"Viribus Unitis"
Note : 19/20
1914 reste uni face à l’adversité. Dans le contexte actuel torturé telle que nous le connaissons tous, k.u.k. Galizisches IR Nr.15, Gefreiter, Ditmar Kumarberg (chant), K.K. LIR Stanislau Nr.20 Zugsfu¨ Hrer, Oleksa Fisiuk (guitare), k.u.k. Galizisch-Bukowina’sches IR Nr.24, Feldwebel, Armen Howhannisjan (basse), K.K. LIR Czernowitz Nr.22 Oberleutnant, Witaly Wyhovsky (guitare) et K.K. LIR. Lemberg Nr.19 Fähnrich, Rostislaw Potoplacht (batterie) se repenchent sur la première guerre mondiale avec leur quatrième album, "Viribus Unitis".
L’album débute comme les précédents avec un chant samplé nommé "War In", mais cette fois complété par l’inquiétante mention ("The Beginning Of The Fall") qui nous permet d’entrer lentement dans l’univers du groupe, qui attaque fort avec la furieuse "1914 (The Siege Of Przemysl)". On y retrouve tous les éléments agressifs orientés black / death, mais aussi une petite accalmie qui renforce le retour du son pesant tout en mettant les orchestrations à l’honneur entre deux vociférations du vocaliste, mais les riffs se stoppent net pour faire place à "1915 (Easter Battle For The Zwinin Ridge)" et à son introduction datée. Un crachat nous sortira de cette angoissante pause, puis la machine se remet en marche avec une allure saccadée qui en lumière la lourdeur de leur accordage, mais aussi la dissonance que le groupe sait produire avant de nous offrir des choeurs massifs, pour rythmer ce très long morceau. Un nouveau sample nous présente "1916 (The Südtirol Offensive)", puis le groupe sort à nouveau l’artillerie lourde faite d’une double pédale et de riffs assassins avant de ralentir tout en restant oppressante et n’hésitant pas à accélérer sans prévenir et user de quelques choeurs vindicatifs pour entretenir la rage.
Le final explosif nous mène à "1917 (The Isonzo Front)" et à ses batailles sanglantes que le groupe agrémente d’une rythmique dévastatrice et perçante, mais également quelques touches plus accrocheuses et à l’inverse de quelques harmoniques très dérangeantes qui contrastent avec la mélancolie de son outro, menant en douceur à l’intro de "1918 Pt 1- WIA (Wounded In Action)". Le titre débute avec un chant militaire, puis les riffs s’installent lentement et deviennent imposants, voire même solennels avec les voix en arrière-plan, mais le vocaliste sait également proposer des parties saisissantes pour accentuer son discours avant de laisser place à un son plus froid mais d’abord plus accessible sur "1918 Pt 2- POW (Prisoner Of War)". L’atmosphère devient parfois étouffante, comme si nous étions figés dans le temps et soumis à une attente interminable, puis nous rencontrons Christopher Scott (Precious Death) qui offre une touche aérienne avant les nouvelle accélérations, puis c’est avec "1918 Pt 3: ADE (A Duty To Escape)", titre beaucoup plus majestueux, que les musiciens nous content la fin de l’aventure de l’armée K.u.K., accompagnés par Aaron Stainthorpe (High Parasite, ex-My Dying Bride) qui donne vie à la mélancolie la plus pure. La dernière étape de leur voyage se nomme "1919 (The Home Where I Died)", titre d’abord bruitiste puis au piano sur lequel Jerome Reuter (Rome) prête sa voix pour les derniers instants de l’album, rendant cet ultime morceau encore plus intense sans même une once de saturation, suivi par la traditionnelle "War Out (The End?)" qui nous laisse sortir de ce pan d’histoire avec un nouveau chant d’époque.
Comme à son habitude, 1914 n’a besoin que de faits et de riffs pour donner à ses morceaux une puissance saisissante qui surpasse nombre de groupes ! "Viribus Unitis" est un nouveau
témoignage du passé que nous offre ce groupe à la situation évidemment complexe, mais qui reste toujours fidèle à ses valeurs.
"Where Fear And Weapons Meet"
Note : 19,5/20
L’offensive de 1914 reprend. Créé en Ukraine en 2014, le groupe nous a parlé des morts de
la Première Guerre Mondiale pendant deux albums. Aujourd’hui, 2.Division,
Infanterie-Regiment Nr.147, Oberleutnant - Ditmar Kumarberg (chant), 37.Division,
Feldartillerie-Regiment Nr.73, Wachtmiester - Liam Fessen (guitare), 9.Division,
Grenadier-Regiment Nr.7, Unteroffiziere - Armin fon Heinessen (basse), 5.Division,
Ulanen-Regiment Nr.3, Sergeanten - Vitalis Winkelhock (guitare) et 33.Div.,
7.Thueringisches Inf.-Reg't. Nr.96, Gefreite - Rusty Potoplacht (batterie) célèbrent la vie
avec "Where Fear And Weapons Meet".
L’album débute avec "War In", une introduction qui reprend un chant ancien chant
mélancolique et assez mystérieux pendant que le massacre ne débute. "FN .380 ACP#19074"
lève le voile sur un son majestueux qui mélange black, death et doom metal pour créer une
dissonance à la fois martiale et cruelle, donnant naissance à une mélancolie addictive. Les
hurlements s’y installent sans mal, contribuant à cette atmosphère pesante et guerrière, qui
ralentira à peine avant de laisser place à "Vimy Ridge (In Memory Of Filip Konowal)", un titre à
l’introduction lente et lourde. La rythmique se met lentement en marche, proposant des riffs
accrocheurs et des mélodies entêtantes, tout en nous offrant un son solide avant
l’imposante "Pillars Of Fire (The Battle Of Messines)". Les orchestrations rendent le son
pesant, dramatique, alors que la saturation nous offre une base très sombre, qui se trouve
renforcée par le chant, puis un break dérangeant nous laissera à peine le temps de respirer
avant que la rythmique ne reprenne. Quelques choeurs interviennent, puis "Don't Tread On
Me (Harlem Hellfighters)" nous propose des riffs entraînants et dissonants après un discours
samplé. Les riffs sont pénétrants, le break est lancinant, mais on sent toujours cette énergie
sombre qui habite les musiciens, alors que la courte "Coward" nous offre un moment de répit
avec le son clair d’un banjo.
"...And A Cross Now Marks His Place" renoue avec la lourdeur en
proposant un titre aussi pesant que mélancolique sur lequel le groupe accueille Nick
Holmes (Paradise Lost, Bloodbath). Lenteur, émotions et agressivité se rencontrent,
créant des sonorités explosives et intenses, que ce soit avec ces hurlements ou le chant
clair si reconnaissable de l’invité, puis "Corps d'Autos-Canons-Mitirailleuses (A.C.M.)" prend la
suite avec un sample motivant qui donne naissance à l’un des titres les plus lourds du
groupe. Le tempo accélère légèrement mais l’ambiance est toujours écrasante, tout comme
les mélodies qui restent fidèles au poste jusqu’à l’outro. Une courte voix samplée nous
présente "Mit Gott Für König Und Vaterland", un titre extrêmement sombre au tempo rapide,
qui est probablement le plus brut et sombre de l’album. Riffs effrénés, un solo entêtant et
des blasts se relaient pour nourrir cette agressivité, puis c’est un hommage militaire qui
introduit "The Green Fields Of France". Le titre est le plus long de l’album, permettant au
groupe de placer les riffs les plus lourds et étouffants de l’album tout en jouant sur une
lenteur apocalyptique pour appuyer leur discours. Des parties plus explosives sont à prévoir,
tout comme les sonorités de l’introduction qui hantent la rythmique, puis le final se montre
encore plus étouffant avant "War Out", le chant samplé qui refermera l’album en bonne et due
forme.
L’univers de 1914 est forgé par la guerre, c’est une évidence. Ce qui semble moins évident
si vous ne connaissez pas le groupe, c’est sa capacité à créer une oppression, une noirceur,
une agressivité et un son lancinant qui se reflètent à nouveau sur "When Fear And Weapons
Meet", un album qui mérite quelques sessions d’écoute avant d’être correctement compris.
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