Le groupe
Biographie :

Autopsy est un groupe de death metal fondé en 1987, en Californie, aux États-Unis, par Chris Reifert qui était auparavant le batteur de Death (notamment sur "Scream Bloody Gore"). Autopsy est né parce que Chuck Schuldiner repartit en Floride pour y poursuivre la carrière de Death, tandis que Chris voulut rester en Californie. Malgré ce désaccord et cette séparation, les deux hommes restèrent amis. Peu de groupes jouaient du death metal lorsque Autopsy s’est créé. Outre sa musique, originale pour l’époque, le groupe attira l’attention sur lui par des pochettes et textes particulièrement sanglants (registre gore), qui inspirèrent des groupes comme Cannibal Corpse ou Aborted. Une autre particularité du groupe est liée à Chris Reifert, qui jouait à la fois la batterie et les parties vocales, ce qui est rare. En 2000, sortit "Torn From The Grave" une compilation contenant, outre d’anciens morceaux déjà publiés, plusieurs inédits dont des enregistrements en concert ; citons par exemple "Service For A Vacant Coffin", capté en Allemagne, lors d’une tournée en Europe, en 1990. Le groupe s'est séparé en 1995. Depuis 1994, Chris Reifert et Danny Coralles (guitare) jouaient déjà dans Abscess. Les membres d'Autopsy se reforment finalement en 2009 à l'occasion du Maryland Death Fest où ils ont décidé de reprendre l'aventure Autopsy. En 2010 est sorti l'EP "The Tomb Within", en 2011 l'album "Macabre Eternal" et en 2013 l'album "The Headless Ritual". A peine un an plus tard, Autopsy sort son septième album, "Tourniquets, Hacksaws And Graves".

Discographie :

1989 : "Severed Survival"
1990 : "Retribution For The Dead" (EP)
1991 : "Mental Funeral"
1991 : "Fiend For Blood"
1992 : "Acts Of The Unspeakable"
1995 : "Shitfun"
2010 : "The Tomb Within" (EP)
2011 : "Macabre Eternal"
2013 : "The Headless Ritual"
2014 : "Tourniquets, Hacksaws And Graves"
2015 : "Skull Grinder" (EP)
2017 : "Puncturing The Grotesque"


Les chroniques


"Puncturing The Grotesque"
Note : 15/20

Autopsy est de retour, puisqu'on ne les arrête plus depuis quelques années maintenant, avec un nouvel EP du nom de "Puncturing The Grotesque" histoire de vous liquéfier les tympans avant le prochain album. Au menu, six nouveaux morceaux plus une reprise de Bloodbath qui n'est pas celui que vous croyez mais l'ancien groupe de thrash de Danny Coralles.

Après une petite intro bruitiste d'une minute, c'est le morceau-titre qui débarque avec du Autopsy en mode gros punk bas du front qui fonce dans le tas. "The Sick Get Sicker" remet les pendules à l'heure et revient avec du Autopsy pur jus, du death dégueulasse et putride aux relents doom malsain et pesant. "Gas Mask Lust" suit avec un début encore plus dégueulasse et malsain, ça suinte le sang et le pus de tous les côtés et c'est tellement dissonant que ça agresse les tympans, et la santé mentale du malheureux qui se perdra ici va en prendre un sacré coup. Bref, du Autopsy pur jus comme on l'aime, qui vous bave dans les enceintes et vous balance du sang partout du sol au plafond. Si ce nouvel EP ne constitue pas un indispensable dans la discographie du groupe, il permet quand même de faire son boulot, à savoir patienter avant un nouvel album et les irréductibles trouveront clairement de quoi s'en prendre plein la tronche. Mais comme tous les EPs du groupe, c'est justement à réserver aux die hard comme on dit, les autres pourront se contenter des albums.

Nouvel EP pour Autopsy et comme toujours c'est du vrai matos inédit qui est présenté ici, comme toujours seuls les dingues du groupe se le procureront pour avoir une dose supplémentaire de crasse et de sang séché.


Murderworks
Juin 2018




"Skull Grinder"
Note : 16/20

Le dernier album d'Autopsy n'a pas suffi aux fins gourmets que vous êtes ? Autopsy vous a entendu et revient avec "Skull Grinder", un EP qui va rajouter un peu de cartilage et de grumeaux dans votre soupe de cervelle. 28 minutes, 7 morceaux, bref comme d'habitude avec Autopsy, on ne fait pas dans la dentelle et ça risque de gicler un peu sur le papier peint.

On dit souvent que les EPs permettent aux groupes d'expérimenter des choses qui n'auraient pas eu leur place sur un album, ce n'est pas le cas ici et Autopsy se contente de nous remettre une couche de sang et de boyaux dans la tronche. C'est d'ailleurs très bien comme ça, on ne demande pas à un groupe comme ça d'expérimenter quoi que ce soit, sans compter que ces gars-là n'ont rien à prouver à personne. On retrouve donc du Autopsy qui tache dès "Strung Up And Gutted" avec son feeling quasiment punk et le chant dégueulé de Chris Reifert. "Skull Grinder" tape lui aussi dans le traditionnel avec ses riffs lourds, lents, poisseux et ses soli de gratte à l'arrache et bien dégueulasses, bref le visage le plus doom d'Autopsy. Vous voyez bien que nous ne sommes pas perdus ! D'ailleurs, plus on avance dans les morceaux, plus ça devient doom, c'est finalement le seul écart qu'on peut noter par rapport au dernier album. Et histoire d'enfoncer le clou et de pourrir définitivement l'ambiance, ce "Skull Grinder" se termine sur un morceau instrumental bien glauque comme il faut. Suivant les sorties, Autopsy met plus en avant son côté death crade ou son côté doom, mais les deux font partie de son identité et au final on s'y retrouve très vite. De toute façon, personne n'aurait l'idée de demander au groupe de changer son fusil d'épaule, il n'y a qu'Autopsy qui sonne comme du Autopsy et le groupe est là depuis tellement longtemps et a influencé tellement de monde qu'il peut faire ce qu'il veut quand il veut. Surtout qu'il faut avouer que depuis que le groupe est de retour la qualité de ses livraisons ne baisse pas d'un poil, certains groupes ayant fait leur retour ces dernières années devraient en prendre de la graine. Certes la plupart des membres du groupe avaient continué à proposer une musique très proche dans Abscess mais quand même, depuis 2011 Autopsy prouve qu'il n'est pas revenu pour plaisanter.

Un EP en guise de bonus après un album sorti l'année dernière, un petit cadeau pour les amateurs du groupe qui remplit parfaitement son office. Pour 28 minutes en plus, on ne peut pas dire que le groupe se moque de nous, surtout que contrairement à pas mal de groupes, ce sont bien cinq titres inédits qui figurent sur "Skull Grinder" et non pas des lives, démos ou autres reprises.


Murderworks
Avril 2016




"Tourniquets, Hacksaws And Graves"
Note : 17/20

On peut dire qu'Autopsy n'a pas chômé ces derniers mois, "The Headless Ritual" à peine sorti l'année dernière qu'on se prend déjà le petit nouveau dans la tronche ! "Tourniquets, Hacksaws And Graves" c'est son petit nom, autant dire qu'on ne risque pas d'être dépaysés. Le tout est surtout de savoir si le groupe ne s'est pas pressé pour sortir un nouvel album et par conséquent de voir si on ne note pas une petite baisse d'inspiration.

La réponse est non, le groupe est bel et bien toujours en grande forme et se permet en plus d'explorer une voie plus proche de ses premiers albums. Parce que le côté punk et très rentre dans lard, quasiment primitif même, fait ici son retour en force. Là où "The Headless Ritual" était très marqué par les passages doom pesants et bien glauques, ce nouveau venu préfère tailler dans le gras à grands coups de machette. Alors certes les passages doom en question sont encore présents de temps en temps, mais l'équilibre s'est inversé et ce "Tourniquets, Hacksaws And Graves" est globalement bien plus sale et direct que son prédécesseur. Même les soli de gratte sont totalement déjantés et faits à l'arrache, si Autopsy pratiquait son art avec un scalpel à peu près propre il y a un an on peut dire qu'aujourd'hui ils y vont avec une scie électrique dégueulasse. Le son est d'ailleurs à l'avenant, toujours gros avec une basse bien audible mais moins propre que sur son grand frère, c'est un point qui devrait d'ailleurs ravir les plus gros puristes. En fait tout l'album devrait les ravir, puisque, comme je le disais, Autopsy a cette fois réalisé un bon dans le passé en remettant en avant les racines presque punk du groupe (on va en reparler dans la future chronique de Violation Wound). Résultat, on a droit à une bonne cinquantaine de minutes de death old school primitif, rentre-dedans parsemé de légères touches de doom crasseux placées avec bien plus de parcimonie que sur "The Headless Ritual" où elles prenaient beaucoup de place.

C'est donc un Autopsy bien plus sauvage, brutal et direct que nous avons là, le vrai diront certains, celui qui ne fait pas dans la dentelle et qui préfère rentrer dans le lard à coups de tronçonneuse plutôt que d'écraser le malheureux auditeur sous les riffs lourds et pesants. Finalement avec les trois albums sortis depuis son retour, le groupe offre de quoi contenter tout le monde, les amateurs des débuts plus crades, ceux qui préfèrent le côté plus doom et lourd ; bref tout le monde peut y trouver son compte tant ces gars-là ont encore la niaque ! Et en plus d'être toujours inspirés, ces gars-là sont visiblement motivés puisque "Tourniquets, Hacksaws And Graves" est quand même déjà le troisième album que le groupe sort en 3 ans, sachant qu'il n'y a quasiment qu'Autopsy pour faire du Autopsy, on ne va pas se plaindre d'avoir un groupe si productif. Les seuls qui auraient pu à la limite s'en rapprocher à une époque, mais qui ont apparemment disparus dans les limbes, sont les tarés de The Rvenous (dont je vous recommande les deux albums d'ailleurs, "Assembled In Blasphemy" et "Blood Delirium").

Retour gagnant une fois de plus pour Autopsy, trois albums de grande qualité d'affilée ce n'était pas gagné pour un groupe qui n'était plus en activité depuis si longtemps. On m'objectera qu'Abscess était là en remplacement mais ce n'était tout à fait la même, en tout cas voilà un album qui refait un bon dans le passé et qui devrait faire bondir de joie tous ceux qui avaient été déçus par le côté trop doom et propre de "The Headless Ritual".


Murderworks
Juillet 2014




"The Headless Ritual"
Note : 17/20

Dans la famille "les vieilles branches qui reviennent avec la patate" je demande Autopsy, bonne pioche ! Ben oui, ces maîtres du death dégueulasse étaient revenus en 2011 avec un "Macabre Eternal" qui avait mis tout le monde d'accord. Le problème était de savoir si le groupe allait persister et si cet album n'était pas qu'un coup d'éclat dans le vent avant une disparition subite. "The Headless Ritual"" débarque donc à point nommé pour nous prouver que le groupe est bel et bien de retour, et par la même occasion que l'inspiration est elle aussi de nouveau au rendez-vous.

Comme vous vous en doutez, le style du groupe n'a pas changé d'un iota, on patauge toujours pour notre plus grand bonheur dans un death crade, lourd, baveux, malsain et régulièrement émaillé de passages typiquement doom dignes des maîtres du genre et tout aussi crades que le reste (sur certains passages on croirait entendre les passages les plus dégueux du premier Paradise Lost). Par contre là où "Macabre Eternal" pouvait montrer une petite faiblesse, c'était au niveau de la durée, parce que plus d'une heure d'Autopsy ça peut faire beaucoup. Ecueil évité cette fois puisque ce nouveau brûlot tape dans les 45 minutes, cette petite coupe dans la durée de l'album permet d'éviter redondances et autres passages à vide. Résultat, l'efficacité est là et on se délecte de ce glaviot sonore qui passe comme une lettre à la poste, Autopsy ayant bien entendu gardé la science du riff qui groove. A la limite, ce que certains pourront encore reprocher à ce nouvel album, comme à son prédécesseur d'ailleurs, c'est une prod' trop propre pour le genre. Mais ce serait vraiment pinailler tant le son est gros, puissant et quand même relativement gras, faut pas déconner.

Sorti de ces menus détails, il n'y a pas grand chose à reprocher à ce nouvel album d'Autopsy, l'esprit est là, l'inspiration aussi et on pourrait même dire qu'ils sont plus en forme maintenant que sur "Shitfun". Chris Reifert n'a rien perdu de sa voix glaireuse à souhait, le bougre vomit toujours admirablement bien dans le micro pour le plus grand plaisir du gastronome qui est en nous tous. Alors certes les amateurs du côté plus punk d'Abscess tireront un peu la tronche, puisque du coup c'est ce groupe qui laisse la place à Autopsy, qui avait lui même laissé la place à Abscess (ça va, vous suivez ?). Mais on ne va quand même pas cracher sur le retour en forme d'une des légendes du death ! Reste aussi ceux qui préfèreront éternellement les deux premiers albums à tout le reste, plus crades et plus bruts de décoffrage, mais ceux là ont déjà lâché l'affaire depuis bien longtemps. Tous les autres devraient prendre leur pied sur ce nouvel album de haut vol, et après tant d'années d'absence c'était quand même inespéré de voir le groupe revenir et nous pondre deux albums aussi bons en un rien de temps. Je ne sais ce qu'ils ont bouffé tous ces anciens en ce moment mais entre Autopsy et Asphyx, on se prend baffes sur baffes en matière de vieux death bien baveux, et ce n'est pas moi que ça va déranger !

SI le retour de tous ces groupes de death old shcool pouvait paraître suspect au premier abord, on ne peut que s'incliner devant la qualité des albums proposés, et entre celui-ci et ceux qui vont arriver sous peu, le prochain Hail Of Bullets par exemple, on peut dire que les amateurs de vieux death sont comblés. C'est en même temps une occasion pour les petits jeunes qui n'ont pas connu tout ça de se pencher sur les origines des groupes qu'ils écoutent maintenant, et avec des albums de cette qualité je crois que les vieux de la vieille risquent d'en convertir plus d'un !


Murderworks
Octobre 2013




"Macabre Eternal"
Note : 17/20

Le voilà, l'album tant attendu par les fans de ce groupe culte qui continue à faire des ravages dans nos humbles chaumières, armé de son death old-school inimitable et monolithique. Ne vous laissez pas rebuter par l'artwork plus frais et pimpant que celui des précédents disques... quoiqu'ici, le fond bleu vif n'est pas sans rappeler la couleur des célèbres cachets de Viagra qui, au passage, ne seraient plus d'une grande utilité si tout le monde se mettait à écouter du bon death metal comme celui de cet album. "Macabre Eternal" s'inscrit dans la discographie d'Autopsy comme une suite logique (après une période de flou artistique consacrée aux compilations, best-of, CDs live... période qui fit elle-même suite à un full-length plutôt médiocre du nom de "Shitfun" sorti en 95), fidèle à l'esprit du groupe, originale sans pour autant verser dans les expérimentations foireuses (ouf !) et surtout, à l'échelle de l'ensemble des sorties actuelles, une des rares à conserver efficacement son aspect traditionnel. Une fois de plus, le riff est goudronneux, les tempos toujours aussi pesants et les compos structurées selon la plus pure tradition d'Autopsy, relevées par des soli endiablés et résolument old-school ("Macabre Eternal", en quatrième place de la track-list, "Deliver Me From Sanity", en cinquième). Les premiers riffs de "Hand Of Darkness" nous propulsent illico 20 ans en arrière, à l'époque où les premiers groupes de death se produisaient volontiers dans des caves surchauffées pour trois fois rien, devant une foule de lurons imbibés. Atmosphère malsaine garantie ! On salue par ailleurs le souci de diversifier l'ensemble de l'album de la part du groupe ; des morceaux très accrocheurs ("Always About to Die", "Hand Of Darkness", "Dirty Gore Whore"), parfois plus plombés ("Sadistic Gratification") mais toujours efficaces (je paie une bière à ceux qui soutiennent ne pas avoir eu de pulsions de sadisme en entendant le sample à base de beuglements féminins sur le onzième morceau). Cet album montre une fois de plus que la déviance d'Autopsy vers un style moderne, propret et "trendy" n'est pas prévue pour l'année 2011. Amateurs de bon vieux death gras et lourd, jetez-vous dessus.


Delph
Juin 2011


Conclusion
Le site officiel : www.autopsydeathmetal.com