Interview faite par mail par Petebull

Salut Seb, peux-tu nous présenter rapidement ce qu'est Underscore Lab ?
Seb (manager) : UNDERSCORE LAB est un label Rock et metal au sens large. Nous nous attachons a sortir nos disques nous-même sans courir après un hypothétique label et nous démarchons auprès des distributeurs.

Quelles seront les principales activités du label ?
Déjà sortir les disques des artistes que nous aimons et qui veulent travailler avec nous. Ensuite nous travaillons la promo et aussi le booking d’artistes du label et d’autres labels (comme c’est le cas avec DO OR DIE qui est signé chez Century Media).

Combien de personnes vont mettre la main à la pâte et quelles seront leurs fonctions ?
Nous sommes 7 personnes a bosser sur UNDERSCORE LAB. Gaetan s’occupe de la promo, du booking et du tour-management de TAF, Claire travaillera plus sur le merchandising, et moi-même sur le booking de DOR OR DIE, KLONE, K-AGAIN et CURTISS. D’autres personnes gravitent autour et gérent la partie administrative. Y'a beaucoup de paperasses à gérer !

Comment se fait le démarchage avec les groupes étrangers ?
En général c’est eux qui nous contactent ! Pour K-AGAIN, c’est un fan de Rouen qui m’a branché dessus. Pour DOR OR DIE, c’est les mecs de Downfall qui m’ont mis en contact avec eux. C’est plus des histoires de relationnel finalement ! On écoute, on va voir le groupe en live, et si on s’entend bien et que tout le monde kiffe, on y va. Après il y a aussi des tentatives d’approche d’autres groupes, plus gros au niveau Européen. Des choses devraient bientôt aboutir.

D'ailleurs, à ce propos, as-tu des noms à nous révéler de groupes qui viendront retourner nos salles ?
On est en discussion avec le management de Stampin Ground.

Et sur le plan national, tu es en pourparlers avec certains groupes ?
Pour le moment pas trop. On bosse déjà beaucoup sur KLONE, TAF et CURTISS pour ce qui est des groupes Français. Ca fait un sacré paquet de travail, le plus dur étant de convaincre les salles et assos de la qualité de notre travail. Mais nous avons d’excellents groupes et on va se battre pour eux.

Que va devenir la Fibre Unitive ?
La Fibre Unitive continue ses activités. Mais sous un autre angle d’attaque puisqu’elle va essentiellement se consacrer a l’organisation de concerts, le développement de la scène du Grand Est et aussi proposer des lignes de fringues. On conçoit le rock et le metal comme une culture. Les fringues en font partie, sans pour autant tomber dans la fashion attitude.

Quels ont été les points positifs et négatifs que tu retiens de tes activités au sein de la Fibre ?
On (parce que je ne suis pas seul) a appris énormément de choses, et on continue tous les jours. La principale étant de bien travailler chaque groupe, tant sur le plan artistique que promotionnel, etc … On s’est pris de belles baffes, mais on en sort grandi. Pas facile le rock en France, mais on y croit.

La scène du grand Est semble un peu s'essouffler ces derniers temps, autrefois un des berceaux du metal Français, aujourd'hui on voit plutôt des labels comme Dirty8 stagner... Quelle est ta vision des choses ?
Wouah ! Dis pas ça a Julien, il va craquer. Mais d’un côté tu n’as pas tort. La preuve, c’est que dans UNDERSCORE LAB il n’y a qu’un seul groupe du Grand Est : TAF. Après je ne crache pas dans la soupe, car je suis aussi bassiste au sein de Skull. Mais c’est sûr que face a Antistatic ou Coriace, on a encore énormément de boulot. Mon point de vue c’est que si tu écoutes les groupes de ces différentes scènes, les groupes du Grand Est sont généralement plus "old school" et sonnent plus authentiques à mes oreilles. Et ce n’est peut-être pas ce que demande le public. Le public est essentiellement composé de jeunes de 17-23 ans qui veulent pouvoir s’identifier a la musique qu’ils écoutent, mais aussi aux musiciens qui la produisent. Presque du metal "accessible" quoi. Si tu analyes les groupes qui font vraiment un carton, tu as les vieux de la vieille (Lofo, Black Bomb A, et surtout Eths ou Psykup. C’est pas très difficile à écouter, sans pour autant dénigrer ce qu’ils font. Tu mets des groupes comme S-Core ou Force Fed à côté, c’est déjà plus difficile….

Quelles sont les contraintes pour un organisateur de concerts aujourd'hui ?
Aie ! Il y en a plein en fait. La première, c’est la programmation en elle-même, a savoir le choix des groupes. Est-ce que je fais du "pour tout le monde" ou bien est ce que je prends des risques ? Ca c’est un choix, et il incombe a chaque organisateur. En ce qui me concerne, je pense qu’un bon mix des deux permet a tout le monde d’y trouver son compte : une tête d’affiche + un groupe découverte + un groupe local. Je suis aussi pour les festoches de groupes locaux, mais à la seule condition que ceux-ci soient bénéfiques aux groupes. Dans le sens ou les zicos auront appris quelque chose en faisant tel ou tel concert. Après il y a plein de choses a gérer, mais c’est plus d’ordre technique ou adminisatrtif (sacem, timing, catering, bla bla bla).

Qu'est ce qui, selon toi, empêche encore en France les groupes avec un fort potentiel d'exploser au grand jour ?
Il y a trop de groupes, d’une part. Ensuite il n’y a pas de culture rock en France. Le public n’est pas forcément enclin à la découverte et c’est assez navrant de voir des purs groupes jouer devant 50 personnes dans des salles qui tuent. Mais je sais pas si tu as remarqué, il y a des groupes qui émergent en europe. Il y a aussi un déficit de travail du côté des labels. A force de demander aux groupes de chanter en Français pour passer sur Europe 2, les groupes se retrouvent bloqués en France. Et ca fait bien rire nos amis européens, crois moi. Chantez en anglais si vous êtes capables de le faire, il y a d’autres pays en Europe (300 millions de personnes, faut-il le rappeler). Mais ca ramène encore une fois a ce déficit de culture rock. Dans la tête des gens, le rock c’est Téléphone alors qu’il ya tellement de bons groupes qui mériteraient d’être reconnus pour leur musique.

Trouves-tu le milieu des activistes "sérieux" ou encore beaucoup trop "amateur" ? J'entends par là un manque de professionnalisme dont nos groupes et structures font malheureusement trop souvent preuve...
En premier lieu, il faut quand même souligner que le niveau des productions a sacrément augmenté avec les progrès de la technologie. La qualité des disques autoproduits peut être excellente et même enterrer plus d’un ricain. A côté de cela, il y a une multitude de groupes qui tentent leur chance, quitte à laisser l’aspect créatif de côté. Mais ça .. on ne changera rien, et a vrai dire ca nous est bien égal. Tant qu’ils ne prennent pas la place des plus créatifs et travailleurs. Après je pense que les groupes souffrent aussi d’un déficit d’information, mais ça semble s’arranger.

Dernière question, quels sont les groupes, au sens large du terme, qui t'ont marqué dernièrement ?
Wouah ! Alors KLONE et CURTISS m’ont mis une sacré gifle ! Ils sont chez UNDERSCORE LAB pour le booking d’ailleurs. Sinon, Mastodon, Zatokrev (putain de groupe Suisse), Sna-Fu … le dernier Queen Of The Stone Age aussi, énorme !

Merci d'avoir répondu à ces quelques questions et bonne chance pour la suite !
De rien, c’est toujours un plaisir ! J’éspère à très vite !


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