Le groupe
Biographie :

Formé en 2004 par J.B Le Bail (guitare / chant), Svart Crown a pour ambition de repousser les limites du metal extrême et créer une nouvelle dimension de brutalité et de noirceur. Après de nombreux concerts à travers tout le pays, le groupe sort son premier album, "Ages Of Decay". Le groupe stabilise alors le line-up et démarre l'enregistrement de son deuxième album. Intitulé "Witnessing The Fall", le deuxième opus sort le 1er Novembre 2010, puis c'est au tour de "Profane" de sortir en Avril 2013. Le 3 Novembre 2016, Svart Crown signe avec le label Century Media Records pour la sortie de l'album intitulé "Abreaction" en Mars 2017.

Discographie :

2005 : "Bloody Crown" (Démo)
2008 : "Ages Of Decay"
2010 : "Witnessing The Fall"
2013 : "Profane"
2017 : "Abreaction"


Les chroniques


"Abreaction"
Note : 17/20

Dans la famille des groupes français qui imposent doucement mais sûrement leur nom, on va parler de Svart Crown, plus particulièrement du petit nouveau "Abreaction". Album qui marque un changement de label puisque le groupe a investi les rangs de Century media, excusez du peu !

Que ceux qui suivent le groupe depuis les débuts ne s'alarment pas, le groupe n'a clairement pas vendu son âme et pratique toujours son metal aux croisées des chemins black et death metal. Concrètement, Svart Crown emprunte la froideur du black et la puissance du death pour faire sa sauce avec une pincée de dissonances par dessus. Album après album, le groupe a forgé sa patte et "Abreaction" continue le processus, un changement dans la continuité comme on dit, sans révolution mais dont les éléments ont tous été poussés un peu plus loin. On commence fort avec un "Golden Sacrament" très pesant aux ambiances presque incantatoires voire rituelles, en tout cas un morceau bien oppressant en guise de bienvenue. La violence nous rattrape bien vite sur "Carcosa" qui nous rentre dans le lard d'entrée de jeu à coups de blasts ravageurs, un sentiment d'urgence et d'exutoire qu'on ressent sur tout l'album. On retrouve d'ailleurs sur ce morceau le même feeling rituel, tribal que sur "Golden Sacrament", et ça aussi c'est quelque chose que l'on va régulièrement retrouver sur "Abreaction". Malgré le fait que les morceaux sont parfaitement intelligibles le groupe a tout de même réussi à instaurer une impression de magma sonore, un déluge de feu et de sang qui vous tombe dessus pendant la cinquantaine de minutes que dure l'album. La production concoctée par Francis Caste doit y être pour quelque chose, en tout cas à l'écoute du résultat on se dit que le groupe a bien fait de continuer cette collaboration amorcée avec "Witnessing The Fall".

En tout cas, tout en étant toujours aussi puissant, Svart Crown se fait, cette fois, incroyablement oppressant et rampant, même quand il blaste et défonce tout sur son passage le groupe réussit à installer un certain malaise. L'instrumental "Tentacion" balance des ambiances rappelant une transe rituelle shamanique, ou un rituel vaudou au choix. Le plus fort dans tout ça c'est que la mélodie est pourtant bien présente, comme d'habitude elle place des ambiances bien crades mais elle permet à l'oreille non avertie de s'accrocher quelque part. Les morceaux sont tous assez touffus et riches pour dévoiler d'autres niveaux de lecture (ou plutôt d'écoute) avec le temps, "Abreaction" étant indéniablement un album très travaillé malgré son statut d'exutoire. Svart Crown ne donne pas dans le défouloir bas du front et bourrin, la violence y trouve à s'exprimer mais elle le fait d'une façon sournoise. En tout cas si l'album peut paraître dense avec ses cinquante-quatre minutes et ses morceaux à tiroirs, on finit vite par y revenir, il y a quelque chose d'envoûtant dans ce chaos organisé, l'album est touffu mais efficace. Mon petit doigt me dit qu'en live ces nouveaux morceaux risquent d'ailleurs de déployer une puissance assez impressionnante.

Sans révolutionner son identité de fond en comble, Svart Crown balance un nouvel album au feeling différent, proposant des ambiances encore inédites pour lui, même si toujours aussi sombre et violent. Voilà en tout cas un album très réussi et authentique qui confirme tout le bien que l'on pensait du groupe.


Murderworks
Mai 2017




"Profane"
Note : 16,9/20

Comment arriver à devenir un groupe incontournable de la scène black / death française en seulement trois albums ? Suivre le modèle Svart Crown. Après un second album qui a mis d'accord tout le monde sur sa puissance, son savoir faire et son emprise maléfique, il fallait au minimum que Svart Crown réalise de nouveau le même schéma, pour avoir le même impact sur les fans... Mais ils ont fait mieux avec "Profane", ils vont asseoir leur souveraineté incontestée et vont agrandir le nombre de leurs vassaux dans la conquête du monde métallique en montrant par ce deuxième album que la force de Svart Crown est impitoyablement infinie et qu'ils frisent l'excellence en hissant fièrement l'étendard putrescent de leur style musical.

"Profane" nous offre la quintessence du nouveau black / death, quelque chose de tellement noir, de tellement sombre agrémenté d'une formidable domination de l'ambiance brutale et de l'atmosphère perverse. On a la sensation d'être à la croisée du monde d'Immolation des derniers albums avec la brutalité d'un black metal opaque et tellement ténébreux. Ils ont réussi à maîtriser leur musique pour lui donner une tournure des plus malsaines en s'appuyant pas mal sur le jeu des ambiances aériennes et fuligineuses qui amènent l'auditeur dans un environnement assez glauque et qui accapare son esprit pendant toute l'écoute. C'est le cas pour la prodigieuse "Until The Last Breath", une chanson très lente où les accélérations n'arrivent finalement qu'après trois minutes d'une tension lourde et oppressante pour terminer sur un retour au calme ingénieux. L'album "Profane" est un petit peu comme ça sur toute sa longueur, grâce à ces passages où prédomine une dimension démoniaque invisible mais présente pour matérialiser la musique à travers la vision de l'auditeur (écoutez l'introduction de "In Utero : A Place Of Hatred And Threat" qui s'ouvre sur un mirifique étalage de violence et de rage avec des rythmiques incroyables).

Mais que c'est tellement et superbement bien écrasant comme album !! Sur dix chansons pour un total de quarante trois minutes, on ressent l'étouffement envoûtant et tout autant massif que jouissif de l'incarnation d'un black / death aussi grandiose qu'un Black Immolation à la française. Svart Crown donne le ton et la couleur de l'opus dès l'instrumental "Manifestatio Symptoms" qui sert d'introduction à l'album. Immédiatement la sauce prend et l'accroche est faite, l'auditeur est tiré violemment en avant par les crochets acérés et guitaristiques des chansons, en se faisant traîner au sol dans la boue pour être torturé et écartelé avec la force d'un cheval de trait que représente l'imposante et pulvérisante batterie de N. Muller dont le son, comme celui de tout l'ensemble de l'album est largement à la hauteur du niveau des compositions. Il fallait impérativement que Svart Crown puisse faire montre de souveraineté, tel un un Mjollnir qui défait le Jormungand, "Profane" écrase tout sur son passage, avec une production massive et écrasante ne laissant que désolation et ruines derrière son sillon. La voix est d'un graillon si "répugnant" dans le meilleur sens du terme que l'on puisse avoir( afin de rendre plus purulentes et plus impies les chansons), les guitares et le son de la batterie sont parfaites.

Si la pochette de l'album inspire tout de suite le respect et décrit ce qu'on va pouvoir découvrir à l'intérieur de l'album, à savoir de la noirceur et de la torture blasphématoire, le contenu ne pouvait qu'en être encore plus occulte. Autant le style semble avoir pris un peu plus de death metal, que beaucoup de passages nous rappellent rapidement que Svart Crown aime autant le black que le death. A ce jour, il s'agit certainement du meilleur album du groupe, tant dans le visuel que dans la production et surtout dans la composition. Avec des morceaux pas trop longs qui ne dépassent pas les cinq minutes en moyenne, avec des aérations superbes grâce aux introductions, avec des titres comme "Venomous Ritual" où un côté très sauvage et tribal vient se joindre à l'osmose de l'album, avec un déluge de violence comme ils ont su le montrer sur le titre le plus court de l'album "Ascetic Purification", avec un morceau de clôture aussi impitoyable et orgastique que "Revelatio : Down Here Stillborn", Svart Crown n'a résolument plus rien à prouver en matière d'écriture, "Profane" est le chef d'oeuvre du groupe et soyez sûrs qu'il a largement la capacité de devenir un album culte pour les années à venir.


Arch Gros Barbare
Mai 2013




"Witnessing The Fall"
Note : 18/20

Voilà le nouvel album du très bon groupe français Svart Crown. Et on peut dire que ce nouvel album ne fait pas dans la dentelle. En effet, la puissance est phénoménale de bout en bout. Les morceaux sont violents, riches, complexes mais ce qui surprend tout au long de l'album, c'est la facilité du groupe à enchaîner des passages très différents sans suivre les habitudes propre au black / death, à savoir "arrêt, reprise de riff de guitare et on repart tous à donf". Ici on sent un réel travail de composition, tant au niveau des riffs de guitares que du placement. Malgré les passages complexes, le son du groupe permet de ressortir au mieux les instruments. Les passages rapides alternent à merveille avec d'autres mid-tempo. Du fait, le groupe nous offre un concentré d'excellents titres qui s'enchaînent les uns après les autres sans parvenir à lasser l'auditeur. Et même, à la fin de l'album, on peut trouver qu'il fut presque trop court. Pour conclure, un des meilleurs (et le mot est bien pesé) albums de black que j'ai pu écouter ces dernières années. N'hésitez pas à aller les voir surtout que le groupe sera en tournée à compter d'Octobre jusqu'en Mars / Avril dans toute l'Europe et quelques dates en France.


Humphrey
Octobre 2010




"Ages Of Decay"
Note : 17/20

Qu'il est loin le temps où je découvrais les jeunes Svart Crowniens au fin fond de l'arrière pays Varrois lors du Dark Kekette festival de Seillans... Depuis on peut dire que ces petits gars ont fait du chemin, non sans quelques changements de line-up, pour enfin sortir ce qui constitue avec tant de fierté leur premier opus : "Ages Of Decay". Fini le temps de "Bloody Crown", première et unique démo du groupe, et de l'à peu près des compositions... Svart Crown joue désormais dans la cour des grands en nous délivrant un death metal des plus efficaces. Au son de riffs d'une extrême puissance comme les redoutables "Deadly March" ou "Apocalyptic Triumph", vous vous surprendrez à monter le son et à en réclamer encore davantage. "Ages Of Decay" c'est également des éléments nouveaux ou retravaillés au sein de la formation : des solos de guitares enragés, les éternels thèmes de la mort, de la souffrance, du pouvoir et du sexe ("Orgy And Sodomy") abordés, une pochette recherchée tout droit sortie de l'enfer... Quand à l'évolution du groupe depuis ses débuts, c'est sans surprise que l'on constate que le résultat final est beaucoup plus travaillé et qu'ils ont pris de l'assurance autant que de la technique. Cependant le tempo s'est accéléré, la violence s'est accentuée mais Svart Crown semble avoir un peu perdu de son originalité. Sûrement le prix à payer pour jouer dans la cour des grands... "Ages Of Decay" risque donc d'en suprendre plus d'un par son niveau et son efficacité, ainsi que l'on espère, portera le groupe au devant de la scène metal française.


Jillian
Avril 2008


Conclusion
L'interview : Jean-Baptiste Le Bail

Le site officiel : www.facebook.com/svartcrown