La review

ALESTORM + TROLDHAUGEN + AETHER REALM
Elysée Montmartre - Paris
21/10/17


Review rédigée par Matthieu


Après un périple digne d’une croisade sur le périphérique parisien, j’arrive enfin à mouiller mon nav… garer ma voiture. Le métro me mène droit vers l’Elysée Montmartre, salle qui se prépare à accueillir le raz-de-marée de ce soir : ALESTORM, TROLDHAUGEN et AETHER REALM. Si je ne connais le deuxième que de nom, j’attends énormément des deux autres. Remontant une file de centaines de pirates, dont certains patientaient déjà depuis quelques heures, je récupère mon précieux petit autocollant qui me permet d’accéder au pit photo, et je pénètre dans l’antre du band… dans une salle flambant neuve. Bon. Au moins tout sera parfait !



Alors que les Américains d’AETHER REALM prennent possession de la scène, le public n’a clairement pas rempli la salle. Peu leur importe, c’est avec conviction qu’ils débuteront leur set. Jouant un mélange de death mélodique et de folk metal discret, le groupe se montre très énergique, et une partie du public semble à peu près réceptif, avec quelques headbangs discrets. Si les frappes de Tyler Gresham (batterie) sont parfaites, le son semble dater un peu (j’ai l’impression de retrouver les premiers albums de death metal), mais les rythmiques proposées par Donny Burbage, Heinrich Arnold (guitares) et Vincent Jones (basse / chant) sont entraînantes. Malheureusement, mais je tairais mes impressions sur la voix de Vincent, qui m’avait vraiment accroché sur album et qui me laisse totalement de marbre en live. On sent que la fin de la tournée se fait proche, car c’est déguisé en bacon que Christopher Bowes viendra chanter sur "King Of Cups" au milieu du set, puis il repartira aussi sec, laissant les Américains finir leur set. Un set visiblement apprécié, puisque la foule les applaudira énormément à leur sortie de scène, mais pour moi c’est une petite déception.

Setlist : "The Magician", "Tarot", "Death", "Swamp Witch", "King Of Cups", "The Chariot", "The Sun, The Moon, The Star".



Changement de plateau rapide pour accueillir TROLDHAUGEN. Un groupe australien qui a visiblement décidé de nous en mettre plein les yeux d’une façon plutôt originale. Alors que le groupe m’avait été présenté comme un groupe de folk metal, je vois quatre gaillards avec un look disco débarquer. Grädenøk derrière la batterie, Meldengar (guitare) et son acolyte Svarog (basse) qui lui ressemble en tous points, mais surtout la bête de scène qu’est Reventüsk (chant). Si son charisme digne des touristes les plus beaufs ne vous séduit pas au premier regard, alors il vous faudra attendre que l’homme ne se mette à chanter ! Son chant incroyablement puissant et d’une technique remarquable est le meilleur de la soirée, et même si c’est pour nous raconter des inepties sur les BMX ou les chauffeurs de taxis, son énergie est clairement communicative. La majorité du public, bien que choquée par la différence de style, adhérera au metal avant-gardiste du combo. Bien que la setlist semble avoir ses longueurs, les riffs saccadés du groupe nous tiennent éveillés, et la sortie de scène est également acclamée. Une découverte pour le moins unique… !

Setlist : "I Ordered A Taxi Driver Not A Taxidermy", "CRISPr Me Baby (One More Time)", "BMX Terminator", "Poultrytician", "¡Mambo Mambo! (¿Binko Banko?)", "It’s Morphine Time", "Jaw Drop", "Genome In A Bottle", "Viva Loa Vegas".



A en voir les nombreux déguisements de pirates dans la foule, c’est clairement un concert d’ALESTORM qui s’annonce ! Alors que les derniers réglages sont effectués et que leur canard géant se gonfle tranquillement en arrière-plan, la foule n’en peut plus. Certains parlent politique, d’autres se lamentent sur le manque de bière… Mais les lumières s’éteignent, les photographes se ruent à leur poste et le pont arrière est envahi par Peter Alcorn (batterie) et Elliot Vernon (claviers, chant), tandis que les avant-postes sont occupés par Maté Bodor (guitare) et Gareth Murdock (basse), qui entourent le capitaine Christopher Bowes (chant, clavier). Et c’est la grande bataille qui commence dans un Elysée Montmartre qui s’est finalement rempli. Les boulets de canon sont remplacés par des ballons gonflables envoyés par le public et repoussés par le groupe, qui débute son set avec un classique avant d’enchaîner sur des titres plus récents. Alors que la foule reprend en choeur la plupart des hits du groupe, les nouveautés passent également très bien la barrière du live avec littéralement un tiers de nouvelles compositions jouées ce soir. En frontman hors pair, Christopher Bowes harangue le public, tire des tronches improbables et prend la pose en mimant des photos sans bouger, histoire que tous puissent en profiter. Il nous demandera également si les titres plus lents nous intéressent avant d’en démarrer un, toujours sur un mix impeccablement réussi, et invitera un technicien jouer de la guitare acoustique ainsi qu’un de ses amis australien (“Beef Guy” à en croire sa casquette) à l’accompagner sur "Hangover". Une fois ce merveilleux hymne à l’alcool passé, la setlist reprendra son cours, avec un niveau d’énergie toujours constant, même si on ressent une certaine fatigue sur scène. Est-ce dû à la fin de la tournée ? Probablement, mais en tout cas les musiciens reviennent bien vite après être partis une première fois de scène pour quelques titres supplémentaires. Pour nous remercier d’être aussi merveilleux ce soir, ils nous dédicaceront "Fucked With An Anchor", titre aussi subtil qu’entraînant, avant de partir pour de bon, non sans avoir distribué quelques setlists et médiators.

Setlist : "Keelhauled", "Alestorm", "Magnetic North", "Mexico", "That Famous Ol' Spiced", "The Sunk'n Norwegian", "No Grave But The Sea", "Nancy The Tavern Wench", "Rumpelkombo", "1741 (The Battle Of Cartagena)", "Hangover" (Taio Cruz cover), "Pegleg Potion", "Bar Ünd Imbiss", "Captain Morgan's Revenge", "Shipwrecked".
Rappel : "Drink", "Wenches & Mead", "Fucked With An Anchor".

Même si Christopher Bowes apparaît à l’entrée du pit photo pour signer quelques pochettes et prendre la pose avec qui le veut, ils semble épuisé. Bien que les trois groupes se sont donnés à fond ce soir, il m’est impossible d’être totalement content du concert. Le son du premier groupe était assez peu fidèle à l’album, le deuxième groupe musicalement trop éloigné du thème de la soirée, et la tête d’affiche un peu robotique. Cependant, la bonne humeur était de mise, et au vu de la majorité des sourires satisfaits qu’affichent les spectateurs à la sortie, c’était une bonne soirée !