Le groupe
Biographie :

A Life Divided est un groupe de metal gothique electro allemand formé en 2002 et actuellement composé de : Jürgen Plangger (chant), Toby Egger (basse), Korl Fuhrmann (batterie) et Tony Berger (guitare). Erik Damköhler (programmation / clavier). Après "Virtualized" (2003) et "Far" (2006), le troisième album, "Passenger", sort le 28 Janvier 2011 chez AFM Records. Il est suivi par "The Great Escape" en Janvier 2013, toujours chez AFM Records. L'album suivant, "Human", sort en Avril 2015. Le sixième album, "Echoes", sort en Janvier 2020.

Discographie :

2003 : "Virtualized"
2006 : "Far"
2011 : "Passenger"
2013 : "The Great Escape"
2015 : "Human"
2020 : "Echoes"


Les chroniques


"Echoes"
Note : 15/20

Cela fait déjà près de quatre ans que "Human", le précédent album de A Life Divided est sorti, il était donc temps que le groupe se remette au travail. C'est chose fait avec "Echoes" qui nous arrive en ce début d'année et qui marque apparemment l'inclusion de sonorités synthwave dans la musique du groupe. Un style assez en vogue ces derniers temps et qui pourrait très bien s'intégrer dans la musique très mélodie de A Life Divided, voyons donc ce que donne cette petite nouveauté.

"Hello Emptiness" ouvre l'album en débutant en douceur avec effectivement des sonorités très synthwave et années 80 avant d'enchaîner sur du A Life Divided plus classique, à savoir cette espèce de mélange metal / pop très accrocheur et mélodique. On retrouve la patte habituelle du groupe car si cet apport de nouvelles sonorités change un peu l'habillage, la fond reste le même et A Life Divided n'a pas changé son fusil d'épaule. C'est plus une histoire d'arrangements que de changements profonds dans la composition et la musique du groupe se fait toujours aussi accrocheuse avec en fond cette mélancolie habituelle et ce côté très poppy. Comme d'habitude, les gros bourrins peuvent fuir à toutes jambes et se boucher les oreilles, il n'y a rien qui puisse leur parler ici. L'orientation eighties ne se sent réellement que sur certains morceaux comme "Addicted" qui, pour le coup, sonne de façon bien plus légère que le reste avec une mélodie presque joyeuse qui pourrait servir de fond à un teen movie. Pareil pour "Rock N Roll Star" qui est plus énergique et plus festif et qui là encore sent très fort la musique pour adolescents, le genre de truc que certains auraient pu se mettre dans les oreilles au collège ou au lycée. C'est là que A Life Divided se démarque un peu de tous les autres groupes à avoir utilisé des influences synthwave ces dernières années. Si la plupart s'en servaient pour donner un côté glauque, inquiétant et faire clairement ressortir l'influence des bandes originales composés par John Carpenter, le groupe s'en sert ici pour appuyer le feeling années 80 et faire un retour en arrière nostalgique vers les vertes années de ses membres. Pour le coup, les riffs se font moins puissants et le léger côté metal recule un peu pour donner une musique d'autant plus pop et radio friendly.

On retrouve le A Life Divided que l'on connaît bien sur "Far" qui laisse les sonorités eighties et synthwave en retrait pour donner dans le mélange rock / metal / goth que le groupe pratique depuis ses débuts. De toute façon, en dehors de cet aspect retro dans les arrangements et de quelques mélodies peut-être un peu plus guillerettes de temps en temps; le visage du groupe n'a pas foncièrement changé et "Echoes" présente une évolution sympa sans dénaturer la patte du groupe. Un peu de chant ciré refait son apparition vite fait sur "Anybody Out There" qui est lui aussi assez énergique et teenager dans l'âme. "Push" balance la sauce et constitue sûrement le morceau le plus énergique de "Echoes" et le plus proche des précédents albums. Le groupe opère donc un léger changement dans la forme avec ce petit côté rétro années quatre-vingt mais ne devrait pas dépayser pour autant son public, surtout que cela ne fait pas de mal de varier un peu les plaisirs. Les albums du groupe étaient jusqu'à maintenant très proches au niveau du style pratiqué donc ajouter quelques éléments nouveaux permet à A Life Divided de ne pas trop se répéter. Peut-être que "Echoes" sera le seul album à arborer ce visage mais même si c'est le cas, il aura au moins amené un peu de fraîcheur dans la discographie du groupe et c'est toujours bon à prendre. Globalement, les fans vont s'y retrouver et ça sonne toujous aussi gros et propre donc pas de gros dépaysement non plus à l'horizon. Il y a tout au plus un côté entraînant un peu plus marqué qui prend de temps en temps le pas sur les ambiances les plus mélancoliques.

Un nouvel album qui apporte donc quelques petits changements dans la forme mais qui ne change pas le style du groupe pour autant ni son efficacité, vous retrouverez donc votre mélange rock / metal / goth accrocheur, mélodique et parfois un peu plus enjoué qu'auparavant.


Murderworks
Février 2020




"Human"
Note : 15/20

J'avais laissé A Life Divided avec "Passenger" qui était sympa à réécouter de temps en temps mais sans être vraiment marquant, en ayant loupé au passage la sortie de "The Great Escape" qui ne changeait rien à la formule mais qui était un peu plus constant niveau qualité. Cinquième album donc pour les Allemands de A Life Divided et avec "Human", le groupe continue sur sa lancée avec son goth - metal - pop - rock.

On retrouve très vite ses marques à l'écoute de ce nouvel album, toujours le même mélange même si "Burst" nous accueille avec quelques voix plus couillues sur son refrain. Mais globalement, c'est toujours le même groupe, la différence se situant comme je le précisais plus haut dans le fait que A Life Divided arrive maintenant à fournir des albums accrocheurs de bout en bout. Si "Passenger" s'essoufflait un peu sur la fin, ce "Human" et son prédécesseur arrivent à nous tenir les tympans pendant une bonne cinquantaine de minutes. Typiquement le genre de musique à faire péter à fond les ballons avec le beau temps qui revient, ou à fond dans la voiture, et qui doit sûrement très bien fonctionner en live soit dit en passant. Alors certes le metal semblera toujours aussi lointain pour les puristes de tout poil, il faut prendre ce groupe pour ce qu'il est, à savoir une usine à tubes et l'écouter en conséquence. Le but de A Life Divided n'est certainement pas de livrer la musique la plus brutale et sombre qui soit, ni d'expérimenter à tout-va, mais tout simplement de livrer un gros rock goth avec des touches electro qui soit capable de vous faire taper du pied. Et pour ça, il faut le dire qu'ils commencent à devenir forts. Les quelques passages à vide du passé ont quasiment disparu et chaque morceau fait le boulot tranquillement, ça accroche et les 50 minutes passent comme une lettre à la poste. Même la ballade typiquement ado et sirupeuse qu'est "Inside Me" passe sans aucun problème !

Après, on peut bien entendu trouver ça trop léger, trop niais, ou trop soft tout simplement mais ce n'est qu'une question de goût et objectivement A Life Divided fait son boulot de mieux en mieux. On sent toujours de grosses sonorités modernes, mais pour autant la musique de groupe n'est pas aussi américanisée que celle d'un Lacuna Coil par exemple. On ne trouve pas vraiment de riffs saccadés typiques du néo ici, même si les guitares sont assez maousses pour le genre. On trouve même de très légères influences Depeche Mode dans les lignes de chant du refrain de "Just Nothing", remplacez le "just nothing" par "it's no good", ça devrait vous rappeler quelque chose. D'ailleurs, tant qu'on y est, précisons que le son est bien entendu énorme, ce qui est la norme dans ce genre de musique, il ne faudrait pas choquer les tympans du grand public. Grand public qui ne sera pas forcément touché partout d'ailleurs, ce genre de groupe fonctionne en général très bien en Allemagne mais c'est moins évident chez nous. Ce qui est bien dommage soit dit en passant, parce que même si les gros bourrins vont trouver ça immonde, je préfère largement entendre ça que les abominations de Skyrock par exemple. Et honnêtement, ça manque parfois ce genre de groupes très accrocheurs qui ne se prennent pas la tête, j'adore les groupes qui offrent une musique originale, complexe, ou brutale mais un peu de simplicité fait du bien de temps en temps. Et franchement, dans le genre, ce "Human" fait très bien l'affaire, son prédécesseur aussi d'ailleurs.

Nouvel album pour A Life Divided qui continue sur sa lancée en réussissant à être plus constant dans la qualité de ses albums. Là où un "Passenger" pouvait s'affaiblir sur la fin, ce nouveau méfait est accrocheur tout du long et fait efficacement son boulot d'usine à tubes.


Murderworks
Mai 2015




"The Great Escape"
Note : 13/20

Signés chez le célèbre label AFM Records, les Allemands de A Life Divided nous reviennent en cette année 2013 avec un nouvel album "The Great Escape". Le moins que l’on puisse dire c’est qu’il est autant accessible que déroutant.

Accessible dans le fait que l’on n’a pas besoin de se prendre la tête pour "comprendre" cet opus, en effet si on connaît un peu la pop rock et le metal allemand on ne sera nullement dérouté, pas vraiment de surprise à ce niveau. Mais parfaitement déroutant dans le sens où Jürgen nous offre une prestation vocale parfaite tout au long des 13 chansons de la galette. Avec une voix qui colle parfaitement au genre, une technique irréprochable, il sauve à lui seul "The Great Escape" ; car malheureusement -et malgré le talent certain des musiciens- la sauce ne prend pas. Effectivement toutes les chansons sont construites sur le même principe, à savoir une intro electro que reprennent les guitares lourdes puis vient le chant et enfin le morceau patate pour finir doucement. Donc passé l’agréable surprise du premier titre ("The Lost") on se lasse très rapidement d’entendre tout le temps plus ou moins la même chose. Bon, cela dit, l’album ne manque pas d’originalité, même si cela se reflété principalement sur deux ou trois titres. "Feel" par exemple sort du lot car c’est une ballade mais plus "poussée" rythmiquement parlant. Impossible de danser un slow dessus mais l’on sent toute l’émotion que l’on pourrait ressentir sur une chanson romantique. "Foreign Rain", quant à lui, étonne grâce au chant oriental présent dans l’intro, un changement d’univers qui fait du bien après sept titres très semblables. Et la "gameuse" que je suis aurait honte de ne pas donner une mention spéciale au cinquième morceau "Game Over". Il reprend en fond musical des sonorités 8 bits retro-gaming du plus bel effet, qui plongeront tous les gens de ma génération dans une nostalgie heureuse.

En bref, "The Great Escape", avec son mélange d’influence Rasmus, Oomph!, qui pourrait paraître pas mal sur le papier, déçoit un peu par sa linéarité. Typiquement teuton, l’album devrait plaire principalement aux femmes si tant est qu’elles aient un gros côté fleur bleue. Je reste malgré tout optimiste sur le fait que le groupe doit véritablement déboîter en live. A voir.


Killheart
Mars 2013




"Passenger"
Note : 12/20

Après un EP (plutôt un single en fait) nommé "Heart On Fire" voici les Allemands de A Life Divided de retour avec un véritable album. Je me demandais si ce "Passenger" allait être aussi accrocheur et prometteur que le EP/single dont je parlais plus haut, et pour aller droit au but on va dire que ce n’est pas tout à fait le cas. Le groupe officie dans un genre qu’on pourrait qualifier de mélange de pop rock electro avec de légères influences gothiques qui se montrent discrètement de temps en temps. C’est direct, ça se garde en tête pendant un bon moment et ça devrait sûrement faire flamber les dancefloors et les charts allemands tout en faisant mouiller quelques petites culottes. Bon bah alors qu’est ce qui ne va pas me direz-vous ? Ben le truc c’est que même si le groupe montre souvent le don de faire des morceaux accrocheurs en diable, l’exploit n’est validé que sur la moitié de l’album à peu près.

Les 5 premiers titres de l’album sont très bons dans le genre, ça s’écoute tout seul et ça se retient très facilement pour une éventuelle session a capella sous la douche. La deuxième moitié de l’album, sans être mauvaise, se montre quand même relativement moins inspirée et ne marque pas autant les esgourdes que sa grande sœur. On ne se fait pas chier pour autant mais bon on se dit que vu le potentiel tubesque déployé sur les premiers titres, le groupe aurait pu largement nous compléter le reste avec d’autres tueries. C’est dommage parce que les morceaux sur lesquels la recette est bien appliqué ont tout ce qu’il faut : fausses grosses guitares, deux trois riffs un poil nerveux (pour le genre en tout cas), mélodies imparables et refrains qui s’incrustent à la superglue dans votre cerveau. Niveau son forcément ils ont sorti la grosse artillerie, c’est le genre de musique qui souffrirait beaucoup d’avoir un son moyen. C’est quand même pas mal calibré et il faut que ça fasse un carton à la télé, à la radio et dans les boîtes donc si vous sortez du studio avec un son raw black metal ça risque de le faire moyen. Le chant colle lui aussi très bien au style, une voix chaleureuse, mélodique et sachant se faire un peu plus rugueuse de temps en temps. Bref les standards du genre sont respectés à la lettre, et dans le genre mélodie qui te sors plus du crâne on notera la reprise d’Alphaville "Sounds Like A Melody" qui est très efficace dans ce domaine. C’est typiquement le genre de musique qu’on peut pousser à fond dans la voiture, ça passera nickel sur un trajet quelconque.

Vraiment pas un mauvais album dans le genre donc, mais c’est vrai qu’on peut commencer à s’ennuyer un peu vers la fin de la galette. Bon en même temps c’est un premier album et je pense que ça suffira largement à faire bouger le nombre règlementaire de fesses imposé à ce genre de groupes. Mais si les Allemands avaient réussi à maintenir le potentiel accrocheur sur la totalité de l’album on aurait eu là un album redoutable et idéal en période estivale (ça peut aussi réchauffer en hiver justement). Donc voilà c’est sympa, ça s’écoute tout seul, mais le groupe aurait pu faire mieux. En espérant que le prochain album soit un véritable tueur de charts, parce que ça fait quand même du bien de temps en temps d’écouter une musique plus directe et légère. On n’est pas des bouchers non plus… Ah, on me dit dans l’oreillette que si en fait.


Murderworks
Janvier 2011


Conclusion
Le site officiel : www.a-life-divided.de