On n'avait plus eu de nouvelles depuis leur démo "Mort Né" parue en 97 et la compilation "Awakening, Females In Extreme Music" qui sortit sur le label Américain Dwell records de la même année. 10 ans de break pour Witches qui fit partie de ces groupes qui défrichirent la scéne metal extrême hexagonale (aux côtés de Loudblast, Agressor, Massacra ) à partir du milieu des années 80 et qui avait également la particuliarité d'être exclusivement féminin à ses débuts. Une décennie plus tard, la bande à Sibylle Colin-Tocquaine (membre fondatrice du groupe) reprend du service avec 9 titres composé en 1999. Les armes à la main, "Difficile De Croire" démarre sur une partie acoustique qui va crescendo, laissant alors découler une certaine mélancolie, mais le feu prend rapidement du service pour nous sauter dessus. Très agressif, les couplets au tempo enlevé lancent la machine à vive allure, la férocité est au rendez vous, le chant de Sibylle se faisant acide et caustique. De nombreux breaks rythmiques cassent malheureusement l'effet turbulent du début et font tirer le morceau en longueur (6'11), son final majestueux et ses interventions de rires d'enfants méritant d'être placé plus tôt dans la structure. "SMF" raboule sa nature bestiale et ça part furieusement, riffs à la thrash Teuton en étendard, le côté "old school" exacerbé dans son excellence, les alternances ici sont amenées avec plus d'homogénité, renforçant la brutalité du titre. "IIIII II" s'enchaîne et se fait plus épique dans l'esprit, plus complexe également dans son approche, manquant de fraîcheur de par la redondance des parties. "Who Was ?" nous pose le temps d'une ballade aux sonorités surprenantes, aux choeurs en canons sur fond de guitares folk et fins arrangements numériques. Un moment de repos qui continue avec le début de "All Is In Proportion", l'efficacité des parties rapides reprenant toutefois le dessus avec brio, le double chant féminin parlé / hurlé imposant une ambiance spéciale à ce titre. On remarquera d'ailleurs le travail des voix également sur l'efficace "When Everyone Is Asleep", le chant lyrique du refrain apportant un chorus aérien aux harcélements de la rythmique. "Dead Whereas Innocent" fait parler le feu, ses couplets aux sonorités festives des Clash amenant soigneusement aux turbulences métalliques souhaités. S'enchaînent "In Silence" et "Remember", moins soutenus dans leurs tempos en générale, ces titres dévoilent des atmophéres plus glauques et profondes, les dissonnances heavy lorgant vers Black Sabbath pour le côté sombre et le Dark Angel de "Darkness Descent" pour le mi tempo. Soutenue par une production correcte, seul le son de basse aurait mérité moins de rondeur, "7" s'accomplit en 2008 et non en 1999, le mécanisme de composition pêchant alors sur quelques titres de par son manque de fraîcheur, une inégalité au final qui me fait attendre le groupe avec de nouvelles compositions avec impatience.
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