Le groupe
Biographie :

Atrocity est un groupe de death metal allemand qui a commencé en 1985 sous le nom de Instigators (grindcore). Atrocity est ensuite devenu un groupe de death metal avec son premier EP "Blue Blood" en 1989 suivi de l'album "Hallucinations". Le second album, "Todessehnsucht", poursuit dans une veine death metal alors que l'album suivant, "B.L.U.T", commence à incorporer des influences médiévales et horrifiques. "Calling The Rain", lui, introduit pour la première fois du chant féminin avec Yasmin Krull et des éléments acoustiques. En 1996, l'album "Willenskraft" présente des éléments indus et même des remix electro. En 1997, sort "Werk 80", un album de reprises des hits des années 80. A noter que le line-up entier d'Atrocity (+ Liv Kristine, la femme d'Alexander Krull (chant)) est aussi le line-up du groupe Leaves' Eyes. Liv qui, d'ailleurs, assurera le chant féminin sur les concerts d'Atrocity. "After The Storm" (2010) marque un tournant "ethno metal" pour le groupe avec le retour de Yasmin Krull comme invitée au chant. Avec l'album "Okkult" en 2013, Atrocity entre dans une nouvelle ère brutale et sombre.

Discographie :

1990 : "Hallucinations"
1992 : "Todessehnsucht"
1994 : "B.L.U.T"
1995 : "Calling the Rain"
1995 : "Die Liebe"
1996 : "Willenskraft"
1997 : "Werk 80"
2000 : "Gemini"
2004 : "Atlantis"
2008 : "Werk 80 II"
2010 : "After The Storm"
2013 : "Okkult"
2018 : "Okkult II"


Les chroniques


"Okkult II"
Note : 16/20

Atrocity, petit bébé d'Alexander Krull, est un groupe qui affiche une longévité exemplaire, aussi remarquable que la longueur de cheveux de son leader, qui aime particulièrement les mettre en avant sur les photos promo, parce qu'il le vaut bien. Notre homme nous dévoile enfin, en ce mois de Juillet, la suite d'"Okkult", datant de 2013. C'est donc l'occasion de passer ce nouvel album au peigne fin.

Autant dire que, comme d'habitude chez Atrocity, la production est au poil. La guitare est ici à la fois tranchante, incisive et effrénée, les parties de batterie à fond de grosse caisse triggée sont diablement efficaces et le chant n'a rien perdu de sa hargne, du vrai Atrocity comme on l'aime, capable de défriser une coupe afro ! Fini le chant clair, au revoir le mauvais goût ! Dans la continuité d'"Okkult", il semblerait que cette suite soit néanmoins plus nuancée, moins directe, ça sent un peu moins le sébum et un peu plus l'après-shampooing, mais cela reste malgré tout bien brutal. Aucune raison d'aller chercher des poux là où il n'y en a pas, l'album est fichtrement bon ! "Okkult" 1 et 2 proposent ensemble une facette du groupe beaucoup plus imposante, loin des contestables albums de reprises "Werk 80" 1 et 2, ou encore "Gemini" et son entreprise discutable qui consistait à surfer sur la Rammstein mania. Ceux qui avaient été déçus par ce tournant stylistique peuvent se rassurer, le death metal symphonique d'Atrocity se resitue d'une belle façon dans une trajectoire réamorcée avec "Atlantis" en 2004. "Okkult II", ça décoiffe ! En effet, peu de fautes de mauvais goût sont à déplorer dans cet album, alors que l'on pouvait en déceler dans les précédentes réalisations. Atrocity œuvre, selon moi, à nouveau pour le bien de la musique et non dans l'objectif de toucher un plus large public.

Durant l'album, les 11 morceaux dégagent une puissance contrastée par les synthés symphoniques et les chœurs. L'ensemble est judicieusement dosé et les compositions sont aussi carrées que la coupe de Mireille Mathieu. On retrouve cette hargne, les babines retroussées, comme à l'époque de l'album "Willenskraft" ou, encore mieux, "Todessehnsucht" dans une moindre mesure, associée à l'esthétique symphonique. N'ayons pas peur de le dire, ce coup-ci, Atrocity n'a que faire de tenter de nous brosser dans le sens du poil. "Okkult II" est un condensé de ce que la formation teutonne peut nous proposer de mieux, une véritable mise en plis, euh, pardon, mise au pli. Peut-être ce regain d'énergie proviendrait-il de tous ces changements dans la vie du frontman ? Eh oui, une nouvelle nana, ça relance la libido et surtout, ça donne envie de bomber son torse velu et de se la jouer bonhomme. Bref, les potins n'ont rien à faire dans cette chronique, on espère juste que Liv Kristine et Alexander ne se sont pas crêpés le chignon pour autant. D'ailleurs, pour illustrer cet excès de testostérone, LG Petrov d'Entombed A.D. et Marc Grewe de Morgoth sont venus pousser la chansonnette sur le skeud, ce qui consolide cette identité death metal qui se réaffirme progressivement ces derniers temps.

Pour ceux qui auraient porté une oreille sur "Okkult" et qui auraient apprécié l'album, ce nouvel opus est fait pour vous. Pour les fans d'Atrocity qui auraient délaissé la formation germanique à cause de ces pérégrinations malvenues dans le monde du gothique ou de la techno, n'ayez crainte, Alexander et son équipe reviennent en force ! Cela fait plaisir à entendre dans tous les cas, car cet album possède de nombreux atouts pour vous faire bouger les cheveux, même si vous êtes chauves.


Trrha'l
Juillet 2018




"Okkult"
Note : 16,5/20

Après une petite pause de quelques années, le temps de se consacrer à leur autre projet musical Leaves' Eyes qui a depuis sorti plusieurs albums récemment (les membres de Atrocity et de Leaves' Eyes sont les mêmes dans les deux groupes, à l‘exception de la chanteuse Liv Kristine, l‘épouse de Alexander Krull, qui n‘appartient qu‘au second), les Allemands de Atrocity sont de retour trois ans après leur précédent opus "After The Storm", qui avait laissé perplexe pas mal de monde. En effet, le style du groupe est assez indéfinissable, Atrocity nous proposant à quasi chaque nouvel album un style différent, passant ainsi du death metal à leurs débuts, à du metal gothique, des reprises pop, et autres styles tout aussi variés et bizarres les uns les autres. Un groupe qu’il est donc difficile de suivre et d’apprécier dans son entière discographie au vu du panel de styles différents qui nous est offert. "Okkult", sorti en 2013, marque un tournant dans leur longue carrière musicale, qui a dépassé les 25 ans d’existence déjà, puisqu’il se révèle être le premier volet d’une trilogie d‘albums, et un retour aux sources pour Atrocity, revenant au death metal symphonique de leurs débuts. Les paroles tournent quant à elles autour des thèmes de l’occulte, comme le rappelle d’ailleurs bien le titre de l‘album, des conspirations et du mystère. A noter que des titres bonus propres à chaque album de cette trilogie à venir se trouvent disséminés sur Internet, sur des sites auxquels il incombe à qui voudrait les découvrir de les trouver, un jeu de piste imaginé par le groupe, et pour lequel vous pouvez retrouver plus d’informations et d’indices à ce sujet sur le site officiel d’Atrocity. Leurs précédents opus n’ayant pas forcément marqués les esprits ni été appréciés du plus grand nombre, voyons ce qu’il en est avec celui-ci.

L’album démarre avec "Pandaemonium" sur une intro symphonique de plusieurs minutes avec des orchestrations accompagnées de chœurs féminins, avant d’évoluer sur un death metal, auquel s’associe toujours l‘aspect orchestral, pour un morceau brut de décoffrage. Le chant de Alexander Krull est brutal, les guitares agressives et l’ensemble efficace. Un très bon premier titre de plus de six minutes bien rentre-dedans, qui nous donne un aperçu du virage musical pris par Atrocity sur cet album. "Death By Metal" est plus direct, ici pas d’orchestrations ni de chœurs. La rythmique est très entraînante, un titre très death et violent, avec un côté un peu old school, et des relents de sonorités légèrement thrash voire black metal. On y découvre quelques passages à la guitare très mélodiques et plutôt bien exécutés. Retour des orchestrations et des chœurs sur "March Of The Undying", l’aspect symphonique présent sur l’album étant toujours associé à la violence du death. Ca blaste à la batterie, c’est assez direct et brutal. Le titre "Haunted By Demons" est quant à lui plus "soft", moins brutal et plus mélodique, les riffs sont assez simples, malgré quelques passages à la guitare qui se veulent plus recherchés et techniques. La piste suivante, "Murder Blood Assassination", est assez rapide et brutale, ses riffs agressifs, et la rythmique est entraînante et efficace. Les orchestrations n‘apparaissent que par petites touches ici et là, et sont nettement moins présentes que sur certains autres morceaux. Un titre ultra accrocheur, parmi les meilleurs de l’album.

"Necromancy Divine" apparaît à mi-écoute de l’album et se révèle monumental avec son intro au rythme martial, ses orchestrations et ses chœurs bien plus présents ici. L’ambiance est assez sombre et mystique sur certains passages en milieu de piste notamment, mais l’ensemble du morceau reste très death, la batterie blaste à tout va, avec toutefois des sonorités black symphonique qui en ressortent, qui ne sont pas sans rappeler des groupes comme Dimmu Borgir ou Septicflesh, voire même Fleshgod Apocalypse. Les orchestrations présentes sur l’album sont dirigées par Victor Smolski (du groupe Rage) et réalisées par le Lingua Morti Orchestra, qui a effectué du très bon boulot ici, les parties symphoniques étant interprétées à la perfection. La production sur cet album est excellente, le son puissant et énorme, rien d’étonnant quand on sait que c’est Alexander Krull lui-même qui l’a produit au Mastersound Studio, et au vu de la réputation de l’homme de ce côté-là. "Satans Braut" a un côté plus accessible, et varie un peu des titres précédents. En effet, la rythmique est très marquée, ça sonne très "catchy", les sonorités sont parfois un peu indus sur fond de "pop" et le chant est interprété en allemand, ce qui n’est pas sans me faire penser à du Rammstein.

Le morceau "Todesstimmen" est entièrement instrumental avec de nouveau des orchestrations qui apparaissent tout au long de cette piste d’un peu plus de 2 minutes à peine, nous plongeant dans une ambiance sombre et mystérieuse, digne d‘une musique de films. "Masaya (Bocca Del Infierno)" est un titre efficace et violent, assez indescriptible de par son originalité, mais aux riffs accrocheurs, qui se rapproche un peu du black metal, tout en gardant la brutalité et le chant du death metal. Sur "When Empires Fall To Dust", on revient à un death metal un peu gothique, genre auquel Atrocity nous avait déjà un peu habitués au cours de leur précédents opus. La rythmique est plutôt basique, le refrain constitué de riffs assez simples et que l’on retient assez facilement, accompagné des superbes chœurs féminins. "Beyond Perpetual Ice" évolue également dans un schéma death metal un peu plus basique, mais aussi plus calme et mélodique, sans orchestrations ni chœurs. Un morceau un peu dans la même veine que "Haunted By Demons" et "When Empires Fall To Dust". "Okkult" se termine avec "La Voisine" qui est d’une durée d’au moins 8 minutes, mais n‘est pas interprété en français contrairement à ce que son titre pourrait le laisser croire. Un dernier morceau pour clore l’album avec un côté très épique, puissant, où les orchestrations et les chœurs se mêlent une dernière fois au death metal, violent et brutal pour un titre efficace et ultra accrocheur, associant diverses ambiances, très bien composé.

En définitive, Atrocity a réussi le pari d’un retour gagnant avec "Okkult", qui représente le premier album d’une trilogie. Après de multiples albums aux styles tous aussi divers les uns que les autres, et qui n’ont pas forcément attirés les louanges du public et / ou de la presse, cette nouvelle galette marque un retour aux sources des teutons avec le death metal symphonique de leurs débuts. Bien sûr, on y retrouve également de nombreuses influences piochées dans divers styles qu’on a déjà pu entendre tout au long de leurs précédents opus, que ce soit au niveau des sonorités gothiques, qu’indus notamment, chacun devrait donc pouvoir y trouver son compte. Bref, la production est énorme, le son excellent, les orchestrations et les chœurs magnifiques et en symbiose avec le death metal et l’aspect brutal que l’on retrouve tout au long de cette galette. Un retour réussi pour un album de qualité qui devrait réconcilier les fans du groupe, ou les adeptes de death sympho qui ne connaîtraient pas encore Atrocity. En espérant que les deux volets suivants de cette trilogie d’albums suivent le même chemin que "Okkult". En tout cas pour ma part, j’ai hâte de découvrir la suite.


Alexandra
Avril 2014




"After The Storm"
Note : 16/20

Plutôt bizarre ce nouvel opus d’Atrocity. Le groupe nous avait déjà habitués à des styles plus ou moins différents à chaque nouvel album, sans compter les nombreuses reprises qui parfois font plus d’effet que leur propre composition. Mais Atrocity est sur la scène metal depuis maintenant de longues et nombreuses années, ils nous reviennent avec un nouvel album : "After The Strom". Eh bien constatons les effets dévastateurs de l’album, il y a comme un vent oriental dans leur musique. La grande nouveauté et le groupe l’a résumée dans ces quelques mots que je reprends : "ethno meets metal", "After The Strom" c’est la rencontre d’une musique ethnique qui se joint au metal, un pari plutôt difficile à relever mais agréable à écouter finalement.

Certes c’est plutôt étrange, mais pour parfaire cette rencontre le groupe fait chanter et jouer en featuring Yasmin Krull, le lien de parenté avec Alexander Krull reste encore suspect, peut-être sa sœur ou cousine, bref détail sans importance, en revanche on pourra noter qu’elle a une très belle voix, pourvue des intonations orientales nécessaires à cet album. La voix d’Alexander Krull ne fait pas tâche non plus bien qu’il n’ait pas toujours une voix doucereuse. J’avoue qu’il n’est pas aisé de parler comme il se doit de cet album, en mélangeant ces deux genres ils ont su composer une musique que je n’arrive même pas à qualifier car je ne suis même pas sûre que l’ethno metal existe avant cet opus. Quoiqu’il en soit pour une nouveauté c’est une nouveauté sous toutes ces facettes. Il parait bizarre de parler d’une musique ethno quand on sait que l’ethno c’est avant tout une étude socioculturelle, pour résumé un peu le nouvel album, Atrocity s’est intéressé à des musiques d’autres sociétés culturelles. Pour qualifier la mélodie d’"After The Storm" je dirais qu’elle est très orientale. Quand la musique orientale rencontre le metal occidental.

La mélodie n’est pas désagréable, des accords metal viennent contrecarrer une musique plus acoustique, la voix de Yasmin fait beaucoup dans la mélodie, c’est elle qui donne cette dimension "ethno" à la musique. Bien sûr, dans cet album, on retrouvera tous les instruments dit "de base" (guitares, basse, batterie), quelques instruments à corde mais aussi des instruments plus orientaux : flûtes, "tamtam". On pourrait penser que le metal est quasi absent mais pas du tout, les deux genres se mélangent bien et certains titres sont plus "métalliques" que d’autres. Et heureusement car le groupe ne cherche pas à faire une autre musique mais seulement renouveler le genre voire le réinventer. Mais sans crainte, les accords d’Atrocity continue à résonner. "Goddess Of Fortune And Sorrow" est l’une de mes préférées, la voix d’Alexander est dominante et le refrain entraînant, l’association guitare acoustique et instruments à corde est plutôt jolie, cette mélodie m’évoque des airs de liberté. Le premier titre est très beau aussi, très musical et pas si différent de ce qu’on a l’habitude d’entendre, tout comme le dernier titre de l’album très joli également, un titre uniquement instrumental de quoi conclure l’album en beauté.

C’est un album compliqué à décrire d’où mon manque de détails, il faut l’écouter pour en apprécier sa beauté et son originalité parce que le moins qu’on puisse dire c’est qu’il est original, la voix de Yasmin est un choix judicieux car elle convient à merveille pour la musique que le groupe veut nous offrir. Ce n’était pas un pari facile à relever et je ne sais pas si la musique va plaire mais quoiqu’il en soit elle est loin d’être désagréable, les mélodies sont très jolies et c’est un opus rempli de fraîcheur mais c’est légèrement différent de ce qu’on à l’habitude d’entendre. Atrocity a encore su nous prouver avec cet album qu’ils sont capables de toucher à tout et de réussir, même si on est à des années-lumière des strip-teaseuses en cage, et bien loin du death gothique habituel d’Atrocity. Défi original et plutôt bien réussi.


Liz
Août 2010


Conclusion
Le site officiel : www.atrocity.de