Le groupe
Biographie :

Woe est un groupe de black metal américain formé en 2007 et actuellement composé de : Chris Grigg (chant, guitare / The Green Evening Requiem, ex-Algol, Near Dark, Unrest, Veerungaar, ex-Krieg, ex-Mose Giganticus), Grzesiek Czapla (basse, chant / ex-Infernal Stronghold, ex-Stronghold, ex-Everwinter), Lev Weinstein (batterie / Anicon, Bloody Panda, Damnatum, Fischel's Beast, Geryon, Krallice, Pyrolatrous, Sallah, ex-Astomatous, Hymn, ex-Archon) et Matt (guitare / Belus, ex-Concussion). Le groupe sort son premier album, "A Spell For The Death Of Man", en 2008 avant de signer chez Candlelight Records et de sortir "Quietly, Undramatically" en 2010 et "Withdrawal" en 2013. "Hope Attrition" sort en Mars 2017 chez Vendetta Records.

Discographie :

2008 : "A Spell For The Death Of Man"
2010 : "Quietly, Undramatically"
2013 : "Withdrawal"
2017 : "Hope Attrition"


Les chroniques


"Hope Attrition"
Note : 14/20

Les Américains de Woe sont de retour pour nous démonter les tympans avec "Hope Attrition", quatrième album de ces sauvages qui donnent dans un black aussi brutal que froid. Autant prévenir de suite qu'avec ce nouvel album, ils ne se sont pas calmés du tout.

"Unending Call Of Woe" fait une feinte en commençant par des riffs bien lourds, des mélodies sombres et poisseuses et une ambiance globalement très pesante. La violence finit évidemment par reprendre ses droits et le groupe se remet au bout de deux minutes à nous rentrer dans le lard comme il a l'habitude de le faire. Le black de Woe est généralement violent de toute façon, quelques mélodies plus mélancoliques ou pesantes créent un léger contraste et on trouve souvent des interludes acoustiques sur leurs albums, cette fois c'est d'ailleurs "A Distant Epitaph" et ses cinquante secondes qui tiennent ce rôle. C'est toujours bienvenu sachant que la musique du groupe peut se faire assez intense et éprouvante, un peu d'air frais au milieu de ce déchaînement étouffant ne fait jamais de mal. Même si des éléments un peu plus modernes font leur apparition dans ce black metal, par le biais de certaines ambiances ou mélodies, le groupe garde tout de même une approche old school. Pour faire simple, leur black metal reste sale et violent malgré quelques pointes de beauté épisodiques. En principal défaut, on notera quelque longueurs, des morceaux qui auraient pu être raccourcis, la plupart d'entre eux tapant tout de même dans les sept ou huit minutes. Mais bon, rien de vraiment rédhibitoire, pas de quoi réellement lasser ou dégoûter de l'album.

Niveau production, c'est assez classique mais plutôt efficace, les guitares sont tranchantes, la batterie percutante et la basse arrive à se faire entendre. Comme d'habitude, quelques voix claires font leur apparition sur "The Din Of The Mourning" mais pas d'inquiétude, c'est bien le chant hurlé, ou growlé, ou black qui reste majoritaire évidemment. De toute façon, on peut dire globalement que Woe n'a pas changé son fusil d'épaule et a opéré une simple continuation de ce qu'il a fait jusqu'à maintenant. Le groupe évolue tout doucement en gardant sa patte et en poussant seulement certains éléments un peu plus loin régulièrement. Que les bourrins ne s'affolent donc pas, le groupe est bien resté ce qu'il était, même si mine de rien ils sont plus fins qu'ils n'en ont l'air. Il y a pas mal de mélodies assez poignantes qui s'expriment derrière le mur de son qui est ce qu'on remarque surtout à la première écoute. Mais pas d'arrangements orchestraux ou de claviers ici, tout passe par les guitares et la froideur des riffs. Woe établit avec succès un pont entre la vague scandinave et la vague plus moderne te moins purement black metal tout en restant très cru.

Nouvel album qui ne révolutionne rien pour Woe mais qui confirme le savoir-faire de la bande dans ce black violent, sale et mélodique à la fois. Pas de surprises mais pas de déception non plus en dehors de quelques petites longueurs.


Murderworks
Juin 2017




"Withdrawal"
Note : 11/20

Quel nom (et logo) singulier pour un groupe, en particulier pour un groupe de black metal. Et c'est sous la bannière de Candlelight Records (qu'on ne présente plus) que les Américains nous sortent ce troisième album. Alors j'arrête tout de suite les puristes : ce n'est certes pas un album parfait, mais il faut arrêter avec cette légende urbaine qui dit que les Américains ne savent pas jouer de black metal. ils le savent, leur véritable problème et qu'ils n'apportent que rarement des nouveautés dans ce style. Ici, on a un ensemble maîtrisé, assez mélodique. Tout en gardant certaines nuances propres au true black metal norvégien. C'est carré et varié. Cependant, on note tout de même un manque de réelle originalité, même si tout est bien ficelé. Les morceaux me paraissent longs, alors qu'ils auraient pu être largement plus courts en étant tout aussi efficaces. Au niveau des ambiances, Woe semble être en retard de quelques années dans le domaine du black metal avec cet album. Ce côté enneigé à la scandinave a déjà été enregistré relativement souvent, et les riffs m'aparaissent peu surprenants. Le morceau final, éponyme de l'album est pour moi le morceau le plus sympathique et le plus court aussi, avec son introduction à la basse bien grasse, ses arpèges et son calme solo. Bonne clôture d'album. Jaquette intéressante, plutôt glauque mais peu adaptée à l'ambiance musicale de l'album. "Withdrawal" est un album à écouter parfois seulement. Le désir de se faire péter les tympans trois fois par jour ne se fait pas ressentir, pas plus que l'envie de sacrifice humain ou de balade par -15°C dans la forêt. Disons que ça s'écoute bien en fond et c'est tout. En bref, cet opus est une petite déception sans pour autant être mauvais.


Lukos
Octobre 2013


Conclusion
Le site officiel : www.woeunholy.com