Difficile de chroniquer un tel album… dans le genre, c’est un bon album, mais… car finalement, tout est dans le mais ! On aurait pu penser que suite au changement de line-up, The Gathering en aurait profité pour se remettre en question et donner une orientation un peu neuve à sa musique. Et là est, pour moi, tout le problème : une prise de risque zéro, une continuité tellement flagrante qu’on pourrait croire qu’ils sortent des morceaux composés pour "Home" et non utilisés à l’époque. J’ai l’impression d’être face à un étudiant qui a bachoté ce qu’il faut pour passer son exam, sans viser la mention pour autant. Il y a quelque chose de basique, parfois, dans la composition, dans les rythmiques, qui laisse un petit goût d’inachevé, une légère impression de bâclé. Toutefois, l’album est très sympa à écouter, il est même plutôt bon, mais j’en attendais plus de la part d’un groupe avec quelques merveilles au compteur.
Niveau chant, la petite nouvelle s’en sort plutôt bien, mais pas au point de faire oublier Anneke. Beau boulot, cependant, une voix chaude et remplie d’émotions, mais qui semble un peu calquée sur celle de dame Van Giesberg. Deux autres voix viennent s’y ajouter de ci de là.
L’album s’ouvre sur "When Trust Becomes Sound", un titre aux guitares saturées qu’on pourrait croire capturé en live. Suit "Treasure", morceau qui voit réellement l’arrivée du chant, plaisant, mais qui ne casse pas trois pattes à un canard. Le troisième titre, "All You Are", est un potentiel tube qui rappelle les meilleures années de the Gathering, époque "Nighttime Bird" ou "Mandylion" sans pour autant en atteindre le niveau. La voix de Silje Wergeland se fait caressante et commence à se démarquer. Le dernier morceau, "A Constant Run", possède lui aussi l’étoffe d’un tube, doux et catchy à la fois, le genre qui fera sauter les foules lors de la prochaine tournée.
Dans un registre différent, "You Promised Me A Symphony", morceau intimiste piano-voix, me fait penser à Tori Amos (j’ai connu pire, comme référence !).
"Capital Of Nowhere", quant à lui, s’immiscerait fort bien dans la bande originale de Grey’s Anatomy, à la manière d’une Laura Veirs en plus atmosphérique. Toujours dans l’atmosphérique, "No Bird Call" est un morceau acoustique, planant et plus relaxant qu’un CD Natures et découvertes.
Pour moi, le meilleur morceau de l’album est sans conteste "Pale Traces" où les arrangements, les voix et les cordes vibrent à l’unisson, offrant à l’auditeur un frisson et un très beau moment.
Au final, on est plus proche de l’atmosphérique que du metal. C’est un album qu’on aime écouter en musique d’ambiance, pour se détendre, ou quand on souhaite un break auditif en voiture tard le soir.
Dans l’ensemble, c’est un bel album, un bon album et vraiment, j’aime l’écouter. Cependant, je ne peux me résoudre à lui mettre une excellente note… manque un petit supplément d’âme par rapport aux précédents. Je vois "The West Pole" comme un album de transition, qui scelle le nouveau line-up mais où ce dernier n’a pas encore trouvé sa vitesse de croisière. La qualité est toutefois là et je vous recommande donc malgré tout chaleureusement de l’écouter. Sur ce, moi, je m’en retourne à une petite écoute de "Pale Traces"…
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