Le groupe
Biographie :

Ad Omega est un groupe de black metal italien formé en 2019 et actuellement composé de : Noktvrnal (chant, guitare, basse, synthé / Lamasthu, ex-Sethlans) et Vindur (batterie, synthé / Mörkvind). Ad Omega sort son premier album, "Tenebris Templum", en Avril 2021 chez Narcoleptica Productions.

Discographie :

2019 : "Luciferian Climax" (EP)
2020 : "Golden Age In Blasphemy" (EP)
2021 : "Tenebris Templum"


La chronique


Ad Omega est un duo italien actif sous ce nom depuis 2019, c’est donc une formation assez récente. Depuis que ces deux énergumènes se sont trouvés, les idées fusent, et pour preuves, deux EPs sont déjà sortis, respectivement en 2019 et en 2020, et 2021 est l’année de la sortie de leur tout premier longue durée, au nom aussi évocateur que banal : "Tenebris Templum". Vous aurez sans doute capté qu’un tel titre laisse peu de place à l’imagination, et que forcément, ce n’est pas du power heavy joyeux ou du thrash crossover qu’on va se prendre à travers la tronche. Ad Omega nous propose un black metal assez agressif, mais également mélancolique et lugubre, grâce à des passages atmosphériques qui viennent ajouter à l’ensemble pas mal de matière.

L’Italie a toujours eu une scène black metal assez active et très diversifiée : Mortuary Drape, Aborym, Forgotten Tomb, Evol ou encore Opera IX. Ad Omega s’illustre en façonnant un black metal assez direct, droit, avec des éléments caractéristiques omniprésents tout au long du disque. Déjà, le chant, écorché, blasphématoire, s’impose dès qu’il apparaît et vient briser l’opacité obscure élaborée par les instruments. Un poil lointain dans le mix, et sans bénéficier de réverbe outrancière, les vocaux s’imposent malgré tout avec beaucoup d’aplomb, notamment lorsque ceux-ci prennent des contours plus graves et viennent se mêler à des timbres plus aigus, ajoutant ainsi une profondeur et une dimension bestiale très à-propos. Au départ, ce qui peut choquer, c’est la production. Très claire et propre, c’est cependant au niveau de certains sons de guitare et surtout de batterie qui sonnent assez plastique que ça pêche un peu. Le drumming est excellent mais celui-ci sonne limite boîte à rythmes, d’ailleurs il est probable que cela en soit une. En même temps, c’est assez fréquent dans le black mais il existe aujourd’hui des kits de sons plus rugueux avec des caractéristiques sonores un poil plus organiques. Le mix global de la batterie est un poil étrange, déjà peu présent, il est surtout assez sourd et se mêle plutôt assez bien au reste des instruments, mais aussi parfois moins, selon les passages. Autre petit bémol, le son de guitare lead qui revient assez régulièrement par le biais d’interventions en trémolo picking. Ce son de guitare possède un aspect stérile, trop droit et sans dynamique, toujours attaqué de la même manière, il aurait mérité d’être un peu plus travaillé.

Ces différents constats sur les potentielles anomalies sonores s’estompent cependant au grès de l’écoute, car l’album parvient tout de même à rester captivant. Les compositions alternent des moments radicaux avec d’autres plus atmosphériques et recueillis, de cette manière, cela nourrit notre besoin de violence et d’énergie tout en ajoutant la touche atmosphérique qui va bien. Hormis le titre "The Awakening" qui fait office d’ovni dans cet album en flirtant avec le côté industriel dans le son de la guitare pour enchaîner vers un arpège saturé mélancolique, très heavy metal dans l’approche, le reste de l’album est assez homogène. On y trouve quelques ambiances à base de synthés, assez discrètes finalement, comme sur la toute fin de "XI", dissonante et macabre, le pont vers la fin de "The Fire Of Gnosis" ou l’intro de "Tenebris Templum", mais également des titres assez guerriers comme "Imperium Satanae", très dense, qui fait penser à du Emperor période "Anthems To The Welking At Dusk" ou "Aeon Of Black Light", plus dans une veine à la Mayhem. Le rythme est assez souvent effréné, l’exécution radicale, et cette approche est à la fois un atout qualitatif mais aussi ce qui peut potentiellement freiner certains auditeurs car certaines parties sont volontairement développées quand d’autres moments musicaux sont vite balayés, et c’est dommage car parfois ce sont les meilleurs passages qui sont les moins développés.

"Tenebris Templum" est plutôt un bon album, le black metal qu’il contient est cru, assez rêche, froid, et c’est déjà une bonne base de critères pour ce style de musique. Hélas, ce qui vient foutre le bordel, c’est le côté clinique de la prod’, et l’agencement de certains riffs dans les compositions, certains développements mériteraient d’être raccourcis, alors que d’autres passages auraient mérités d’être plus mis en avant. Le fan de black y trouvera son compte, c’est sûr, la rage et la noirceur portées par le disque sont véritablement crédibles, rien à redire à ce niveau-là. Si Lucifer est votre grand copain et que vous aimez les histoires à son sujet, si l’occulte, c’est votre grande passion, alors "Tenebris Templum" est le genre de came qu’il vous faut. Pour un tout premier full length, Ad Omega dévoile un potentiel qui, au fil du temps, va se développer. Une fois les idées musicales mieux canalisées, l’équilibrage des parties au sein des compositions mieux appréhendé, Ad Omega passera le cap supérieur, c’est certain.


Trrha'l
Juillet 2021


Conclusion
Note : 13,5/20

Le site officiel : www.adomega.bandcamp.com