Le groupe
Biographie :

Skeletal Remains est un groupe de death metal américain formé en 2011 et actuellement composé de : Adrius Marquez (basse / ex-Armory), Adrian Obregon (guitare / ex-Infantry, ex-Maledict, ex-Tyrant), Chris Monroy (guitare, chant / Fueled By Fire) et Johnny Valles (batterie / Ensepulcher, Fiend, Goreshack, Proctologist, ex-Atomic Violence, ex-Veil Of Nithael). Skeletal Remains sort son premier album, "Beyond The Flesh", en Novembre 2012 chez FDA Rekotz, suivi de "Condemned To Misery" en Août 2015, et de "Devouring Mortality" en Avril 2018 chez Century Media.

Discographie :

2012 : "Beyond The Flesh"
2015 : "Condemned To Misery"
2018 : "Devouring Mortality"


Les chroniques


"Devouring Mortality"
Note : 17/20

Amis amateurs des premiers balbutiements du death metal, nous voilà réunis pour le nouvel album de Skeletal Remains ! Créé en 2011, le combo américain composé depuis les débuts de Chris Monroy (guitare / chant), Adrian Obregon (guitare) et Adrius Marquez (basse) accueille Johnny Valles à la batterie. Si leur premier nom était Anthopophagy, leur son n’a que très peu changé depuis les premiers riffs. Un premier album en 2012, suivi du deuxième en 2015 qui leur fera faire une tournée de festivals en 2015/2016, et les Américains composent pour "Devouring Mortality", un album illustré par Dan Seagrave. Oui, rien que ça.

On commence sur "Ripperology" et ses riffs qui mettront tout le monde d’accord. Si la production n’a rien à envier aux dernières sorties du style, le death metal du groupe est à la fois moderne et antique. Que ce soit lors des refrains plutôt accrocheurs ou des couplets qui font honneur aux pionniers, le titre n’a pas d’âge. Et ce n’est pas le solo qui mène à "Seismic Abyss" qui me contredira. D’ailleurs, ce second titre a également un excellent potentiel, même si le tempo accélère un peu. Johnny passe du blast à la double pédale avec une facilité déconcertante pendant que ses comparses alignent leurs parties sans sourciller. "Catastrophic Retribution" me rappelle les débuts du death metal, lorsque les groupes commençaient à se diversifier en deux branches distinctes : brutal death et death technique. Piochant à nouveau dans les deux styles, "Devouring Mortality" ne laissera aucun répit à notre nuque, avec une puissance rarement égalée depuis quelques années. A l’image de son titre, "Torture Labyrinth" est une pièce qui joue avant tout sur l’aspect technique que le groupe est capable d’avancer sans pour autant perdre en qualité sur le reste. La violence est omniprésente, mais ce n’est rien à côté de "Grotesque Creation", où j’ai l’impression d’entendre du Cannibal Corpse avec une voix différente. Le groupe n’hésite pas à diversifier un peu sa base, mais tout en restant sur ce qu’on fait les maîtres. On repart sur des influences thrash avec "Parasistic Horrors" et ses harmoniques destructrices. Vous aurez envie de headbanguer avant que le titre ne passe la moitié de sa durée, c’est une certitude !

Toujours pas convaincus ? Alors je vous propose d’écouter "Mortal Decimation", le titre suivant. Une voix hurlée comme on en fait plus depuis des années, des riffs motivants au possible… Ce titre a tout pour flirter avec l’excellence ! Un titre instrumental avec "Lifeless Manifestation" qui nous envoie une rythmique plus que correcte en pleine face avant d’enchaîner sur "Reanimating Pathogen". Une inspiration directe des papes du death metal leur permet de placer autant de parties lead que de rythmiques puissantes et lourdes. Le dernier titre, "Internal Detestation" nous achèvera avec des riffs qui auraient pu être composés il y a vingt ans, mais qui sont toujours aussi efficaces, surtout lorsqu’ils sont parsemés de guitare lead.

Vous pensiez que le death metal était mort ? Eh bien vous avez tout faux. Le death metal est bien vivant, et il n’hésite pas à envoyer un son gras et moderne pour convaincre. S’inspirant de Death, Cannibal Corpse et Obituary, Skeletal Remains nous livre un album carré au possible qui ne nous permet plus d’hésiter à propos du futur de la scène. Les Américains sont malheureusement trop peu connus à mon goût, et leur passage au Hellfest 2016 était beaucoup trop court !


Matthieu
Avril 2018




"Condemned To Misery"
Note : 13/20

Éternel débat que celui du old school VS new school... Même si l'on peut très bien aimer les deux, on a toujours une petite préférence pour l'un ou l'autre. Personnellement, même si en matière de hardcore j'ai clairement opté pour le old school, je dois dire que j'ai encore du mal à effectuer ce choix pour le death. Aujourd'hui, Skeletal Remains débarque avec un second album, dans la droite lignée du premier : 100% old school death metal !

Ce jeune groupe, à l'origine intitulé Anthopophagy (2011), a décidé de nous replonger dans le début des années 90, à l'époque des groupes comme Death, Obituary ou encore Morbid Angel. On retrouve ce même côté "enregistré dans une cave", à l'arrache, voire parfois basique du death. Clairement, je dois avouer que j'ai du mal. Je n'ai jamais trop accroché à ce style de death, bien trop linéaire, voire mou à certains moments, comme en témoignent les interminables passages instrumentaux de ce "Condemned To Misery". 8 morceaux qui durent parfois plus de 5 minutes et qui peinent souvent à se lancer, ça n'est pas franchement transcendant.

Pour autant, on ne saurait reprocher à Skeletal Remains un quelconque manque de talent. Malgré une voix sûrement (volontairement ?) trop black caverneuse, les riffs restent corrects et travaillés. Nul doute que les purs fans de death quadragénaires y trouveront leur bonheur. Ces Américains ont dû grandir avec dans les oreilles les premiers albums de Deicide ou Cannibal Corpse, tout en caressant l'espoir de reproduire ce même type de son et d'ambiance sombre. Sans s'acharner sur une technicité à outrance, ni même la moindre brutalité auditive, "Condemned To Misery" s'écoute sans problème, mais plutôt comme une sorte d'hommage à une période déchue.

À l'inverse de la pochette ultra colorée de cet album, le résultat n'est ni grossier, ni tape-à-l'oeil. Les vieux de la vieille se délecteront sans amertume de cet album rempli de nostalgie, qui sent bon les racines. Pour d'autres, comme moi, il s'agira juste d'une production correcte, qui apparaît toutefois trop archaïque pour faire partie d'une collection d'incontournables. Les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas.


Grouge
Août 2015


Conclusion
L'interview : Adrian Marquez

Le site officiel : www.skeletalremains.bandcamp.com