Le groupe
Biographie :

Architects est un groupe de metalcore anglais originaire de Brighton, formé en 2004. Le groupe est passé par plusieurs changements de nom avant de se décider pour Architects. Leur premier nom fut Inharmonic, qui a rapidement changé en Counting The Days. Après quelques années, le nom définitif Architects était choisi. Architects a fait des tournées au Royaume-Uni et en Europe avec des groupes tels que Bring Me The Horizon, SikTh et The Chariot. Ils ont joué à un certain nombre de festivals indépendants au Royaume-Uni, comme le Download Festival 2007 et 2009, et le Sonisphere 2009 et 2011. Le groupe est resté signé pendant quatre albums chez Century Media de 2007 à 2012, jusqu'à "Lost Forever // Lost Together" sorti chez Epitaph Records.

Discographie :

2006 : "Nightmares"
2007 : "Ruin"
2009 : "Hollow Crown"
2011 : "The Here And Now"
2012 : "Daybreaker"
2014 : "Lost Forever // Lost Together"
2016 : "All Our Gods Have Abandoned Us"
2018 : "Holy Hell"
2021 : "For Those That Wish To Exist"


Les chroniques


"For Those That Wish To Exist"
Note : 17/20

Un nouvel album d'Architects fait toujours plaisir, deux ans et demi après le titanesque "Holy Hell", l'attente est grande. C'est toujours le risque après un disque autant aimé, le coup suivant est plus facilement critiquable. Pourtant sur ce disque, Architects montre qu'ils en ont encore largement sous le pied, qu'ils ne vont pas s'enfermer dans un style musical bien défini. Avec "For Those That Wish To Exist", on sent que le groupe est prêt à tourner une page suite au décès du guitariste Tom Searle. Tourner une page non pas pour l'oublier mais parce qu'il y a une vraie volonté de vivre, de profiter. Dans les deux derniers disques, on sentait le tourment et la noirceur du groupe. Dans ce neuvième disque, les émotions sont beaucoup plus nombreuses et on termine sur une note d'espoir.

Une phrase que j'ai vu passer il y a quelques temps (quelqu'en soit la personne qui l'a rédigée) disait que sur cet album, le groupe nous crie dessus par nos actes actuels autant qu'il crie avec nous pour faire évoluer la situation actuelle. Cette phrase est très pertinente car on sent la rage toujours existante, une certaine forme d'amertume dans le constat de la situation actuelle mais aussi de l'espoir envers l'avenir. Architects évolue avec ce disque vers un style plus mélodique, souvent moins agressif mais toujours aussi diablement efficace et enragé ! Architects reste Architects mais le groupe de Brighton nous propose ici son disque le plus varié, le plus abouti sûrement. Le groupe explore, on a des influences électroniques, orchestrales, des chœurs. Bref, on sort un peu du metalcore pur et dur. Dire que cet album va dérouter plus d'un fan n'est pas une supposition mais une affirmation. Une grande force du groupe c'est la capacité de Sam Carter à transmettre les émotions à travers la tonalité de sa voix. Si on y ajoute l'aspect mélodique et rythmique qui s'y mêle parfaitement, on obtient une forme de symbiose assez unique. Peu de groupes modernes sont aussi efficaces et créatifs, peu apportent autant de fraîcheur à la scène musicale.

La qualité de ce disque est indéniable et on y retrouve bel et bien la patte du groupe, un album qui en fera vibrer plus d'un ! Dans les paroles, on retrouve des textes intéressants qui gravitent autour de notre condition humaine et d'une prise de recul globale en tant qu'humanité. Tout ça pour quoi ? Pour inciter au changement, à l'évolution en tant qu'individu. C'est un point central de l'album pour le batteur Dan Searle et c'est bel et bien le fil conducteur de ce disque. Cela explique les changements d'ambiance selon les titres, plusieurs états d'esprit et thématiques sont abordés mais toujours dans cette dynamique d'évolution pour le meilleur. Avec un morceau comme "Black Lungs", on s'installe confortablement dans ce qui ressemble à du Architects classique mais dès "Giving Blood", le groupe de Brighton commence à faire bouger légèrement les lignes. Il faut attendre "Dead Butterflies" pour avoir notre second moment fort. En un mot : épique. Son clip tourné lors du live au Royal Albert Hall en Novembre dernier décuple cet effet. On imagine vite que ça devait être magique quand on voit le résultat, même si évidemment celui-ci a été retravaillé pour l'occasion... Il n'empêche que ce live a été très largement salué par les critiques. Le morceau est puissant et on sent bien dans le chant de Sam Carter les émotions qu'il veut nous faire ressentir. On y retrouve le côté très écorché, à vif, de précédents titres du groupe. L'enchaînement avec "An Ordinary Extinction" semble évident, on y retrouve des touches électroniques mais aussi des riffs lourds, la rage et la mélodie qui définissent le groupe. Dans les déceptions, car il y en a quand même, on peut noter "Impermanence" avec Winston McCall de Parkway Drive. L'invitation semble logique sur le papier mais le résultat est beaucoup moins transcendant que ce que l'on peut espérer. Les lignes de chant n'apportent qu'assez peu de volume et de texture au morceau qui aurait pourtant pu décoller vu la puissance de l'Australien ! Nul doute cependant que si la collaboration a lieu live, ce sera un concours de headbanging.

Un titre comme "Flight Without Feathers" paraît beaucoup plus abouti et beaucoup plus inattendu pour Architects car très electro-rock. Pour autant, le groupe n'est pas tombé dans la simplicité, le résultat est concluant. Mais on ne va pas se le cacher, on préfère le groupe quand ça frappe beaucoup plus fort. Ce n'est pas le deuxième featuring de l'album qui apportera cette force mais "Little Wonder" avec la participation de Mike Kerr (Royal Blood) qui est convaincante et le morceau a quelques passages qui nous bousculent un peu mais c'est surtout un très bon tremplin pour "Animals". Le premier single "Animals" avait déjà créé la surprise à sa sortie, bien que très direct et rageur, on ne pouvait pas ignorer que des similitudes avec les récents disques de Bring Me The Horizon existent. Mais ça ne reste que des touches éparpillées dans deux ou trois morceaux. Certes c'est tombé sur le premier extrait diffusé par le groupe donc ça a alimenté les rumeurs, craintes et suspicions, mais Architects reste le seul maître à bord. Le groupe expérimente et donc oui on y retrouve différentes références. Mais sur ce morceau, "Animals", quelle puissance ! Il est sûrement le meilleur de l'album, le plus équilibré entre le passé d'Architects et son futur, entre les touches electro et la rage du metalcore. Les breaks montrent toujours la puissance qu'a le groupe.

L'album est bien ficelé et structuré car on ne retombe pas tout de suite sur un morceau trop calme, on surfe sur la vague de puissance avec "Libertine" qui est plus attendu pour le groupe, bien qu'à un rythme plus lent qu'à l'accoutumée mais ça reste toujours efficace. Simple et efficace. Le faturing le plus pertinent sera au final le troisième et dernier avec "Goliath" où Simon Neil de Biffy Clyro intervient sur le morceau le plus énervé de ce disque. Le résultat est bien plus pertinent et à la hauteur de ce que l'on attend et même là où on ne l'attend pas d'ailleurs, Simon Neil termine avec une rage très expressive. Les trois morceaux de fin sont bons également, avec "Demi God" on note une vocalisation bien différente, le résultat est déroutant au premier abord mais après plusieurs écoutes on a l'impression d'entrevoir la lumière au bout du tunnel poursuivie par la puissance d'un "Meteor" très rock. La fin sur "Dying Is Absolutely Safe" est le titre qu'il fallait pour achever cet effort, autant que par les paroles que par la musicalité. Ce dernier titre est riche en émotions et on voit que le groupe est très bon dans l'exercice aussi avec les chœurs finaux. Il n'y a qu'à fermer les yeux et s'imaginer que ce titre achève le set des anglais sur scène. La perfection !

On sent Architects ouvert à de nouveaux horizons, même s'il n'oublie pas son passé, affranchi de certains tourments il va de l'avant. Un album ambitieux donc et qui coche toutes les cases pour devenir un des disques de l'année. Et pourtant nous n'en sommes qu'au mois de Février et le calendrier des sorties est chargé cette année ! Mais malgré une ou deux faiblesses (notamment "Impermanence" et "Little Wonder"), le disque est suffisamment solide pour avoir une place dans le peloton de tête.


Antoine
Février 2021




"Holy Hell"
Note : 16/20

Reconnu comme l’un des groupes les plus influents du paysage metalcore / post-hardcore actuel, Architects nous présente "Holy Hell", son huitième album. Formé en Angleterre en 2004 par les frères Dan (batterie) et Tom Searle (guitare), le groupe jouait un mélange de metalcore et de deathcore. Mais ça, c’était les débuts du groupe avec son premier album en 2007, car le groupe s’oriente progressivement et à grand coups de changements de line-up vers un post-hardcore teinté de metalcore et de djent. Mais malheureusement, 2016 est un coup dur pour le groupe : Tom Searle décède du cancer qui le suivait depuis trois ans. Mais le groupe se relève, et est aujourd’hui composé de Sam Carter (chant depuis 2007), Alex Dean (basse depuis 2006), Adam Christianson (guitare depuis 2014) et Josh Middleton (guitare depuis 2016) en plus de Dan Searle et compte bien poursuivre l’aventure.

On commence en douceur avec le sample introductif de "Death Is Not Defeat", rejoint par les hurlements de Sam Carter. On retrouve alors cette rythmique lourde mais syncopée et adoucie par les claviers et arrangements, que je trouve extrêmement accessible, même pour un public de non-initiés. Entre deux passages puissants comme le groupe peut toutefois en développer, ce sont presque des murmures qui nous parviennent, et qui provoquent une sensation de césure totale entre les deux univers, qui sont toutefois clairement reliés. Même constat pour "Hereafter" qui est toutefois un peu plus axé sur la violence avec des riffs sous-accordés et très typés djent qui accélèrent d’un coup pour permettre quelques harmoniques dissonantes. Cependant, on retrouve les petites pointes techniques plus caractéristiques du groupe sur "Mortal After All", suivis d’un break assez monstrueux. Architects reviendraient-ils à ses débuts ?

Eh bien non, car "Holy Hell" vient confirmer la tendance que le groupe suit depuis quelques années, avec des claviers qui adoucissent beaucoup (trop ?) les riffs pourtant très intéressants des Anglais. Après un passage vraiment prenant, la partie à la double pédale renouera finalement avec la hargne, mais temporairement. "Damnation" est également dans le haut du classement des titres techniques de cet album, mais possède également des riffs basiques pour jouer avec cet effet de surprise lié à la cassure entre les styles. A nouveau, les notes sauvages du deathcore se calent entre deux nappes de clavier sur "Royal Beggars", mais c’est bel et bien grâce au chant que le morceau est intéressant : tout en collant à la musique, Sam parvient à se déchaîner ou à taper en plein dans nos émotions, accompagné par des choeurs. Par contre, c’est bel et bien la violence qui a dicté la rythmique de "Modern Misery", grâce à une multitude de palm-mutes à l’effet dévastateur. La pression retombe parfois complètement avant de remonter grâce à la basse et d’exploser à nouveau.

Il y a quelque chose qui me dérange dans "Dying To Heal", mais je ne parviens pas à identifier quoi. Les riffs sont plutôt plaisants, rapides et saccadés, le chant est toujours aussi bien maîtrisé… Seuls les passages atmosphériques font brutalement tout retomber, mais je sens qu’il y a autre chose, alors que "The Seventh Circle" est beaucoup plus incisif, plus rentre-dedans et plus explosif. Et beaucoup plus court aussi. "Doomsday", déjà bien connu des fans car sorti il y a déjà un an en hommage au guitariste fondateur décédé, et reste pour moi un incontournable du groupe. Il y a toute cette douleur et cette rage poignante qui sont omniprésentes dans les riffs, et qu’il est impossible de ne pas ressentir. Dernier morceau, "A Wasted Hymn" semble empreint d’une certaine tristesse que le groupe parvient à faire monter dans l’esprit de l’auditeur grâce à une rythmique dominée par une basse au son plus qu’excellent. Et je trouve le final agrémenté d’orchestrations plutôt bien choisi.

Je suis partagé quant à mon ressenti sur "Holy Hell". Loin d’être un mauvais album, je le trouve parfois un peu inégal, bien que l’esprit d’Architects soit présent à chaque seconde et chaque note. Ce qui est sûr, c’est que le groupe a atteint un niveau de maturité qu’il commençait à effleurer avec l’album précédent, et qu’ils savent parfaitement comment avancer à présent.


Vinny
Décembre 2018




"All Our Gods Have Abandoned Us"
Note : 17/20

En 2014, les Anglais d’Architects avaient enfin atteint la consécration tant méritée grâce au brillant "Lost Forever // Lost Together". Faisant suite à une telle pièce maîtresse, "All Our Gods Have Abandoned Us" a du pain sur la planche pour maintenir le niveau. L’idée de ce nouvel album est simple : tout ce qui a fait le succès de "Lost Forever // Lost Together" est présent, mais en plus sombre.

En effet, Architects a cherché au plus profond dans sa colère et frustration afin de nous fournir un ahurissant cocktail d’intensité et de violence ! Dès le premier titre, "Nihilist", tu sais que tu ne mangeras pas de la soupe et qu’il va falloir s’accrocher à ton siège durant toute l’écoute. Les paroles sont quant à elles toujours aussi désespérées (voir plus !) et critiques envers notre monde partant progressivement, mais sûrement, en cacahuète. Architects s’adresse directement aux dieux, mais aussi et surtout au monde et à nos dirigeants pour déverser sa rage et hurler son message. Les Anglais et leur musique sont à la hauteur de cette démesure !

L’ensemble des titres confirme cette ambiance dantesque et surréaliste que dégage nos Anglais, et renferme une quantité indescriptible de mandales, de riffs, et de mosh part, mais également de moment d’émotion, le plus ample étant sans doute "All Love Is Lost". D’ailleurs, notons qu’Architects - n’offrant aucune ballade à proprement parler - libère une charge émotionnelle absolue dans chacun de ces titres. C’est simple : chaque composition est un savoureux mariage de brutalité et de moment aérien. Le growl et le chant clean sont parfaitement dosés, les guitares sont techniques et djent, mais pas trop, les plages atmosphériques sont présentes mais jamais envahissantes. L’alchimie est parfaite !

Mon dimanche n’est pas assez long pour vous décrire tous les instants de ce nouvel album, mais vous allez retrouver le son et la lourdeur habituelle d’Architects avec une pointe de désespoir en plus. Seul le temps nous dira si "All Our Gods Have Abandoned Us" fait mieux que "Lost Forever // Lost Together". En effet, le manque de surprise y est pour beaucoup et c’est normal, mais comment leur reprocher cela ?


Vinny
Juin 2016




"Lost Forever // Lost Together"
Note : 17/20

Comme beaucoup en 2009 j’avais découvert toute la puissance de Architects avec "Hollow Crown", comme tous après je fus déçu par les suivants, des albums s’appuyant sur des acquis et ne renouvelant pas vraiment leur style. Mais il faut dire, pour leur défense, que les Architects avaient frappé très fort avec cet album.

Après des albums mitigeants, il semblerait que le groupe ait pris sur lui et ait tenu compte des remarques des différents supports et autres fans en proposant un album marquant quelque peu un renouveau, "Daybreaker" en 2012, avec ce grain si particulier, un groove et une certaine forme d’anticonformisme et de non concession générale par rapport à la puissance dégagée. Avec ce "Lost Forever // Lost Together", on retrouve vraiment le groupe que l’on a connu en 2009 avec de la puissance dans ses différentes compositions et un son si caractéristique.

Là où on avait laissé le groupe sans vie, complétement groggy par un succès trop rapide, Architects reprend peu à peu du poil de la bête, tout d’abord en 2012, puis cette fois-ci en 2014 avec ces 11 titres puissants et sans concession. Des riffs assez violents et un thrashcore décapant ne laissant que peu d’instants à l’auditeur pour reposer ses oreilles bien éprouvées par des morceaux de toute beauté dans le style que l’on attend de la part du groupe : groove et puissance (autant dans les riffs puissants et efficaces que dans une voix qui retrouve toute sa puissance et le grain si caractéristique qui a fait du frontman un élément incontournable). Ces 11 titres s’articulent autour d’une puissance et de morceaux qui agissent comme des uppercuts dans le ventre et dans la face, ne se permettant un repos entre deux rounds que pour proposer des morceaux plus aériens afin de se dire que l’on va reprendre encore mieux par la suite. La production, fidèle à elle-mêm,e est très bonne et met bien en valeur chaque partie et la puissance des jeunes Anglais, tout en étant un peu moins bonne que l’énorme "Hollow Crown" (mais bon, me direz-vous, pour arriver au niveau de celui-ci… il va en falloir du chemin.).

Avec "Lost Forever // Lost Together", on retrouve un groupe qui est tout simplement une référence comme peut l'être Bring Me The Horizon, certes la route pour tenir sur la durée est encore longue, mais Architects est assez mature pour avoir pris en compte toutes les critiques et remarques, et du recul pour reproposer quelque chose qui nous met KO, offrant un poil plus de musicalité que dans ses précédents albums et délivrant une véritable dose de haine avec des riffs gras qui s’avèrent plus complexes que dans les précédents albums là aussi. Une bonne grosse (re)découverte, un plaisir non dissimulé et une envie de les voir sur scène avec cet album qui, certes n’est pas encore à la mesure de "Hollow Crown", mais qui présage du bon à venir.


Kévin
Avril 2014




"Daybreaker"
Note : 13/20

Je ne suis généralement pas super objectif sur Architects. Figurant dans mes groupes préférés, c’est toujours un bonheur non dissimulé d’avoir à chroniquer un de leurs albums. Pour cette mouture 2012, je suis un peu déçu je l’avoue. Alors que "Hollow Crown" sonnait du feu de Dieu, et avait atteint des pics impressionants pour le groupe, ce "Daybreaker" s’avère être beaucoup plus policé que les précédentes moutures. Une intro gentilette, et l’on retrouve la marque de fabrique du groupe. Rien n’a changé, ou plutôt si, ils ont pris de l’âge  ! Mais sinon les morceaux semblent être dans la droite ligne de ce qui s’est déjà fait précédemment sur leurs autres albums, un peu comme ci, pour imager, leurs morceaux n’étaient que les faces B d’un des précédents albums.

Alors certes, ça punche, ça envoie grave dans une veine metalcore / thrashcore classique, avec un chant toujours aussi haineux, des guitares toujours aussi acérées, et une production toujours bien énorme  ! Le tout est servi par une ligne basse / batterie qui, techniquement, est au point, mais après ? On commence à se poser la question. Mon premier avis, en écoutant distraitement, fut "Ouah putain il est vraiment bon cet album" mais avec le recul… Il est exactement comme les autres  : même son, mêmes breaks, mêmes constructions, mêmes normes de composition : le public ne s’y perdra pas. Aucun surprise, même dans les passages en chant clair, c’est exactement le même effet qui a été utilisé sur la voix… Le groupe a pris une claque avec le temps, comme s'il était resté bloqué dans une formule, un carcan vieux d’il y a 10 ans. La planète metalcore a évolué messieurs. Les nappes de synthé et le côté aérien n’en feront rien, les étoiles dans les yeux se sont éteintes. Le groupe n’est devenu que le clone de lui-même, comme une légende sur laquelle les producteurs se font de la thune avec des tournées interminables. Architects n’est plus qu’un "groupe parmi tant d’autres", comme un de ces produits de manufacture Chinoise… Cheveux longs, slims, bousard en cuir et musique équivalente à celle du voisin. Aucune originalité, ou alors peut-être dans une ou deux parties guitares et l’inclusion d’un tapping bienvenu. Le temps passe, certains groupes arrivent à se renouveler, à progresser et avancer, les Gojira, Meshuggah, et consorts, et puis derrière il y a dans cette vaseuse flaque du metalcore un amat sans inventivité, juste une masse de groupes qui se chevauchent et se mélangent… Pour ce qui est du CD en lui-même, oui parce qu’on est là pour discuter de cela non  ? C’est 11 titres sont tous très compacts et ne se distinguent pas forcément les uns des autres, comme dans un moule. Très bien produit, puissant, aucune faute de goût sur la production n'est à relever. Pour le reste, tout s’enchaîne ou se boit sans problème, sans véritables surprises non plus, des breaks entendus, des passages gueulés quand on les attend et deux trois nappes de synthé pour enjoliver le tout.

Emballé c’est pesé. Alors oui, Architects reste une légende avec Bring Me The Horizon et le précurseur d’un genre gavé à l’extrême, mais à trop vouloir ne pas évoluer et rester dans les traces d’un genre qu’ils ont lancé, les mecs se sont noyés dans la masse, et leurs morceaux également. "Daybreaker" n’apporte rien, si ce n’est un peu de violence dans nos oreilles. Une déception.


Sam
Juin 2012


Conclusion
Le site officiel : www.architectsofficial.com