Le groupe
Biographie :

The Night Flight Orchestra est un projet de classic rock au sein duquel opèrent Björn "Speed" Strid (chant / Soilwork), David Andersson (guitare / Mean Streak), Sharlee D'Angelo (basse / Arch Enemy, Spiritual Beggars), Richard Larsson (claviers / Von Benzo) et Jonas Källsbäck (batterie / Mean Streak). Le premier album, "Internal Affairs", voit le jour le 18 Juin 2012 chez Coroner Records. Le deuxième album, "Skyline Whispers", sort le 9 Juin 2015, toujours chez Coroner Records. En 2016, The Night Flight Orchestra signe chez Nuclear Blast pour la sortie de "Amber Galactic" le 19 Mai 2017.

Discographie :

2012 : "Internal Affairs"
2015 : "Skyline Whispers"
2017 : "Amber Galactic"


Les chroniques


"Amber Galactic"
Note : 17/20

Je vous avais déjà parlé de The Night Flight Orchestra en ces pages, projet parallèle dont le line-up comprend entre autres Björn "Speed" Strid et Sharlee d'Angelo et qui pratique une sorte de hard rock très ancré dans les années 60 à 80.

D'ailleurs si les deux précédents albums se sont appliqués à parcourir les années 60 et 70 en priorité, c'est fort logiquement que "Amber Galactic" s'en va fureter dans les années 80. "Midnight Flyer" nous accueille avec des sonorités de clavier délicieusement désuètes et des mélodies et riffs typiquement hard rock limite FM années 80 donc. On peut sentir les influences de Foreigner, de Toto et de tous ces groupes qui ont fait la gloire du rock et du hard rock dans ces années-là. Comme précédemment, il y a un groove imparable, Björn "Speed" Strid s'en sort avec les honneurs au chant et dévoile une fois de plus une palette vocale plutôt large, les mélodies tapent dans le mille et le tout accroche l'oreille sans aucun problème. The Night Flight Orchestra a toujours présenté un hommage à ces scènes qui frisent la copie mais qui arrivent systématiquement à se placer sur le fil du rasoir, pile poil entre les deux catégories. Ce qui permet par conséquent de reconnaître les influences tout en prenant son pied sans jamais hurler au plagiat honteux, un tour de force qui prouve l'amour authentique que ces gars-là portent à ces scènes. Et même si un certain revival pointe le bout de son nez depuis quelques années, la musique de The Night Flight Orchestra trouve tout de même le moyen de passer pour un OVNI, peut-être à cause de cette volonté affichée de ne pas y mélanger la moindre trace de modernité ou tout simplement l'authenticité de la chose. En tout cas, "Amber Galactic" est d'une efficacité redoutable et à son écoute une bouffée de nostalgie est garantie.

Il y aussi beaucoup de fun à dedans, si vous connaissez un petit coup et cherchez quelque chose pour vous redonner la patate, ne cherchez plus, The Night Flight Orchestra est le candidat idéal ! L'album est une fois de plus assez varié, les morceaux énergiques ayant tout de tubes en puissance en côtoient d'autres plus posés et mélodiques à la limite de la ballade. Ce qui est incontestable par contre, c'est le groove et cette envie de taper du pied qui habitent tout l'album. Un côté très bluesy fait aussi régulièrement son apparition, comme sur "Sad State Of Affairs" par exemple, là où "Domino" sonne très Toto et que des touches de Survivor sont disséminées un peu partout. Bref, tout ça pour dire que l'album est aussi varié et réussi que ses prédécesseurs, que si vous êtes un bourrin vous pouvez fuir de suite et que si vous ne connaissez pas vos classiques c'est une bonne façon de vous y mettre. D'autant que c'est toujours agréable d'entendre des groupes se fait plaisir, d'autant plus quand ils contiennent certains noms connus que l'on n'attendait pas sur ce terrain-là à la base. Et comme sur "Skyline Whispers", c'est un long morceau teinté de prog qui termine l'album, ce sont ici les sept minutes trente de "Saturn In Velvet" qui donnent une furieuse envie de relancer ce nouvel album à peine terminé.

Voilà donc encore une fois un album excellent, efficace, accrocheur, extrêmement bien fait et qui devrait ravir ceux qui ont aimé les années 80. Que les autres prennent la peine d'y jeter une oreille aussi, il y a de fortes chance que l'énergie que contient "Amber Galactic" soit contagieuse.


Murderworks
Septembre 2017




"Skyline Whispers"
Note : 17/20

Les supergroupes ont souvent tendance à décevoir, quand on voit un line-up monstrueux, qu'une publicité énorme est faite autour et qu'on entend un album à peine bon, il y a de quoi gueuler. The Night Flight Orchestra fait partie des exceptions à la règle, son premier album "Internal Affairs" ayant déjà été une bonne surprise en 2012. C'est cette fois "Skyline Whispers" qui prend la relève de son grand frère et je vous le dis tout net, c'est toujours aussi bon.

Pour ceux qui seraient passés à côté, jetons un petit coup d'œil au line-up justement : Sharlee D'Angelo à la basse, Jonas Källsbäck à la batterie, David Andersson à la guitare, Richard Larsson aux claviers et Björn Speed Strid au chant ! Et que fait tout ce beau monde quand il se réunit dans un studio ? Une sorte d'hommage au hard FM ou pas, et au rock des années 60 et 70. On y croise pêle mêle du Blue Oyster Cult, du Deep Purple, du Thin Lizzy, du FM façon Toto ou Foreigner, des morceaux qui ressemblent à des vieux génériques de séries télé, bref ce groupe c'est retour vers le futur ! Le seul reproche qu'on pourrait faire à The Night Flight Orchestra, c'est que l'hommage est parfois aux limite de la pompe mais franchement vu que plus personne ou presque ne pratique cette musique, ce serait dommage de bouder son plaisir pour si peu. Parce que oui, la musique du groupe est très bonne, on sent clairement que tous les membres aiment réellement ce style et se font plaisir. Speed Strid en profite du coup pour montrer que sa palette vocale est bien plus large que ce qu'il fait dans Soilwork pourrait laisser croire, avec même quelques montées dans les aigus bien comme il faut. Les gros métalleux ou les fans de Soilwork tombés là dessus en voyant le line-up risquent de tirer un peu la gueule, mais quand on connaît un peu ses classiques et qu'on sait d'où vient le metal, cet album est à la fois une bouffée d'air frais et un pied énorme. Le genre d'album qui donne la patate, et si certains trouveront ça passéiste j'ai envie de dire que vu l'époque qu'on traverse, un peu de positivité ne fait pas de mal, quitte à aller la chercher dans le passé.

Et mine de rien, pour les petits jeunes qui écoutent Soilwork et qui auraient envie de découvrir de qui se sont indirectement inspirés les membres de leurs groupes préférés, c'est peut-être une porte d'entrée vers les classiques. En tout cas la passion et l'envie de se faire plaisir sont flagrants là-dedans parce que je doute que cet album se vende par palettes entières, la sortie est relativement confidentielle et on ne peut pas dire que la promo autour du groupe soit matraquée. A noter que la version digipack de l'album contient un morceau supplémentaire, "Floridian Eyes", avec ses nappes de clavier délicieusement kitsch et son break vers les 4 minutes qui sent bon le rock prog 70's. D'ailleurs, en parlant de prog, le dernier morceau "The Heather Reports" tape dans les 10 minutes et fleure bon le prog du début à la fin, une belle façon de clore l'album sur un exercice de style réussi. Enfin je dis ça mais tout l'album vaut son pesant de cacahuètes, et tant que vous y êtes, penchez-vous sur le précédent essai du groupe qui mérite largement votre attention lui aussi. Tout ça s'étale tout de même sur une bonne heure et on ne s'ennuie jamais, tous les morceaux sont aussi bons les uns que les autres. Niveau production, c'est à l'avenant, le son est bien entendu plus propre que les enregistrements d'époque mais le groupe a cherché à coller au plus près possible à ce genre de son. Pas de débauche de puissance et de basses ici, le son est clair avec pile poil ce qu'il faut de patate et surtout on entend tout le monde sans avoir besoin de tendre l'oreille.

Deuxième album dans la même lignée que le précédent, un hommage réussi à la scène hard et rock des années 60 et 70, blindé de fun, de positivité, de mélodies accrocheuses et de groove. Aucune innovation ici bien entendu mais un retour dans le passé très agréable et l'album idéal pour se donner la patate après un petit coup barre.


Murderworks
Août 2015




"Internal Affairs"
Note : 19/20

Tympans étroits s’abstenir, cette chronique ne va pas parler du dernier album de deathcore ou de true black metal evil à la mode, mais bien de rock FM 70’s / 80’s ultra commercial. The Night Flight Orchestra  est un projet de Björn Strid (chanteur de Soilwork) et David Andersson (musicien de session pour ce même groupe) visant à créer des musiques de films et séries rock FM, période seventies, eighties…Tout un programme donc ! Il faut reconnaître qu’à la lecture de l’énoncé j’ai eu un peu peur mais après deux secondes de réflexion, et en voyant les noms du line-up je me suis dit : "Ca ne peut pas être si mauvais que ça !", et j’ai bien fait de me fier à mon intuition puisque cette galette est aussi bonne que décalée ! Oubliés le metal, la double pédale, le growl et autres ingrédients de metalheads headbangueux dépressifs ! Place aux chœurs, au saxophone, à l’orgue Hammond et à une atmosphère qui rappellera aux plus sexagénaires d’entre nous les plus grands chefs d’œuvres B.O du grand et petit écran de l’époque post Hendrix. D’une production parfaite puisque masterisé au Panic Room en Suède (les connaisseurs sauront de quoi je parle) cet album est une réussite totale, usant de tous les ingrédients du rock FM à Papa avec brio et outrance. Les solos sont parfaits (comprenez rapides lorsqu’il le faut et de bon goût sans rappeler un seul instant le shred des guitar heroes scandinaves). La voix claire de Björn est un réel régal et celui-ci se prête facilement au jeu des crescendos funky et disco sur certains morceaux. On a même le droit à des bouts de ballades au piano pour contenter ces demoiselles ! Les vices sont même poussés à quelques lignes de basses groovy me rappelant les ingrédients clés de la Motown et à un morceau à la limite du rock progressif (plus de 8 minutes) avec sa petite montée en puissance et son solo saturé. Jamais un projet décalé comme celui-ci ne m’aura autant enchanté, surtout lorsqu’on connaît la provenance musicale de ces garçons. A écouter d’urgence, ne serait-ce que pour être encore un peu surpris dans cette planète metal de plus en plus sclérosée.


Byclown
Juillet 2012


Conclusion
L'interview : Björn Strid

Le site officiel : www.facebook.com/thenightflightorchestraofficial