Le groupe
Biographie :

Débarqué tout droit de son monde cyber - punk, le monstre Shaârghot est apparu dans le paysage musical français avec la subtilité d’un rouleau compresseur. Aidé de ses “Shadows”, le Shaârghot cherche à organiser une immense fête et à dynamiter tout ce qui existe sur cette planète. Le groupe d’electro metal indus dévaste tout sur son passage, laissant derrière lui autant de traces de peinture noire que d’hématomes. Ayant assuré ses premières scènes auprès de nombreuses têtes d’affiche, comme les déjantés Little Big, les incontournables Punish Yourself et les rois de la dark electro Hocico, Shaârghot continue de faire parler de lui avec ses shows extrêmement énergiques, ses performances incluant costumes post-apocalyptiques et son metal martial aussi dansant que percutant.

Discographie :

2013 : "Mad Party" (EP)
2015 : "Vol.1"
2017 : "Break Your Body" (EP)


Les chroniques


"Break Your Body"
Note : 18/20

Hey Shadows ! Tu kiffes te prendre des coups de pied au cul ? Ton délire c’est de t’éclater la tête contre un mur ? Pour toi rien ne vaut une soirée auto-torture ? T’es tombé sur la bonne chronique. Laisse-moi t’expliquer le trip ! Tu prends un chanteur un poil schizo, un guitariste cyborg, une bassiste barbue, un batteur pas rassurant et un photographe soumis, tu rajoutes une batte de base-ball, de la 8.6, des lasers verts, de l’electro et environ 4 000 litres de peinture noire et tu obtiens plus ou moins un bébé Shaârghot.

J’ai vu ces mecs et cette fille (Etienne au micro, Bruno à la gratte, Clémence à la basse, Olivier à batterie et Aliaume… et Aliaume) sur scène à Bogny-Sur-Meuse (le fameux village ardennais coincé entre Nouzonville, Monthermé et Sécheval bien entendu… Tout le monde connaît) et autant dire que je me suis pris une méga grosse patate dans la caricature qui me sert de visage ! C’était un tout petit festival mais c’était un très grand concert, croyez-moi. Et puis quand j’ai vu que ces tarés allaient sortir un nouvel EP, j’ai sauté sur l’occasion ! Et voilà que vous êtes en train de lire ces lignes pour parler de "Break Your Body". Composé de quatre titres et d’un interlude pour une vingtaine de minutes, cet EP n’est pas la première galette du groupe puisqu’ils avaient sorti "Mad Party" en 2013 puis l’album "Vol.1" en 2015. Mais la vraie question est de savoir si l’EP est à la hauteur de mes attentes. (SPOIL : la réponse est "oui")

L’EP commence tout en douceur (non je déconne, c’est un gros bordel) avec "Doomsday". Bon bah là le message est clair… C’est du Shaârghot comme on a pu en entendre auparavant. Du bon gros metal industriel, pas trop Manson, pas trop Rob Zombie, pas trop Rammstein, mais un peu tout ça quand même parce que quand on pense industriel on pense à ces trois noms. Les paroles sont quasi incompréhensibles mais ça, Etienne le sait et il en joue, et si t’es pas content retourne écouter Mylène Farmer. Bon OK, t’as le droit de ne pas aimer mais dans ce cas, sache que moi non plus je ne t’aime pas. S’ensuit "Kill Your God" et ses sirènes de police. Ce morceau a une ambiance très… Hmmmm… très Shaârghotesque ? C’est le meilleur mot à vrai dire. Ce n’est pas le groupe le plus évident à décrire, ni le plus évident à écouter mais une fois que t’es dedans, tu commences à goûter à de multiples sonorités. A noter que le groupe a fait l’effort de réussir à rendre ces deux premiers morceaux hyper accrocheurs malgré la bazar ambiant. Je parle de morceaux accrocheurs quand soudain surgit le morceau que tu ne peux pas t’enlever de la "I’M GONNA BREAK YOUR BODY, BREAK BREAK YOUR BODY AGAAIIIIIIIIN !, euh… je voulais dire de "la tête". Ce morceau, tu l’auras deviné, c’est "Break Your Body". En live, c’était simplement une tuerie avec Aliaume, le gros soumis, agitant frénétiquement ses deux minables pancartes avec le titre écrit dessus, alors autant dire que c’est un plaisir de retrouver ce morceau sur CD. A écouter absolument ! Enfin, l’EP se termine avec "Bucolikiller", avec au chant Loki Lonestar du groupe Tricksterland. Ce morceau, c’est une espèce de ballade inquiétante et énigmatique. En tous cas, c’est une sacrée bonne surprise. Après avoir écouté les titres précédents, on ne peut pas s’attendre à ce genre de sonorités inspirées d'Igorrr.

En bref, je suis absolument convaincu par "Break Your Body". Le seul reproche que je puisse faire à Shaârghot, c’est que parfois leur son studio sonne un peu trop bordélique. A part ça, tout est parfait ! Des questions restent tout de même : qu’est-ce qui ne tourne pas rond dans la tête de ces gens ? Pourquoi se maquillent-ils entièrement en noir ? Pourquoi Clémence est-elle plus barbue que les membres masculins du groupe ? Qui de la batterie d'Olivier ou d'Aliaume se prend le plus de coups ? Pourquoi le groupe aime-t-il la 8.6 chaude ? Et enfin, à quand l’album ?


John P.
Décembre 2017




"Vol.1"
Note : 17,5/20

Attention, événement ! L’Hexagone, qui a finalement produit très peu de groupes œuvrant dans le metal / indus malgré la qualité évidente de formations telles Treponem Pal, Proton Burst, Punish Yourself ou encore Undercover Slut, nous balance son dernier rejeton, Shaârghot, combo parisien qui va faire du bruit.

Shaârghot, à l’instar d’Herrschaft, Prime Sinister et bien entendu Blazing War Maching, fait partie de cette nouvelle génération qui a décidé d’en découdre au plus haut niveau ; univers travaillés à l’extrême incluant une maîtrise hallucinante du transmedia storytellingn, la chevauchée malsaine d’un Kubrick dans les entrailles de Sin City, dandy indus en prime. Suite à la sortie d’un premier EP particulièrement bien accueilli par la critique, les Parisiens ont donc décidé d’intégrer les quatre titres dans ce premier album sobrement nommé "Vol.1".

Premier constat, nous aurions tort d’étiqueter le son de Shaârghot comme simple metal indus tant les compos explorent plusieurs genres de la manière la plus puriste qui soit. Certes le titre éponyme nous ramène aux premiers albums de célèbres Teutons, tandis que "Traders Must Die" lorgne vers le courant Neue Deutsche Härte. "Azerty" sonne comme un "Get Your Body Beat" de Combichrist, idem pour "U.K.T.T.O.M.H". "The Way" aurait pu être d’Hocico boosté au KMFDM et "Mad Party" fleure bon Punish Yourself. Et que dire de "No Solution" dont le refrain nous remémore le "Breathe" de Prodigy. Chaque titre possède sa propre identité et le doit à une réelle performance vocale, l’alternance hurlé / susurré / modulé / grave et aigu contribue à l’ambiance viscérale et glauque, bien aidée par une avalanche de riffs puissants et de beats hystériques.

Shaârghot nous balance son univers en pleine face, tel un uppercut, le dépeint en douze psaumes se concluant par l’énigmatique "B4-Birth". Et comme si cela ne suffisait pas, le combo entretient une réputation live sulfureuse comme en témoignent leurs premières parties pour Rabia Sorda et Punish Yourself, nul doute que l’on reverra très prochainement les Franciliens à un niveau encore supérieur.


Braindead
Novembre 2015


Conclusion
Le site officiel : www.facebook.com/shaarghot