Le groupe
Biographie :

Né début 2007 des cendres de deux groupes franciliens bien connus de la scène metal hardcore (Wünjo et Kwamis), Bukowski résonne rapidement comme un groupe majeur de la scène européenne rock. Il faut dire qu’avec une centaine de dates (dont quelques belles premières parties : Fu Manchu, Gojira, Mass Hysteria…) le groupe a su roder son show… Argentine, Irlande, Allemagne, Belgique, France : Bukowski part sur les routes, en 2009, à la rencontre de son public et marque les esprits. C’est la même année que le power trio francilien sort "Amazing Grace" chez Booster Prod, chaleureusement accueilli par une presse élogieuse. Ankama Music, désormais accro, a produit l’enregistrement de la substance de nouveau dirigé par Francis Caste (The Arrs, Ed Äke, AqME, Lazy, Hangman’s Chair, Es La Guerilla…). L'album "The Midnight Sons" sort dans les bacs le 14 Février 2011. Bukowski réalise une ascension qui laisse présager un avenir marquant et impossible à stopper. La famille Bukowski s'agrandit avec l'arrivée de Fred Duquesne qui officie en tant que second guitariste au sein du groupe. En 2013, Bukowski sort un nouvel album chez Verycords / Warner. Par la suite, le groupe retourne dans la cave du Docteur Fred Duquesne (producteur et guitariste du groupe), pour accoucher de son prochain brûlot : "On The Rocks". C’est à Bukowski 2.0 que nous avons à faire, car Fred Duquesne et les frères Dottel ont composé ensemble ce quatrième opus, désormais accompagnés de leur nouveau batteur, Timon Stobart. L'album sort en Mars 2015 chez Verycords. Trois ans plus tard, c'est en autoproduction que sort "Strangers" en Octobre 2018 avec un nouveau guitariste, Clément Rateau.

Discographie :

2009 : "Amazing Grace"
2011 : "The Midnight Sons"
2013 : "Hazardous Creatures"
2015 : "On The Rocks"
2018 : "Strangers"


Les chroniques


"Strangers"
Note : 19/20

Dernière chronique de l’année 2018 avec Bukowski et son (déjà) cinquième album, "Strangers". Et les gars de Buko donnent le ton, un album sans temps mort et brut de décoffrage. Cette ligne directrice, ils l’ont toujours eu, pourtant aucun des albums ne se ressemble depuis "Amazing Grace" sorti il y a 9 ans. Ce nouveau disque a une saveur particulière pour plusieurs raisons : changement de guitariste, de tourneur et pas des moindres, autoproduction cette fois-ci !

Ils essaient bien de nous tromper avec "Facts And Consequences" et un démarrage tout tranquille avant de commencer à monter en puissance une fois les deux premières minutes passées. Cette montée en puissance ne redescendra pas de l’album. Bizarrement, ça me rappelle ce qu’ils ont déjà pu faire par le passé, un nouveau départ pour le groupe qui ne renie pas ses origines, qui garde les fondations qui sont les siennes. Une façon de se réinventer sans perdre son âme, c’est peut-être la recette de leur qualité constante. Si on écoute attentivement chacun des morceaux, on remarque vite qu’ils distillent quelques touches un peu partout, soit des clins d’œil au reste de leur discographie, soit envers d’autres artistes ou alors juste pour s’essayer à d’autres choses comme l’intro de "Starless Night" qu’on retrouverait plus chez un Dillinger Escape Plan et son lot de stroboscopes. Sur "Mater Dolorosa", c’est un riff bien heavy qui te décrasse les oreilles bien comme il faut. C’est aussi un des rares morceaux sur lesquels Mathieu Dottel chantera autant car le frangin Julien gueule beaucoup sur ce disque, avec toutes ses tripes, ce qui donne un ton singulièrement différent à ce "Strangers", pas de doute, avant de finir sur une mélodie très inhabituelle et très groovy. C’est le titre "Mysterious Smile" qui me parle le moins, pourtant c’est bien celui qui qu’ils ont utilisé pour en faire un clip. Non pas qu’il soit mauvais mais dans ce morceau je retrouve moins les harmonies, les riffs de fou furieux, ce groove, cette puissance et cette agressivité propres à Buko, pourtant ça sonne très Buko des débuts mais bon, disons que c’est la raison pour laquelle je ne mettrais pas 20/20 !

C’est surtout la deuxième moitié de l’album qui retiendra mon attention, non pas que la première soit mauvaise mais la deuxième est tellement dense, variée que ce serait difficile de passer à travers sans la détailler. Avec "Haters", on sent qu’ils sont enragés les gars ! Décidément, Julien Dottel est un sacré hurleur, il nous avait déjà convaincus dans les précédents disques et pour l’avoir aussi vu avec Full Throttle Baby, je me doutais bien qu’ils allaient pousser les choses sur le prochain disque, ça n’a pas loupé et on ne va pas s’en plaindre, et sur "Easy Target" on en prend pour son grade, ce morceau comme une bonne partie de l’album a un côté hardcore très prononcé, on sent toute la violence, la rage et la tristesse qu’il y a à l’évocation des attentats du Bataclan. Trois ans après, ça reste encore gravé dans les mémoires de bon nombre d’entre nous… On reste dans le côté plutôt triste avec "Idols" qui se veut un hommage à tous ces artistes perdus dans cette année noire qu’a été 2017, un hommage tout en décibels, donc le meilleur qui soit.

Non sans humour, le morceau "The Middle Finger", vu le ton, laisse présager un majeur levé envers tout ce qui va de travers dans le monde actuel, attention ça va faire mal en live ça ! Le seul moment calme du disque (si on peut le qualifier ainsi) c’est sur l’avant-dernier morceau, "A New Sun", avec ce côté œil du tigre qui rappelle qu’ils ne sont pas là pour enfiler des perles. Dans les guitares, ça sonne très Alter Bridge, dans la manière de monter les riffs, un titre vraiment puissant ! L’album se conclut ironiquement par "Bad Habits" qui renoue avec le passé, c’est un morceau qui pourrait être issu d’"Amazing Grace" ou "The Midnight Sons", et qui sent bon la sortie entre potes, les conneries d’ados (ou pas d’ailleurs), une soirée karaoké arrosée. Certes l’abus d’alcool n’est pas bon pour la santé mais ça aide à composer apparemment ! Si en plus on sort le tapis rouge pour la basse, je dis chapeau bas ! Tout ça pour boucler la boucle de ce disque et pour rappeller qu’on ne change pas une équipe qui gagne, et qu’un producteur comme Francis Caste leur allait quand même très bien et que Mamzelle Mamath allait leur donner un graphisme différent des clichés du genre, une équipe que l’on retrouve au top ici et qui me rappelle bien des souvenirs depuis cette découverte sur scène il y a de ça déjà 11 ans.

En résumé, je mets 19/20 parce que c’est un des disques les plus riches et variés que j’ai écoutés depuis un bail, parce qu’il déboîte sérieusement, c’est bourrin, mélodique et groovy, parce que tout semble maîtrisé et calibré selon leurs envies, c’est indépendant, parce que les gars peuvent cocher sur leur liste "composer un putain de morceau un lendemain de cuite" et puis parce que c’est Bukowski donc ça reste lourd et efficace ! On a tous peur du réchauffement climatique (non sans raison) mais on devrait aussi avoir peur de la capacité de Bukowski à faire grimper la température dans les salles de concerts, ça va chauffer à blanc. Que cette année 2019 leur apporte ce qu’ils méritent : un disque pareil, c’est l’album rock français de 2018. En bouclant la chronique tardivement le 30 Décembre, je crois que je ne m’avance pas en disant que demain ne sortira pas un brûlot encore plus puissant. Les frères Dottel, Timon Stobart et Clément Rateau tiennent bien la boutique et ce n’est pas près de s’arrêter, en 2019 on dirait bien que l’on va transpirer ensemble dans les salles hexagonales ! "Strangers" est monumental, si c’est ça la marginalité et bien qu’ils le restent !


Antoine
Janvier 2019




"On The Rocks"
Note : 17/20

Un nouveau disque de Bukowski me fait toujours sauter au plafond, depuis le début je suis ce groupe qui ne cesse de prendre du galon sur cette belle scène française. Avec leur quatrième album "On The Rocks", on dirait bien qu'un nouveau cap vient d'être franchi ! Sorti le 30 Mars dernier chez Verycords, cette galette va faire tourner des têtes à coup sûr !

On commence avec "The Smoky Room", titre qui nous rappelle ce qu'ils ont pu faire par le passé. Du rock stoner / heavy blues (dixit les paroles), bien gras, une rythmique saccadée et bien appuyée. Le groupe ne s'est pourtant pas reposé sur ses lauriers en nous proposant seulement un album de plus, cette fois les plaisirs sont très variés et nous offre pas mal de surprises : de ce titre on passe par la suite à du metal accrocheur, à un titre plus lent à la limite de la ballade (pas tout à fait, faut pas déconnner non plus !) comme "Birth" en passant par du rock bien couillu, que le chant soit hurlé ou un poil plus posé. Bref c'est un festival d'ambiances et de sonorités

Un de leurs futurs classiques est sans hésiter "White Line" avec son riff ultra efficace et son refrain qui va rester dans la tête de plus d'un d'entre nous. Sur ce morceau on note aussi un solo qui sonne très RATM. De toute façon on a bien remarqué que les 90's sont une période importante pour le groupe, il en tire le meilleur et ajoute sa patte. Parce que même si l'arrivée de Fred Dusquesne se ressent plus que jamais, Bukowski n'a pas perdu son âme pour autant, on est relativement loin de leur premier essai "Amazing Grace" mais à chaque disque le groupe évolue d'une bien belle manière et sait se renouveller efficacement. Se renouveller ne signifie pas pour autant couper les ponts avec le passé, un titre comme "One More Shade Of Grey" nous rappelle bien ce que le groupe a pu faire par le passé, du son bien gras et puissant. Ils n'oublient pas leurs racines et on adore toujours autant !

Un des meilleurs titres de l'album est sans hésitation "Scarecrow", l'ambiance est morbide, un peu crade et c'est Julien qui pousse la gueulante avant de laisser Mat prendre la relève, ce mélange des voix des deux frangins fait toujours son effet. Le mot qui se dégage ce titre "Scarecrow" c'est puissance, un peu à l'image du disque au final. En bonus on a un gros clin d'oeil assumé à "Year Zero" de Ghost, c'est bien pensé, ça colle parfaitement au morceau et ça claque ! J'aime !

Parmi les nouveautés on peut noter davantage d'arrangements, on entend un clavier sur plusieurs titres utilisé à bon escient. Ce n'est pas juste histoire de caser quelques notes dans un coin, ça apporte vraiment à l'ambiance du morceau. Parce que trop de groupes cherchent à faire du remplissage, Bukowski sort ses tripes à chaque fois et ça se ressent. Le parti pris est risqué car une partie des fans de la première heure risque d'être déçu de voir tant d'évolutions mais bon comme on dit, il n'y a que les idiots qui ne changent pas d'avis. Surtout quand les évolutions sont aussi bien amenées il n'y a pas à faire la fine bouche. Un point qui montre aussi la qualité globale de l'album c'est qu'aucun morceau n'est de trop, l'album est très fluide.

Pour ce qui est du son de ce disque c'est aussi plaisant de voir que ça avance dans le bon sens, le son est de plus en plus costaud, il n'est pas trop propre, pour moi c'est le son qu'il fallait pour ce disque. Il met bien en valeur les différents instruments, les guitares de Mat et Fred sont puissantes et bien distinces tout en laissant une belle part aux fûts du dernier arrivé, Timon. Il ne fait pas dans la figuration non plus celui-là, ce n'est pas vraiment le style de la maison si on regarde le boulot des deux prédecesseurs... Avec sa basse Julien complète bien le tableau, toujours aussi punchy.

Alors certes ce n'est pas parfait non plus, à certains moments je trouve que ça manque un peu de patate ou de cette touche Bukow. Mais c'est aussi ce qui fait le rythme de cet album, on ne se lasse pas en entendant toujours la même chose. Pour moi, c'est ça Bukowski, un groupe qui nous propose toujours quelque chose de neuf, qui ne reste pas sur ses acquis et se remet en question. Les modifications de l'effectif ont sûrement aidé dans ces changements musicaux, il n'empêche qu'ils l'ont fait et d'une bien belle manière. Avec des compositions une nouvelle fois bien inspirées, je parie que ça va commencer à être compliqué pour eux de mettre en place leur setlist !

Vivement que je les revois sur scène pour prendre la température de leurs nouveaux titres en live ! Encore une fois, Bukowski prouve qu'on peut compter sur eux sans le moindre doute. La meilleure façon de les connaître reste encore de les voir sur scène parce que là c'est le lâché de fauves, l'oeil du tigre est toujours présent, ne les perdez de vue sous aucun prétexte...


Antoine
Avril 2015




"Hazardous Creatures"
Note : 16/20

Enfin, le nouveau Bukowski arive sur mon bureau pour une chronique qui s’annonce dure mais intéréssante. Fan de ce groupe depuis leur premier album "Amazing Grace" sorti en 2009, j’avais été séduit par le côté spontané mais pas juvénile de la galette et pas les références à peine cachées de l’opus. Une grosse année après, je restais sur le cul avec "Midnight Sons", second effort du combo, bien plus difficile d’accès car plus référencé (Anthrax, Alice In Chains pour ce citer qu’eux), mais d’autant plus intéressant et complexe qu’il ouvrait une porte sur l’univers riche du trio.

2013 ne sera pas l’année de la trêve pour ce trio devenu quatuor suite au remplacement du batteur à la frappe dure, Monsieur Niko Nottey (qui a tout de même eu la classe d’enregistrer la galette avant de partir vers d’autres cieux), et à l’arrivée d’un nouveau venu, pas inconnu du tout de la scène française, Mister Fred Duquesne (initialement producteur de l’album, ainsi que de certains albums de Mass Hysteria ou encore Empyr, le nouveau projet des mecs de Kyo). Devant tant de chamboulements, je ne peux que tendre une oreille curieuse et extrêmement critique sur ce projet fort attendu par les fans de ce groupe qui monte vite et bien. Première constatation, l'artwork de la pochette, comme la musique (mais on va en parler), a encore évolué. Exit les motifs complexes aux symboles forts de "Midnight Sons", exit la photo basique de "Amazing Grace" et welcome à un habile montage photo mettant en scène un tigre blanc nageant sous l’eau, un morceau de chair rouge dans la gueule. Une manière de dire que le combo a repris encore plus de poil de la bête et d’agressivité ? C’est fort probable !!

Tout commence en une débauche d’énergie et de mur du son avec "Keep Your Head On" qui donne clairement la couleur de l’album : son énorme, solo de guitare (on avait touché la chose du bout des doigts sur l’album "Midnight Sons" mais sur cet opus, l’affaire semble entendue, les gars ne touchent pas leur bille qu’en rythmique, ils sont aussi des solistes émérites !), une voix puissante et inimitable qui est la marque de fabrique du groupe, une atmosphère entre le metal et le stoner / power rock. Aboutissement du travail à deux guitares, les arrangements surprennent par leur côté inattendu et c’est tant mieux ! Le fameux solo de ce titre est un régal pour tous les amoureux de guitare car tout y est ! Les plans bluesy, un énorme hommage avec Michael Jackson avec une reprise de la "cocotte" funky de "Beat It", des schémas bien trouvés… Evidemment, même si tout le monde s’en doute, la prod' est énorme et on se laisse facilement bercer sur les rives et les côtes US.

Devant tant d’extase, je ne peux que me méfier de la suite avec "Shoot First", tout un programme ! Le main riff de ce titre et l’énergie qui s’en dégage me font tout de suite penser à du "Amazing Grace" alors que le refrain apporte quelque chose de nouveau et d’incroyablement frais et catchy. Là encore, un petit solo de guitare qui arrive après la deuxième minute, Efficace et sans fioriture, très dans l’esprit du groupe. Voilà bien un titre qui ravira les fans des débuts et qui fédérera sans nul les nouvelles recrues.

"Hardtimes", troisième titre, commence avec le riff de fin d’un titre souvent joué en live tiré de l’album précédent, je parle bien sûr de "Hit The Ground Again", gros clin d’œil et belle liaison pour cette nouvelle aventure. Ce titre au refrain ultra FM, aux harmonies vocales ultra efficaces, s’impose comme une future pièce maîtresse du groupe en matière de live (je ne serais qu’à moitié étonné qu’ils enchaînent ce morceau juste après celui de "Midnight Sons"…).

On enchaîne plus en douceur avec "Brother Forever", titre qui revêt un caractère particulier lorsqu’on sait que Bukowski est né de l’imaginaire des deux frères Dottel, Mat au chant et à la guitare et Julien à la basse (qui écrit les textes). Couplets intimistes et plutôt coulants et refrain ultra "loud" avec un double chant puissant, voilà bien une chanson qui ne laissera personne indifférent, surtout pas ceux qui avaient aimé l’ambiance torturée de "Slug And Bats" sur le précédent album, ou encore "After All These Years".

Reprise de l’action en mode plutôt sévère avec "Hazardous Creatures", titre de l’album éponyme, et son main riff ultra simpliste mais taillé pour le headbang et la bagarre. Un gros break appréciable fait son entrée à la deuxième minute, juste le temps de reprendre son souffle avant un redémarrage en fanfare sur un passage musical également très simple, trop peut-être comparé à la qualité des autres morceaux.

"Fever", sixième morceau de la galette est un petit bijou d’ambiance. Riff super lourd et lent, effets sur la guitare et la basse (omniprésente, ce qui confère un gros côté bluesy vraiment intéressant), refrain entraînant laissant la part belle à la puissance vocale de Mat, rien à dire de négatif sur ce morceau qui s’insère dans la lignée de "Brother Forever" au niveau de l’ambiance tortueuse et torturée.

Excellente surprise sur "The Maze", morceau totalement inattendu, au son et à l’ambiance singulière, calme sans tomber dans la ballade, harmonique. Dans un esprit plus rock que metal ou encore power rock, ce titre saura séduire les amateurs de musiques plus calmes et ambiantes et saura surtout nous faire voyager dans des paysages que l’on avait cru perdus depuis "Amazing Grace".

Il est bien connu que les chansons les moins bonnes des albums se situent à la fin. "Troublemaker" restera pour moi une déception. Assez prévisible et pauvre musicalement, ce morceau ne fait pas honneur au talent déployé par le groupe depuis 4 ans. Riff et tempo déjà entendu 100 fois, rien n’est fait pour rehausser la place laissée au chant qui lui aussi du coup est un peu rébarbatif malgré les "screams" de fin.

Même tarif pour "Payback" et son ambiance très "Amazing Grace", le petit solo en plus. Le titre, même s’il regorge d’énergie, est prévisible et la encore trop simpliste. Dommage donc, moi qui pensais que l’idylle serait là jusqu’à la dernière seconde de l’opus.

Dernier titre de ce bel effort, "By The River" me fait plonger dans l’univers de Down avec son riff très stoner bluesy qui sent bon les chemises à carreaux. Au-delà de ça, le châtiment reste le même que pour les deux titres précédents, à savoir qu’on se fait vite c**** passé le premier refrain ce qui est d’autant plus dommageable que le combo nous a habitués avec ses deux précédentes pépites à des finales d’exception, n’en déplaise au petit break pas trop mal trouvé de la troisième minute.

En bref, un album indispensable pour les fans, et pas moins indispensable pour ceux et celles qui auraient entendus du bien de ce groupe méritant .Moins typé que "Amazing Grace" et moins référencé et complexe que "Midnight Sons", cette galette semble être le juste milieu entre ses deux grands frères même si la qualité pourtant énorme des compos est en baisse sur la fin.


Byclown
Avril 2013




"The Midnight Sons"
Note : 13/20

Le trio de rock / stoner français Bukowski redébarque cette année avec le très attendu "The Midnight Sons", deux ans après "Amazing Grace" pour lequel les critiques furent pour le moins flatteuses. On se souvient d’un album franchement rock ’n’ roll, riffs et phrasés bien musclés à l’honneur !

Dans ce dernier ouvrage, on retrouve des riffs brûlants collant parfaitement à la voix suave mi claire / hurlée et rocailleuse de Mat ; ça sent bon le sable chaud crépitant sous un soleil torride. Il ne me donne pourtant pas la sensation d’un simple recueil copié / collé d’influences outre-Atlantique et le groupe a su pour ma part étudier et mettre en œuvre son propre style. Il nous étonne même avec des titres tel "Fight !" à la fin beat-box... inattendue! Alors non, tous les morceaux ne me collent pas à la peau, certains passages m’ennuient même, dès que ça devient un peu plus mélodique, voire pop… je n’accroche plus et la voix me paraît tout d’un coup trop mielleuse. Mais d’autres titres aux riffs bien plus pêchus et à la frappe plus explosive ("The Downtown Revenge", "Desert") rattrapent un jeu dans lequel on imagine la sueur coulant sur le crâne de nos trois vedettes et que je préfère largement ! Différentes ambiances se mêlent et s’entremêlent toujours autour d’une base rock / stoner, avec une intro très "Gojirienne" pour "After All These Years" par exemple, guitare plongée dans la réverb par laquelle un rock plus torturé à la sauce Faith No More fait ensuite son entrée. Bref, on peut trouver de multiples influences dans un jeu qui reste néanmoins simple, avec des riffs de guitare sans la moindre extravagance, parfois peut-être même pas assez mais là encore, tout est question de goût ! Tantôt c’est efficace, tantôt un peu moins ; la basse ronde et pleine, de temps en temps plus percutante suit le mouvement et apporte une ampleur de masse à l’ensemble. Pas d’excentricité non plus pour le jeu de Niko dont la frappe reste simple, claire et efficace.

C’est dans l’ensemble à l’écoute d’un nouvel opus qui saura prolonger les appréciations que nous convient cette année les Bukowski ; tout n’est pas forcément bon à prendre mais la majorité est à garder et à apprécier, bien que mon cœur balance davantage pour l’album précédent, plus nerveux et acharné.


Angie
Avril 2011


Conclusion
L'interview : Julien & Fred

Le site officiel : www.bukowskitheband.com