"What We Leave Behind"
Note : 17/20
Il y a du changement chez Brymir ! Toujours signé chez Napalm Records, le groupe est devenu un quatuor, mené par Joona Björkroth (guitare, Battle Beast), Jarkko Niemi (basse, IA, ex-Enragement), Viktor Gullichsen (chant / orchestrations) et Patrik Fält (batterie, Feastem), et sort en 2026 son cinquième album, "What We Leave Behind".
La longue introduction instrumentale "Slaying Star" apporte une touche d’abord mystérieuse qu’intensifie "Sleipnir" avant de s’embraser d’un seul coup, proposant une allure effrénée telle l’animal mythologique, et bien que les racines death metal mélodique / symphonique soient présentes, on jurerait entendre d’autres influences. Les parties vocales ne font que renforcer la rage du groupe, confirmant sa puissance brute tout en comptant sur les arrangements avant que "Tempestbound" ne prenne le relai avec une approche similaire, lorgnant même parfois vers le power metal épique avec ses choeurs planants. Les parties leads confirment cette approche alors que les riffs saccadés proposent des touches old dchool qui nous mènent à l’éponyme "What We Leave Behind" qui affiche des éléments plus modernes, à l’image des claviers de l’intro et des relents pagan metal purement finlandais que les connaisseurs associeront aux débuts du groupe alors que le break revient à cette approche récente.
Comme son nom l’indique, "True Darkness" dévoile des tonalités bien plus sinistres, mais là encore les musiciens parviennent à les dynamiser grâce à un blast ravageur et une rythmique furieuse qui alimente l’orientation théâtrale et expressive du morceau notamment avant que "Moment Of Silence" ne nous accorde ce répit bien mérité avec une instrumentale assez douce. La quiétude va toutefois se renforcer en rejoignant "Buried Legion" qui débute avec cette voix monstrueuse avant de lâcher les tonalités guerrières où le groupe exploite à merveille les éléments les plus bruts comme les orchestrations pour un mélange fédérateur qui ferait des ravages sur leurs prochains shows. Nouvelle pause avec "Thy Self The Highest Love (Prelude)" qui donne une touche presque opératique mais attendue à l’arrivée de la saturation sur "The Roaring King", titre d’abord relativement calme et mélancolique sur lequel le vocaliste finira par se lâcher pour devenir encore plus intense par moments. Retour aux sonorités planantes pour "Broken Dawn" qui nous expose à l’une des facettes les plus douces de la part du groupe, qui prend le temps de tisser son atmosphère sur toute la durée du morceau pour mieux en finir avec ses compositions originales, car bien que ce titre semble marquer le point final de l’album, c’est avec "How Much Is The Fish?", reprise du groupe allemand Scooter, qu’il sera mis, non sans infuser d’eurodance ses racines énergiques, créant un résultat pour le moins… surprenant.
Bien qu’un peu absent ces derniers temps, Brymir a pris le temps de peaufiner son nouvel album, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils ont travaillé dur sur "What We Leave Behind" ! Toutes leurs influences y sont représentées, et il est certain qu’il plaira.
"Voices In The Sky"
Note : 19/20
Après l’annonce de sa signature chez Napalm Records, Brymir annonce la sortie de son
nouvel album, "Voices In The Sky". Après des débuts en 2006 en Finlande à jouer des des
reprises, le groupe décide de s’orienter sur ses propres compositions. Viktor Gullichsen
(chant, ex-The Coven), Joona Björkroth (guitare / chant, Battle Beast), Sean Haslam
(guitare, ex-IA), Jarkko Niemi (basse, IA) et Patrik Fält (batterie, Feastem, Bloodred
Hourglass en live) sont maintenant prêts pour leur quatrième opus.
L’album débute avec "Voices In The Sky" et son introduction mélodieuse, qui sera chassée
par une rythmique furieuse et des hurlements virulents. La rythmique saccadée couplée aux
claviers enchanteurs et aux choeurs majestueux alimente la rage accrocheuse avant de
laisser "Forged In War" faire revivre l’agressivité pure. Les influences symphoniques
permettent un contraste aussi important qu’imposant avec les parties les plus violentes et
solides, comme cette mosh part finale qui nous mène à "Fly With Me", une composition
légèrement plus sombre qui sait conserver sa lourdeur lorsque c’est nécessaire. Les
tonalités aériennes nous dévoilent un autre aspect de la musique du groupe, plus pesante et
plus théâtrale, laissant Herald Of Aegir renouer avec les tonalités épiques et guerrières. Les
leads perçants et mélodieux offrent un relief intéressant à cette composition accrocheuse
aux riffs rapides, puis la longue "Rift Between Us" développe une certaine mélancolie dans
son introduction avant de la renforcer avec une rythmique plus énergique.
Le morceau
conserve ces tonalités lancinantes et parfois étouffantes avant de laisser "Landfall" nous offrir
ces sonorités old school abrasives et effrénées sur lesquelles hurlements et claviers
développent leur diversité, tout comme sur l’efficace "Borderland" qui nous propose une base
solide. Le morceau se montre immédiatement très accrocheur, multipliant les influences
death / thrash et les harmoniques tranchantes tout en laissant les mélodies offrir un son
contrasté, que l’on retrouve également sur "Far From Home". Une fois de plus, le groupe nous
démontre sa maîtrise des deux aspects tout en y incluant des racines pagan accrocheuses,
laissant la sombre "Seeds Of Downfall" nous frapper avec des mélodies inquiétantes et des
influences black metal pessimistes. L’album prend fin avec "All As One", le titre le plus long,
qui laisse les musiciens développer au maximum une ambiance aussi majestueuse que
pesante avant d’y inclure des riffs massifs et lents couplés à des orchestrations
oppressantes qui serviront de base aux hurlements imposants. Le final explosif nous
dévoilera finalement un titre bonus, "Diabolis Interium", que le groupe emprunte aux suédois
Dark Funeral, pour faire vivre ses racines black metal malsaines et effrénées jusqu’au tout
dernier moment. Un coup de maître.
Brymir a toujours été un groupe discret au sein de la scène death mélodique / symphonique,
mais j’ai bon espoir avec "Voices In The Sky" Le groupe maîtrise parfaitement les racines du
style tout en y injectant une touche oppressante, une rage viscérale, une mélancolie sombre
ou une noirceur dévastatrice, créant ainsi un mélange ravageur.
"Wings Of Fire"
Note : 16/20
Les Finlandais de Brymir reviennent avec un troisième album de toute beauté de par sa pochette déjà, magnifique, et de par une musique très riche que l'on parvient tout de même à retenir sans mal, l'on pourra alors scander les refrains de "Gloria In Regum", sorte de death mélodique et glorieux, sans trop de mal.
Le chant se situe entre les cris death metal tout à fait classiques et le lyrisme tiré du power metal.
Le clavier apporte un atout majeur aux compositions de Brymir et en fait un groupe carré qui possède une large palette d'influences, on sent ici un groupe inspiré et qui en veut, avec toute cette richesse musicale comme dans "Ride On, Spirit", un morceau prenant de par son lyrisme justement. On qualifiera cela de glorieux et épique.
Avec ce "Wings Of Fire", on a aussi droit à des morceaux carrément plus rentre-dedans comme le début de "Sphere Of Halcyon" où l'on entend un jeu de batterie (triggée à fond) bourrin à la Hate Eternal, qui montre que Patrik Fält, le batteur, est un bonhomme qui en a sous le pied, qu'est-que ça fracasse ! Il a un jeu varié comme la musique générale des Finlandais et là encore, on peut ressortir des mots comme "grandiose", "majestueux" ou encore "monumental".
Pour conclure cette chronique d'un groupe que je ne connaissais pas encore, Brymir s'adresse aux amateurs de belle technique musicale et d'admirateurs d'ambiances épiques et glorieuses.
Bravo donc à Brymir pour cet album relativement impressionnant de par ses compositions et pour ses mélodies très accrocheuses.
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