Le groupe
Biographie :

Après un premier album "Through The Absurd" sorti en 2004 chez Holy Records, Trepalium, récidive en 2006 avec son deuxième opus "Alchemik Clockwork Of Disorder". Le groupe mêle des influences diverses et propose une musique que l'on pourrait qualifier de brutal power-death. Plus lourd et mélodique que le précédent, cet album est celui de la maturité. Il marque la volonté du groupe d'évoluer vers l'expérimentation de rythmes jazz et noise à travers le death metal. En deux albums et plus de deux cents dates de concert en France, en Suisse, en République Tchèque, Trepalium, membre actif du collectif d'artistes Klonosphère (Klone, Hacride, Anthurus d'Archer, Mistaken Element (ex-Scarr), GTI), s'est forgé un nom au sein de la scène metal extrême Française en partageant la scène avec des groupes tels que Gojira, Misanthrope, Anorexia Nervosa, Aborted, No Return, Supuration, Behemoth, Malevolent Creation, Krisiun, Blockheads, Comity, Scarve, Incantation, The Exploited... et une apparition au Fury Fest 2005, ainsi qu'au Hellfest 2006. Fin 2006, le groupe sort un clip pour le titre "Sick Boogie Murder". Fin Janvier 2009, le groupe entreprend une tournée Française en première partie de Gojira. Cette tournée coïncide avec la sortie le 9 Février 2009 du troisième album, "XIII", hébergé cette fois sur le label Season Of Mist.

Discographie :

2002 : "Psychic Storm" (Démo)
2003 : "Pain’s Threshold" (Démo)
2004 : "Through The Absurd"
2006 : "Alchemik Clockwork Of Disorder"
2009 : "XIII"
2009 : Compilation French Metal "A tombeau ouvert"


Les chroniques


"XIII"
Note : 17,5/20

Groovy, voila un terme presque galvaudé tant il est fréquemment employé pour qualifier la musique de certains groupes qui "groove" autant qu’un récital de Michel Sardouille… Et pourtant à l’écoute des 13 titres que nous envoie Trepalium à la figure, difficile de trouver un autre adjectif pour décrire leur hybride death-metal… et putain qu’est ce que c’est bon ! Une magnifique démo de puissance pour nos oreilles mais c’est fait avec tellement de talent qu’à aucun moment je n’ai décroché de l’écoute de leur nouvel album… 12 titres (+ 1 caché) ça pourrait sembler long mais là ce n’est pas le cas tant les compos sont à la fois efficaces et intelligentes dans leur écriture ! Il semblerait bien qu’il existe une couleur "Klonosphere" et Trepalium n’en est sûrement pas le pire ambassadeur… L’influence Gojira ou Hacride se fait parfois sentir mais au lieu de se contenter de suivre les mentors du death à la Française, les mecs s’en démarquent avec aisance grâce à une identité propre, c’est simple Trepalium sonne comme du Trepalium, point à la ligne. La production est béton ce qui permet notamment à la basse de ne pas être en reste, elle ronronne à tout va, le chant est puissant est clair, la batterie roule, tabasse et les grattes se lâchent parfois dans des moments de fantaisie musicale qui frôle le génie, je pense notamment à ces énormes parties jazz / funk dont ils ont le secret, bref ça joue et ça joue bien même !

Alors OK le coté quelque peu "déglingo" de leur précédent opus que j’aimais beaucoup a un peu disparu mais c’est au profit d’une musique riche de multiples influences, plus posée, plus sage, j’ai envie de dire plus réfléchie… On sent qu’ici tout est parfaitement contrôlé, mesuré et ça s’entend, c’est parfaitement huilé et du coup l’efficacité s’en ressent grandement ! N’allez pas croire pour autant avoir affaire à de la branlette de manche ou de la technique stérile, non ces messieurs à l’instar d’un feu Pantera savent ce que le mot puissance signifie et que la cause qu’ils défendent se nomme Musique avec un grand M…. La voix se veut majoritairement gueulée mais elle est produite de manière si claire que même des néophytes peuvent la trouver agréable. Le contenu est relativement varié, on passe de tempos marqués à d’autres plus rapides et sur ceux-ci le batteur se fait franchement plaisir (et à nous aussi par la même occasion). Les riffs sont inspirés, les guitares sont à la fois puissantes et fluides et les solos ne donnent jamais la désagréable impression de tomber comme un cheveu sur la soupe. Quant à la basse, elle se voit ici offrir une place de premier choix et c’est tant mieux tant elle a des choses à nous dire ! N’en déplaise aux puristes un très discret synthé se fait parfois entendre, histoire de poser les ambiances. Bref vous l’aurez compris même en cherchant bien je ne vois pas d’ombre venir ternir le tableau… Evidemment du coup il n’est pas évident de vous conseiller un titre plutôt qu’un autre tant l’homogénéité domine cet album même si allez je vous donne quand même mon quinté "Daddy’s Happy" (01) ; "Blink Of Time" (03) : "Sadistik Peace" (11) et son ambiance inquiétante à 1’15… maintenant je dois l’admettre, les cerises sur le gâteau se nomment "Usual Creep" (08) et "Addicted To Oblivion" en piste 4 avec sa sublime partie jazz à 2’01.

Un dernier conseil, ne zappez pas trop vite car la piste cachée vaut le détour ! Nul doute que les fans apprécieront, quant aux autres ils risquent fort d’être conquis… A l’heure où la vague metalcore a le don de me casser royalement les couilles ça fait du bien de voir un groupe qui ne se sent pas obligé de rentrer dans le grand jeu du "qui copie qui ?". Avec cet album Trepalium s’affranchit de ses influences et s’impose définitivement à tous les clampins qui en douteraient encore comme une valeur incontournable de la scène metal, euh ce n’est pas ça qu’on appelle l’album de la maturité ? Moi je crois bien !


Ihsahn62
Février 2009




"Through The Absurd"
Note : 13/20

Le départ est extrèmement violent, une succession de brutalité, brutal death à la frontière du grind, au niveau de la violence. Ce départ rappel un des morceaux de "ICP" de Benighted. La voix est dans les graves , elle est profonde et démoniaque, tout en brutalité. On ressent une haine sans limite, parfois elle est double, l'une brutale et grave, l'autre plus malsaine presque black metal. On retrouve aussi parfois de jolies prestations grindeuses du chanteur. La plupart des riffs sont prenants, ils purifient le morceau tout en restant plongés dans une profonde décadence. Le gratteux sait faire monter la pression, une belle montée en puissance dans l'empire du malsain. Quelques riffs sont d'autant plus malsains dans leurs solitudes. Le batteur suit le gratteux dans sa gradation, mais en brutalité. Néanmoins, cette dernière reste dosée tout en restant puissante, rapide et décadente. Cette excellente alliance batterie-guitare nous procure une ambiance purement malsaine. Ils accèdent à un mélange de passages rapides et d'autres lents. La basse et la gratte restent violentes sans pour autant tomber dans le bourrin de boeufs de base ! Il y a des riffs messieurs, dames ! Même très mélodiques, tout en gardant cet etat d'esprit malsain. La décadence est à l'honneur. Un morceau m'a marqué, on entend un bourdonement de gratte, batterie et basse alliées à la succession du même riff, ce qui provoque une sensation de mal-être terrible ! Vraiment malsain. Une véritable déferlente de décadence, de quoi vous rendre fou. Musicalement entraînant, un son destructeur, on peut dire que Trepalium pratique un brutal death très correct. Cet album donne envie de concerts bien brutaux, alliés aux pogos, slams et bières à souhait. Une excellente montée en puissance pour la plupart des morceaux, le son est parfois saccadé rappellant vaguement les premiers Fear Factory. 13 morceaux, est-ce un signe ? Le dernier étant plus mélancolique. Tout les morceaux s'enchaînent, cet album est cohérent. La décadence est le maître mot pour le qualifier.


Karonembourg
Juin 2005


Conclusion
A écouter : Daddy's Happy (2009)

L'interview : Haroun

Le site officiel : www.trepalium.fr.st