"Manslayer"
Note : 14/20
Je me penche enfin sur le phénomène qu’est Brat. Décrit comme un mélange entre death, grind et powerviolence, le groupe mené depuis 2020 par Liz Selfish (chant) et Brenner Moate (guitare/chant), complété par Ian Hennessy (basse) et Dustin Eagan (batterie) sort en 2026 son deuxième album, "Manslayer", avec la complicité de Prosthetic Records.
Malgré l’évidente violence que l’album affiche dès son titre d’intro, la vocaliste a révélé que ce qui l’avait inspirée pour ses paroles était… la country. Difficile d’imaginer ça alors qu’"Aileen Wuornos" nous piétine ouvertement les conduits auditifs, surtout lorsque l’on connaît l’histoire derrière ce nom, mais également les quatorze autre titres qui composent l’album, mais heureusement ses camarades nous offrent des riffs lourds et épais comme on est en droit de l’attendre de la part du combo venu de Louisiane ! Allant de moins d’une minute à près de quatre, les morceaux s’enchaînent dans la tradition du grind, proposant mosh parts explosives, cris rauques et choeurs hurlés également tout en affichant des thématiques qui collent parfaitement au “Bimboviolence”, surnom que le groupe donne à son style.
J’imagine sans mal les quatre musiciens courir sur scène, headbanguer ou haranguer pendant que les harmoniques cinglantes déferlent sur la base énergique, et que le vocaliste s’inspire des pontes que sont Napalm Death (que le vocaliste avait d’ailleurs temporairement remplacée lors d’une précédente tournée). On notera également l’apparition de David Davidson (Revocation) pour un solo sur la virulente "Femicidal Vengeance", puis Candace Buckingham (Walls Of Jericho) sur "Blistered Tongues", dernier morceau de l’album qui lui aussi affiche fièrement son agressivité abrasive.
Si je devais résumer "Manslayer", et même le groupe Brat au complet, tout ce qui me viendrait à l’idée de dire musicalement parlant, c’est que l’efficacité prime ! Les compositions sont certes assez simples, mais elles restent accrocheuses, et surtout assez engagées dans leur message !
"Social Grace"
Note : 14/20
Originaire de la Nouvelle Orléans en Louisiane et fondé en 2020, le groupe Brat a pour originalité de posséder en son sein une chanteuse, ce qui est relativement peu courant dans le milieu du grindcore. Pour autant, il ne s’agit pas de grindcore à 100% mais d’un mix entre du grind, du punk, du death metal et du powerviolence.
Signé sur le label californien Prosthetic Records, le quatuor fondé par Brenner Moate et Liz Selfish (et qui se définit ironiquement comme un groupe de "Bimboviolence") signe ici son premier LP après avoir sorti plusieurs singles et EPs par le passé. Dès les premiers accords du morceau qui ouvre l’album ("Ego Death"), on pénètre dans un univers impitoyable et brutal à souhait qui n’est pas sans rappeler le grindcore moderne des Singapouriens de Wormrot. La voix de la vocaliste en chef du groupe Liz Selfish est rauque comme on les aime. Au final, cela donne un son rugueux et sans concession, les compositions du groupe jouant sur l’alternance entre des riffs ultra heavy façon brutal death et des accélérations fulgurantes typiques du grind voire du crustcore.
Si la brutalité est bel et bien au rendez-vous, cela n’empêche pas une certaine dose de groove de se faire sentir. Au fur et à mesure que l’on avance dans la playlist de l’album, la tension monte jusqu’à atteindre une apogée de violence brute avec des morceaux comme "Hesitation Wound", "Slow Eat", "Truncheon", "Sugar Bastard" ou encore "Blood Diamond". Certains titres comme "Rope Drag" ou "Snifter" sonnent plutôt death metal old school dans la plus pure tradition, évoquant même le Carcass du début des années 90. L’apothéose de l’album est évidemment le titre éponyme qui clôt l’album, "Social Grace", et qui mérite le qualificatif de grindcore même s’il n’est pas speed du début à la fin et contient des passages heavy.
Préférant miser sur l’efficacité que sur l’originalité, Brat propose un disque sans fioritures mais très bien produit qui remet les pendules à l’heure, hissant le groupe à un niveau professionnel et relevant le défi de classer le groupe parmi ce qui se fait de mieux en terme de grind / powerviolence à l’heure actuelle. Une orgie de violence à l’état pur !
|