"Forever Abomination"
Note : 17,5/20
Les Skeletonwitch m'étonneront toujours ! Aprés le départ de Derrick Mullet Chad Nau, la formation Américaine aurait put sombrer, mais c’était sans compter sur Tony Laureano, l'homme aux multiples groupes (entre autres, Dimmu Borgir ou bien Niles, ça fait déjà de la bonne carrière derrière des fûts, ça) qui le remplaça au pied levé pour la tournée.
De retour dans des studios lugubres, hantés et poussiéreux (on ne peut pas imaginer les Skeletonwitch dans des studios propres sur lesquels n'est jetée une quelconque malédiction ancestrale) le problème du batteur s'est encore une fois posé. Mais c'est le très talentueux Dustin Boltjes (Black Arrows Of Filth And Impurity, Demiricous) qui s'est assis derrière les fûts sanglants et pernicieux de la formation.
Symbolisant la renaissance, la cover de l'opus, persiste et signe, avec un titre qui reste dans la droite lignée de la musique de Skeletonwitch. Les Américains vont nous raconter avec moult précisions, les rituels impies venus d'outres-tombes, le goût de la chair putréfiée, les jonctions d'étoiles dans des schémas ésotériques compliqués et hermétiques et l'éradication de la race humaine grâce à une poignée de nécromants, comme ils savent si bien le narrer.
Et si le nouveau venu est clairement à la hauteur (la batterie s'affole systématiquement dans tous les sens, appuyant clairement l’agressivité des parties rapides), le grand point fort de cet opus c'est bien évidemment le retour à des mélodies enlevées, comme la conclusion du plus nerveux "Breathing The Fire" nous l'avait promis. Les hurlements de damnés de Chance sont toujours aussi bons, toujours collés à la mélodies tonitruantes des compos maudites et aux riffs démoniaques du frangin honni, le tout transpirant le souffre et les flammes infernales des abysses.
Mais dans un sens, ce "Forever Abomination" amène un net plus dans la discographie de la sorcière grâce avouons-le à cette batterie, constamment au taquet et surboostée par une prod' plus claire que sur les opus précédents.
Bref, le Skeletonwitch qui m'avait charmé sur "Beyond The Permafrost" semble avoir fait la paix avec celui de "Breathing The Fire" et continue en droite lignée putride sur un chemin tracé dans la chair, orné de tombes ouvertes et bordé de décripitude. Longue vie à la sorcière squelette !
"Breathing The Fire"
Note : 17/20
Une main décharnée s’agrippe a ce qui reste de son tombeau. Une odeur de décomposition vous emplit le cerveau alors que les mélodies imparables commencent à secouer votre corps contre votre propre volonté et que du feu semble s’échapper de vos narines…
Et oui, les Skeletonwitch avaient réussit l’impossible : sortir de la tombe le cadavre poussiéreux et bouffé par les vers du thrash de la Bay Area, aidés en cela, il est vrai, par les inévitables Municipal Waste (entre autres). D’ailleurs, le rituel n’était pas passé foutrement inaperçu. Certains parlaient même, à demi-mots, de "Revival Thrash".
Ainsi donc, revoici les Skeletonwitch avec un nouvel enregistrement, laissant à peine le temps aux plus fans d’entre vous de faire retomber le soufflé aux relents putrides, nommé "Breathing The Fire" et piloté par le grand Jack Endino (oui, je sais, le gars est plus habitué à feu sieur Cobain ou aux facéties de Soundgarden).
Comme la machine ne s’est pas arrêtée depuis "Beyond The permafrost" (ayant tourné avec -entre autres- Dimmu Borgir, Amon Amarth, , Municipal Waste, ou encore Cephalic Carnage), c’est un peu dans le même genre d’élan que "continue" ce nouvel opus, tant le style des compos et leurs empreintes ressemblent à celles du précédent enregistrement.
Au programme donc aujourd’hui : des solos qui pètent les rotules à mon cousin Martin, des refrains ultra-efficaces qui entrainent mémé dans les orties fraîches du matin et des râlements gutturaux qui viennent de mon évier bouché, le tout mené tambour battant avec une efficacité sans pareille et des paroles qu’on croirait sorties du dernier long métrage de Bruce Campbell.
Vous l’auriez donc compris, rien, mais absolument rien, ne diffère ce "Breathing The Fire" du précédent "Beyond The Permafrost", mis a part un léger sous-mixage au niveau de la voix et des riffs quelquefois plus inspirés que la moyenne ("Longing For Domination", "Submit To The Suffering", "Released From The Catacombs"), ce qui ravira évidemment les fans et les puristes inconditionnels de la formation (et ils sont nombreux) mais qui laissera une pointe de déception chez les autres, tout aussi nombreux, qui attendaient de cet album une véritable révélation tel que le laissait suggérer l’enregistrement précédent.
Làs, il n’en est rien. Peut-être pour la prochaine fois ? En attendant, l’efficacité, les mélodies entrainantes et les riffs qui tabassent sont au rendez-vous et c’est avec plaisir que je vous re-invite donc dans la fosse.
"Beyond The Permafrost"
Note : 17/20
Skeletonwitch est une formation originaire de l’Ohio. Avec ce "Beyond The Permafrost", le combo nous propose une musique authentique, un death mâtiné de thrash bien efficace qui devrait plaire au plus grand nombre.
Je m’explique, après m’être servi une Hobgobelin (la bière des grands jours).
Derrière une -superbe- cover rappelant le travail de Mucha si celui-ci avait écouté du metal, (vraiment superbe), la formation nous propose une musique sans ambages. Efficace et directe, la musique des Skeletonwitch nous prend directement au corps, avec des riffs balancés sur-mesure. Des mélodies implacables, des rythmiques bien calées, souvent en mid-tempo (avec une double qui pète la tronche à mon cousin Martin).
Skeletonwitch c’est l’influence non dissimulée et clairement digérée de tout ce que le heavy a d’efficace et de mélodique, de ce que le thrash a d’intuitif et de ce que le death a d’implacable, le tout combiné a une ligne de chant sans concession, lorgnant sans cesse vers le black et portant des compositions qui sont pensées au mieux, de façon à t’en mettre plein la tronche sans ambages. Mais surtout la mélodie, les refrains entrainants et vraiment super efficaces qu’offre le groupe sont incontestablement LE point fort de l’opus ("Upon Wings Of Black", "Beyond The Permafrost"… bref, tous).
Et bien entendu, ce constant flou quand au style du groupe, lorgnant vraiment sur beaucoup de styles pour en ramener le meilleur sur chaque compo et sachant rester malgré tout dans une espèce de death mélodique du plus juste effet. Ca manque juste un peu de blast, mais c’est largement contrebalancé par les mélodies en acier pur que pond le groupe. Et puis y’a quand même des compos qui pète grave les rotules à mémé dans les orties ("Soul Thrashing Black Sorcery", "Cast Into The Open Sea", "Baptized In Flames"), bref, c’est du tout bon et surtout le groupe ne se prend pas la tête avec son second degrés et ses paroles archi clichés. Et ça ça fait vraiment du bien.
Un album authentique qui ne se prend pas la tête pour la sentir enfler et qui reste très efficace, une chouette découverte pour tous ceux qui ne connaîtraient pas et un opus à écouter en attendant la suite qui se révélera très certainement des plus intéressantes.
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