Le groupe
Biographie :

Sepultura est un groupe de metal brésilien fondé par Max et Igor Cavalera en 1984, à Belo Horizonte. Le groupe est l'un des plus influents du thrash, death et groove metal de la fin des années 1980 et du début des années 1990. Il a ensuite évolué vers le hardcore, en incorporant des éléments provenant du nu metal, du metal alternatif et du metal industriel. Le fondateur et pilier du groupe Max Cavalera quitte brutalement le groupe en 1996, à la suite de désaccords personnels, et fonde Soulfly. Son frère Igor, batteur, fait de même en 2006 et rejoint son frère dans une nouvelle formation nommée Cavalera Conspiracy. Les membres actuels sont Paulo Jr. à la basse – seul musicien présent dans Sepultura depuis ses débuts –, Andreas Kisser à la guitare, Eloy Casagrande à la batterie, et Derrick Green – unique membre non-brésilien – au chant. Formé dans un contexte de répression policière qui marquait les dernières heures de la dictature militaire, Sepultura a connu un succès international à la fin des années 1980 dans un style proche du thrash metal, participant ainsi à la popularisation de ce genre aux États-Unis et en Europe, puis a évolué vers le groove metal dans ses trois albums emblématiques que sont "Arise" (1991), "Chaos A.D." (1993) et "Roots (1996)".

Discographie :

1986 : "Morbid Visions"
1987 : "Schizophrenia"
1989 : "Beneath The Remains"
1991 : "Arise"
1993 : "Chaos A.D."
1996 : "Roots"
1998 : "Against"
2001 : "Nation"
2003 : "Roorback"
2006 : "Dante XXI"
2009 : "A-lex"
2011 : "Kairos"
2013 : "The Mediator Between Head And Hands Must Be The Heart"
2017 : "Machine Messiah"


Les chroniques


"Machine Messiah"
Note : 19/20

Pour être tout à fait honnête, lorsqu’on m’a proposé de chroniquer ce dernier album de Sepultura, j’ai d’abord été réticent. Oui, je suis comme ça, moi, je me permets de faire le difficile. Attention, ne vous méprenez pas, j’adore Sepultura ! Enfin, "j’adorais" serait plus juste, en fait… Et c’est bien de là que vient mon hésitation initiale. A l’époque, j’avais découvert notre joyeuse bande de Belo Horizonte grâce à "Chaos A.D.", puis "Arise", et tous deux resteront à jamais parmi mes albums préférés de tous les temps, tous groupes confondus. Mais, à mes yeux, Sepultura commença à mourir avec "Against" et "Nation"… C’est avec ces deux albums que j’ai véritablement commencé à lâcher le groupe, et "Roorback" n’avait rien arrangé. Je dois cependant avouer que les albums suivants, "Dante XXI" et "A-Lex", contenaient des titres qui avaient réveillé mon attention, mais pas mon intérêt, et je n’avais pas continué à chercher à me raccrocher à ce groupe.

Mais soyons sérieux deux minutes, c’est bien de Sepultura qu’on parle ici, alors quand on se voit offrir l’opportunité de les chroniquer, on peut difficilement dire non. Par curiosité, j’ai quand même voulu jeter une oreille à ce "Machine Messiah" avant de me décider. Il m’aura suffi de deux chansons pour cela, et une troisième pour me confirmer que j’avais pris la bonne décision. Nous sommes en 2017, et le quatorzième album de Sepultura est tout simplement une incroyable tuerie ! Mes Brésiliens préférés me font à nouveau vibrer, bouger, ou en un mot, vivre leur musique. La claque était tellement violente que je me suis dit que j’avais dû rater quelque chose pendant toutes ces années où je les avais délaissés. Alors j’ai (ré)écouté "Dante XXI", "A-Lex", "Kairos" et "The Mediator Between Head And Hands Must Be the Heart" et j’ai pris conscience que, oui, j’étais passé à côté de grands albums. Mais aucun d’entre eux ne m’a fait l’effet de ce monumental "Machine Messiah".

Car oui, c’est bien beau de se refaire la discographie du groupe, mais pour le moment, c’est bien "Machine Messiah" qui nous intéresse ici. Et autant dire que cette année, Sepultura frappe fort, très fort ! Toujours chez Nuclear Blast, les Brésiliens ont décidé cette fois, après Ross Robinson, de confier leur bébé à un autre grand nom de la production musicale, en la personne de Jens Bogren (Opeth, Pain Of Salvation, entre autres). Et quel meilleur choix que lui pour magnifier les 10 superbes compositions que nous offre Sepultura en ce froid mois de Janvier ? Question rhétorique, ne cherchez pas de réponse. Bogren a fait un boulot sublime pour pousser les titres à leur puissance et leur potentiel maximum, mais ce genre de travail est toujours plus simple si le matériau de base est déjà de grande qualité. Et "qualité" est un faible mot quand on veut aborder le sujet des 10 nouveaux titres que Sepultura nous propose ici.

Dès le début, on a droit à une entrée en matière des plus extrêmes, où le quatuor se déchaîne et… Non, en fait, ici Sepultura décide de prendre le risque de démarrer les hostilités par un morceau plus posé, presque ambiant, porté par un Derrick Green qui nous fait une démonstration de ses talents de chant, sur une boucle de guitare envoûtante et magique. Le tout s’emballe néanmoins très vite et on retrouve une bonne gueulante puissante, sans que le morceau ne change d’ambiance. "Machine Messiah" donne très vite le ton pour tout le reste de l’album. Les choses sérieuses ont commencé et on est déjà happé par la vague de fond sans même s’en être rendu compte. "The Enemy" poursuit et achève le travail. On est là en terrain un peu plus connu, grâce à un morceau qu’on pourrait imaginer sans mal sur "Chaos A.D.". Le coup est asséné, les choses sont claires. Sepultura est bel et bien de retour. Les riffs sont violents, la voix puissante, la rythmique frappe sans relâche.

Mais la vraie première claque arrive avec les sonorités samba des premières secondes du magistral "Phantom Self", morceau qui servit, à juste titre, de single "vitrine" de l’album. Ce titre, tout simplement somptueux, voit se mêler les riffs incisifs d’un Andreas Kisser dans une forme exemplaire et des violons aux accents orientaux, s’accompagner, se répondre dans des envolées endiablées qui sentent presque la transe musicale, tellement ils s’accordent à la perfection du début à la fin. C’est d’ailleurs quelque chose qui revient plusieurs fois dans ce "Machine Messiah", par exemple dans le très bon "Resistant Parasites" qui, lui aussi, vient ajouter un ensemble de cordes oriental au metal plus qu’inspiré de nos Brésiliens, pour un résultat des plus jouissifs. Je ne reviendrais pas plus sur le clip de "Phantom Self" (que je vous invite tout de même à voir), mais le morceau en lui-même est tout simplement énorme. Le chant, les riffs, la rythmique. Tout. Il nous présente en plus très clairement le message de l’album : la surconsommation d’appareils connectés dans notre société, l’utilisation abusive des ordinateurs, la disparition du "soi" dans un monde toujours plus virtuel… Nous devenons tous des ombres de nous-mêmes, effacés devant le "Dieu Machine". Skynet n’est plus très loin… Le message est pessimiste, négatif, mais notre monde ne l’est-il pas ?

La musique de Sepultura, plus inspirée et travaillée que jamais, est un vecteur magnifique de ce message. Andreas Kisser, qui tient à lui seul le groupe depuis des années, se surpasse encore sur cet album. Ses soli, par exemple sur "Phantom Self", "Cyber God" ou "Silent Violence", sont de véritables démonstrations de talent, de véritables claques, et toutes ses rythmiques sont géniales. Mais il n’est pas seul. Eloy Casagrande confirme qu’après "Mediator", il est un digne descendant des années "Igor" derrière les fûts et que, même si jeune, il mérite entièrement sa place dans le groupe. Paul Jr, autre papa du quatuor du haut de ses 32 ans de carrière au sein de Sepultura, nous propose des parties de basse bossées et peaufinées comme jamais auparavant. Mais surtout Derrick Green qui, sur ce "Machine Messiah", nous révèle qu’après 19 années à porter le micro pour le groupe, il en a toujours sous la pédale et nous cachait une grande partie de son talent de chanteur. Et je dis bien "chanteur", car ce sont de vraies parties de "chant" que le Monsieur nous ravit cette année. Et le résultat de tout ce travail musical ? Eh bien, il se trouve par exemple dans "Iceberg Dances", seule piste entièrement instrumentale de l’album, qu’on se perd à écouter en boucle, en se laissant porter par les montées et les descentes, en se laissant voguer au rythme des sonorités, des ambiances, des riffs. On a même droit à un solo d’orgue Hammond qui ajoute une touche presque Deep Purple-ienne au morceau !

La seconde moitié de l’album est plus brutale, plus violente. Mais le morceau qui la débute est pour moi le meilleur titre de ces cinquante minutes : "Sworn Oath". Tout dans ce morceau est parfait : son intro sublime, son final magistral, son riff principal ravageur et entêtant, son chant prenant aux tripes, son solo virevoltant, ses arrangements magiques… C’est tout bonnement incroyable, et je me suis repris plusieurs fois à le réécouter en boucle. Et enfin, après des "Resistant Parasites", « "Silent Violence" et "Vandals Nest" très rentre-dedans, c’est un "Cyber God" qui vient finir ce "Machine Messiah" comme il avait commencé : une ambiance maîtrisée, un chant très grave et presque posé, des rythmiques s’entrremêlant à des pluies de notes nous offrant des mélodies remarquables. Dommage que le finish s’éteigne en fade out car on sent que Papa Kisser nous assène une de ses plus belles oeuvres en matière de solo !

"Incroyable", "tuerie", "monumental", "violent", "puissant", "somptueux", "magistral", "jouissif". Si vous avez bien suivi, les qualificatifs n’ont pas manqué pour parler de "Machine Messiah". Mais il les mérite tous, sans exception. Vraiment. En effet, chacun des titres de l’album est une véritable pépite qu’on prend un plaisir énorme à écouter et réécouter. Chaque morceau est juste, n’en fait ni trop ni pas assez. Tout s’accorde à la perfection, et je n’ai jamais utilisé de manière abusive ce terme chaque fois que je l’ai écrit dans cette chronique. Cela faisait longtemps que je n’avais pas écouté un album, de Sepultura de surcroît, qui m’avait fait ressentir ce genre de choses. Andreas Kisser peut être fier, depuis le temps qu’il tient la maison Sepultura du bout de son talent de composition, le groupe nous offre ici, à mon sens, son meilleur album depuis une vingtaine d’années. Non, c’est encore plus que ça. En fait, Sepultura nous offre, avec "Machine Messiah", un des tous meilleurs albums de son histoire.


Nico
Février 2017




"The Mediator Between Head And Hands Must Be The Heart"
Note : 18/20

Aujourd'hui, je vais chroniquer le nouvel album d'un des meilleurs groupes de reprises de Sepultura. J'ai nommé... Sepultura... Ne vous offusquez pas, l'autre prétendant au titre n'est autre que Soulfly. Petit retour en arrière... 1996... Sepultura a le monde du metal à ses pieds avec "Roots" et puis fin 96 le drame, le split, Max Cavalera se barre. Sepultura n'a plus de leader mais décide de continuer sous le même nom. Ils recrutent Derrick Green et continuent sur leur lancée, mais dans la droite lignée du metal tribal, mais n'est pas Max qui veut, surtout pour l'écriture, et on le sent. Le groupe continue mais a du mal trouver sa propre voie, plus tard Sepultura reviendra vers un style plus thrash mais hop, Igor Cavalera quitte à son tour le groupe 2006... Le seul membre originel est donc à l'heure actuelle Paulo Jr. (Andreas Kisser n'est apparu qu'à partir de "Schizophrenia"). Je termine mon cour d'histoire en disant qu'après le départ d'Igor, j'ai laissé tomber ce groupe... Aujourd'hui, 2013, je tente le nouvel album, allez hop !

"The Mediator Between Head And Hands Must Be The Heart", à dire sans prendre sa respiration, s'il vous plaît. C'est un concept album qui tourne autour de l'histoire du film Metropolis de Fritz Lang. On ne peut pas trop vous en vouloir si vous ne connaissez pas, il date de 1927, mais il reste un film important dans l'histoire du cinéma fantastique, il influencera bon nombre d'autres films. Queen utilisera même des images du celui-ci pour le clip "Radio Ga Ga" et un animé japonais sortira aussi en 2001. Si vous ne connaissez pas, je vous le conseille, un grand film ! En gros, le film parle donc d'un millionnaire qui désire transformer un robot en une personne humaine, et donc, voilà le sujet de l'album qui nous intéresse aujourd'hui !

Le groupe est revenu à du thrash, adieu les sonorités tribales et autres et je dirais : tant mieux ! Le premier titre commence sur une cacophonie indicible et s'ouvrira sur un titre très agressif, le groupe pique au vif. Cet album a beaucoup de facettes, parfois violent et rapide, parfois plus lent et plus lourd, et parfois mélodique, à l'image du film, on est loin d'être devant quelque chose de linéaire. Le groupe varie les atmosphère et les sonorités, en témoigne un titre comme "The Vatican". Les titres sont très bien construits et surprennent car aucune chanson ne ressemble à celle qui vient de se terminer. La technique est là aussi pour appuyer le tout. Derrick assure très bien son chant, un mélange rauque et crié. Andreas n'a plus grand-chose à prouver à la guitare, les riffs autant que les solos sont de très bonne qualité. Paulo par contre, comme toujours dans Sepultura, est l'homme effacé, celui que l'on entend pas sauf quand il joue tout seul... Le petit dernier, Eloy Casagrande, batteur de 22 ans, et assez impressionnant. Rien à redire sur son jeu de batterie, rapide, puissant et inspiré. En parlant de batteur, Dave Lombardo s'invite sur un titre de l'album et sa présence se remarque derrière les fûts. Le dernier titre est une reprise de Chico Science assurée par Andreas au chant. Dernier titre ? Pas vraiment car il y a une ghost track qui est en fait un solo de batterie, un bonus assez... inutile.

Le son de l'album est, sans grand étonnement, de très bonne qualité. Chose que je ne dirais pas pour la pochette qui est assez bof bof... Au final, un album inattendu et surprenant, et vachement agréable !!!


Danivempire
Novembre 2013




"Kairos"
Note : 07/20

Sepultura est moi… c’est une grande histoire d’amour ! En effet cette histoire a démarré il y a déjà 4/5 ans (je suis jeune, donc ne me tapez pas…) lorsqu’un ami à mes parents me prête le "Roots"… à première vue j’étais plutôt dans le rock classique, donc la première écoute n’a pas été concluante, mais au fil des écoutes j’ai apprécié le groupe et c'est ce qui m’a permis de me pencher sur leur discographie. Mais le constat est net, je préfère la période avec Derrick et non celle avec Max, je sais, je viens sûrement de me mettre le ¾ des lecteurs sur le dos, mais il est solide donc bon… Et si vous n’avez pas encore arraché vos cheveux, et gardé votre calme, vous vous demandez sûrement pourquoi je préfère cette période ? Tout simplement parce que Derrick a une voix plus épurée et qui, je trouve, colle mieux avec le style du groupe (et le constat a été flagrant lorsque je les ai vus à Perpignan l’année dernière) où je trouve que même sur les titres de la période Max, bah ça passe mieux, juste une question de préférence, rien d’autre.

2009 a marqué la sortie de "A-lex", un album qui a reçu des avis assez mitigés, j’ai apprécié certains titres tout comme découvert le réel déclin du groupe qui ne semblait plus vraiment motivé et inspiré. Mais cela leur a permis de tourner pendant presque 2 ans, donc bon autant ne pas cracher dans la soupe. "Kairos" est donc le nouvel album du quatuor qui se concrétisera par une confirmation de la direction prise lors de "A-lex". Dès le début c’est un échec retentissant… "Spectrum" qui sera en quelque sorte une copie conforme de "Through The Never" de Metallica… "Kairos", "Relentless", "2011", "Just One Fix" (reprise de Ministry) prendront le même chemin. Des riffs trop téléphonés, le groupe manque curellement d’inspiration, malgré de très bons refrains qui rentrent bien dans la tête il manque quelque chose, on semble observer un vide. On prend les mêmes et on recommence : "Dialog", "Mask", "1433", "Seethe", "Born Strong" sont parties sur de bonnes idées, on dirait que la rage du groupe est partie, et on ne peut que se dire que le groupe a fait un album pour sortir un album et rien d’autre, c’est bien dommage, au lieu de se concentrer pour nous faire 10 bons titres, le groupe nous sort 15 titres qui auraient pu être revus, dont certains retirés, comme s'ils étaient précipités pour sortir quelque chose. Mais le mixage en lui-même est très bon, malgré un manque de basse du côté de Paulo, et un manque de niveau de son du côté d'Andreas… La batterie de Jean est mise en avant, comme la voix de Derrick qui sera une fois de plus bien maîtrisée.

Les 5 titres restants n’auront pas de secret pour vous, je ne vous fais pas le résumé…, des breaks foireux, et des riffs qui tournent en rond. Par contre, le groupe finira cette médiocre prestation par un excellent titre de 8 minutes et des brouettes, "4648", malgré le côté prog au milieu du morceau, on a un titre qui tient la route et qui me fait enfin plaisir et bouger la tête. Bref, une grosse déception pour ma part, pourtant je suis un fan, mais là…, ça m’a séché, et même la pochette ne fera pas remonter la note.


Motörbunny
Mai 2011


Conclusion
Le site officiel : www.sepultura.uol.com.br