Le groupe
Biographie :

Ævangelist est un groupe de death / black metal finlandais formé en 2010 et actuellement composé de : Matron Thorn (instruments, bruits / Benighted In Sodom, Midwinter Storm, ex-Blight, Andacht, Carrie White Burns In Hell, Carrion Blues, Cathaaria, Disenchantra, Palindrome, Vagrant Starscape, ex-Bethlehem, ex-Chaos Moon, ex-Leviathan) et Stéphane Gerbaud (chant / ex-Anorexia Nervosa, ex-Necromancia). Entre deux EPs, Ævangelist sort son premier album, "De Masticatione Mortuorum In Tumulis", en Octobre 2012 sur le label I, Voidhanger Records. Un an plus tard, arrive le deuxième album, "Omen Ex Simulacra", sur le label français Debemur Morti Productions. "Writhes In The Murk" suit lui aussi un an plus tard, en Septembre 2014. "Enthrall To The Void Of Bliss" sort en Octobre 2015 chez 20 Buck Spin. 2018 voit la sortie de deux albums, "Heralds Of Nightmare Descending" en autoproduction et "Matricide In The Temple Of Omega" chez I, Voidhanger Records. En 2018, Ævangelist change de chanteur et sort "Dream An Evil Dream II" en autoproduction en Janvier 2020, "Nightmarecatcher" en Février 2020 chez Hells Headbangers Records, et "Dream An Evil Dream III" en Février 2021 chez Dead Seed Productions.

Discographie :

2011 : "Oracle Of Infinite Despair" (EP)
2012 : "De Masticatione Mortuorum In Tumulis"
2013 : "Nightmare Flesh Offering" (EP)
2013 : "Omen Ex Simulacra"
2014 : "Writhes In The Murk"
2015 : "Enthrall To The Void Of Bliss"
2018 : "Heralds Of Nightmare Descending"
2018 : "Matricide In The Temple Of Omega"
2020 : "Dream An Evil Dream II"
2020 : "Nightmarecatcher"
2021 : "Dream An Evil Dream III"


Les chroniques


"Dream An Evil Dream III"
Note : 15/20

L'hypothèse d'entendre parler à nouveau d'Ævangelist était encore improbable il y a quelques temps puisque suite à la séparation de Matron Thorn et d'Ascaris, le groupe semblait mort et enterré. Sauf que les deux ont annoncé continuer chacun de leur côté en utilisant ce même nom et si Ascaris n'a pas encore donné signe de vie, Matron Thorn dans son stakhanovisme habituel, nous livre déjà son troisième album sous cette mouture ! Après "Dream An Evil Dream II" en Janvier 2020 et "Nightmarecatcher" en Février 2020 (oui oui, deux albums en un mois !), le groupe est de retour avec "Dream An Evil Dream III".

Pour ce retour, le bougre est allé chercher un chanteur que l'on n'avait plus entendu depuis bien longtemps, à savoir Stéphane Gerbaud dont la dernière apparition vocale à ma connaissance remonte au "Exile" d'Anorexia Nervosa, le premier album sur lequel le groupe pratiquait encore un gothique indus malsain à des années-lumière de ce qu'il allait proposer par la suite. C'est donc déjà son troisième album d'Ævangelist en un an et son chant dégueulasse, grave et flippant, colle très bien au metal extrême barré et torturé d'Ævangelist. Si "Dream An Evil Dream II"était parti dans quelque chose de plus raw avec une production plus sèche et un metal totalement délaissé de ces fameuses couches de son auxquelles le groupe nous avait habitué, "Nightmarecatcher" les faisait revenir sur le devant de la scène, dans une certaine proportion en tout cas. N'oublions pas que le groupe avait déjà commencé à lever un peu le pied là dessus et que les deux premiers albums resteront les plus chaotiques et magmatiques. En tout cas, l'extrémisme de la chose n'a clairement pas disparu et ce nouvel album est constitué d'un unique morceau de quarante-six minutes. Après près de trois minutes d'intro samplée, le groupe démarre sur un black metal très dissonant et toujours aussi accueillant qui évoque plus une copulation entre Deathspell Omega et le Blut Aus Nord de "The Work Which Transforms God" que le passé très chaotique d'Ævangelist sur ces premières minutes. Le tempo est assez lourd et le groupe confirme son envie de lever le pied et de ne plus ruer dans les brancards en blastant comme un porc en permanence et en multipliant les couches de son.

Ævangelist se fait plus direct, plus épuré, mais le malaise qu'il crée n'en pas amoindri, c'est peut-être même le contraire puisque l'on entend maintenant clairement tous ces motifs malsains et glauques que ce morceau développe. Une facette extrême d'autant plus appuyée par ce format qui fait qu'il n'y a aucune pause et aucun espace pour reprendre son souffle, les quarante-six minutes passent d'un seul coup et le groupe prend un malin plaisir à nous faire souffrir par tous les moyens. Cette approche ajoute encore de l'intensité à une musique qui n'en a pourtant jamais manqué, la rendant encore plus éprouvante et plus extrême dans tous les sens du terme. La musique d'Ævangelist n'a jamais été évidente à appréhender et le groupe ne fait clairement rien pour vous faciliter la tache, il va falloir persévérer comme d'habitude et se plonger totalement dans ce monde de cauchemar. Au bout de dix-sept minutes, on part en vrille avec des structures complètement tordues à grands renforts de contretemps et avec les riffs complètement dissonants par dessus la folie ambiante devient presque palpable. Tout ce qu'Ævangelist a laissé de côté en brutalité pure, il l'a gagné en ambiances malsaines et en arpèges dégueulasses et poisseux. "Dream An Evil Dream III", tout en conservant la folie du groupe intacte, prend en plus un aspect rampant, sournois et d'autant plus cauchemardesque. Pour amplifier encore tout ça, le chant est mixé en retrait et cette espèce de growl glaireux que dispense Stéphane Gerbaud prend des allures de créature lovecraftienne, maléfique, s'exprimant de très loin et m'évoque systématiquement la scène de fin de Prince Of Darkness de John Carpenter avec ce portail menant tout droit en enfer à travers un miroir.

Ævangelist continue sur sa lancée avec un mélange black / death toujours aussi extrême et cauchemardesque qui s'exprime cette fois sur une unique piste de trois quarts d'heure. "Dream An Evil Dream III" ne révolutionne pas la formule du groupe mais les ambiances qu'il crée lui donnent une puissance d'évocation terrifiante.


Murderworks
Mars 2019




"Matricide In The Temple Of Omega"
Note : 15/20

Si le dernier véritable album d'Ævangelist date de 2015, le groupe n'a pas chômé pour autant et est revenu en 2018 avec deux albums, "Heralds Of Nightmare Descending" uniquement sorti en digital et"Matricide In The Temple Of Omega" qui va nous occuper aujourd'hui et qui est lui sorti en CD.

On peut dire clairement que ces cinglés ne se sont pas calmés puisqu'en dehors de l'intro, le morceau le plus court dépasse les huit minutes, les autres se situant entre dix et dix huit minutes ! Autant dire qu'Aevanglist nous veut encore et toujours du mal et qu'il va prendre le temps de frapper autant que possible. On note dès l'arrivée de "Aeon Death Knell" une orientation et une production plus proches du black metal que précédemment, le son gras, puissant et très death metal ayant ici cédé la place à des guitares tranchantes et une production plus riche en aiguë et medium qu'en basses. On sent aussi que le groupe ne superpose plus autant de couches de sons qu'avant et qu'il privilégie maintenant le côté malsain de ses mélodies et de ses riffs au lieu de balancer un magma sonore à peine discernable. Un chant clair déclamé et habité vient de temps en temps balancer ses litanies, donnant un côté encore plus cinglé et déconnecté de la réalité à la musique du groupe. Le chaos est tout de même présent notamment dans les accélérations totalement soudaines et incontrôlées, ou certains structures toujours aussi tortueuses. Cinq vrais morceaux plus une intro pour une heure de musique, voilà pour vous situer l'engin et vous donner une idée de ce qui va vous tomber dessus. Une fois de plus, "Matricide In The Temple Of Omega" est un album dense, chaotique, fou et malsain, même si la forme a changé et que les instruments sont un peu plus simples à repérer. La musique du groupe se fait peut-être légèrement plus facile à déchiffrer mais elle reste toujours aussi éprouvante et si la visite en profondeur d'un asile psychiatrique et des esprits dérangés qu'il abrite ne vous enchante pas, fuyez de suite ! Un morceau comme "Omen Of The Barren Womb" dissonant à souhait et complètement déstructuré découragera d'entrée de jeu les moins avertis.

Une fois de plus, la forme a changé mais le fond est là, ce côté très dissonant justement, très malsain, tordu et qui donne l'impression que rien n'est contrôlé et que tout le monde se lâche dans son coin. A défaut d'avoir un album plus calme, on en a un qui est plus aéré, Ævangelist a laissé un tout petit peu plus d'espace dans ses morceaux ou du moins les surcharge un peu moins qu'avant. Le tout reste quand même bien taré et bordélique et si vous espériez entrer plus facilement dans ce nouvel album que dans les précédents, votre enthousiasme ne va pas durer longtemps. L'ambiance est toujours aussi plombée et malsaine et la folie trouve toujours beaucoup de place pour s'exprimer, même si les blasts quasiment constants des deux premiers albums ont disparu ici. Il reste encore des accélérations mais elles sont plus rares et plus conventionnelles et ne donnent plus cette impression de bouillie sonore incompréhensible. Le statut du groupe est incertain pour le moment, quelques embrouilles personnelles entre les membres du groupe visiblement, nous ne sommes donc pas sûr d'en entendre encore à l'avenir. Reste l'option d'aller jeter une oreille sur les trente douze mille autres projets de Matron Thorn puisque visiblement le bonhomme ne s'arrête jamais et doit bien sortir une dizaine d'albums par an si ce n'est pas une quinzaine !

Nouvel album légèrement plus aéré et moins massif que ses prédécesseurs mais toujours aussi psychopathe, dérangé et malsain. Les blasts n'écrasent plus l'auditeur continuellement mais se permettent quand même encore de contribuer régulièrement au pétage de plomb général. Bref, la forme a légèrement évolué mais la santé mentale n'a toujours pas été retrouvée pour autant, donc si vous la voyez quelque part passez lui le bonjour !


Murderworks
Mars 2019




"Enthrall To The Void Of Bliss"
Note : 15/20

Ævangelist n'arrête jamais, son rythme d'un album par an est une fois de plus tenu avec "Enthrall To The Void Of Bliss" fraîchement débarqué. On se demande comment fait Matron Thorn pour être aussi productif, d'autant qu'il en pond aussi par dizaines chez Benighted In Sodom !

Mais venons-en à la musique puisque c'est surtout ça qui nous intéresse, et à ce niveau-là on s'y retrouve assez vite. Ævangelist n'a pas changé son fusil d'épaule et les premières notes de " Arcanae Manifestia" dissonantes et dégueulasses à souhait nous rappellent de suite chez qui on vient de mettre les pieds. Et au bout d'un peu plus de 2 minutes 30 d'intro crado, on retrouve le death / black crasseux et chaotique typique du groupe, même si ce dernier suit la voie tracée par "Writhes In The Murk" qui montrait un visage un peu moins bruitiste et chaotique. Un peu plus compréhensible certes, mais tout de même encore un sacré bordel et surtout sacrément extrême. Cette fois, on entend régulièrement une sorte de carillon en arrière-plan, histoire de rajouter encore un côté décalé à l'ensemble, comme si ce n'était déjà pas assez chaotique et malsain comme ça. Bref, autant dire que si le précédent album vous avez enchantés (est-ce vraiment le bon terme ?), celui-ci ne devrait pas vous décevoir tant on retrouve la même formule. C'est encore une fois extrêmement malsain, et si la brutalité et le côté jusqu'au-boutiste des deux premiers albums pourra une fois de plus manquer à certains, il n'empêche que le groupe n'a vraiment rien perdu en noirceur. Je serais même tenté de dire qu'il n'a rien perdu en folie non plus, elle trouve simplement un autre moyen de s'exprimer et honnêtement ce n'est pas plus rassurant pour autant. Le morceau qui termine l'album est d'ailleurs bien allumé, "Meditation Of Transcendental Evil" nous balance un Ævangelist pur jus avec des passages plus ambiants proprement flippants.

L'album parfait pour les fêtes de fin d'année qui approchent, malsain, gras, poisseux, complètement taré et irrécupérable à tous les niveaux. C'est surtout au niveau des guitares qu'on retrouve un peu plus de clarté depuis le précédent album d'ailleurs, les riffs sont enfin compréhensibles là où ils étaient noyés sous des pistes innombrables et des couches de sons hyper massives sur les deux premiers albums. Ævangelist nous fait un pied de nez, il nous montre que même en enlevant des couches de son, l'ensemble n'en est pas moins flippant et crade, une façon de dire que non, ces couches de son n'étaient pas des artifices qui cachaient un metal extrême banal. Une fois enlevées, on a quand même un sacré bordel complètement barré, une sorte de blob auditif qui se glisse dans vos oreilles à la recherche de tympans innocents à torturer. De là, cette saleté va se frayer un chemin jusqu'au cerveau et c'est là que ça va partir en vrille, le grand Chthulu lui-même vous apparaîtra une guitare à la main en faisant headbanguer ses tentacules sur cette musique improbable. Et comme d'habitude, cet album est à écouter d'une traite puisque les morceaux s'enchaînent sans interruption, créant un énorme bloc de 56 minutes qui vous écrasera du début à la fin sans vous offrir la moindre porte de sortie. On note quand même un interlude plus posé, "Alchemy" qui, avec un visage un peu plus electro, permet quand même de reprendre un peu son souffle, malgré le fait que ce soit tout aussi noir que les autres morceaux.

Je le redis, j'apprécie beaucoup le côté vraiment bordélique et complètement insondable des deux premiers albums, mais les deux derniers sont très bons aussi et toujours aussi malsains finalement. La forme a légèrement changé depuis "Writhes In The Murk" mais Ævangelist reste tout de même brutal, extrême et extrêmement noir, et ça tombe bien c'est exactement ce qu'on lui demande.


Murderworks
Décembre 2015




"Writhes In The Murk"
Note : 15/20

On avait laissé Ævangelist l'année dernière avec un deuxième album proprement terrifiant et glauque au possible. Les voilà déjà de retour avec un troisième pavé nommé "Writhes In The Murk" et on va voir si le groupe a bien fait de ressortir un album aussi rapidement.

Parce qu'autant l'annoncer tout de suite, ce troisième album est à peine plus court que le précédent, on tape dans les 59 minutes et après moins d'un an ce n'est pas évident d'éviter de tomber dans la simple copie. "Hosanna" qui ouvre l'album montre qu'Ævangelist ne s'est pas encombré de trop de fioritures pour son ouverture, là où "Omen Ex Simulacra" mettait bien trois ou quatre minutes pour vraiment démarrer. Ce morceau d'ouverture est plus dissonant et moins massif que ce que le groupe nous proposait auparavant, les énormes couches de claviers dégueulasses sont remplacées par quelques bruitages et les guitares se taillent la part du lion. On note aussi malgré quelques blasts et accélérations une vitesse de pointe quelque peu amoindrie, ce qui a pour effet de rendre le tout bien plus compréhensible et plus aéré. C'est à peu près la voie que va suivre "Writhes In The Murk" jusqu'à la fin, un Ævangelist plus contrôlé, peut-être moins impressionnant pour le coup puisque sa musique ne se présente plus un énorme bloc de sons plus ou moins identifiables. Après il faut relativiser, pour quelqu'un qui n'a pas l'habitude d'écouter ce genre de groupes chaotiques, ce nouvel album restera un sacré bordel incompréhensible. Pour résumer à quoi ressemble la bête à ceux qui seraient jusqu'à maintenant passés à côté, décrivons ça comme un mélange de black, de death, de dark ambiant, le tout fondu en une sorte de masse sonore totalement déstructurée et constituée de toute une quantité de couches de sons superposées. Comme je le disais dans ma chronique d'"Omen Ex Simulacra" c'est un peu comme si Portal (l'australien, pas la première incarnation de Cynic) avait copulé avec les deux premiers albums d'Esoteric.

La musique du groupe a donc quelque peu évolué depuis son précédent méfait, même si on reconnaît bien la patte. Ævangelist n'étant pas le genre de groupe dont on attend un changement de cap complet, les amateurs du genre devraient apprécier ce nouvel engin, un peu plus posé et contrôlé mais toujours malsain et un minimum barré. Je ne peux m'empêcher de ressentir une légère déception puisque le côté vraiment massif et surchargé des deux premiers albums me plaisait beaucoup, mais force est de constater que ce "Writhes In The Murk" est efficace aussi dans son genre. Et il était de toute façon difficile de surpasser "Omen Ex Simulacra" tant celui-ci avait poussé le bouchon loin par rapport à "De Masticatione Mortuorum In Tumulis", la surenchère étant impossible il était donc prévisible que le groupe lève un tant soit peu le pied. Ce nouveau bébé se fait plus sournois, plus insidieux, moins bruitiste et intransigeant mais finalement tout aussi inquiétant. Ævangelist se permet même sur "Aelixir" d'utiliser un saxophone en plein milieu de tout ce bordel, ce qui, loin d'arranger les choses, rend le morceau encore plus tordu et malsain. Un reste humain en quelque sorte perdu au milieu de cette orgie sonore proprement démoniaque, passage finalement cohérent dans un album littéralement possédé du début à la fin. C'est ce qui rend finalement cet album plus fourbe puisqu'il vous fait croire qu'il vous reste encore une chance de vous en sortir, là où son prédécesseur annihilait vos chances de garder votre santé mentale sans prendre de gants.

Au final, un troisième album qui présente un Ævangelist moins frondeur mais tout aussi diabolique. Reste à savoir si "Writhes In The Murk" va convaincre les amateurs des deux premiers albums puisque la violence brute y était bien plus présente. Pour ma part, ça fonctionne toujours, même si j'aime beaucoup le côté complètement taré et violent d'"Omen Ex Simulacra", je ne peux que reconnaître que ce nouvel album fait bien son boulot. Son seul défaut sera finalement de faire rentrer Ævangelist dans le rang avec les Portal et autres Mitochondrion (là où sa folie et sa violence jusqu'au-boutiste le démarquaient de ceux-ci auparavant), même si c'est relatif vu la singularité de ces bestioles par rapport au reste de la scène metal !


Murderworks
Novembre 2014




"Omen Ex Simulacra"
Note : 17/20

Si vous voulez de l'extrême, vous allez être servis parce que là ça ne rigole plus, à peine un an après son premier album Ævangelist est déjà de retour avec "Omen Ex Simulacra" et ils ne se sont pas calmés depuis la dernière fois, bien au contraire.

Dès le premier morceau, le groupe nous met dans le bain, un pavé de plus de 12 minutes pour démarrer dans de bonnes conditions ! Le morceau débute par 2 minutes bruitistes et glauques, pour finalement nous en remettre plein la gueule quand le morceau démarre avec toujours ce mélange black / death poisseux et brutal avec des claviers en fond qui donnent l'impression de jouer dans leur coin, rajoutant du coup une couche au côté totalement destructuré, bordélique et malsain de la chose. Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore Ævangelist, dites-vous que c'est à rapprocher de groupes comme Portal, Impetuous Ritual ou Antediluvian, bref on donne pas dans le sympho à chanteuse ici. La petite touche Ævangelist par rapport aux autres groupes de tarés du même genre, c'est, comme je le disais, ce côté noise constamment présent, des hurlements, des bruits de fond, des nappes de claviers dégueulasses, bref il y a toujours une couche bruitiste pour rajouter un peu de pétrole et de plomb en fusion dans ce mélange de boue et de sang. Tout ça donne bien entendu un énorme magma sonore malsain et pas évident à digérer pour ceux qui ne sont pas familier de ce genre de metal extrême, cela risque même de ne leur apparaître que comme du bruit sans queue ni tête. Pour ceux comme moi qui aiment ce genre d'immondices il n'y aura pas de quoi être dépaysé sur ce deuxième album, et tant mieux parce que ce qu'on cherche c'est justement cet énorme bordel qui nous donne l'impression que ce sont les grand Anciens de Lovecraft qui s'adressent directement à nous via les enceintes ! Cet album est littéralement une hallucination auditive, quelque chose d'hypnotique et effrayant à la fois, une expérience musicale proche de la curiosité malsaine, on sait qu'on ne devrait pas y jeter une oreille et pourtant quelque chose fait qu'on y retourne à chaque fois et qu'on se fait avoir à chaque écoute !

Ce truc, c'est le pétage de plomb intégral et définitif mis en musique, si on pouvait se brancher directement sur le cerveau des personnages de Lovecraft au moment où ils sont confrontés à l'Indicible on y entendrait sûrement "Omen Ex Simulacra" en boucle. Je vais oser un parallèle que d'aucuns trouveront sûrement foireux mais tant pis je me lance, Ævangelist c'est un peu Portal qui aurait copulé avec les deux premiers Esoteric. On y retrouve la même voix death caverneuse perdue dans les fins fonds de l'univers, les mêmes effets sur la voix, la même ambiance à la fois hallucinée, flippante et empreinte de folie totale. Les deux doivent d'ailleurs habiter plus ou moins aux abords du même trou noir, impossible de sortir une musique pareille en étant un être humain normal. Mais le pire dans tout ça, c'est que malgré l'horreur et la folie qui règne au sein de cet album de malades, on en redemande et les 75 minutes passent très vite pour peu qu'on accroche au genre. On se perd totalement dans cet masse sonore, on se laisse embarquer au fond du gouffre, à la fois tétanisés et fascinés par l'horreur de cette masse informe qui nous agrippe. Ce qui peut paraître paradoxal pour en revenir à un plan plus purement technique, c'est que la prod' est plus claire et plus audible que chez les autres groupes de cette scène mais que c'est quand même un sacré merdier. Bon, en même temps, vu les couches de bruits qu'ils ont rajoutées en fond, il valait mieux qu'on puisse distinguer un minimum ce qui se passe, mais vraiment un minimum hein parce que ça reste un sacré bordel.

Pour ceux qui aiment les albums de Portal, Impetuous ritual, Mitochondrion et autres saloperies dégoulinantes et chaotiques, ce nouvel album d'Ævangelist est très grand cru ! Les apports noisy qui en rajoutent une couche niveau ambiances oppressantes sont un plus qui démarque le groupe du reste de la scène, et le reste est à l'avenant ce qui fait de cet "Omen Ex Simulacra" un must à ne pas rater pour tous les amateurs de metal réellement extrême !


Murderworks
Mars 2014


Conclusion
Le site officiel : www.facebook.com/thetrueaevangelist