Le groupe
Biographie :

Atræ Bilis est un groupe de death metal canadien formé en 2018 et actuellement composé de : Brendan Campbell (basse / Daemogog, Hermit Cult, Kerala), Luka Govednik (batterie / Kozeljnik, May Result, ex-Dead Shell Of Universe, ex-Mor, ex-The Stone, ex-Posmrtna Liturgija, ex-Zaklan), David Stepanavicius (guitare / ex-The Mung, ex-Orbologist, ex-The Ocularis Infernum) et Jordan Berglund (chant / Giants Arise). Atræ Bilis sort un premier EP, "Divinihility", en Août 2020 chez Transcending Obscurity Records.

Discographie :

2020 : "Divinihility" (EP)


La chronique


Dans la sphère death metal, comme dans toutes les autres, il y a les classiques, les indémodables, les groupes qui restent dans les sentiers battus, ceux qui se modernisent, et il y a les ovnis : ces groupes qui vont dans tous les sens, allant sans cesse explorer de nouveaux horizons afin de proposer des compositions qui se démarquent clairement du reste, parfois en bien, parfois en mal, quoi qu’il en soit, ces formations sont difficiles à définir mais quelle que soit l’issue, écouter une de ces productions est toujours une surprise et une plongée dans un monde très différent de celui auquel on a pu s’habituer au sein d’une scène finalement très codifiée. Atræ Bilis est de ces ovnis. La formation canadienne dont le genre le plus proche auquel on pourrait l’associer est le death metal nous délivre cette année son premier EP, qu’il serait finalement très réducteur de réduire à une vingtaine de minutes de death qui ne sort pas des sentiers battus. En effet, l’EP part absolument dans tous les sens sans jamais cependant se perdre ou virer au grand n’importe quoi, preuve d’une grande virtuosité de la part des musiciens.

Ces derniers nous proposent donc un EP d’une vingtaine de minutes qui mélangent pure brutalité et riffs plus clairs, quasiment atmosphériques au sein des mêmes morceaux, le tout réhaussé par une production absolument au top donne un résultat très atypique mais clairement réussi. Si au début de l’EP le chanteur nous gratifiera d’un râle digne du plus idiot des albums d’Acrania, ce dernier saura faire preuve d'une palette de chants tout à fait variés et à chaque fois adaptés à l’instrumental. On passera donc d’un chant death pur et dur sur des riffs lourds et écrasants, et blindés d’harmoniques comme au début de "Phantoms Vein Trumpet", à un chant tout droit sorti de la scène de slamming brutal death, accompagné par un blast incessant et des riffs mononeuronaux qui ont pour effet de nous faire poser notre cerveau une petite seconde avant de reprendre des parties plus techniques comme c’est le cas dans le morceau cité précédemment et de la deuxième moitié du morceau "Sulphur Curtain".

Comme mentionné précédemment, cet EP se démarque particulièrement par l’introduction au sein de toute ce chaos quasi bestial de riffs parfois très techniques et même de passages très atmosphériques qui n’en perdent pas pour autant leurs sonorités death metal, notamment grâce à la production dont ils jouissent. Ainsi, on retrouvera après plusieurs minutes intenses et violentes des passages instrumentaux apaisants clairs et lumineux comme le pont de "Ectopian" avec ses chœurs samplés pour rehausser l’instrumental qui se fait déjà beaucoup plus léger que dans le reste du morceau. Ce dernier retombera finalement dans un passage slam parfait par son absence totale de fioritures, le tout sans aucune transition, rendant un effet des plus surprenants mais également très plaisant. On remarquera un peu moins de nuances vers la fin de l'EP qui nous délivrera un technical brutal death dissonant qui sort un peu moins des sentiers battus mais qui reste tout de même très qualitatif et auquel on peut difficilement reprocher grand-chose. On notera tout de même l’apparition d’un instrument très peu habituel dans ce genre musical, à savoir un violon, qui vient très brièvement faire son apparition dans la fin de "A Ceremony Of Sectioning" pour clore l’EP sur une note tout à fait atypique sans être incohérente avec le reste.

Atræ Bilis nous sort donc là un ovni de la scène death metal comme on en voit peu de nos jours. Original, ambitieux et surtout loin de tomber dans le piège de devenir un gros fouillis incohérent, l’EP sait nous amener dans des horizons différents tout en nous laissant les pieds sur terre, proposant ainsi une expérience nouvelle mais loin d’être désagréable en seulement une petite vingtaine de musique. Cet EP étant le premier de la formation canadienne, il sera donc primordial de suivre ses prochaines sorties afin de constater son évolution.


Praseodymium
Septembre 2020


Conclusion
Note : 18/20

Le site officiel : www.facebook.com/atraebilis