Le groupe
Biographie :

Anthon Norwell Experiment est un projet musical d'Anthon Norwell (Memory Of Silence, The Norwell Project et Artgotika) accès sur le côté spirituel et le ressenti vis à vis de la croyance et des religions à travers le monde. Avec le premier album "Esoteric Fall", il nous offre un voyage dans différentes cultures, défini par un côté musical bien représentatif du sens mélodique d'Anthon. Suite à l'accueil du premier album "Esoteric Fall", Anthon Norwell entre de nouveau en studio afin d'enregistrer un deuxième opus, cette fois-ci accompagné d'un bassiste (Pascal Louvigny). 2019 voit la sortie de "Final Trip Of My Destiny" et de "Under My Dream... Or My Skin". "Room Seven: The Shadows Experiment" sort en Mars 2021.

Discographie :

2015 : "Esoteric Fall"
2017 : "The Dark Parts Side Of Heaven"
2019 : "Final Trip Of My Destiny"
2019 : "Under My Dream... Or My Skin"
2019 : "The Final Trip Of My Destiny"
2021 : "Room Seven: The Shadows Experiment"


Les chroniques


"The Final Trip Of My Destiny"
Note : 16/20

Le très prolifique Anthon Norwell est de retour avec un album sous l'étiquette Experiment qui est carrément un opéra rock et donc album concept évidemment du nom de "Room Seven: The Shadows Experiment". L'histoire d'un patient atteint d'un cancer qui va se faire opérer dans un hôpital un peu particulier dans lequel le chef en chirurgie pratique des expériences visant littéralement à donner vie aux maladies !

Qui dit opéra rock dit plusieurs vocalistes et on retrouve effectivement du monde derrière le mirco à savoir : Sam Guerrier dans le rôle du docteur West (celui qui pratique les expériences, si ce n'est pas un clin d'oeil à Reanimator je ne m'y connais pas), Julie Lunel qui interprète Miss Hamilton, Martial Prevel dans le rôle du faux aumonier Mr Chaplain et Anthon Norwell qui donne vie à Mr Mills, le patient. En plus de ce beau monde, on retrouve Pascal Louvigny à la basse et Anthon Norwell pour tout le reste, donc guitares, claviers et batterie. "At The Beginning", comme son nom l'indique, ouvre l'album et installe l'ambiance en douceur avec des choeurs et de discrètes percussions qui pourraient presque rappeler Magma. C'est "I Have To Leave" qui lance vraiment l'album et on retrouve un rock progressif assez accrocheur et qui met clairement les ambiances au premier plan, assez mélancoliques d'ailleurs les ambiances. Une mélancolie qui va imprégner l'album même si les riffs énergiques ne manquent pas, "A New Experience" mélange d'ailleurs bien les deux. "The Shadows Experiment Part I (The Undertaker)" mise quant à lui sur un rythme plus groovy et amène quelque chose de presque dansant, illustrant la folie de Mr Chaplain, associé du Dr West. Globalement, on retrouve sur ce nouvel album un feeling proche des 70's qu'Anthon Norwell avait déjà distillé sur ses précédents albums du projet Experiment. Et comme le nom du projet le laisse deviner, il en profite pour expérimenter justement en utilisant plusieurs registres différents pour un album à cheval entre rock, progressif, sonorités années 70 et d'autres plus dures ou modernes comme sur "The Meaning Of Life" sur lequel l'ambiance se montre assez froide. La plupart des morceaux sont assez compacts et ne dépassent pas les cinq minutes gros maximum. Une bonne façon de passer d'une ambiance à l'autre suivant en proposant plus de pistes et un bon moyen aussi de ne pas perdre le propos en route.

Il va quand même falloir comme d'habitude prévenir les habitués aux grosses productions que le projet ne bénéficie pas de gros moyens ou du soutien de grosses structures et que le son peut se montrer un peu raw aux oreilles des moins habituées. On entend bien ce qui se passe mais disons que ça crépite, du coup ça risque de piquer un peu. Mais bon, soyons honnêtes, on arrive à écouter des groupes de black enregistrés du fin fond des toilettes d'une aire d'autoroute alors on ne va pas pleurer pour une production un peu roots. Je veux bien entendre l'argument disant que le son dégueulasse colle bien aux ambiances du black mais quand même, il y a des fois où ça ne sert pas le propos et où ça sonne comme de la merde (coucou le "Nattens Madrigal" d'Ulver avec son nid d'abeilles tout dans les aigus, je sais c'est culte et volontaire mais ça sonne quand même comme de la merde). Terminons ici ce petit aparté qui n'avait pas grand-chose à voir avec la choucroute et signalons plutôt que l'on retrouve bien ici l'univers et la patte d'Anthon Norwell avec ses sonorités 70's, ses influences rock et prog avec toujours cette envie de n'en faire qu'à sa tête sans se soucier de ce qui marche ou de ce qu'attendent les gens. Une démarche honnête qui mérite d'être soutenue rien que pour ça et qui, au-delà du son plus ou moins raide selon les albums, propose de belles choses tant en mélodies qu'en ambiances. "Hey ! Doctor West" est d'ailleurs très réussi dans un style plus aérien et très mélodique. "The Shadows Are Changing" est lui aussi très accrocheur et mélodique en plus de nous faire profiter du chant de Julie Lunel qui a du coup le micro pour elle seule et en profite pour placer des lignes de chant qui vous rentre dans le crâne très vite.

Un nouvel album conceptuel qui navigue entre rock, progressif et quelques arrangements plu electro, le tout baigné dans un feeling très années 70. Produit de manière un peu roots certes mais accrocheur, mélodique et clairement à part dans la scène actuelle.


Murderworks
Avril 2021




"The Final Trip Of My Destiny"
Note : 16/20

Comme promis, voici cette fois le deuxième nouvel album d'Anthon Norwell Experiment, "The Final Trip Of My Destiny", complément totalement instrumental au conceptuel "Under My Dreams... Or My Skin". Vous n'en aviez pas eu assez, voilà trois quarts d'heure de musique supplémentaire pour plonger encore un peu plus profondément dans l'univers du maître d'oeuvre.

Le côté conceptuel est bel et bien là même sans paroles puisque les dix morceaux de cet album n'en forment en fait qu'un seul séparé en plusieurs pistes, donc là encore il va falloir quelques écoutes avant d'entrer pleinement dedans. On retrouve des ambiances aussi sombres et introspectives que sur "Under My Dream... Or My Skin" même si "Voices And Tears" ouvre l'album sur quelque chose d'assez aérien. Globalement, le format instrumental permet à Anthon Norwell de se faire encore plus expérimental et de tester pas mal de choses que ce soit au niveau des arrangements ou du mélange de sonorités diverses et variées. Quelques sonorités et rythmiques ethniques ou world music viennent épicer un peu le tout et une grande place est laissée à la guitare électrique qui trouve de quoi s'exprimer ici. Pas de gros riffs pour autant puisqu'on évolue là encore dans une musique planante, atmosphérique, introspective et portée sur les émotions, aucun déferlement technique ou agressif ne sera entendu sur "The Final Trip Of My Destiny". On y entend par contre pas mal de soli de guitares blindés de feeling qui collent merveilleusement bien à ces morceaux empreints de mélancolie et très atmosphériques. Tout le monde le sait mais je vais le rappeler quand même, l'exercice de l'album instrumental est très casse-gueule puisque la voix n'est pas là pour appuyer les émotions et que la musique doit tout porter sur ses épaules. Le défi a été relevé avec ce nouvel album puisque l'on saisit parfaitement le propos sans avoir de textes, les ambiances font clairement comprendre de quoi il s'agit et l'introspection est flagrante.

"The Final Trip Of My Destiny" se montre donc un peu plus exigeant que son partenaire par sa nature d'album instrumental et délivre des ambiances une fois de plus prenantes et chargées émotionnellement. Tout en étant plus épuré, il est paradoxalement presque plus riche et profond que "Under My Dream... Or My Skin", peut-être justement parce que le côté instrumental pousse à développer des ambiances très fortes. Une fois encore la musique d'Anthon Norwell ne plaira pas à tout le monde tant il se détache totalement de toute mode et de tout carcan. Ces deux albums sont loin de taper dans ce qui fonctionne en ce moment et sont d'une authenticité incontestable, se contentant de livrer ce qu'ils ont à dire de la façon la plus honnête possible. Un parti pris risqué commercialement mais hautement respectable et qui fait du bien à entendre. Inutile de préciser qu'il est préférable de l'écouter en entier d'une traite puisque cet album n'est en fait qu'un unique morceau de près de trois quarts d'heure. Pour ce qui est du dyptique, vous pouvez parfaitement écouter chacun des albums à part mais vu que les deux sont de qualité autant ne pas se priver et profiter de l'expérience complète !

Un album qui complète "Under My Dream... Or My Skin" et qui arrive à être presque plus fort en émotions grâce au tout instrumental. Une fois de plus une musique honnête, poignante et enrichie par pas mal d'expérimentations.


Murderworks
Août 2020




"Under My Dream... Or My Skin"
Note : 16/20

Anthon Norwell est plutôt prolifique puisqu'il nous revient avec pas moins de deux albums pour son projet Experiment ! Un album instrumental dont je vais bientôt vous parler et un album chanté et conceptuel, "Under My Dream... Or My Skin" qui nous occupe aujourd'hui. Pas loin d'une heure de musique aux frontières du rock, du prog, du metal et avec toujours cette petite touche expérimentale justement.

"Extraction In A World Of Experiment" ouvre l'album en douceur avec déjà une ambiance assez particulière aussi planante que sombre. La volonté de créer son univers propre et de ne se fixer aucune barrière se fait une fois de plus entendre et "Give Me A Chance" continue avec là encore une ambiance sombre, de légers arrangements électroniques et des mélodies glaçantes. Je tiens à préciser qu'en dehors de quelques guests au chant (Sam Guerrier sur "Divergent Mind", Martial Prevel sur "Number III" et Jemina Robineau sur "Broken Star"), Anthon Norwell s'est occupé de tout lui-même et à l'écoute de l'album nul doute que cela a dû représenter pas mal de boulot. Une fois de plus, si vous recherchez des grosses guitares et du riff de bûcheron, vous risquez de déchanter rapidement puisque ce sont plutôt sur les terres d'un rock prog sombre et introspectif qu'Anthon Norwell vient chasser. Ici tout est dans les émotions et le feeling se partage la part du lion avec les mélodies. Même quand l'expérimentation pointe le bout de son nez, la musique d'Anthon Norwell reste suffisamment accrocheuse et évocatrice pour que personne ne se perde. "Insignificant" montre un visage plus rock et direct qui apporte un peu de patate en milieu d'album tout en gardant cette mélancolique ambiante. "Under My Dream... Or My Skin" arrive à se montrer hétérogène en gardant une cohérence à toute épreuve et on sent même sans les paroles que l'album est conceptuel, les morceaux s'imbriquent parfaitement en un tout qui évoque clairement l'introspection. Différentes sonorités et influences se croisent ici sans jamais se prendre les pieds dans le tapis en plus d'apporter une richesse et une profondeur très appréciable à l'ensemble.

Comme d'habitude, ceux dont les oreilles sont habituées aux grosses productions avec un son bien lisse et propre vont peut-être grincer des dents ici puisque tout est fait avec les moyens du bord et que cela risque de sonner un peu rustique pour certains. Pourtant, tout est parfaitement audible et cela nous change de la fameuse loudness war qui sévit depuis une bonne paire d'années. Ici, c'est certes un peu plus roots mais pour le coup l'authenticité de la chose ne fait aucun doute et toud les instruments sont parfaitement audibles donc il n'y a aucune raison de se plaindre. D'autant qu'à côté de ça on retrouve une fois de plus de très belles mélodies ("Dream Of Time" ou la fin de "Broken Star" par exemple) et des ambiances prenantes voire poignantes quand ce n'est pas un groove endiablé qui nous prend par surprise ("Number III"). L'album se termine par un morceau instrumental de plus de dix minutes qui constitue probablement la pièce la plus progressive de l'album tant les sonorités sont variées et les changements fréquents. On passe d'une ambiance à l'autre, d'un registre à l'autre sans crier gare pour une longue pièce très évocatrice une fois de plus qui laisse beaucoup de place à la mélodie. Pas de démonstration technique mais une grande richesse au niveau des rythmiques, des styles pratiqués et des ambiances posées. Une fin en beauté qui montre le spectre sonore occupé par Anthon Norwell Experiment et un morceau prenant en guise de baissé de rideau.

Un nouvel album sur lequel Anthon Norwell continue son introspection et qui nous livre une fois de plus son lot de mélodies poignantes et d'ambiances évocatrices. Plus rock et expérimental que metal, il demandera comme d'habitude une certaine ouverture d'esprit sans jamais être trop exigeant pour les novices.


Murderworks
Août 2020




"The Dark Parts Side Of Heaven"
Note : 16/20

Anthon Norwell Experiment, dont je vous avais déjà parlé en ces pages, est de retour avec rien moins qu'un double album concept ! Un projet ambitieux sur lequel certains groupes se sont cassés les dents, mais Anthon Norwell nous a déjà prouvé par le passé qu'il avait des ressources et je pars donc confiant avec ce nouvel opus nommé "The Dark Parts Side Of Heaven".

Une fois de plus il va être assez difficile de classer la musique proposée sur ce nouvel album, même si on pourrait parler d'un rock atmosphérique et planant avec une inspiration progressive. On sent souvent l'esprit de Pink Floyd flotter au-dessus de ces dix-neuf morceaux, que ce soit dans le côté planant ou les ambiances sombres et plombées. Vous vous doutez bien qu'il va falloir l'écouter une paire de fois pour s'y retrouver, entre les passages expérimentaux et la densité de l'album il est clair que l'on n'en fera pas le tour en une fois. Tant mieux pour nos oreilles, ce genre d'album fait du bien au milieu de certains groupes proposant une musique vite digérée et vte oubliée. Anthon Norwell n'en fait qu'à sa tête et ne cherche pas à entrer dans un quelconque moule, les sonorités et influences se mélangent, les structures se font complexes tout en proposant une musique relativement dépouillée et les ambiances sont aussi sombres que bizarres (les dissonances de "Memory Of Shadows" par exemple ). Pas de démonstration technique ici évidemment, très peu de saturation sur les guitares, le climat est feutré et à cheval entre la mélancolie et la dépression. Quelques sonorités orientales se font parfois entendre dans le chant de Jémina Robineau, sa voix apportant d'ailleurs une certaine chaleur qui crée un contraste avec les ambiances parfois assez froides. Le thème abordé concerne apparemment l'après vie, un thème qui intrigue visiblement Anthon Norwell puisqu'on le retrouvait déjà sur "Esoteric Fall".

Vous devez vous dire qu'avec tout ça vous n'êtes pas plus avancés. Alors pour mieux situer, la bio cite Camel, Steven Wilson et Pink Floyd comme influences, à défaut de pouvoir coller une étiquette cela permettra peut-être à certains de savoir à peu près dans quoi ils vont mettre les pieds. Il est à noter que le concept n'est pas totalement contenu sur ce CD, les dix-neuf morceaux présents ici constituent les deux premières parties du concept, la troisième sortant à part sur un EP. Par rapport à "Esoteric Fall", on note un chant plus présent même si la narration se fait une place importante, un chant partagé entre Pascal Louvigny et Jémina Robineau précédemment citée. Comme pour "Esoteric Fall", la production a été faite avec les moyens du bord mais le tout sonne suffisamment pour que l'on comprenne aisément ce qui se passe et pour entendre tous les instruments et arrangements distinctement, à moins de faire la fine bouche il n'y a rien de rebutant. Il y a en tout cas sur "The Dark Parts Side Of Heaven" la même sincérité que sur "Esoteric Fall", on sent que cette musique vient des tripes et le groupe n'a pas besoin d'en faire des tonnes pour nous saisir les tripes. Un album qui ne sera pas pour tout le monde surtout que ces dix-neuf morceaux représentent quand même près de soixante-quinze minutes de musique, mais ceux qui arriveront à entrer dans cet univers feront l'expérience d'un voyage aussi déroutant que poignant.

Un nouvel album une fois de plus personnel, riche et dense qui n'entre dans aucun moule et qui va totalement à l'encontre des modes actuelles. Plus complexe et plus planant encore que "Esoteric Fall", ce nouvel album évolue par contre dans un univers semblable et prouve qu'il y a bel et bien une patte Anthon Norwell.


Murderworks
Août 2017




"Esoteric Fall"
Note : 17/20

Nous vous avons déjà parlé du groupe de metal progressif Memory Of Silence en ces pages, mais cette fois je vous présente le projet solo d'Anthon Norwell qui pour le coup s'éloigne du terrain de jeu de Memory Of Silence. Il nous livre cette fois un album quasiment instrumental, les rares voix qui l'habitent sont presque toutes des samples, et propose pour le coup un univers très sombre, parfois expérimental et plutôt évocateur tout en restant évidemment empreint de progressif.

Le point commun avec Memory Of Silence, c'est justement ce côté sombre, très mélancolique voire carrément plombé. "Entrance", en à peine plus de deux minutes, donne déjà le ton avec une ambiance presque horrifique. Mais c'est "Heretic Nightmare" qui lance vraiment ce "Esoteric Fall" et si on sent quelques sonorités rock dans les riffs, il n'en reste pas moins que ce sont les mélodies et une ambiance sombre qui prédominent. Pas de gros metal qui tache ou de débordements techniques ici, la guitare est très présente mais apporte surtout des mélodies au lieu des gros riffs habituels. Quelques claviers appuient les dites ambiances sans jamais prendre le pas sur les guitares, donc pas de grosses nappes de synthé, juste de quoi apporter plus d'épaisseur à l'ensemble. Cet album solo d'Anthon Norwell privilégie la douceur et les ambiances, un morceau comme "Nostalgia" est d'ailleurs un très bon mélange des deux (avec quelques mélodies qui me rappellent presque le groupe Diabolique, pour les rares qui doivent connaître...). Un morceau qui apporte d'ailleurs quelques rayons de lumière à un album qui ne respire pas spécialement la joie de vivre. On sent en tout cas l'authenticité de la chose, on est loin de certains groupes qui jouent dark pour le plaisir de jouer dark. Anthon Norwell ne tombe jamais ni dans la facilité ni dans la caricature, les mélodies sont toutes inspirées et poignantes et le fait d'apporter quelques touches plus lumineuses de temps en temps donne une beauté assez particulière à cet album. Et si on peut vaguement deviner quelques influences à certains endroits, on aurait pourtant bien du mal à pointer un rapprochement en particulier. Anthon Norwell fait son truc et même si c'est un premier album solo, il présente déjà une personnalité affirmée.

Le maître des lieux en a aussi profité pour explorer divers territoires musicaux et certaines sonorités quelque peu exotiques se glissent ici et là au milieu de la mélancolie ambiante. Tout ces éléments donnent de la vie à "Esoteric Fall" et même si on sent un fil conducteur tout au long de l'album les morceaux nous font passer d'une ambiance à l'autre avec une facilité déconcertante. Une cohérence indéniable qui permet à Anthon Norwell de nous présenter des montagnes russe musicales sans jamais se prendre les pieds dans le tapis. Le dernier morceau, "My Heart", qui est le seul à être réellement chanté se permet donc le luxe de se détacher du reste de l'album sans choquer le moins du monde. Un album intéressant à plus d'un titre donc, puisqu'il permet, outre de passer un très bon moment musical, d'entendre qu'Anthon Norwell a plus d'une corde à son arc et qu'il peut aborder des registres très différents avec la même réussite que chez Memory Of Silence. Si vous connaissez la musique de ces derniers, ne vous attendez donc pas à quelque chose de similaire, mettez vos attentes de côté et profitez simplement de la musique. Il vous faudra forcément un certain temps avant d'assimiler cet "Esoteric Fall", il n'y a rien de techniquement dingue mais la variété des ambiances et les multiples registres abordés font que l'album ne vous livre ses secrets qu'après de multiples écoutes. Certains décrocheront peut-être aux premiers essais, mais si vous persévérez, cet album finira par vous parler. Je ne sais pas si c'est un hasard du tracklisting ou si c'est un ressenti personnel mais j'ai l'impression que plus on avance dans l'album plus il vous saisit. Et je me suis surpris à l'écouter plusieurs fois d'affilée, c'est dire à quel point la petite quarantaine de minutes passe vite !

Voilà donc un premier album solo qui se détache du pur metal mais sur lequel je vous conseillerais de jeter une oreille attentive. En ces temps d'uniformisation, voilà une musique personnelle, loin des codes propres au metal, qui se fout ouvertement des barrières et qui n'a d'autre prétention que de vous faire écouter ce qu'elle a sur le cœur.


Murderworks
Mars 2016


Conclusion
Le site officiel : www.facebook.com/anthon-norwell-experiment-1906869562870960