"MMX"
Note : 16/20
Ça faisait longtemps que je m’étais pas mis un petit coup d’Ultra violence. Ce qu’on peut dire, c’est que ça fait du bien quand ça revient.
Aujourd’hui sur la platine, l’album "MMX" de War From A Harlots Mouth. Et comme le nom du groupe l’indique, c’est véritablement la guerre.
Premier morceau "Insomnia". C’est sûr que quand on l’écoute, on n’a pas vraiment envie de dormir. Alors après, avec toutes mes chroniques sur le screamo / hardcore chaotique à tendance mathcore, je vais devoir utiliser les mêmes termes que c’est "angoissant", qu’on se sent oppressé blablabla. Mais War From A Harlots Mouth réussit à mélanger les genres, dans le sens où le côté oppressant du mathcore côtoie le côté metalcore basique (sans que basique soit péjoratif) à savoir des passages beaucoup plus rapides au niveau de la batterie, des riffs lourds (à tendance djent, mais bon, faut dire aussi que depuis que je connais le djent, j’en vois / entends partout, ça devient lassant). Et "Insomnia", premier morceau de l’opus, réussit parfaitement la présentation du groupe. Puis qu’au début, on s’attend à du mathcore pur et dur, et on se rend compte qu’on aura droit à un mixe de différents genres.
"The Increased Sensation Of Dullness" met parfaitement en valeur les riffs bien lourds que je décrivais sommairement plus haut.
Par contre, la deuxième chanson "To Age And Obsolete" fait le contraire, en effet, ça commence par un début plutôt hardcore, et c’est ensuite que ça part dans les abysses d’un genre plus chaotique qu’il n’y paraît. Et quand j’écoute la batterie, je pense au groupe Français Céleste. Vous savez, le genre de groupes, un peu comme Union Of Uranus, Portraits Of Past, qui vous donnent l’impression que vous écoutez du black metal alors que pas du tout (oui, le BM, c’est pourri, enfin, pardon "je n’aime pas le black metal", pour être plus politiquement correcte).
Puis ce second morceau fait aussi apparaître un passage "riff au coin du feu", genre le truc qu’on pourrait jouer avec sa sèche pour une sérénade. Comme une sorte de trêve dans la bataille, pour recharger l’assaut de plus belle.
Quant à la voix, que dire de la voix. Certes, elle est criarde (étonnant non ?) sans être trop aiguë. Mais contrairement à certains groupes où on se dit "mais il doit plus réussir à chanter à la fin d’un concert / enregistrement", on a clairement l’impression que sa voix vient des entrailles, qu’elle sort de ses tripes.
Autre chose à dire ? Oui, j’ai parlé précédemment du passage "guitare au coin du feu" de la chanson "To Age And Obsolete", quand on écoute les autres zics, notamment le début de "Sleep Is The Brother Of Death", je pense aussi à Dillinger Escape plan. Avec des passages, riffs aux sonorités inhabituelles qui donnent un petit côté romantique (mais où va-t-elle chercher tout ça ?) qui annoncent le riff beaucoup plus lourd qui viendra par la suite.
Si si, si vous avez écouté "Option Paralysis", vous comprendrez ce que je veux dire (enfin, je l’espère).
Quant à la prod, elle est plutôt parfaite. C’est ce qui me gêne un peu. Parce que pour ce genre de groupes où c’est la guerre, parfois, j’aime bien un son un petit peu crado. Pas non plus enregistrer dans une cave, mais quelque chose un peu moins bien produit on va dire (oui parfois, j’ai des relents de puristes qui auraient rêvé de grandir dans les années 80).
Puis parfois, on trouve aussi des petites surprises dans le CD, comme "Cancer Man", une sorte d’interlude de 53 secondes, avec une partie plus lente, qui ressemble à un break (cela parce que monsieur le batteur use énormément des chinoises) et qui se finit par un sample d’un homme qui entre dans son appartement, s’ouvre une bière, et après, fait ce qu’il lui plaît. On pourrait très bien imaginer qu’il allume sa chaîne hifi pour s’écouter du War From A Harlots Mouth.
Alors, en résumé, on dit quoi ? On dit "Y a bon !" (pitié, ne m’envoyez pas en prison pour avoir dit ça). Oui, j’ai beaucoup aimé. Je me suis pris un truc sacrément méchant dans la gueule. Et j’en ai même redemandé. C’est fou ça.
"In Shoals"
Note : 18/20
"They Come In Shoals", première compo de cet album sonne comme un souffle dévastateur, la batterie entre seule pour mieux préparer cette explosion !
Alternance de passages plutôt rapides avec des guitares tranchantes et des blasts bien grind ; avec des ambiances plus lourdes, très saccadées me rappelant beaucoup des formations comme Meshuggah.
Le placement du chant est assez remarquable compte tenu de la complexité des riffs et de leur vitesse d'enchaînement, une voix bien hardcore se mélange parfois à des choeurs d'où se dégagent une puissance implacable !
Le chant couvre de larges tonalités, nous offrant parfois même des aigus à la hauteur des meilleures voix black.
Ce groupe m'a vraiment étonnée par la technique foudroyante qu'il utilise (harmoniques, solos, riffs décousus à souhait, jeux de batterie très varié avec un son de cymbales aiguisé comme une lame de rasoir !), mais le plus remarquable, c'est que la technique n'étouffe ni n'altère en rien l'émotion.
L'exemple même de la différence assez flagrante de cette formation se trouve entre autre dans le morceau "Justice From The Lips Of The Highest Bidder", véritable petit bijou jazzy. Il est placé au milieu de l'album, ce qui donne un véritable souffle à cette oeuvre, et permet de redémarrer avec "Copyriot" de façon encore plus lourde et oppressante. On assiste là à un véritable mélange d'univers, que ce soit grind, hardcore ou jazz, pour en arriver à une véritable cohésion.
Les instruments se superposent, jouent les uns avec les autres, laissant place à l'expression des qualités et de la spécifité de chacun.
Les morceaux sont admirablement bien construits, de gros riffs de la gratte lead marquent fortement les esprits, pendant que la deuxième gratte s'adonne à des exercices de styles qui raviront les amateurs de bon death.
L'émotion n'est jamais altérée par le niveau plus qu'élevé de tous les membres, les solos vous prennent aux tripes, le chant vous balade d'un sentiment à l'autre, jouant entre puissance et nuances, et la qualité de la production nous offre un sond rond, agréable.
Le mystère de ce groupe se pose alors comme une évidence à tous les niveaux, et l'artwork ne passe pas entre les mailles du filet. Une silhouette d'homme sans visage, réalisée avec des tâches d'encre prenant forme et vie, s'élevant au dessus d'eau et d'immeubles..
L'homme est une entité remplie des expériences de chacun, planant au dessus de toutes choses. Voilà l'impression dès plus agréables que j'ai eu en écoutant cet album, planer au dessus du monde, me laissant emporter dans n'importe quelle contrée.
Voulez-vous tester le voyage ?! Assurément !
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