Le groupe
Biographie :

Formé en 2004 par l'ex-Opeth, Martin Lopez (aussi impliqué dans Amon Amarth), Soen a le privilège d'également compter parmi ses membres initiaux l'excellent Steve DiGiorgio à la basse (Testament, Iced Earth…), Jöel Ekelöf au chant et Kim Platbarzdis à la guitare depuis 2010. Le groupe propose un metal / rock progressif aux influences mêlées de chacun des musiciens et à l'univers oscillant entre Tool  et  A Perfect Circle. Le premier album "Cognitive" est sorti en 2012 chez Spinefarm Records et en 2014 la formation nous offre son deuxième opus intitulé "Tellurian". Le troisième album, "Lykaia", sort en Février 2017 chez UDR Music.

Discographie :

2012 : "Cognitive"
2014 : "Tellurian"
2017 : "Lykaia"


Les chroniques


"Lykaia"
Note : 18,5/20

Quel plaisir de retrouver Soen avec un nouvel album nommé "Lykaia" qui était une féte religieuse sur fond de rituel cannibaliste et de transformation en loup-garou pendant la grèce antique. Un beau concept en somme. Trois ans après "Tellurian", les revoila donc et l'attente est vite oubliée lorsque l'on écoute ce troisième opus à la hauteur de nos attentes et surtout de leur talent. Car oui, avec deux précédents excellents albums très marquants, on ne s'attendait pas à autre chose qu'une énième réussite !

Nous sommes donc loin d'etre déçus avec "Lykaia" qui nous offre neuf titres à la Soen. Nous ne sommes pas non plus perdus, on retrouve bien les éléments qui font de ce groupe un groupe unique. Il y a la basse bien mise en avant qui est jouissive, ce groove qui hérisse les poils, et le chant de Joel Ekelof si touchant et chaud qui nous fait voltiger. Et puis il y a la batterie énergique et efficace tout en nuances et bien sûs ces riffs instinctifs et progressifs qui donne une couleur plus metal.

Voilà, on retrouve bien Soen dans ce nouveau travail mais avec cependant une évolution qui ne chamboule pas l'écoute mais au contraire qui la rend encore plus intéressante. En effet, l'émotion y est bien plus présente. Les textes abordent des sujets forts sur ce qu'il y a derrière les religions et sectes, comme les sacrifices et suicides, et la recherche de son identité. Et la musique suit forcément avec plus de morceaux calmes comme la ballade poignante "Lucidity" qui est éthérée, tout en délicatesse. La tristesse rejoint alors la poesie dans ce titre d'une grande justesse qui parle d'une jeune fille qui s’apprête à se suicider pour sa secte et de sa lucidité face à cela. "Paragon" est une autre ballade avec une belle mélodie et des passages bien bluesy. Tantôt posé et plus rentre-dedans, "Jinn" est un morceau marquant et attrayant, plein de colère et de désespoir. D'autres morceaux sont plus aériens comme le lumineux et dramatique "Sister" ou encore "God's Acre" qui est envoûtant.

On trouve donc pas mal de titres posés mais attention, il y en a également des plus dynamiques. Des morceaux comme "Stray" ou "Opal" (qui parle du gourou d'une secte) qui sont pleins de vie. "Sectarian" est énergique et froid, plein de mélancolie, tout comme "Orison" avec ses riffs tranchants et ses passages plus planants. Ainsi, avec "Lykaia", Soen a su mettre ce petit plus d'émotion dans sa musique. On se retrouve donc avec des compositions plus profondes, moins techniques, mais du coup plus personnelles. C'est encore une fois un bijou, mais différent des deux autres albums. Une telle pureté mélangée avec de la rage, c'est magnifique !


Nymphadora
Mars 2017




"Tellurian"
Note : 17/20

Deux ans après le très bon "Cognitive", la formation nous livre un nouvel opus très attendu. Un meétal / rock progressif aux sonorités entre  Tool  et A Perfect Circle  qui sait se renouveler et fonctionne parfaitement bien : voilà comment l'on pourrait décrire en quelques mots l'univers musical de Soen. La principale critique à laquelle ce premier album avait été confronté était justement de tellement s'inspirer de  Tool  que l'on aurait presque eu envie de crier au plagiat. Cette direction artistique a cependant toujours été pleinement assumée. Qu'en est-il alors de "Tellurian" ?

Niveau changements, on pourra noter l'arrivée de Stefan Senberg à la basse pour remplacer Steve DiGiorgio. Au niveau musical, on retrouve l'esprit du groupe, qui ne trahit en rien son orientation et sa qualité, mais prouve qu'il sait se renouveler habilement. La finesse et l'intelligence de jeu de Martin Lopez restent toujours autant affirmées et apportent à la section rythmique une classe talentueuse, sobre et efficace. Avec des musiciens de cette envergure et de cette notoriété, Soen part avec le lourd fardeau d'être perçu comme un "super-projet". Ce que le groupe nous livre ici répond, avec grâce, à nos attentes, entre lourdeur d'un heavy moderne, mélodie incontestable, univers intriguant et original. Ce qu'il y a de plus intriguant justement dans l'univers musical de cette formation est qu'elle nous présente à la fois un univers au sein duquel chacun pourra y retrouver de nombreuses références, dont les anciens groupes des musiciens ou encore ceux cités auparavant, tout en amenant sa touche personnelle d'originalité et sa signature facilement reconnaissable. Et c'est en partant d'une culture de base indéniablement orientée "metal" que Soen parvient à apporter sa sonorité progressive moderne faisant sensiblement penser à des formations telles que Haken  ou  Riverside. Mais comment tout ce mélange finit-il alors par sonner au sein d'un ensemble cohérent ?

Nous avions déjà pu savourer la qualité des compositions de "Cognitive", et "Tellurian" reste dans la même lignée : pour résumer, si vous avez apprécié le premier album, vous ne serez pas déçus par le deuxième. Déjà l'artwork de "Cognitive" se voulait accrocheur. On peut dire que le groupe sait faire le choix de ses pochettes. Celle de "Tellurian" est en parfaite harmonie avec le concept musical : artistique, intriguante et personnelle. L'album est empli de rythmes chocs et dynamiques, sachant se faire discrets et intelligents aux moments les plus planants des titres. L'écriture des textes est inspirée et la qualité technique – on notera la beauté des mélodies vocales et la performance parfaite de Jöel Ekelöf au chant, mais tout est irréprochable, de la batterie à la basse sans oublier la guitare – reflète tout le professionnalisme et l'expérience de ces musiciens. Plus progressif dans son approche que le précédent album et proposant des nouveautés (l'usage des congas par Martin Lopez sur "The Other's Fall" par exemple), "Tellurian" marque bien une évolution du groupe, sans pour autant s'éloigner de sa base musicale originelle. Pour survoler rapidement les titres, "Pluton" est sans conteste l'un des titres phare de cet album avec "The Other's Fall", qui clôture l'opus avec ses 8 minutes 42 de surprises. "Koniskas" offre quant à lui des enchaînements très intéressants et une structure finement élaborée entre passages dynamiques, mélodiques, planants et progressifs à souhait.

Soen présente donc une réelle logique évolutive et promet un futur intéressant. On ne peut qu'espérer que l'audience sera au rendez-vous. Si vous découvrez le groupe, écoutez les albums chronologiquement, pour vous inspirer complètement de cette logique qui vous fera rentrer dans un univers qui vous semblera encore un peu plus original à chaque écoute.


Radien
Janvier 2015


Conclusion
Le site officiel : www.facebook.com/soenmusic