Le groupe
Biographie :

Transport League est un groupe de sludge / doom metal suédois formé en 1994 et actuellement composé de : Mattias Starander (batterie), Peter Hunyadi (guitare), Lars Häglund (basse / Commander, ex-B-Thong et Tony Jelencovich (guitare, chant / Commander, Death Destruction, Icon In Me, ex-C-187, Iron Shit Snakes, ex-Angel Blake, ex-Fear Factory, ex-B-Thong, ex-M.A.N., ex-Mnemic). Le groupe a sorti son premier album en 1995 avec "Stallion Showcase" avant de splitter en 2005, deux après la sortie de "Multiple Organ Harvest", et de continuer sous le nom de M.A.N. C'est en 2009 que le groupe se reforme pour des concerts, puis pour un nouvel album, "Boogie From Hell", au printemps 2013. "Napalm Bats And Suicide Dogs" suit en Octobre 2015. En 2017, Transport League revient avec son septième album, "Twist And Shout At The Devil".

Discographie :

1995 : "Stallion Showcase"
1997 : "Superevil"
2000 : "Satanic Panic"
2003 : "Grand Amputation" (EP)
2003 : "Multiple Organ Harvest"
2013 : "Boogie From Hell"
2015 : "Napalm Bats And Suicide Dogs"
2017 : "Twist And Shout At The Devil"


Les chroniques


"Twist And Shout At The Devil"
Note : 17,5/20

"Dis-moi, toi qui t’y connais un poil en musique, tu as une idée du pourquoi du comment le nouvel album de Transport League, "Twist And Shout At The Devil", a vu le jour ?" Euh… Quelque part au milieu de nulle part alors qu’un mec proposait un twist au démon, que celui a gentiment décliné l’invitation et que le gusse, vexé de ce râteau, a commencé à lui gueuler dessus. Et qu’à défaut de twist, notre bon vieux Belzébuth lui a proposé un twix pour se remettre de ses émotions. C’est sans doute un truc du genre qui expliquerait la naissance de cet album je présume... "Ah ouais, tout ça ? Tu penses ? Parce que personnellement, j’aurais juste dit qu’il avait vu le jour en studio...".

Pas faux, mais en même temps pas totalement vrai. Vu les branquignols auxquels nous avons affaire, leurs délires et leur appétit non cachés pour le groove, le heavy, le doom et tout simplement pour n’importe quel son fort pouvant sortir d’un instrument à quatre ou six cordes, la réponse ne pouvait pas se limiter uniquement à "ben, comme tous les groupes : dans un studio ou dans une obscure salle de répèt'". Il en est donc ainsi uniquement car "Twist And Shout At The Devil" est un album survolté, relativement "powerfull" mais surtout un sacré trip d’une bande de potes s’adonnant au rock’n’roll dans son sens large. Mais bien avant de se laisser écouter, "Twist And Shout At The Devil" arbore comme pédigrée et détails d’être le septième album studio de Transport League, de réunir une douzaine de pistes pour quarante-cinq minutes de délires auditifs et pour, comme le reste de la discographie de Transport League, dégager tout ce que l’oreille pense connaître du rock’n’roll pour le remplacer par un amas de délires inavouablement bons. Niveau sonore, même si les concerts sont désormais limités à 102 décibels dans l’Hexagone, "Twist And Shout At The Devil" tape bien au-delà et délivre un condensé énergique de rock, groove, stoner, heavy et de toute la parade pouvant défiler à Pigalle un samedi soir après une représentation de Dédé la Cochonne un peu trop alcoolisée. Là, rien de bien neuf pour le connaisseur en Transport League.

Pour le débutant en revanche, le son fait immédiatement penser au stoner alcoolisé de Dog’N’Style ou encore au heavy radioactif de Face Down, et ce n’est pas pour déplaire. Ainsi, comme les deux autres exemples cités, ce "Twist And Shout At The Devil" s’écoute au coin du feu sur un rockin’ chair, un houblon à la main tandis que dehors règne un climat apocalyptique où des mini Satans s’amuseront à faire rôtir les miches de centaines de Pamela Anderson mort-vivantes et que trop peu habillées ("Zulu Zombie Zodiac", "Swine To Shine"). Mais nouveau-venu ou confirmé, les deux catégories s’accorderont à reconnaître "Twist And Shout At The Devil" comme un très bon album, avec son lot de riffs, mélodies et refrains mémorables ("Cannibal Holobeast", "Bad Voltage"). Bref, ce disque est digne d’un trip sous acides ou de tout autre voyage psychédélique de la sorte certes, mais il ne se limite pas uniquement à cette définition. Ainsi, les quatre Suédois en mettent plein les tympans (pas seulement parce que Tony Jelencovitch a plutôt tendance à gueuler) en tentant à peu près tout ce qui leur passe par la tête et il faut dire que ça leur réussit plutôt bien ("Power Of The Sloth", "Bad Voltage"). Au programme donc, tous les styles et genres sont un peu revisités même si l’album garde toutefois une certaine homogénéité pour ne pas perdre le fil de l’écoute ("One Last Way", "Destroy Rock City"). Transport League fait donc toujours du Transport League en développant son propre son tout en rendant hommage aux groupes qui ont pu l’inspirer (Clutch, Cathedral etc...).

"Twist And Shout At The Devil" est le troisième album depuis la reformation de Transport League et semble être le plus dynamique. Cet air ressuscité plaît et Transport League fait souffler un vent frais sur sa discographie même si la formation ne renouvèle pas tellement son répertoire. Certains titres n’ont pas fini de tourner en boucle et ce nouvel album se créera petit à petit une place de choix dans certaines collections d’albums. Pour le reste, complètement perché ou sérieusement atteint, "Twist And Shout At The Devil" est ce qui ressortirait si les Avengers étaient embauchés pour jouer les stripteaseurs à l’enterrement de vie de jeune fille de madame Satan ou si Ronald quittait ses burgers pour aller casser la gueule de fourmis zombies géantes et démoniaques qui auraient pris le contrôle de la station spatiale internationale ("Dead And Awaken", "Winter War"). Bien sûr, tout cela n’est qu’imagerie et les extravagances de Transport League sont auditives et exploratrices. Du coup, la prochaine fois que tu prends les transports en commun, si tu lâchais Rocket League et la Premier League pour te pencher sur le cas Transport League ?


Rm.RCZ
Octobre 2017




"Napalm Bats And Suicide Dogs"
Note : 16/20

Les Suédois de Transport League, dont j’avoue avoir ignoré l’existence jusqu’ici, reviennent avec un nouvel album "Napalm Bats And Suicide Dogs", trois ans après la sortie de "Boogie From Hell", nom qui définit, selon eux, assez bien leur musique. Et je dois dire que je suis loin d’être fâchée de la découverte !

"Halleluja Vampire" ouvre le bal de manière sacrément efficace, et on comprend l’appellation "Boogie From Hell" assez rapidement. Le morceau est accrocheur et le refrain est de ceux qui restent en tête. "Black Mountain" poursuit dans l’efficacité sur un ton léger, tandis que "New Bomb War" propose un univers plus sombre. Un titre efficace et contrasté. "Kill, Kill, Faster" reste sur une lignée intéressante aussi bien vocalement qu’au niveau instrumental. Le refrain est basique mais force est de constater que ça fonctionne. A noter les chœurs d’enfants sur le dernier refrain, qui rajoutent vraiment quelque chose ! Dans un style plus pêchu, "Burning Bible" souligne le timbre agréable du chanteur. Instru qui dépote, parties voix aux petits oignons, pour un rendu au poil !

Une intro énergique qui aboutit sur un arpège sombre : voici "Bag Of Bones", qui n’est certes pas une ballade mais calme le tout avec ses couplets plus posés et son ensemble moins énervé. Riffs imparables pour "Pussy Law", le tout agrémenté d’une petite ambiance Far West fort sympathique, un titre qui dépote, ni plus, ni moins ! "Only For Fear" poursuit sur un registre assurément stoner / southern rock avec une touche plus sombre et, une fois de plus, l’efficacité est au rendez-vous. La piste suivante, "The Godess And The Madman" est plutôt cool au début, mais j’avoue avoir beaucoup de mal avec le refrain et ses chœurs : un peu trop FM pour moi, et malheureusement ça m’empêche d’apprécier le morceau, bien qu’il dispose de parties intéressantes. Heureusement, "Slowfall" vient remédier à ça en revenant à un registre plus sombre, énervé, et surtout, efficace alors que "Dark Days, Evil Ways" se révèle un poil moins accrocheur, selon moi, surtout au niveau de la voix. Nous voici au dernier titre de cet album, "Monster Driven". Plus lent, et d’apparence plus sombre, avec une voix en clair obscur sur les couplets, dont l’utilisation n’est pas sans rappeler Serge Tankian, ce morceau dégage quelque chose d’assez opportun pour terminer un album, assez judicieux, donc.

Pour conclure, si vous aimez le stoner, le metal indus à la sauce Hellbilly façon Rob Zombie, si vous aimez quand ça envoie et que ça swingue en même temps, cet album est sûrement pour vous !


So Faya
Août 2016




"Boogie From Hell"
Note : 14,5/20

Nouveau venu dans mon paysage musical, Transport League est une bonne surprise, me rappelant Dope de par ce son lancinant et la voix de son frontman. Evoluant dans un registre plus stoner que metal, Transport League défend son bout de gras et joue énormément sur les capacités vocales de son frontman qui évolue souvent sur un ensemble uniquement composé de basse et de batterie sur les couplets, la formule incluant les guitares est reprise pour les refrains.

Transport League est un peu inclassable, stoner mais pas trop, rock mais pas trop non plus, pas assez metal, groovy certes, incluant des solos ici et là, te forçant à bouger tête et corps. Enchaînant les morceaux groovy, Transport League  te transporte véritablement dans son univers aux riffs sombres et lancinants. Les rockeurs suédois mettront 11 titres pour développer leur univers bien produit. 11 titres aux relents groove et stoner. Très compacts, les morceaux s’enchaînent sans temps morts mais, au fil des écoutes, sans véritablement de surprises non plus, on peut presque prévoir au fur et à mesure comment les choses vont s’enchaîner. Des couplets chantés, et des refrains à la voix saturée, des riffs tranchants typés stoner mais se basant sur une partie rythmique défiant toute concurrence et se rendant indispensable au bon déroulement du CD et des morceaux, qu’elle en deviendrait à mon sens quelquefois trop présente. Transport League, pour agrémenter le tout, a eu la bonne idée de saupoudrer d’un ou deux solos ici et là histoire de donner un relief plus intéressant à ses compositions.

Les Suédois, avec ce "Boogie From Hell", respectent à la lettre le nom de leur album, proposant groove et enchaînements de qualité, du rock stoner groovy, bien produit, mais qui semble un peu creux au fur et à mesure que les morceaux défilent. Ces derniers ayant tous le même type de construction, on finit par un peu se lasser. Cependant, c’est un bon album à mettre dans le lecteur pour rouler cheveux au vent sur le chemin de l’aventure.


Sam
Octobre 2013


Conclusion
Le site officiel : www.facebook.com/transportleague