Le groupe
Biographie :

Allegaeon est un groupe de death metal technique et mélodique américain formé en 2008 et actuellement composé de : Greg Burgess (guitare / Cryogen, Organosyde, WretchedPain, Nuclear Power Trio), Brandon Park (batterie / ex-Suffer The Wrath), Michael Stancel (guitare / Artemesis), Riley McShane (chant / Continuum, Son Of Aurelius, ex-Smaragos, ex-Inanimate Existence, ex-Pathology, ex-Darkness Enthralled ) et Brandon Michael (basse / ex-Alighieri, FunkyTim & The Merlots, Peasant Hands). Allegaeon sort son premier album, "Fragments Of Form And Function", en Juillet 2010 chez Metal Blade Records, suivi de "Formshifter" en Mai 2012, de "Elements Of The Infinite" en Juin 2014, de "Proponent For Sentience" en Septembre 2016, et de "Apoptosis" en Avril 2019.

Discographie :

2008 : "Allegaeon" (EP)
2010 : "Fragments Of Form And Function"
2012 : "Formshifter"
2014 : "Elements Of The Infinite"
2016 : "Proponent For Sentience"
2019 : "Apoptosis"


Les chroniques


"Proponent For Sentience"
Note : 18/20

Allegaeon revient sur le devant de la scène avec "Apoptosis", son cinquième album. Fondé en 2008 aux Etats-Unis par Greg Burgess (guitare, Cryogen, Organosyde, WretchedPain), le line-up du groupe a connu d’importants changements, ce qui fait que le guitariste n’est plus que le seul fondateur. On retrouve donc à la batterie Brandon Park (ex- Suffer The Wrath), à la deuxième guitare Michael Stancel (Artemesis), au chant Riley McShane (Continuum, Son Of Aurelius, ex-Smaragos, ex-Inanimate Existence, ex-Pathology, ex-Darkness Enthralled) et à la basse Brandon Michael. Attendu depuis trois ans, ce nouvel album a pour but de repousser les limites du son du groupe, et c’est ce que nous allons découvrir maintenant.

On commence avec "Parthenogenesis", un titre instrumental qui pose les bases : ça joue vite, le son est lourd, très technique, mais met également en avant une mélodicité poussée à l’extrême. Le titre s’enchaîne automatiquement avec "Interphase // Meiosis", qui utilise pour la première fois de l’album les capacités vocales de Riley McShane. Et cet homme est un véritable monstre, capable de pousser un growl caverneux comme un scream puissant, avec cependant une diction assez claire. Quant à la partie instrumentale, elle reste dans la lignée du premier morceau, avec une certaine virtuosité dans la composition. Tous les instruments sont mis à contribution pour créer cette rythmique dantesque, et ce n’est pas prêt de s’arrêter avec "Extremophiles (B)". Un peu plus groovy, ce morceau exploite pleinement les capacités du bassiste, alors que le chant est également beaucoup plus lourd que d’habitude. Si la vitesse reste impressionnante, la composition ne s’axe pas spécialement dessus. Et à la surprise générale, c’est une superbe voix claire qui s’ajoute au mélange, déjà très riche !

Le groupe continue de nous matraquer avec "The Secular Age", une nouvelle composition imposante et qui va en faire headbanguer plus d’un. Sans s’accorder une seule seconde de répit, le groupe enchaîne les riffs, dont certains assez planants, et se permet même de doubler la voix du chanteur sur certains passages, afin de rendre la composition plus violente encore. On repart dans une rythmique bourrée d’harmoniques avec "Exothermic Chemical Combustion", un titre très efficace et au son parfois dissonant mais qui reste dans cet univers mélodique lourd, tout comme "Extremophiles (A)", qui débute par un sample au son très moderne. Plus lent, mais tout autant chiadé, le morceau est également parcouru d’un sample planant qui s’insère parfaitement dans le son du groupe. La recette est la même sur "Metaphobia", bien que le cran soit plutôt mis sur la violence pure et dure, parfois sublimée par un sample saccadé, et ce sont les harmoniques tranchantes et les influences brutal death qui flirtent avec le grindcore qui priment.

Après la quiétude finale, on débarque immédiatement sur "Tsunami And Submergence". Plutôt long, ce morceau est introduit par un sample qui amène un riff technique et prenant ainsi que des passages très dissonants. Le chant n’intervient que bien plus tard, et est encore une fois très diversifié, alors que "Colors Of The Currents" est une courte instrumentale planante. La guitare s’en donne à coeur joie pour nous offrir un petit moment de répit avant de nous envoyer la déjà culte "Stellar Tidal Disruption". Connue des fans depuis un moment, le groupe semble s’être réellement dépassé pour cette composition. Mêlant rapidité, riffs inspirés et hurlements bestiaux, ce morceau a tout pour plaire et représente parfaitement ce que le groupe est devenu : une machine de guerre. Et c’est d’ailleurs le dernier morceau qui va le prouver aux réfractaires en dix minutes. Si l’introduction est toute douce, ne vous y fiez pas, car la puissance d’Allegaeon va vite revenir à grands coups de rythmique martiale qui mise sur le potentiel des musiciens à chaque instant.

Lorsque j’ai découvert Allegaeon il y a quelques années, j’ai tout de suite été surpris par leur puissance, et "Apoptosis" n’échappe pas à la règle. Le groupe a évolué, les changements de line-up, volontaires ou non, ont forgé l’âme de la formation. Et c’est grâce à cette expérience de plus de dix années que le groupe compose des morceaux aussi intéressants. Rendez-vous au Hellfest !


Matthieu
Avril 2019




"Proponent For Sentience"
Note : 18/20

Le death metal technique peut parfois sembler être un pari risqué. En effet, qui dit technique ne veut pas nécessairement dire originalité ou diversité. Bien souvent, malheureusement, plusieurs groupes du genre tombent dans le même piège et proposent des albums beaucoup trop longs qui semblent n’être que la même chanson en mode répétition durant 60 minutes. Allegaeon, groupe de death technique de Fort Collins, Colorado, évite le piège avec brio. En effet, dès les premières notes faisant suite à l’introduction orchestrale de "Proponent For Sentience I – The Conception", l’auditeur est rapidement attaqué par des riffs acérés de guitare ainsi qu’une batterie qui, décidément, ne fera aucun quartier et le coup de grâce est donné par la puissante voix de Riley McShane, qui signe d’ailleurs ici sa première performance avec le groupe.

Allegaeon, en plus de faire dans le metal technique, ajoute un défi de plus dans la balance en proposant un album concept, sur un futur pas si vraiment distant, sur les effets néfastes ou négatifs de la robotique, de la technologie et du sort de l’humanité au travers de ce "melting pot". Je ne suis jamais vraiment très bon pour saisir toutes les subtilités des albums concept, alors je laisse le soin aux auditeurs d’en tirer leur propre conclusion. La diversité est au rendez-vous dans ce "Proponent For Sentience". Des riffs à la Nevermore, aux solos furieux tributaires du fin travail d’orfèvre de Michael Amott d’Arch Enemy, les membres d’Allegaeon se sont clairement afférés à peaufiner et fignoler avec la patience d’un horloger chacune des minutes qui composent ce "Proponent For Sentience" N’ayant que quelque secondes pour reprendre notre souffle avec l’introduction glorieuse à la guitare classique résolument hispanique de "Grey Matter Mechanics – Appasonata Ex Machinea", McShane relance les hostilités, s’accompagnant lui-même dans un duo de cri démoniaque préparant au pire. La basse est d’ailleurs sublime dans ce morceau, Corey Archuleta faisant de lui-même un parfait petit DiGiorgio. Ce n’est qu’au retour de la guitare classique en conclusion de la pièce que l’on parvient à peine à réaliser ce qui c’est réellement passé.

Le groupe se paye en fin d’album deux petits plaisirs. Le premier, et remercions Dave Otero (Cattle Decapitation, Cephalic Carnage) qui, mentionnons-le au passage, a fait un travail colossal au niveau de la production, a convaincu le groupe de recruter Bjorn "Speed" Strid (Soilwork) pour pousser la chansonnette sur le dernier morceau de l’album. Et en clôture, le groupe s’est payé une petite reprise toute en finesse, rendant hommage à Rush avec "Subdivision". Le tout est fait avec un respect clair pour le groupe, McShane y allant même d’un chant clair fort appréciable. Gardez en tête le nom d’Allegaeon et de "Proponent For Sentience", car ce quatrième album du groupe, sans souhaiter tout de suite qu’il soit l'apothéose des Américains, pourrait bien marquer leur carrière à tout jamais.


Mathieu
Octobre 2016




"Elements Of The Infinite"
Note : 19/20

Loin des grands groupes œuvrant dans le même style, comme Arch Enemy entre autres, il existe plein de formations qui, elles aussi, ont de l'énergie à revendre. Encore méconnu en France, Allegaeon fait partie de ceux-là, et OH PUT*** QUE C'EST BON ! Désolé pour cet écart de langage, mais c'est vraiment l'expression de ce que j'ai ressenti en écoutant leur nouvel album "Elements Of The Infinite"… J'avais découvert le groupe avec leur deuxième album "Formshifter", et ma bonne impression de l'époque se confirme aujourd'hui. Encore plus évolué, mieux construit, cet album sera celui-qui offrira à Allegaeon le statut qu'il mérite !

Pour une fois, je ne dirais pas que l'intro est inutile. Acoustique, elle reprend le travail qui a commencé à la vue de la pochette et termine de placer l'auditeur dans une atmosphère apocalyptique. Elle permet aussi de prouver les talents techniques des différents musiciens. Puis le groupe lâche les rennes ! Le chant d'Ezra Haynes vient nous tirer de notre torpeur naissante, soutenu par une partie musicale forte en maîtrise, en technique et en mélodie. Là où de nombreux groupes se plantent en voulant en faire trop, Allegaeon a réussi à mêler ces ingrédients en conservant un équilibre parfait. Le duo de guitares jongle à merveille avec les riffs, d'un côté lourds et écrasants, de l'autre plus légers et épiques. Il excelle également dans les solos qui viennent de-ci, de-là amener une touche heavy / speed aux compos du groupe.

La partie rythmique n'est pas en reste. Le batteur amène les différents tempos de chaque titre, passant des parties lentes aux parties rapides (voire plus que rapides) sans aucun temps mort. Avec les lignes de basse, l'ensemble est homogène, ce qui ne gâche en rien le plaisir des oreilles. Souvent décrié pour son manque d'originalité, le chant d'Ezra est loin d'être mauvais ! Au contraire, il arrive lui aussi à passer par différentes phases sans faillir. Je retrouve même dans son guttural death quelques pointes de black metal, mais aussi de heavy sur les parties plus "calmes". Alors je dis "non" aux détracteurs ! Le chant n'est pas un point faible chez Allegaeon ! Il fait partie intégrante de l'originalité des morceaux du groupe.

Alors oui, j'ai été plus que séduit par cet album. Parmi les nombreux que j'ai écoutés cette année, il fait indéniablement partie des meilleurs. Si vous ne connaissez pas encore Allegaeon, il est grand temps de découvrir ce groupe !


Nicko
Août 2014


Conclusion
Le site officiel : www.facebook.com/allegaeon