Le groupe
Biographie :

Vulture Industries, formé initialement sous le nom Dead Rose Garden, est un groupe norvégien formé en 1998 par Øyvind Madsen Håkon Bergstad. L’univers du groupe était à la base orienté vers le gothic metal tel que My Dying Bride et Anathema. Après de nombreux changements de line-up, le groupe revient en 2004 avec de nouveaux membres et enregistre la démo "The Enemy Within". Après un premier album en 2007, le groupe revient à la charge avec "The Malefactor's Bloody Register" en 2010 chez Dark Essence Records. En 2012, Vulture Industries signe chez Season Of Mist pour la sortie de "The Tower" en 2013. L'album suivant, "Stranger Times", sort en Septembre 2017, toujours chez Season Of Mist.

Discographie :

2005 : "The Benevolent Pawn" (EP)
2007 : "The Dystopia Journals"
2010 : "The Malefactor's Bloody Register"
2013 : "The Tower"
2017 : "Stranger Times"


Les chroniques


"Stranger Times"
Note : 17/20

L'arrivée d'un nouvel album de Vulture Industries est toujours synonyme de grande joie. Et en cet automne 2017, nous sommes heureux d'avoir enfin de quoi s'en mettre sous la dent avec "Stranger Times" sorti chez Season Of Mist car en effet, cinq années ont passé depuis "The Tower". Cet opus était donc très attendu par les accros du groupe, c'est un des effets de la musique de Vulture Industries, elle rend totalement addict ! Cela est dû au fait qu'elle soit si unique, ne ressemblant à rien d'autre, et avec ce genre de musique très tranchée et passionnée, soit on est totalement fan, soit on déteste. Vous l'aurez sûrement compris rien qu'en lisant cette introduction, je fais partie de la première catégorie. C'est donc avec enthousiasme que l'on commence cette écoute.

Vulture Industries n'est pas un groupe comme les autres, c'est un électron libre qui a trouvé la voie pour se démarquer de la meute. Cela passe par leur musique avant-gardiste et comme le montre si bien ce "Stranger Times", c'est aussi et de plus en plus un rock / metal progressif très groovy et surtout habité. Chaque opus a son univers special, très théâtral dans son interprétation des instruments et surtout du chant avec un Bjornar Nilsen incroyable de charisme. L'esthétique est également importante et n'est jamais bâclée, nous ne sommes donc pas étonnés de retrouver encore une fois le fantastique Costin Chioreanu pour cet artwork qui interpelle !

Cette nouvelle performance se compose donc de 9 titres d'une longueur moyenne de 5 minutes mais le plaisir reste intact. On se rend vite compte au fil des morceaux de l'évolution du groupe, l'identité reste la même mais les Norvégiens se renouvellent grâce à une musique plus contenus, sans être vraiment retenue. Il s'agit toujours de metal avant-gardiste mais avec un peu d'eau dans le vin, avec du rock progressif en plus. Les morceaux sont ainsi dans la lignée de "The Tower", moins extrêmes et plus calmes, mais attention, l'intensité est toujours là et c'est sans aucun doute dû au talent de composition et de musicien de chaque membre ! La cohésion du groupe y est aussi pour quelque chose. Quand le line-up d'un groupe reste inchangé depuis plus de dix ans, la musique est forcément de bonne qualité.

Chaque morceau dans cet album a sa place et l'ordre de passage est vraiment bien pensé. On a ainsi un superbe titre pour débuter cette écoute, "Tales Of Woe", qui est groovy et dans une douce folie hypnotique. Le clavier, qui est bien plus présent dans cet opus, l'est aussi dans ce morceau avec des parties bien amenées et un côté disco / années 80. Ensuite, "As The World Burns" nous offre un instant plus grave avec une musique de départ plus sombre et plus lourde et avec un chant inhabituel pour Nilsen qui va dans les graves, c'est un titre très intéressant et prenant dès les première secondes ! "Strangers" est plus planant et ramène un sentiment de lassitude et de nostagie avec des parties de trompette en bonus. Dans un peu le même style posé, "Something Vile" est également aérien mais en plus mélancolique, pour notre plus grand bonheur. "The Beacon" est assez tortueux et difficile à comprendre mais reste un bon titre. La suite est tout aussi bonne avec l'intermède "My Body, My Blood" qui enchaîne sur "Gentle Touch Of A Killer", ces deux morceaux qui se suivent sont vraiment excellents et prennent aux tripes, avec des riffs acérés et une atmosphère sombre et morose, mélant aussi de la tristesse et de la colère en prime. "Screaming Reflections" ramène de la fraîcheur et de la richesse, il s'agit d'une composition progressive, et enfin "Midnight Draws Near" achève l'écoute avec de la magie. On a là un titre complet, plein de groove et de musicalité !

Pas de doute, l'effet Vulture Industries fonctionne toujours. Les Norvégiens nous livrent un opus plus personnel cette fois-ci, peut-être aussi plus minimaliste, mais le talent et l'inventivité sont toujours là même si ce peut-être auss est moins extravagant. C'est un album différent mais tout aussi prenant, à savourer sans modération !


Nymphadora
Septembre 2017




"The Tower"
Note : 17/20

La Norvège fait naître de nombreux trésors de tous styles confondus allant de l’extrême au plus conventionnel. Et parmi eux, on retrouve la scène dark metal avec notamment Arcturus et un groupe qui monte, grimpant les échelons petit à petit, en se faisant un nom : Vulture Industries. Le groupe qui a déjà 3 démos et 2 albums à son actif, vient de sortir son troisième album "The Tower" chez Season Of Mist. Délaissant le black metal des précédents albums, ils sont restés dans un style très avant-gardiste, et mais plus progressif incluant même des éléments symphoniques et doom. La théâtralité qui leur est propre ne les a pas quittés à travers ces 10 titres que nous découvrons.

"The Tower" est le premier titre de l'opus. Et c'est avec ce monstre d'énergie que commence l'écoute ! En effet, ça envoie dès le début, mêlant la force des riffs acérés au chant perçant et charismatique de Nilsen, à l'orchestration plus symphonique portant le tout et donnant un côté émouvant. Ensuite, le morceau se transforme pour devenir groovy et jazzy avec la basse plus en avant accompagnée d'un saxophone. En fin de compte, même si on retrouve des couplets et des refrains, ce morceau reste très progressif avec une bonne dose d’inventivité. On vit la musique d'une manière plus intense, où chaque note, chaque mot, chaque riff nous procure un plaisir unique. Superbe et efficace ! On reste ensuite sur le même dynamisme avec "Divine - Appalling", même si certains passages sont bien typés doom avec des riffs lourds et lents. Plus industriel également, il sonne plus moderne, on s'imagine dans une immense usine immaculée. Nilsen s'énerve à la fin et la musique nous donne alors l'impression de grandir. C'est à ce moment que les frissons arrivent.

Atmosphérique et comme ralenti, "The Hound" nous offre un beau moment hypnotique quand soudain, des riffs très spéciaux font leur apparition, nous tirant de notre état de zombie déjà avancé. La voix murmure, allant parfaitement avec cette ambiance étrange. Puis, la suite devient subitement planante avec un chant très aérien et mélodieux. Les guitares se font plus douces et émouvantes, appuyant la voix qui nous atteint en plein coeur. "Blood On The Trail" revient ensuite en force, les guitares sont directes et lourdes et le chant plus industriel, sonne un peu plus electro dark. Et c'est plutôt dommage car on perd alors la marque de fabrique de Vulture Industries. Les refrains sont heureusement plus aériens et intéressants car le titre dans son ensemble est moins prenant et original. Le morceau suivant est une surprise agréable, "The Dead Won't Mind" est une sorte de pause calme et bien déjantée. Le chant est théatral à souhait.

Plein d'émotions, "A Knife Between Us" débarque. Attention, ce titre est cruellement bon ! En plus d’être subtil et original, il est groovy. Puis, "The Pulse Of Bliss" nous rappelle les anciens albums avec une musique sombre, légèrement black metal. Une énergie froide se fait ressentir. "Sleepwalkers" évolue dans une atmosphère aérienne mais ombragée. En effet, tout est gris dans ce morceau. On est heureux d'entendre pour la première et unique fois dans cet album, un peu de chant black qui était beaucoup plus présent sur les deux précédents albums mais surtout sur "The Dystopia Journals". C'est un titre plus direct qui ne manque pas de charme.

"Lost Among Liars" enchaîne avec une introduction très décalée à base de percussions et de saxophone. Tout est très froid et la tension monte car c'est assez oppressant mais extrêmement agréable. On s'imagine dans un film en noir et blanc, dans une ville fantôme, un peu comme dans le film Sin City. Le chant, qui est bien mis, en avant est sublime. La seconde partie tranche radicalement avec une musique très aérienne et lumineuse bien moins pesante que le début. On pourrait même dire qu'elle est légère et touchante. Et on finit avec le dixième titre bonus "Blood Don't Eliogabalus". Dès les premières secondes, on reconnaît la musique et en cherchant un peu on se rend compte qu'il s'agit en fait du morceau d'origine "Blood Don't Flow Streamlined" de l'album "The Dystopia Journals". Il est bien sûr remanié et la fin est totalement nouvelle. Il en devient que plus original et théâtral avec des ambiances de cirque.

"The Tower" est un album qui ne laisse pas indifférent. Sa musique est habitée, différente des anciens albums, en restant tout de même froide et étrange. Le groupe, toujours aussi décalé, nous offre un album riche, efficace, plus posé et progressif.


Nymphadora
Octobre 2013




"The Malefactor's Bloody Register"
Note : 19/20

Vulture Industries possède ce petit je ne sais quoi qui fait que dès la première écoute, on sait que l’on a affaire à du très bon. Leur dark metal avant gardiste proche du grand Arcturus ou The Vision Bleak voire même de Gloomy Grim pour l’originalité, possède une atmosphère très singulière qui fait voyager l’auditeur vers des contrées inconnues et qui vous laisse une impression fantastique à la fin de l’écoute de ce disque. Les compos sont bien construites, très cohérentes et malgré le côté alambiqué reste facile à comprendre mais demande plusieurs écoutes pour apprécier tout le potentiel de ce groupe à la personnalité unique. Le chant alterne des voix black / deah avec une voix claire assez proche de celle de Vortex et nous donne l'impression de voyager sur un bateau fantôme vers des contrées inconnues et (je vous laisse imaginer la suite)... Vous recherchez à découvrir un groupe original qui vous offrira un voyage unique et passionnant vers un univers lugubre, torturé, passionnant et surprenant, venez soutenir ce merveilleux groupe. Un excellente révélation de l’année 2010.


Humphrey
Novembre 2010


Conclusion
Le site officiel : www.vulture-industries.net