Le groupe
Biographie :

Stahlmann est un groupe de neue deutsche härte né en 2008 à Göttingen en Basse-Saxe allemande. Le groupe se compose actuellement de Matin "Mart" Soer au chant, AblaZ à la basse, Frank Herzig à la guitare, Maximilian Thiele à la batterie ainsi que de Johannes "Duese" Thon au clavier. Leur premier EP "Herzschlag" a vu le jour en 2009 et a été classé dans le top 20 des charts allemands en alternatif. En 2010, Stahlmann débarque avec un premier opus éponyme chez AFM Records. Deux ans plus tard, Stahlmann sort son second album, "Quecksilber" toujours chez AFM Records. Celui-ci sera suivi de "Adamant" en Avril 2013 et de "Co2" en 2015. En 2017, Stahlmann présente son nouveau venu, "Bastard", qui sort une nouvelle fois chez AFM Records.

Discographie :

2009 : "Herzschlag" (EP)
2010 : "Stahlmann"
2012 : "Quecksilber"
2013 : "Adamant"
2015 : "Co2"
2017 : "Bastard"


Les chroniques


"Bastard"
Note : 19/20

Si certains chantent depuis bien longtemps "Deutschland, Deutschland über alles, über alles in der Welt. Wenn es stets zu Schutz une brüderlich zusammenhält, von der Maas bis an die Memel, von der Etsch bis an den Belt. Deutschland, Deutschland über alles, über alles in der Welt", ils oublient bien souvent que les paroles initiales n’étaient autres que "Neue Deutsche Härte, Neue Deutsche Härte über alles, über alles in der Welt. Wenn es stets zu Schutz une brüderlich zusammenhält, von der Maas bis an die Memel, von der Etsch bis an den Belt. Neue Deutsche Härte, Neue Deutsche Härte über alles, über alles in der Welt". Quoi qu’il puisse en être du quelconque vœu de suprématie de la part de nos voisins Outre-Rhin, la Neue Deutsche Härte est sans doute l’arme auditive la plus puissante et militaire que les adorateurs de Goethe et les supporters du Bayern ont, en plus des kartoffelpuffers, pour conquérir le reste du monde et tenter de dessiner leur patrie musicale idéale. Ne le cachons pas, la Neue Deutsche Härte, ou plutôt la "nouvelle dureté allemande" c’est ça, une rigueur martiale par des riffs répétitifs et martelés soutenue par une voix plutôt atypique (et grave de préférence). Alors mettons directement les umlauts sur les "u", les "a" ou les "e" en abordant un des plus purs représentants du genre, Stahlmann. Stahlmann qui est bien décidé à conquérir de nouvelles contrées avec sa nouvelle invasion, "Bastard".

Attaquons donc sans perdre plus de temps ce cinquième album des teutoniques de Stahlmann. Après l’éponyme "Stahlmann" en 2010, "Quecksilber" en 2012, "Adamant" en 2013 et "Co2" deux ans plus tard, le quatuor en provenance de Basse-Saxe revient avec un ensemble de onze nouveaux titres réunis sous le doux nom de "Bastard". Bien plus sombre que ses grands frères, ce nouvel album prévient d’emblée de sa froideur martiale en entamant ses quarante minutes d’écoute par le glacial "Leitwolf". Pour la suite, le reste de ce "Bastard" ne perd ni en intensité ni même en maîtrise ("Judas", "Schwarz Und Weiss"). Même si l’oreille retrouve des sonorités similaires aux Rammstein, Heldsmachine et compagnie, celle-ci ne se retrouve pas plongée dans le trop vu ou dans le trop entendu mais bien dans un univers à part qui respire musique industrielle et qui expire sonorités métalliques dans ses moindres recoins ("Supernova", "Military Lapdance"). La voix de baryton de Mart Soer répond à une batterie presque militaire et des riffs répétitifs tout en power chords (et en sous-accordage évidemment). D’ailleurs, le timbre vocal a été travaillé et celui-ci s’exprime désormais bien plus gravement que sur les sorties précédentes. Bien évidemment, inutile de préciser que l’homme d’acier s’exprime dans la langue de Michael Ballack, d’Oliver Kahn ou encore de Franz Beckenbauer. Dialecte qui a tendance à sublimer les morceaux plus calmes ("Nichts Spricht Wahre Liebe Frei", "Von Glut Zu Asche") et à donner une puissance non négligeable aux titres les plus électriques ("Leitwolf", "Wächter"). Et que dire de pistes comme "Dein Gott" ou "Bastard" qui envahissent le crâne pour ne plus en ressortir ? Tout simplement qu’elles sont la manifestation même de ce froid talent que peut avoir la Neue Deutsche Härte à prendre, par la force militaire, le contrôle des esprits et à s’imposer en chef tyrannique de certaines collections de disques. En bref, "Bastard" est le point culminant de la discographie de Stahlmann. Bien au-delà, "Bastard" est une nouvelle ode allemande et plus simplement une offrande à la musique industrielle. A l’écoute se suivent des titres efficaces parsemés d’instrumentaux en béton et où une voix grave et suave règne en maître.

Pas grand-chose à dire de plus, si ce n’est qu’à reconnaître que ce "Bastard" est aussi efficace que la Mannschaft écrasant le Brésil durant une certaine demie-finale de Coupe du Monde de ballon rond. Un excellent cinquième opus, sombre, martial et cadré au millimètre qui ravira (presque) tout le monde et qui affirmera que, même si son championnat national de fußball baisse en rythme, la Germanie n’a pas dit son dernier mot en matière musicale et que la patrie d’Angela Merkel a encore de belles années devant elle grâce, entre autre, à sa Neue Deutsche Härte. De son côté, Stahlmann est à découvrir (ou redécouvrir) et ce "Bastard" est sans doute désormais sa pièce maîtresse. A passer durant les cours d’Allemand (qu’ils soient LV1 ou LV2 hein...) !


Rm.RCZ
Août 2017




"Co2"
Note : 16/20

En matière d'industrial metal avec chant en allemand, il est facile de citer les grosses pointures telles que Rammstein ou bien Oomph!. Cependant, j'ai découvert récemment un autre groupe dans ce même style qui n'était pas vraiment désagréable du tout. Il s'agit d'Eisbrecher avec son dernier album "Schock" super bien taillé (que je recommande). Cette fois-ci, je vais parler plus en détail du groupe allemand Stahlmann, toujours dans le même style, et affichant quelques bonnes surprises. En regardant la discographie de Stahlmann, elle est facilement identifiable tant les pochettes se suivent et se ressemblent au niveau des tons argentés. Je pense que leur stock d'encre de couleur argentée doit être vraiment important...

Quand on attaque la première piste, "Feindflug", on ressent bien cet industrial metal dont s'inspirent de nombreux groupes. Celle-ci passe plutôt bien même si l'effet de surprise n'est pas vraiment présent. La chanson suivante, "Plasma", s'avère être la plus banale de l'album. C'est bien dommage car celle-ci a été utilisée pour un clip complètement raté ayant pour thème le dernier Mad Max sorti au cinéma (film que j'adore). En même temps, j'y ai découvert leur look argenté et je comprends mieux le visuel des pochettes. Pour en revenir au clip, peut-être que c'est justement à cause de ce dernier que je n'ai pas trop accroché à la chanson. A méditer ou pas... "Deutschland Tantz" est vraiment bien taillé avec un synthé se rapprochant des sonorités du groupe Turmion Kätilöt, ça envoie comme il faut avec des riffs de guitare bien accrocheurs. "Die Kingle" est LA piste qui montre que les Allemands savent vraiment se diversifier ; piano et chant mélancoliques, rythmiques de batterie lentes, solo de guitare pouvant rivaliser avec les groupes de hard fm ; Stahlmann nous a concocté une superbe ballade. Très bonne surprise. Avec "Sadist", on revient à de l'industrial metal et là, ça se rapproche vraiment de Rammstein avec une guitare peu présente mais aux riffs bien lourds tandis que le chant se rapproche pas mal de la voix de Till. A croire que Rammstein a composé ce titre. "Friss Mich", comme les dernières pistes de l'album, se rapproche plus du style affiché au début de l'album, ça passe bien et ça s'écoute avec plaisir. Si l'on a aimé le début, il n'y a pas de raison que l'on n'aime pas la suite.

Je voudrais enfin parler de la piste "Spiegelbild" qui pourrait être facilement utilisée comme musique de fin de film. Entre le synthé englobant la chanson et le solo de guitare mélancolique, voilà encore une superbe piste qui prouve que Stahlmann a vraiment tout plein d'idées. Leur album "Co2" est plus que varié et équilibré, une vraie réussite !


JU
Septembre 2015




"Adamant"
Note : 17/20

Issu de la Neue Deutsche Härte, le groupe Stahlmann nous offre en guise de cadeau de Pâques retardataire un nouvel album qui devrait plaire à beaucoup de monde. Dans le style indus propre à la NDH, "Adamant" se démarque pourtant grâce à une sonorité goth un peu à la Tiamat. Les influences sont bien évidemment Rammstein et Oomph!, les groupes les plus connus de ce mouvement. D’ailleurs les fans de ces deux groupes devraient, je pense, adopter la galette sans trop de problèmes. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, Stahlmann ne se compose que de deux membres qui portent tout le talent et le génie du groupe sur leurs épaules.

"Die Welt Verbrennt" fait office d’ouverture et directement le ton est donné : cela pourrait être du Rammstein. Batterie massive, grattes énergiques, chant très grave. Tout comme "Wenn Der Regen Kommt" pourrait être du Oomph !. Quoique plus douce que sa comparse, les sons et samples electro sont nettement mis en avant. La présence d’un chant féminin quasi enfantin sur l’intro de "Schwarz", le titre suivant, apporte une touche de légèreté à ce que l’on avait entendu jusque-là. Après bien sûr il y a les incontournables de l’album comme "Leuchtfeuer" et "Paradies", deux titres qui restent en tête, le premier plus goth, le second plus electro, apportent vraiment une dimension différente à l’opus. "Der Schmied" est quant à lui très étonnant. Des grattes plus lourdes donnent la réplique à une batterie imposant un rythme Mansonnien (période "Mechanical Animals") jusqu’au refrain. Refrain qui, lui, se range au style premier du groupe et je dirais même que c’est un classique du genre. Les talents de Mart, le chanteur, se révèle pleinement sur "Tempel Der Lust". Passant du grave à une voix suave dans une parfaite harmonie, on voit vraiment que ce titre a été écrit pour lui. Tobi, le guitariste a lui aussi droit à son titre en la présence de "Süchtig", qui pour moi, est le meilleur de l’album et également le premier single. Un rythme prenant, une batterie en avant, un solo de guitare magnifique et des sonorités electro, le tout mélangé à la perfection, en fait le titre fort d’"Adamant".

Stahlmann nous emmène avec ce nouvel opus dans un univers un brin futuriste, un peu bourrin mais très prenant ; variant les atmosphères profondes du gothisme à celles un peu plus clair de l’indus. Bref, "Adamant" est à mettre entre toutes les oreilles et devrait plaire à beaucoup de monde. Personnellement, je serais assez curieuse de voir ce que ça donne sur scène, parce que si les émotions, que j’ai ressenties à l’écoute du CD, sont au rendez-vous, ça doit déboîter.


Killheart
Avril 2013




"Quecksilber"
Note : 07/20

Voilà un second album sans réelle grande surprise... L’album démarre sans grande conviction avec "Engel Der Dunkelheit", morceau assez calme pour démarrer une galette, j’aurais préféré me prendre direct une baffe mais bon... de plus l’ensemble est assez mou malgré une production soignée. Nos chers Stahlmann reconnaissent eux mêmes leur inspiration d’un groupe pas très connu du nom de Rammstein, cependant l’inspiration ne doit pas rimer avec pâle copie, car à l’écoute de morceaux tels que "Spring Nicht" et "Tanzmaschine", qui en plus de nous offrir un phrasé un peu trop identique sur les couplets, clairement ça sonne Rammstein, qu’on ne me dise pas que c’est la langue allemande qui fait ça car là, la voix a certains côtés prononcés à la Till Lindemann, un peu trop même... Certains morceaux seront un peu plus orignaux que d’autres, avec le côté életro-indus prononcé comme sur "Asche" et "Mein Leib", mais comme dirait une certaine personne de French Metal dont je ne peut citer le nom sous peine de mettre ma propre vie en danger : "ça casse pas une patte à un cul-de-jatte". Le pire c’est que tout s'étouffe très vite, il y a un potentiel présent mais le chant est trop mou et vient casser un son qui pourrait avoir bien plus de patate sur des compositions qui, malgré tout, tiennent la route, et cela rend l’écoute usante et démotivante. Bref je suis très loin d’être convaincu pour ce nouvel opus de Stahlmann et en suis même assez déçu... rien à rajouter.


Phenix
Mai 2012




"Stahlmann"
Note : 05/20

Voici un nouveau venu sur la scène metal indus allemande qui prend de plus en plus d'ampleur dans le monde, depuis notamment le succès phénoménal de Rammstein mais aussi des groupes comme Terminal Choice, Eisbrecher, Deathstars ou encore Unheilig (ce dernier légèrement à part). Tous ces groupes possèdent malgré tout leur propre identité. A l'écoute de ce premier album de Stahlmann, on ne peut s'empêcher de penser à un nouvel album de Rammstein tellement les similitudes sont nombreuses, la qualité et l'originalité en moins.

Stahlmann est très très (voir trop) de Rammstein, notamment au niveau du timbre et des des lignes de chant du chanteur qui ne font que rappeler durant tout l'album tel ou tel titre de ce dernier. Prenons par exemple titre "Stahlmann" dont le riff principal rappelle tout de suite "Brestrafe Mich". Ne parlons pas du refrain qui pourrait rappeller plusieurs titres du grand Rammstein comme "Heirate Mich" ou "Sehnsucht". Au lieu de crier "Rammstein", criez "Stahlmann" et vous aurez compris le concept du groupe. Le troisième titre "Hass Mich" comme le précédent rappelle tout de suite "Links 234". Tous les morceaux se suivent et se ressemblent, aucune surprise. Les morceaux durent entre 2.20 et 3.50 minutes, à savoir le format radio et le strict minimum au sein de chaque titre : refrain fédérateur genre "Sehnsucht", gros riff de guitare très basique qui fait bouger naturellement la tête, soit tendant vers Rammstein soit vers Katatonia (période "Tonight Decision"), couplets sur fond d'electro avant de reprendre le refain et ainsi de suite. Seul petit titre qui semble sortir du lot, "Auf Ewig", très calibré mais qui lui au moins possède un truc plus personnel.

Ce qui caractérise Stahlmann c'est le réel manque d'inspiration. Certes chaque titre s'écoute et aurait même été novateur il y a 20 ans. Non pas que leurs morceaux soient foncièrement mauvais, ils passent même très bien mais là, on frôle la caricature à tout point de vue. Certes ce courant musical (que je suis depuis fort longtemps) est souvent assez stéréotypé mais lorsque l'on veut jouer dans la cour des grands, il faut se forger son identité propre et ne pas se contenter de faire un plagiat, mais justement s'efforcer de créer quelque chose de différent des prédécesseurs, surtout lorsqu'il s'agit de monuments comme Rammstein. J'ai du mal à comprendre comment les musiciens de Stahlmann ont osé sortir ce disque sans se poser la question de ce que penserait l'auditeur. A moins qu'il ne s'agisse d'un groupe fabriqué par une maison de disques souhaitant surfer sur la vague et se faire un peu d'argent pour lancer plus tard un "vrai" groupe qui puisse tenir la route. Difficile à noter car le produit (car on peut véritablement parler de produit que de musique ici) est relativement bon, c'est propre, c'est facile d'accès, ça s'écoute en famille de 7 à 77 ans, c'est politiquement correct malgré un clip "Hass Mich" où les types essaient de jouer aux méchants avec un style proche de GothMinister mais on a du mal à y croire. Le problème est le peu de saveur lorsque l'on y goûte. C'est comme une musique d'ascenseur, ça passe bien, on a l'impression de connaître et puis voilà, lorsque cela s'arrête, on ne sait même plus ce que c'était.

Sûrement que les non connsaisseurs du genre ou les ados de 12 ans découvrant la musique apprécieront cet album, pour les habitués, les vétérans, les mélomanes et musiciens avertis, cela ne sert à rien de vous arrêter par la case "Stahlmann", sauf si ce n'est pour observer à quoi ressemblerait un mauvais album de Rammstein peut-être.


Humphrey
Septembre 2010


Conclusion
Le site officiel : www.stahlmann.tv