Le groupe
Biographie :

Slave One est le projet de Seb officiant à la batterie dans Brennkelt. Il a entièrement composé et enregistré les six morceaux de la démo intitulée "Vermin". Epaulé par Nico, Cyril et Ben en live, ces trois vont collaborer à la composition de nouveaux morceaux. Après cette première démo, le groupe est rejoint par un bassiste et un chanteur et enregistre "Cold Obscurantist Light".

Discographie :

2009 : "Vermin" (Démo)
2011 : "Cold Obscurantist Light" (EP)


Les chroniques


"Cold Obscurantist Light"
Note : 14/20

Jeune formation, qui au départ n'était le projet que d'une seule personne à savoir le bassiste Seb ; Slave One a su évoluer en presque deux ans pour exister en tant que véritable groupe. Leur death metal à l'ancienne est le courant qui agresse les narines vigoureusement avec cette nouvelle demo. En effet si "Vermin" leur premier jet sorti presque trois ans plus tôt, posait déjà les bases d'un death metal bien branlé, et qui s'inspirait de choses relativement référentielles comme bien évidemment Death ; on constate qu'il existe entre les deux productions, d'une part quasi trois années de perfectionnement, c'est certain, mais surtout un monde au niveau de la production et de la signature musicale.

Si "Vermin" possédait un son malgré tout sorti de la caverne d'un vieux grizzly en cours de réinsertion sauvage, on sent déjà que la maturité en matière de production a pris un grand coup de pied dans les parties. En effet Slave One a progressé littéralement entre ces deux productions, celles-ci ayant été enregistrées toutes deux au Rottensound Studio, qui je suppose à moins de n'être dans le faux, doit être un studio perso à savoir du matos maison. Eh bien, en dépit d'une production sans doute réalisée à la force du poignet, force est de constater que Slave One a fait un grand bon en avant, et que leur musique est largement plus mise en valeur aujourd'hui. On sent bien que le son s'est étoffé, et qu'il a pris en épaisseur, c'est nettement moins brut et ça prend beaucoup plus de volume. La basse est toujours aussi présente, mais ici, elle est plus que mise en avant, et sans pour autant faire de l'ombre aux autres instruments, on sent que le groupe lui laisse une marge très importante, d'autant plus que le fait qu'elle ait six cordes ne doit pas être juste pour la démonstration. Musicalement Slave One a aussi pas mal avancé en matière d'efficacité et d'identité. Maintenant progression n'est pas perfection, il reste encore du chemin à faire, pour le le son global prenne une véritable ampleur de puissance, on verra cela lors du premier album certainement...

La première démo, laissait déjà entrevoir les prémices d'un style sulfureux et inspiré par l'obscurantisme et une mythologie Indienne mise en avant par Seb qui est donc le parolier. Et c'est vrai..., c'est vrai que Slave One, au delà du death metal qu'il nous propose et pour lequel il en maîtrise parfaitement les arcanes, arrive à faire ressortir des mélodies malfaisantes, où l'on sent bien la mythologie qu'ils veulent porter à bout de bras. Lorsqu'on écoute "For Shiva Whispered The Universe", c'est tout cet univers qui vient à nous pour se matérialiser dans les oreilles et nous en projeter son image. Si vous êtes friands de riffs exotiques comme Melechesh sait nous le servir, ou (exemple tellement facile c'est vrai) comme Nile nous le balance, mais sans la densité, et encore comme Rudra, le groupe de thrash / death de Singapour (excellent groupe) alors oui vous aimerez obligatoirement Slave One.

Mais le fait de savoir comment orienter ses mélodies pour créer un univers noir, malsain n'est pas le seul atout du groupe. Il est aussi très carré et technique tout de même. Technique parce que les morceaux, au nombre de six, comme pour leur première prod, sont construits de manière évolutive, on retrouve souvent des harmonies très proches de Schuldiner comme soulevé plus haut, avec la technique et l'esprit qui va avec. Des harmonies emmenées par une batterie souvent sauvage, qui mène le tempo comme un métronome géant, notamment sur "Solanum Dance", titre le plus spécifique du CD, où l'on retrouve autant à la guitare qu'à la batterie des moments dignes en alternance de Cynic, et Death, quelque chose de sévère les enfants, parole !!!

On n'oubliera pas le chant, dont Nico P a la charge, un chant très guttural totalement adapté au style de death metal de Slave One qui offre aux morceaux la hargne vocale dont ils avaient besoin. Alors ce qu'il se passe, bizarrement, c'est que plus on avance dans les morceaux, et plus l'accroche est insistante, comme s'il existait une progression invisible dans la démo qui faisait qu'on montait d'un cran à chaque morceau.

Au final on a six morceaux d'un death metal encore frais dans sa composition et dans son énergie sonore, qui ne demande qu'à prendre un élan collégial. Je veux dire par là qu'il faut encore un peu de temps au groupe, dans la durée discographique pour avoir une unité parfaite, et qu'on ressente de manière plus flagrante l'unicité de Slave One. Mais pour l'instant on peut dire que leur style envoie bien, car la brutalité est également présente sur les morceaux. Brutalité qui était déjà présente sur leur première démo, mais qui ici, a été plus disséquée pour devenir plus intelligente, moins brute, mais plus violent. C'est exactement le cas pour "For Shiva..." ou "Uroboric". Le tout vous est servi sur un plateau en or, avec un artwork signé Trëz (Diluvian, Methnakriss....) dont vous en reconnaitrez forcément la signature graphique.

Que dire de plus, si ce n'est qu'il faut encourager ce genre d'initiative death métallique, le recul musical est là, la volonté est là, le talent est là, le son performant est en cours d'acquisition, la technique est là... Mais que manque-t-il ? Mais que manque-t-il ?!!... Le public peut-être, allez on l'a déjà dit, chacun sa fonction, ils créent, nous aimons, et comme le disait Voltaire dans Candide "Tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes"...


Arch Gros Barbare
Décembre 2011




"Vermin"
Note : 12/20

Slave One, après avoir entendu ce nom je me suis directement posé la question : "Tiens ? Des fans de Star Wars peut-être ?". Je ne sais pas, et à la limite c'est pas grave car ce n'est pas cela qui nous intéresse pour le moment. Alors, Slave One ça fait quoi comme musique ? Du death metal mon bon monsieur. Le groupe nous gratifie ici de 6 titres pour leur première demo. Quid de la pochette ? Pas mal sans plus, vous jugerez par vous mêmes. Musicalement, le groupe joue un death plutôt old school je dirais, alternant des passages rapides à base de blast beats et de passages plus lents, plus pesants. La guitare nous sort soit de long riffs mélodiques ou des riffs plus classiques death assez efficaces et quelques solos bienvenus. La voix, quant à elle, est en général bien gutturale mais parfois part dans des déboires hurlés, ce qui donne un peu de relief à l'ensemble. Malheureusement, tout n'est pas rose dans l'univers de Slave One. Tout d'abord, la production, le son est très plat et manque de chaleur. Par moments ça va mieux mais globalement c'est assez mauvais sans être catastrophique je vous rassure, n'oublions pas que ce ne sont de toutes manières que des démos ! Deuxième lacune, l'écriture. Certains passages sont très bons et accrochent très bien l'auditeur et à côté de cela, d'autres passages sont très (trop) classiques et "déjà entendu". Le problème est qu'au niveau structure les bons passages sont souvent mal placés et on passe trop vite de chouettes passages à de "bof" passages. Alors verdict pour la première demo ? Peut mieux faire mais pas trop mauvais.


Danivempire
Juillet 2009


Conclusion
Le site officiel : www.myspace.com/slaveonefrance