Le groupe
Biographie :

Bodyfarm est un groupe de death metal néerlandais formé en 2009 et actuellement composé de : Quint Meerbeek (batterie / ex-Bloodphemy, ex-Autumnal Reaper), Bram Hilhorst (guitare) et Alex Seegers (basse / ex-Pleurisy). Thomas Wouters (chant / guitare) est décédé en 2019. Après un premier EP sorti en 2010, l'album "Malevolence" voit le jour en Juin 2012 sur le label Cyclone Empire. En Septembre 2013, c'est l'album "The Coming Scourge" qui voit le jour, toujours sur Cyclone Empire. Le troisième album, "Battle Breed", sort en Novembre 2015.

Discographie :

2010 : "Bodyfarm" (EP)
2012 : "Malevolence"
2013 : "The Coming Scourge"
2015 : "Battle Breed"
2018 : "Into Battle" (EP)
2019 : "Dreadlord"


Les chroniques


"Dreadlord"
Note : 18/20

Avant cette chronique, un passage par le confessionnal s’imposait. Alors, c’est tout penaud que j’ai été voir le cureton du village. Assis face au grand-drille, je me suis d’abord longuement interrogé sur de prétendus goûts, pas très catholiques pour le coup, pour les petits garçons entre 8 et 10 ans que l’on inculque au membre du culte. Et puis, est venu le moment fatidique, celui-là même où le mec en robe qui n’arrête pas de m’appeler “mon fils” me demande de le suivre. A ce moment, j’ai pris peur pour ma rondelle. Puis, je me suis souvenu que j’avais dépassé les 10 ans depuis bien longtemps et que par conséquent, je ne l’intéressais plus.

Me voici donc le cul posé sur une planche étroite qui sert de banc de confession. Après un silence aussi gênant que celui ressenti lors de la Cène, l’homme de foi m’adresse un “Mon fils, qu’est-ce qui vous amène dans la maison de Dieu ?”. Ma réponse s'ensuivit relativement rapidement “Mon père, je pense que j’ai pêché. Et pas une truite…”. M’imaginant déjà daber après un drop the mic au beau milieu de l’autel, le bruit du chapelet me ramena bien vite sur mon banc. Et c’est à ce moment que “mon père” qui, au passage, n’a pas l’âge requis pour prétendre être mon géniteur poursuit son questionnement, ma foi, fortement inquisiteur. “Qu’est-ce qui vous trouble autant mon enfant ? Libérez-vous. Je peux tout entendre”. À cet instant, je me suis senti quand même sacrément con. J’ai repensé à ce type que j’avais passé par la fenêtre en quatrième ou à la petit Charlotte (pas celle de Dès hein) a qui j’avais proposé un bisou en échange de billes sous le préau de l’école élémentaire. Jurifiquement d’ailleurs, cela peut être classifié de prostitution. Mais bon, passons…

Timidement je pris donc la parole “À vrai dire, j’ai reçu le nouvel album de Bodyfarm. Le problème me demandez-vous ? Eh bien, dans ma grande naïveté, je m’attendais à un truc de redneck, de ce bluegrass de sudistes racistes qui nous sert des covers de hits rock et metal. Alors, j’avais déjà prévu tout un pamphlet pour déverser ma rage”. Le type me coupe et me dit que le Créateur ne m’en veut pas, que la haine de mon prochain fait partie de son oeuvre et qu’il appartient à chacun de l’écarter de son chemin. N’y voyant là que des métaphores moralistes pour dire que taper son voisin c’est pas bien, je poursuis mon récit : “Mais voilà, Bodyfarm est loin du bluegrass. Mon côté inculte est ressorti mon père. Bodyfarm c’est du death metal. Et je ne m’y attendais pas”. L’homme plissant les bords de son aube se prend soudain pour mon psy et, sans me demander de m’allonger, me demande “Et qu’avez-vous ressenti ?”.

Sans plus attendre, comme la possédée accro au sexe de l’Exorciste, je lui réponds ces quelques mots qui lui sautent à la gorge : “De la haine, du rejet pour l’humanité, des envies d’hérésie, de l’anti-religion et l’envie irrépressible de devenir le messager de Satan sur terre”. Mon interlocuteur, stupéfait, reste muet. Alors je poursuis : “N’allez pas croire que je me vois déjà brûler votre bâtisse. À bien y réfléchir, ce n’est pas du bois. Ca ne crâmera pas… Bien que l’idée a longuement éraflée mon esprit lors de l’écoute de "Rites Of Damnation", "Unholy Resurrection" ou "Manhunt". Puis, le reste du temps, je me suis senti comme un guerrier païen voulant détruire, piller et violer tout ce qu’il croisait. "We Sailed To Death" était plus fort que moi mon père.”. Une toux gênée se fie entendre et me fit, par la même occasion comprendre que, bien que je lui pourrissais sa journée, l’ancien enfant de choeur abusé était toujours là à m’écouter.

Je porte son attention avec au moins tout autant de mal que le Christ a supporté la croix et les clous sur son chemin de Croix. Alors j’en fini par dire que “Ce "Dreadlord" ne révolutionne pas ces envies provoquées par mes attirances pour le black death. Mais il les renforce, parce que ce "Dreadlord" est sacrément bon. Alors, mon père laissez-moi vous avouer une dernière chose avant que vous m’excommuniez ou que vous me donniez un Pringle pas salé”.

Intrigué, pour de vrai, le quadragénaire grisonnant et désormais peu sûr de lui me lance un timide “Quoi donc mon fils ?”. Ma phrase finale ne se fit guère attendre “Si ce "Dreadlord" n’est pas l’oeuvre la plus possédée du Malin, elle fait certainement autant de mal que Dieu dans l’Ancien Testament. Eh bien, avec tout ça j’ai aimé blasphémer et prier l’antéchrist ce matin.”.


Rm.RCZ
Janvier 2020




"Battle Breed"
Note : 15/20

Bodyfarm est le groupe hollandais de death old school qui monte, qui monte. Le quatuor a marqué de précieux points avec son second "The Coming Scourge" et a étendu son nom à travers l'Europe grâce à de très bonnes prestations scéniques. On était curieux de voir comment le groupe allait progresser. "Battle Breed", troisième effort des bataves, ne dévie pas de la ligne tracée depuis 6 ans maintenant et offre un condensé de death écrasant et rocailleux.

La courte introduction "Hell March", composée par Clemens Wijers de Carach Angren, installe une ambiance sombre et belliqueuse, typique d'un album de black sympho, il est vrai. Puis le mur du son arrive avec "The Dark Age". "Battle Breed" ne pouvait débuté de la pire façon. Car les premières secondes nous présentent un riff principal odieusement pompé sur le "All Rise" de Grand Supreme Blood Court, en plus rapide. Bodyfarm a toujours été proche de groupes comme Asphyx ou Hail Of Bullets, mais ici, la limite de la ressemblance est franchie avec maladresse. Comble de l'histoire, le groupe n'a pas eu honte à inviter Martin Van Drunen (vocaliste de... Grand Supreme Blood Court bien sûr !) pour chanter le second couplet de la chanson. Un petit malaise survient à cet effet. Le morceau dans son ensemble n'est pas franchement réussi ; il poutre bien, mais sa construction laisse à désirer et l'intensité retombe. Heureusement que l'intervention du géant blond à la voix de cougar sauve le titre. Même constat pour le morceau suivant "Saxon Victory", pataud et mou du gland, qui peine à convaincre.

Heureusement, le groupe semble sortir de son apathie dès "Dawn Of Defeat". A ce moment précis et jusqu'aux dernières secondes de "Slaves Of War", Bodyfarm fait un sans-faute, enquillant morceau destructeur sur morceau destructeur. Efficacité, puissance et intelligence d'écriture sont de mise. "The Last Crusade" montre un Bodyfarm plus mélodique avec une intro à la guitare évanescente, des leads et riffs massifs et épiques façon Unleashed, et un mid-tempo global en mode rouleau-compresseur. Cette ambiance se retrouve sur "Prince Of Wallachia", plus rapide cependant. Bodyfarm varie les tempos et les humeurs au gré des chansons suivantes : lorsqu'elles sont rapides et brutales ("Storming Revolution", "Death By Fire" qui n'a rien à voir avec le célèbre titre d'Amon Amarth à qui Bodyfarm peut faire penser au détour de quelques leads de grattes), elles défoncent avec style et intelligence. Quand elles sont lentes et dévastatrices ("Wolfpack"), elles n'en n'oublient pas moins le groove et le dynamisme.

Produit et mixé par Ronnie Bjornstrom au Enhanced Audio Productions, l'album est impeccable dans sa forme, les instruments sont tous au front, créant un mur de son compact et lisse. Peut-être même un peu trop. Nous ne reprochons rien techniquement, le tout s'écoute sans problème, mais sur le fond, "Battle Breed" manque de profondeur et de personnalité, chose très courante de nos jours. Hormis ce détail et malgré quelques petites fautes de goût, Bodyfarm a enfanté un nouvel effort convaincant et s'installe un peu plus dans le paysage extrême. La relève death metal hollandaise est assurée.


Man Of Shadows
Décembre 2015




"The Coming Scourge"
Note : 16/20

Après "Malevolence" sorti en 2012, "The Coming Scourge" paru chez Cyclone Empire, arrive violemment dans nos oreilles. L'album démarre sans sommation, rapide et bourrin ! Les guitares ont un son très tranchant, cela donne un petit côté old school, les riffs sont entraînants et sonnent vraiment bien à l'oreille. Le chanteur, Thomas, a une voix bien rocailleuse, et à mon sens, cela ajoute un petit quelque chose à Bodyfarm. On pourrait presque penser à du Entombed dans l'esprit. Au fil de l'album, les chansons dégagent toujours autant d'énergie, avec des musiques toujours aussi entraînantes, c'est très appréciable. L'ambiance reste bien death et violente, avec parfois des passages mélodieux. Les solos de guitare sont assez costauds, et se fondent dans la musique. Au niveau de la batterie, on entend un bon coup de double pédale mais aussi de bons blasts. Dans certains titres comme "Vortex Of Terror" par exemple, on a même le droit a des passages dissonants voire un peu black sur les bords. On peut aussi apprécier les breakdown dans l'album, ils sont vraiment pas mal, et bien souvent avec la seconde guitare qui continue le riff principal. La voix est plutôt grave dans l'ensemble, voire médium, et ça colle parfaitement avec l'ambiance générale. De temps en temps on distingue des petits passages de guitare sèche comme dans "The Coming Scourge" ou "Eden's Destruction". Autre chose, on entend souvent la guitare rythmique jouer avec la seconde guitare faisant, elle, une petite ligne mélodieuse, c'est très agréble, et colle bien avec l'esprit de l'album. Dans "Der Landkreuzer", on peut entendre la basse, bien saturée et bien électrique. Le son de l'alum est parfait, il a été enregistré par Harry Van Breda au studio Bandbunker et mixé par Ronnie Björnström au studio Garageland. Du côté de la pochette, je trouve qu'elle reflète bien le disque, et l'ambiance dégagée, elle a été réalisée par Juanjo Castellano. Et là, accrochez-vous, les samples et les moments orchestraux ont été réalisés par Pasi Pikänen, le compositeur sonore de Angry Birds, non non, il n'y a pas de faute !! Plus sérieusement, "The Coming Scourge" est vraiment un bon album et sans faute de goût, tout est bien fait et executé. Je pense que ce second opus va devenir un très bon point pour Bodyfarm.et qu'en concert, cela doit envoyer, tous les riffs ont été faits pour bouger les foules, et l'ambiance doit y être très bonne ! Pour les fans de God Dethroned, Hail Of Bullets, Gorefest, Vader, Entombed ou Slayer.


Black Beer
Décembre 2013




"Malevolence"
Note : 15/20

Un premier album pour les Néerlandais de Bodyfarm. Il ne leur aura fallu que deux ans depuis leur premier EP éponyme sorti en 2010 pour nous livrer aujourd’hui ce "Malevolence". Voilà un album très complet et qui pour un premier jet, s’avère très bien construit, au niveau de la qualité de production, rien à dire, la balance est propre et donc chaque instrument est parfaitement audible dans ce tourbillon death metal que nous envoie Bodyfarm. Des morceaux terribles, à l’image de "The Butcher" qui mérite bien son nom au passage, et qui aura le don de donner le ton au départ de l’album, des morceaux qui tranchent direct dans le vif, des riffs techniques menés de main de maître, la voix de Thomas, officiant également à la guitare, reste classique pour le genre mais ne manque pas d’être très agréable à écouter. Pour ce qui est des riffs, les messieurs maîtrisent sévèrement, c’est lourd et sec aux guitares, la basse est bien ronde et pesante, un son claquant même parfois comme sur certains passages de "Sleep Terror". La variation de tempo, ils adorent, et leur musique n’en est que plus prenante et redouble donc l’effet ressenti à l’écoute de "Malevolence" qui te donne une sérieuse envie de mosher ! Un monstre sur cet album, "I Am The War", avec ces soli de guitares au son qui fait penser que Kerry King n’est pas loin, ils n’en abusent aucunement sur l’album et ça donne un très bon effet pour marquer une légère pause dans cet agglomérat de gros riffs bien brutaux que l’on mange au fur et à mesure des titres. Voilà un album death metal qui a le mérite d’être très équilibré sur le fond et la forme, l’ensemble ne s’étouffe pas dans un cliché death nous menant au point où l’écoute s’en trouve à force usante, non ici les dix morceaux s’apprécient du début à la fin.


Phenix
Août 2012


Conclusion
Le site officiel : www.bodyfarmdeathmetal.com