Prêts pour une virée sous une chaleur suffocante dans un no man’s land ? Embarquez donc avec The Buffalo’s et n’hésitez pas à pousser le volume à fond car vous ne serez pas déçus du voyage. "In Hell We Dwell" est une merveille que je ne risque pas d’oublier dans la pile de mes disques. Ce premier EP des rockeurs fous offre 5 titres efficaces. S'ils s’affirment dans un registre rock / metal puissant qu’au premier abord on pourrait qualifier de "bourrin", il n’en est pourtant rien à l’écoute attentive de "In Hell We Dwell". Prenons "Ebony" pour ne citer que lui, qui remporte haut la main le titre du meilleur titre de cet EP car l’orchestration y est simplement magistrale du début à la fin. La douceur inattendue qui nous prend aux tripes au début d’" Ebony" nous prouve par A+B que les gars de The Buffalo’s ne se cantonnent pas à une étiquette de grosses brutes. Eh oui, leur travail artistique sait être délicat quand cela est nécessaire, belle osmose guitare / voix nostalgique, suivie d’une transition avec la partie brutale finement menée, et que dire de ce refrain efficace, qui résonne encore dans ma tête deux jours plus tard (hum… excellent signe). L’instrumentation des titres est sans bavure, les guitares sont pleine d’assurance, tantôt mélancoliques (couplet d’"Ebony"), souvent nerveuses
("Johnny Fist" et le gargantuesque "Golgotha Hill"), les batteries s’accouplent parfaitement aux basses, les sons additionnels sont amenés de manière très subtile (violons dans "Kidnapping Satan"). On se délecte avec "Kidnapping Satan" d’un génial "double refrain" mi-agressif , mi-tendre, et la voix du chanteur ne flanche pas, suivant parfaitement la cadence effrénée de ces changements de rythmes , à 3 minutes 16, un interlude envoûtant et metalo-arabisant harmonisé de voix sorties de nulle part arrive de nouveau à me surprendre. Le final monstrueusement metal se passe de commentaires et termine l’album avec beauté. Pari réussi pour The Buffalo’s avec un EP qui a été plus que bien produit, avec un son énorme, des titres tout aussi énormes, des musiciens doués, un chanteur "vrai" qui ressent ce qu’il raconte (même les faiblesses vocales ici et là n’entachent en rien la profondeur du chant), et un travail méticuleux sur les voix back… Malgré des influences proches de Pantera ou Nashville Pussy, ils ont su trouver un style qui leur est propre, dérivant avec brio sur un océan musical tout en variations duquel on ne se lasse jamais. Bref, me voilà conquise par une bien jolie découverte.
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