"The Triptych"
Note : 17/20
J'écrivais lors de la chronique du précédant EP "Excess Of Empathy" que The Long Escapte était un diamant brut qui venait de se révéler. Il semble que les Parisiens aient pris le temps pour aboutir à un "The Triptych" ô combien emballant, gommant au passage pas mal des défauts de jeunesse que laissait transpirer leur précedant opus.
Ce nouvel et premier véritable abum se divise donc en 3 blocs, le premier étant nommé "Peak // Excess Of Empathy" car reprenant 3 titres de la précédente démo suscités ("New Beginning", "Upon The Head" et "I Am Your Savior") avec cette fois un son plus en adéquation et de nouveaux arrangements qui donnent une dimension nouvelle aux chansons. On retrouve toujours cette patte breveutée de hargne sous fond de mélancolie mélomane structurée avec une justesse insolente. Les 2 parties suivantes seront plus à même de nous informer quant à l'évolution des Parisiens sur de nouveaux titres.
"Peak // Homo Stellaris" enchaîne 4 titres à l'effet redoutable, "Collapse" s'engouffrant dans le sillage du rock metal Us, pactisant l'émerveillement edulcoré des couplets à la puissance de la grosse distorsion des refrains, l'apport de violoncelle finissant le travail en posant une atmosphère plus feutrée sur sa fin. "Return To Chaos" se propose en un titre à la dynamique exaltante, certes déjà entendu dans son approche mais mené de main de maître par la bande à Kimo, "Big Plan", titre au texte spirituel où le compositeur s'adresse directement à Dieu, prenant le même chemin. S'enchevêtrant ainsi dans des lignes vocales entêtantes, surplombées de rythmiques millimétrées quand la puissance de feu est en action. On notera que la conception des arrangements est finement mise en avant comme sur la ballade "Encelade", permettant alors à la musique de The Long Escape de prendre un dimension savoureuse (parties saupoudrées d'électro ambiancées, de guitares acoustiques sous mixées, de choeurs traités avec raffinement), clôturant de manière affable ce deuxième bloc.
La dernière partie de ce "The Triptych" ; "Peak // Homo Weirdiculus" ; se fait plus mesurée, quelques longueurs apparaissant ici et là, notamment sur "The Toad To Awe" et "Depression". Les Parisiens ne se laissant toutefois jamais gagner par la suffisance, "Crisis" arrivant à retenir l'attention et surnageant dans ce quatuor final. En choisissant de finir avec 2 titres plus posés et à la teneur moindre dans l'intensité, un petit goût d'inachevé se fait sentir, nous amenant petit à petit à la léthargie.
Ce premier vrai album souffre de très peu de fautes de goût, hormis de sa fin un peu longue, on y retrouve une production très appropriée, faisant face à un travail conséquent et de qualité tant en matière de composition, d'interprétation ainsi que d'arrangements. The Long Escape est à la porte des grands du genre, il ne reste plus qu'à la pousser une bonne fois pour toute pour être au "Peak".
"Excess Of Empathy"
Note : 16/20
A la source, The Long Escape est le projet d'un seul homme, producteur et
compositeur surdoué. Entouré pour le live d'un vrai groupe, Kimo, multi
instrumentiste, aura pris le taureau par les cornes dès 2004 en enregistrant
seul prêt de 160 titres et en jouant toutes les parties (chant, guitare,
samples, batterie, basse) dans son propre studio.
Le Parisien nous démontre
alors un véritable talent pour ce premier essai, le soucis du détail dans sa
chaleureuse production étant ici de premier ordre, une volonté charmeuse de
qualité présente tout au long des 7 titres priviligiés. Exposant la volition de
couper avec les traditionnels plans couplet / refrain, The Long Escape travaille
plutôt sur l'ambiance et la mélodie voluptueuse, en garde fou de la chanson
alternative. On retrouve donc des structures constitantes, qui passent de par la
qualité d'écriture comme une lettre à la poste, combinant tout un tas d'influences pas encore tout à fait digérées (Sevendust, Filter, A Perfect Circle,
Porcupine Tree), "Excess Of Empathy" étonne de par la qualité particulière
donné à ses refrains et ses différentes transitions. The Long Escape joue alors
habilement avec nos nerfs en ayant la propension comme sur "Iron Savoir" et
"Killer Inside" de mêler à la lutte rythmique guerrière presque industrielle et
mélodie sucrée, le mirage pêchu du rock metal US se fondant aux bercements d'une
pop suave. La subtilité se fait plus douce sur les superbes balades "Forget
About Me" et "Heroes By Day Felons By Night", reines d'émotions acoustiques
délicatement mises en lumière par des arrangements subtiles.
En étant
critique, difficile de trouver des éléments négatifs sur ce disque, si ce n'est
quelques maladroites longueurs, une ou deux parties chants un peu limite niveau
justesse ("Useless") et la nécessicité d'un mastering un peu plus puissant.
Un diamant brute vient de se révéler et le temps confirmera certainement l'incroyable talent de Kimo et ses acolytes.
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