Le groupe
Biographie :

Arroganz est un groupe de black / death metal allemand formé en 2008 et actuellement composé de : -K- (chant / basse), -T- (batterie) et -B- (guitare / Goath, Total Hate, ex-Deathronation). Arroganz sort son premier album, "Dark And Deathless", en Avril 2011 chez Blacksmith Records, suivi de "Kaos.Kult.Kreation" en Mars 2013, de "Tod & Teufel" en Novembre 2014 chez F.D.A. Records, de "Primitiv" en Septembre 2017, de "Morsus" en Octobre 2020 chez Supreme Chaos Records, de "Quintessenz" en Mai 2024 en autoproduction, et de "Death Doom Punks" en Mai 2026 chez Testimony Records.

Discographie :

2011 : "Dark And Deathless"
2013 : "Kaos.Kult.Kreation"
2014 : "Tod & Teufel"
2017 : "Primitiv"
2018 : "Erzketzer" (EP)
2020 : "Morsus"
2024 : "Quintessenz"
2026 : "Death Doom Punks"


Les chroniques


"Death Doom Punks"
Note : 15/20

Arroganz crache à nouveau. Actif depuis 2008, le groupe mené par -K- (basse / chant) et -T- (batterie), maintenant rejoints par -B- (guitare, Goath, Total Hate) signé chez Testimony Records sort en 2026 son septième album, "Death Doom Punks".

Bien qu’il soit déjà angoissant, le sample introductif de "Die For Nothing", le premier morceau, n’est rien par rapport à l’agressivité accrocheuse que vont développer les riffs du combo, proposant un mélange entre black, death et racines old school infusées à la furie brute. L’assaut quasi continu se brise à peine lors du break plus mélodieux, mais la rage revient très vite et nous conduit à "Under Scarred Skin" où le groupe développe un groove malsain avant de reprendre sa charge énergique tout en tenant compte de ces nouvelles influences entêtantes, mais en ajoutant des parties vocales macabres avant de passer à "Pain Forged Armor" qui reste dans ces tonalités brutales saccadées qui n’hésitent pas à accélérer de temps à autre. La rythmique reste solide à souhait et s’autorise même des pointes de technicité alors que l’on sent clairement tout son ressentiment avant de faire place au titre éponyme, "Death Doom Punks", qui accélère encore le pas et rend le tout bien plus pesant, l’alourdissant au possible lorsque les palm mutes entrent en jeu, alors que c’est finalement dans l’angoisse que le morceau oeuvre le mieux.

La marche accélère à nouveau avant de passer à "Anti-Ideology", titre à la lourdeur et à la dissonance assumée qui écrase tout sur son passage tout en laissant la basse se démarquer du mix, puis c’est avec "Arsenic Breath" que le groupe va emprunter au thrash ses tons les plus perçants, puis dans le brutal death inquiétant avec ce break central étouffant à souhait. La violence s’étale jusqu’à Incubus' Veins, assez long titre qui n’hésite pas à passer naturellement d’agressivité à tons pesants, puis à éléments malsains pour reprendre son rythme de croisière et rejoindre "Earths Final Dose" où le groupe retourne à une approche plus habituelle. Le titre frappe régulièrement et à bonne allure avant de laisser "Spirit Arsonist", le titre le plus long, lui emboîter le pas et ainsi clore l’album avec une touche de surprise, puisque les riffs explosent de manière assez imprévisible, plaçant même quelques murmures avant de laisser le silence régner dans l’obscurité.

Avec presque vingt années d’existence et sept albums, Arroganz fait un peu partie des meubles dans la scène black / death allemande, et "Death Doom Punks" va confirmer ce statut avec des compositions efficaces qui tournent toutes seules.


Matthieu
Mai 2026




"Morsus"
Note : 14/20

Les Allemands d'Arroganz ne chôment pas, "Morsus" est déjà le cinquième album du groupe depuis 2011 ! Catalogué comme un groupe de black / death, je vais plutôt utiliser celle du metal extrême au sens large parce qu'Arroganz va piocher des éléments dans presque tout ce qui peut faire mal.

Bon, soyons honnêtes, c'est principalemet black et death effectivement, même plutôt death que black d'ailleurs. Mais certains passages death à l'esprit old school ralentissent tellement le rythme que le doom n'est pas loin et la crasse de certains riffs pourraient presque évoquer du sludge de loin. Par rapport à "Primitiv", on arrête les morceaux de sept ou huit minutes et on revient vers quelque de plus compact et de plus direct avec donc plus de morceaux, treize pour quarante-six minutes pour être précis. La petite minute d'intro de "Anodynon" fait une feinte avec un chant clair assez mélodique sur fond d'arpèges glauques mais planants. C'est une basse bien groovy qui ouvre vraiment l'album sur le morceau-titre qui suit avec un riff tout aussi groovy avant de partir sur un death bien sale et virulent et des arpèges bien glauques et dissonants qui sentent fort le black. Les ambiances dégueulasses sont d'ailleurs une constante sur "Morsus" et chez Arroganz en général d'ailleurs, ce qui rend sa musique assez intense. Le mélange de plusieurs sonorités issues du metal extrême lui apporte aussi une certaine richesse et de la profondeur d'autant que cette fois le groupe en s'étale pas sur plus d'une heure comme il avait pu le faire sur "Kaos.Kult.Kreation", créant du coup quelques passages à vide qui n'ont pas trop le temps de s'installer ici. Quelques parties de chant presque déclamées très bas et sur un ton bien grave posent elles aussi une ambiance sale, une folie rampante qui plombe encore un album déjà bien glauque.

En dehors de quelques accélérations et de blasts bien violents, l'agressivité brute n'est pas le propos d'Arroganz et le groupe privilégie les tempi lourds et les ambiances pesantes. Certains pourraient reprocher un manque d'homogénéité puisque, même si le rythme est souvent pesant, on passe d'un style à l'autre sans prévenir et que cela peut parfois être un peu déconcertant, mais on ne va pas reprocher à Arroganz d'essayer de varier sa musique et de la rendre vivante. Surtout que les ambiances, elles, sont cohérentes et restent systématiquement malsaines et poisseuses, n'hésitant pas à utliser quelques dissonances discrètes pour salir encore le tout. Quelques bizarreries malsaines à tendances bruitistes, voire même limite rituelles, viennent encore apporter une folie supplémentaire à un album qui n'en manque pas, "Guillotinen" en est un bon exemple. Un morceau d'autant plus surprenant qu'il est enchaîné avec le très direct et presque punk / death "Sickpeopledie", dans le genre contraste sans transition ça se pose là ! Et c'est un peu ce qui se passe sur tout l'album, on passe de l'un à l'autre et le groupe joue avec nos nerfs. On ne sait jamais de quel côté il va attaquer et parfois ça tombe un peu à plat, comme avec les plus de trois minutes qui débtuent "I Dealt With The Devil", dernier morceau de l'album. Le passage n'est pas inintéressant mais est étiré sur une durée trop longue et finit par lasser, d'autant que quand le morceau démarre ça ne dure pas très longtemps pour le coup, et on termine le morceau sur le même passage que celui qui l'a ouvert.

Un nouvel album qui montre un Arroganz toujours aussi déroutant et qui change de style presque à chaque morceau, voire même au sein d'un même morceau. Pas forcément facile d'accès, parfois un peu longuet mais la démarche et les ambiances sont intéressantes. Le groupe a rendu sa musique plus compacte avec des morceaux globalement plus courts que sur "Primitiv" mais "Morsus" ne se laissera pas saisir facilement pour autant.


Murderworks
Décembre 2020




"Kaos.Kult.Kreation"
Note : 13,5/20

Tout droit venu d’Allemagne, Arroganz revient deux ans après leur premier album "Dark And Deathless" avec un tout nouvel opus, "Kaos.Kult.Kreation". Le nom de ce groupe ne me parlant pas, je découvre en me penchant sur le pressbook de ce dernier qu’il semble avoir, d’après la description qui en est faite, tout d’un grand, malgré son jeune âge (formation en 2008). Quant à l’album en lui-même, il y est décrit comme étant une "masterpiece", je cite : "Trying to categorize this album and jumping to conclusions of its character are also rather insufficient approaches to this masterpiece". Sans oublier bien sûr que : "Who does not approve of this album, does not understand it".Un peu de modestie ne ferait pas de mal même si le but ici est promotionnel. Mais préférant me faire ma propre idée, voyons plutôt ce que vaut vraiment cet album et vérifions ainsi ce qu‘il en est vraiment.

A la première écoute, le groupe évolue principalement dans un style death metal, même s’il se définit comme du black / death metal. Un death metal qui est très présent sur "Blood Ceremony", la première piste de l‘album. Le son produit sur l’album, masterisé par Ola Lindgren de Grave, sonne très old school dans l’ensemble, cela se ressent notamment ici. Les riffs sont assez simples et l’ensemble assez basique, mais "Blood Ceremony" est tout de même assez efficace pour démarrer l’écoute. Le titre suivant, "Mankind Is A Dying Whore" présente des ambiances plus mid tempo et plus lourdes, mais est assez répétitif dans l’ensemble, notamment au niveau de la guitare et de la rythmique. Le chant death quant à lui manque de puissance, difficile de bien rentrer dedans si l’on accroche pas trop à ce genre d’ambiances. Heureusement, en milieu de morceau, la batterie se fait plus énergique, les rythmiques un peu plus accrocheuses, un titre toutefois en demi-teinte. "Ghost Of The Wolf" suit le même schéma mid tempo que le titre précédent, à l’ambiance lourde, auquel s’ajoute un certain aspect black de par l’ambiance qui s’en dégage. Ca manque de pêche, un sentiment de lassitude commence à se faire ressentir après ces deux morceaux plutôt mitigés.

La piste suivante, "Kaos.Kult.Kreation", se veut un peu plus énergique et efficace au niveau de ses riffs de guitare et de la batterie qui sonne un peu plus brutale. On regrette toutefois l’aspect encore une fois un peu répétitif du morceau, notamment au niveau du refrain et des paroles assez simples. On passe aux choses sérieuses avec "Crush Their Temple", qui est plus percutant et rentre-dedans, de par ses riffs accrocheurs, sa mélodie et ses parties de batterie plus efficaces. Le death metal domine ici encore, mais on y retrouve en même temps des sonorités black à certains moments, au niveau du chant, qui malgré sa prédominance death évolue vers un chant black parfois, mais aussi au niveau de certaines ambiances que l’on retrouve dans le black metal. Un titre dont les influences ne sont pas sans me rappeler des groupes comme Grave notamment de par certaines ambiances lourdes et pesantes. "Through Nightmares Into Black" évolue dans la même veine que "Crush Their Temple". Un titre efficace, assez direct, qui se veut plus brutal, que ce soit au niveau du chant que des parties de batterie, avec un côté très old school rappelant le death metal des années 90. Les riffs sont eux, accrocheurs et agressifs. Un titre assez court (à peine un peu plus de trois minutes), mais qui fait son petit effet à mi-écoute de l’album.

"Beyond Slavery" sonne très old school, et est lui aussi assez accrocheur, à placer au même niveau que son prédécesseur, "Through Nightmares Into Black". La piste suivante, "Spirits Bleed", a un côté à la fois black sur certaines parties de batterie et de chant ainsi qu‘au niveau de ses ambiances lourdes et plus lentes, et un côté death metal avec ses riffs accrocheurs, efficaces et mélodiques, sans oublier la batterie qui sonne aussi old school par moments, parfois à la limite du thrash. La rythmique est assez simple mais vite rentre-dedans. "Verderber" présente des ambiances lourdes et lentes qui font ressortir l’aspect black metal sur cette piste. La rythmique et les riffs mélodiques sonnent quant à eux plus death. Un titre assez agréable à l’oreille sur la première moitié de cette piste, mais qui traîne un peu en longueur par la suite, dès la mi-écoute du morceau. "Demand The Dark" a un côté très old school, les riffs sont assez efficaces et agressifs, et le titre intéressant, avec ses passages tantôt lents, tantôt plus brutaux notamment au niveau de la guitare et du jeu de batterie. Pour cet avant dernier titre de l’album, et après un temps d’écoute si long ("Kaos.Kult.Kreation" dure pas moins de 58 minutes quand même !!), la fin de ce nouvel opus s’annonce plutôt réjouissante. On termine l’écoute avec "Praise The Kult" qui clôt l’album sur des notes assez basiques, malgré quelques riffs et rythmiques assez accrocheurs par moments. Mais l’ensemble se veut tout de même assez répétitif et "mollasson", ça manque d’énergie et c’est assez lassant arrivé en fin de piste. Dommage de terminer l’album sur un titre si peu entraînant après un "Demand The Dark" bien plus efficace et attrayant.

Alors certes, "Kaos.Kult.Kreation" possède quelques bons morceaux, intéressants et efficaces pour une bonne partie de l‘album, mais traîne un peu trop en longueur par moments, un certain nombre de titres se voulant répétitifs, peut être pas assez inspirés, et provoquant un sentiment de lassitude à l’auditeur après un certain temps d’écoute. Car il faut avouer que près d’une heure de durée pour un album, c’est assez long, et il est difficile d’arriver au terme de celui-ci en en ressortant pleinement satisfait si l’ensemble des titres n’accrochent pas tout de suite l’oreille et ne se révèlent pas efficaces et percutants. Un album en demi-teinte pour moi, mais sans doute ne l‘ai-je pas pleinement compris… Affaire à suivre.


Alexandra
Mars 2014


Conclusion
Le site officiel : www.facebook.com/arroganzgermany