuments religieux, basiliques à peine reconnaissables dans les ombres, masquées par la statue d'un équidé fou. Au pied de l'image, un simple socle supporte l'illustration toute entière telle une œuvre d'art.
C'est complètement ce qui en ressort de cet opus, quelque chose de sombre et qui se défait comme de la pierre qui se brise, sans espoir. Plus progressif que death, dans une ambiance gothique, nous évoluons dans un metal très théâtral (ce qui est un peu à la mode en ce moment) aux orchestrations de choeurs avec une voix masculine en growl et une voix féminine. Rien de nouveau à l'horizon, le groupe nous offre des passages très dramatiques, d'autres plus brutaux, certains plus calmes et deux morceaux seront consacrés uniquement à des instrumentales. Ces instrumentales sont excellentes d'ailleurs, l'une très ambiance gothique, "The Grand Sublimation", et l'autre plus orchestrale symphonique, "Silent Despair". On notera un morceau au titre espagnol, "Mi Ultima Vida", les paroles se mélangeant entre anglais traditionnel et espagnol. Mais ca n'apporte rien du tout au morceau, quand on utilise cette langue il faut du rythme dans les lignes de chant. Hors ici elles sont trop linéaires pour ça, du coup rien ne ressort ! Éventuellement du latin serait mieux ressorti.
La voix féminine bien qu'agréable souffre d'un sous-mixage et semble à part avec le reste des instruments, dommage. Du coup, quand la demoiselle chante avec des chœurs ou avec le growl, elle n'est pas du tout mise en valeur et semble complètement sans saveur. Cela gêne moins avec le growl qui a déjà un timbre très gras qui colle bien avec les instrumentales. Même problème d'ailleurs avec la batterie, la double pédale est sourde, les cymbales sonnent du coup trop claires en comparaison.
Les jeux de guitare s'éclatent et savent se faire discrets quand il faut, pour ressortir lors d'éclatants solos qui font rebondir parfois un morceau un peu long comme "Secret Ride" qui n'est pas mon favori. La basse lourde et présente supporte le poids des morceaux avec la batterie en toute efficacité.
Un bon album à mon sens, qui souffre cependant de quelques soucis de mixage qui entachent un peu sur les capacités de chacun. Mais ce death-prog gothique est vraiment malsain à souhait et niveau composition, on est dans du très bon ! Caelestia possède son propre univers, beau et sombre, qui donne envie d'en entendre plus !
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